Budget 2027 : les CCI alertent sur une baisse de 125 millions d’euros

CCI France demande le retrait d’une réduction de 125 millions d’euros de ses ressources, qu’elle indique être prévue par le projet de loi de finances pour 2027. Le réseau évalue cette baisse à 25 % de son budget et prévient qu’elle pourrait entraîner la fermeture de près d’une CCI sur deux, avec des conséquences sur l’accompagnement des entreprises et la formation.

Le réseau consulaire conteste une réduction de 125 millions d’euros de ses ressources, qu’il indique être prévue dans le projet de loi de finances. (Photo CCI Toulouse Haute-Garonne)

Le réseau consulaire conteste une réduction de 125 millions d’euros de ses ressources, qu’il indique être prévue dans le projet de loi de finances. (Photo CCI Toulouse Haute-Garonne)

La bataille budgétaire engagée par les chambres de commerce et d’industrie porte sur leur capacité à rester présentes auprès des entreprises. Dans un communiqué diffusé le 1er octobre 2026, CCI France et l’ensemble du réseau consulaire contestent une diminution de leurs moyens qui, selon eux, fragiliserait les petites entreprises, les parcours de formation et les services économiques de proximité.

« Ce sont les entreprises, les jeunes et les territoires qui seraient les premiers touchés par cette baisse », avertit Alain Di Crescenzo, président de CCI France. Le réseau redoute de devoir réduire ses interventions alors que les dirigeants cherchent à sécuriser leur activité, préparer leurs investissements et adapter leur entreprise aux transformations de l’économie.

Un accompagnement davantage sollicité

Les CCI disent recevoir une demande d’appui croissante. En 2025, elles ont accompagné plus de 1,2 million d’entreprises et de porteurs de projets, soit une augmentation de 5,7 % en un an, d’après les chiffres communiqués par le réseau. Elles présentent ce niveau d’activité comme inédit.

Pour les commerçants, les très petites entreprises et les PME, les transitions écologique et numérique s’ajoutent aux autres mutations économiques. CCI France insiste sur le besoin de conseils accessibles, dispensés près des lieux d’activité. Elle craint qu’un recul de cet accompagnement ne pénalise particulièrement les entreprises implantées dans les territoires où les alternatives sont déjà peu nombreuses, jusqu’à provoquer un décrochage d’une partie du tissu économique.

Le communiqué s’appuie également sur le niveau des défaillances. La Banque de France en recensait 70 605 sur douze mois à fin juillet 2026. Ce cumul restait en hausse de 4,6 % par rapport à celui de juillet 2025, malgré une très légère diminution par rapport au cumul arrêté en juin 2026. Un contexte qui, pour les CCI, renforce la nécessité de soutenir les dirigeants dans leurs décisions. 

« Réduire de 125 millions d’euros les ressources des CCI ne revient pas simplement à réduire le budget d’un réseau. Ce sont nos capacités à accompagner les entreprises, à former les compétences dont elles ont besoin et à être présents dans tous les territoires qui sont en jeu. En Occitanie, alors que les défaillances progressent et que les entreprises doivent accélérer leurs transformations, affaiblir cet accompagnement de proximité serait un mauvais calcul. L’économie réalisée aujourd’hui risque de coûter bien davantage demain. » avertit Jean-François Rezeau, le président CCI Occitanie.

Le risque d’un recul des services de proximité

Au-delà du conseil individuel, le réseau rappelle son rôle dans la mise en œuvre de la plupart des politiques économiques. Ses équipes prennent contact avec les entreprises, les orientent vers les dispositifs adaptés et les aident à traduire une aide publique ou une expertise en projet concret. Cela peut concerner un investissement, un recrutement, une transmission ou le développement de l’activité.

Avec la réduction envisagée, près d’une CCI sur deux pourrait être contrainte de fermer, estime CCI France. Cette perspective toucherait à la fois l’accompagnement des entreprises, l’accueil des personnes en formation et la disponibilité des services dans les territoires. Le réseau redoute des conséquences durables, qu’il juge irréversibles : des dirigeants privés d’appui et des compétences perdues.

Plus de 500 000 personnes formées en 2025

La formation constitue l’autre volet de l’alerte. Le réseau indique avoir formé plus de 500 000 personnes en 2025, parmi lesquelles 210 000 salariés, 133 000 apprentis, 100 000 étudiants et plus de 23 000 demandeurs d’emploi.

Les CCI se présentent comme le premier acteur de la formation après l’Éducation nationale. Elles revendiquent également la première place parmi les réseaux de formation des salariés, de centres de formation d’apprentis (CFA) et d’écoles de management.

Pour CCI France, la diminution des ressources menacerait donc la formation initiale et professionnelle autant que le soutien aux entreprises. Elle pourrait fragiliser les parcours de centaines de milliers d’apprentis et de salariés, alors que les employeurs rencontrent des difficultés à recruter les compétences nécessaires. Alain Di Crescenzo associe ainsi la baisse annoncée à un double risque : laisser davantage de TPE-PME seules devant leurs difficultés et affaiblir la formation d’un demi-million de personnes.

Une économie budgétaire dont les CCI contestent le bénéfice

Le réseau défend aussi l’utilité économique de son financement. Il cite une enquête OpinionWay de 2025 selon laquelle chaque euro confié aux CCI génère 5,30 euros de valeur pour l’économie française. À travers cette estimation, CCI France demande que ses moyens soient considérés comme un investissement au service de l’activité.

Son raisonnement porte sur les effets indirects de la baisse : moins d’entreprises conseillées pourrait signifier moins d’investissements sécurisés, moins de transformations engagées et, à terme, des recettes fiscales amoindries. Le réseau conteste donc l’économie réelle que les finances publiques pourraient retirer de cette mesure.

« Économiser 125 millions aujourd’hui sur l’accompagnement des entreprises et la formation coûtera bien davantage demain à l’économie française », affirme Alain Di Crescenzo.

Une trajectoire stable demandée au gouvernement et au Parlement

CCI France rappelle enfin les réductions déjà absorbées. Elle fait état d’une baisse de 64 % des ressources du réseau en quinze ans, un effort qu’elle décrit comme sans équivalent parmi les opérateurs publics. Les chambres soulignent avoir, dans le même temps, réorganisé leur fonctionnement pour gagner en efficacité.

Selon le réseau, une nouvelle diminution compromettrait cette modernisation et affaiblirait l’un des principaux relais dont dispose l’État pour mettre en œuvre ses politiques économiques au contact des entreprises.

CCI France et l’ensemble des CCI demandent au gouvernement et aux parlementaires de revenir sur la réduction de 125 millions d’euros et de garantir une trajectoire budgétaire stable. L’objectif affiché est de préserver l’accompagnement des entreprises, la formation, notamment celle des jeunes, et le soutien au développement économique des territoires.

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