À Toulouse, BigHappy mise sur Makoto pour doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030

L’agence de communication toulousaine BigHappy dévoile sa plateforme d’analyse des marchés, Makoto, développée après près de dix ans de recherche et développement et 600 000 euros d’investissement. Ce lancement accompagne une évolution de sa gouvernance, désormais portée par Tania Piquionne et Victor Gajan, après le départ du fondateur Emmanuel Quéritet. Avec 15 collaborateurs et 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires en 2025, l’agence entend doubler son activité à l’horizon 2030.

À Toulouse, BigHappy veut aider les marques à le mesurer avec Makoto, sa plateforme d’analyse des recherches en ligne, des conversations sur les réseaux sociaux et des avis consommateurs. (Photo BigHappy)

À Toulouse, BigHappy veut aider les marques à le mesurer avec Makoto, sa plateforme d’analyse des recherches en ligne, des conversations sur les réseaux sociaux et des avis consommateurs. (Photo BigHappy)

Comprendre ce que les consommateurs recherchent, expriment et attendent avant de concevoir une campagne : c’est sur cette connaissance des marchés que BigHappy entend appuyer son développement. Alors qu’elle célèbre ses 35 ans, l’agence toulousaine annonce le lancement de Makoto, une plateforme propriétaire de market listening. Cette démarche consiste à rapprocher des données issues des recherches en ligne, des réseaux sociaux, des avis de consommateurs et d’autres sources pour éclairer les décisions des entreprises.

L’annonce intervient après le départ d’Emmanuel Quéritet, fondateur de BigHappy, qui a quitté l’agence à l’été 2026 pour se consacrer à de nouvelles activités. La gouvernance repose désormais sur Tania Piquionne, cofondatrice et présidente, et Victor Gajan, cofondateur et dirigeant. Le duo souhaite renforcer les expertises de l’entreprise dans ses quatre domaines de spécialisation : l’agroalimentaire, le vin, le commerce organisé et la silver économie.

Réduire l’écart entre l’image d’une entreprise et la perception de son marché

Présentée par BigHappy comme une première en France, Makoto représente 600 000 euros d’investissement et près de dix années de recherche et développement, selon l’agence. Son fonctionnement repose sur la maîtrise des sources mobilisées et leur croisement. L’objectif est de faire ressortir les attentes des consommateurs, les transformations d’un marché et les possibilités de développement, puis d’utiliser ces enseignements dans la stratégie, la création publicitaire, la diffusion des campagnes et les actions marketing.

« Notre ambition avec Makoto est de réduire l’écart entre ce qu’une entreprise pense être et ce qu’elle est réellement pour son marché. Nous voulons permettre aux dirigeants d’explorer leur marché, d’en comprendre les évolutions et d’identifier de nouveaux territoires de développement », explique Victor Gajan.

La plateforme sert également à examiner le positionnement des concurrents et les territoires qu’ils occupent. Les données sont croisées et cartographiées pour fournir aux dirigeants et aux équipes marketing des éléments utilisables dans leurs décisions. Leur profondeur historique permet, selon BigHappy, de reconstituer les évolutions d’un marché sur plusieurs années, au-delà d’une observation ponctuelle.

80 millions de données analysées chaque mois

Makoto a déjà été utilisée auprès de 128 clients, indique BigHappy. La plateforme collecte et analyse 80 millions de données par mois, dont 50 millions en France et 30 millions à l’international. Les marchés étrangers cités sont le Japon, les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.

À côté de ces volumes mensuels effectivement traités, l’agence annonce une capacité d’analyse quotidienne portant sur 25 milliards de recherches sur les moteurs en ligne et 2 milliards de conversations sur les réseaux sociaux, auxquels s’ajoutent les avis de consommateurs et d’autres contenus web.

« Les entreprises ne mesurent pas toujours à quel point leur marché parle. Chaque jour, les consommateurs s’expriment à travers leurs recherches, leurs avis et leurs conversations en ligne, tandis que la concurrence laisse elle aussi de nombreux indices. Avec Makoto, nous allons chercher, croisons et analysons toutes ces informations pour faire émerger une vision concrète et utile du marché, qui devient point de départ de la stratégie, de la création et de la diffusion. Cette capacité est particulièrement précieuse à l’international où elle permet d’accéder aux données du terrain, territoire par territoire, pour mieux comprendre les attentes, les freins et la valeur perçue par les consommateurs », explique Tania Piquionne.

BigHappy dit observer une amélioration moyenne de 30 % des performances des campagnes intégrant Makoto

De l’achat publicitaire à l’analyse des marchés

Le développement de Makoto s’inscrit dans un travail engagé par BigHappy depuis près d’une décennie autour de la donnée, de la technologie et de l’intelligence artificielle. Dès 2019, l’agence investit dans la martech, qui désigne les technologies appliquées au marketing, et recrute des ingénieurs data et des data scientists pour construire ses propres outils, algorithmes et systèmes de collecte et d’analyse.

Les premières applications concernent l’optimisation de la diffusion publicitaire. BigHappy dispose pour cela d’un trading desk intégré, une équipe chargée de l’achat, du ciblage et de l’optimisation des campagnes numériques, notamment en temps réel. Progressivement, l’exploitation des données s’étend à la compréhension des marchés. Les informations recueillies en France et à l’étranger sont rapprochées des comportements des consommateurs et des données concurrentielles afin de repérer des tendances, des signaux faibles et de nouvelles perspectives commerciales.

« Nous n’avons pas ajouté de l’intelligence artificielle à notre métier parce qu’elle est devenue un sujet incontournable. Nous travaillons sur ces technologies depuis plusieurs années et avons développé nos propres briques technologiques à partir de nos problématiques métiers. Makoto est l’aboutissement de cette démarche et répond à une question très concrète : comment mieux comprendre un marché pour mieux décider ? », précise Victor Gajan.

Cette approche conduit l’agence à développer l’audience planning, en complément du media planning traditionnel. Il s’agit de partir des comportements observés et des données du marché pour déterminer les publics les plus pertinents, puis adapter les campagnes à ces audiences.

Des applications dans le vin, le bio et les services

BigHappy annonce de nouvelles collaborations utilisant Makoto avec Sudvinbio, La Côte et l’Arête, l’interprofession des vins de Pays d’Oc et Diagamter. Ces missions prolongent une activité d’études menée en France comme à l’étranger dans les secteurs de spécialisation de l’agence.

Pour le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL), les travaux portent sur l’évolution des usages et des attentes autour des vins de Languedoc. Le Bureau national interprofessionnel de l’Armagnac (BNIA) est accompagné sur les nouveaux comportements de consommation de l’armagnac. Pour Interbio, l’analyse concerne les évolutions de la consommation bio.

L’agence, qui associe conseil stratégique, exploitation des données, création et diffusion, compte aujourd’hui une cinquantaine de clients actifs. Avec 15 collaborateurs et 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2025, elle vise un doublement de son chiffre d’affaires d’ici 2030. Le recrutement d’un ingénieur data est prévu dans les prochains mois pour accompagner ce développement.

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