À Toulouse, la Nocturne Éco interroge la capacité des entreprises à rester offensives dans l’incertitude

Pour sa 8e édition, la Nocturne Éco a réuni plus de 800 dirigeants, décideurs économiques et acteurs du territoire autour d’un enjeu devenu central : comment continuer à entreprendre, investir et se développer dans un environnement marqué par les crises géopolitiques, la pression réglementaire, les tensions énergétiques et les mutations du travail ? Du Pathé Wilson au Marché Victor Hugo, la soirée organisée par l’Agence PGO avec le Medef Haute-Garonne a mis en lumière une conviction partagée : la résilience ne suffit plus, les entreprises doivent retrouver les moyens de se projeter.

De gauche à droite : Sébastien Matty (GA Smart Building), Pierre-Olivier Nau, (Medef Haute-Garon 31),  Florence Bar-Ledieu (CFA Toulouse-Blagnac), Didier Katzenmayer (IUMM Occitanie), Henry Mathon (mutuelle Prévifrance),  Isabelle Patrier (TotalEnergies), Pierre Gattaz (ancien président du Medef national), Pierre Garrigues (agence PGO) et Thomas Fantini (VP Medef Haute-Garonne).

De gauche à droite : Sébastien Matty (GA Smart Building), Pierre-Olivier Nau, (Medef Haute-Garon 31), Florence Bar-Ledieu (CFA Toulouse-Blagnac), Didier Katzenmayer (IUMM Occitanie), Henry Mathon (mutuelle Prévifrance), Isabelle Patrier (TotalEnergies), Pierre Gattaz (ancien président du Medef national), Pierre Garrigues (agence PGO) et Thomas Fantini (VP Medef Haute-Garonne).

À Toulouse, la Nocturne Éco confirme année après année sa place dans le paysage économique local. Pour sa 8e édition, l’événement organisé par l’Agence PGO a réuni près de 800 participants autour d’une soirée pensée comme un temps de réflexion, de dialogue et de rencontres entre dirigeants, décideurs, entrepreneurs et acteurs du territoire. La conférence-débat, organisée au Cinéma Pathé Wilson en partenariat avec le Medef Toulouse Haute-Garonne, a affiché complet avant de se prolonger au Marché Victor Hugo, lieu emblématique de l’économie commerçante et conviviale toulousaine.

Le thème retenu, « Piloter et développer son entreprise dans un contexte économique exigeant », a trouvé un écho particulier dans une période où les dirigeants doivent composer avec des contraintes multiples. Tensions géopolitiques, volatilité de l’énergie, difficultés de recrutement, transformation des modèles industriels, crise de l’immobilier, pression réglementaire, mutation du rapport au travail : les sujets évoqués au fil de la soirée ont dessiné un même paysage, celui d’une économie où l’incertitude devient une donnée permanente du pilotage d’entreprise.

Dès l’ouverture, les interventions ont rappelé l’importance du collectif. Dans un environnement où les dirigeants doivent souvent décider sans visibilité complète, la rencontre, l’échange et le partage d’expérience deviennent des leviers stratégiques. La Nocturne Éco ne s’est donc pas seulement présentée comme un rendez-vous de réseau. Elle a servi de point d’appui à une réflexion plus large sur la capacité des entreprises à transformer la contrainte en mouvement.

Pierre-Olivier Nau et Thomas Fantini rappellent le rôle du collectif économique

En ouverture de soirée, Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne, a salué la mobilisation des participants et rappelé l’importance de ces temps de rassemblement pour le monde économique. Dans une période où les vents sont souvent contraires, les entreprises restent celles qui permettent de « démarrer » et de « tenir ». Le message, volontairement simple, a posé le cadre de la soirée : l’incertitude ne disparaît pas, mais elle peut être traversée lorsque les dirigeants ne restent pas seuls.

Thomas Fantini a également insisté sur la force du collectif, en remerciant les partenaires, les élus et les forces économiques présentes. Son intervention a mis en avant la nécessité de rester unis pour faire vivre la dynamique toulousaine. « Aujourd’hui, on est soudés, on est uniques pour faire la force de Toulouse », a-t-il souligné, en appelant à poursuivre les échanges avec les acteurs publics et privés autour de la valeur créée sur le territoire.

Ce double message a traversé l’ensemble de la soirée. Dans un contexte économique exigeant, le rebond ne se décrète pas individuellement. Il se construit dans les filières, dans les réseaux, dans les partenariats, dans les établissements de formation, dans les entreprises et dans les lieux de décision. C’est précisément cette articulation entre expérience de terrain et vision collective qui a donné sa densité à cette édition 2026.

L’industrie face au retour brutal de la géopolitique

Le témoignage de Didier Katzenmayer, président de l’UIMM Occitanie et représentant d’Airbus, a donné une profondeur industrielle aux échanges. L’aéronautique a traversé ces dernières années une succession de chocs majeurs. Après l’arrêt brutal du trafic aérien pendant la crise sanitaire, certains imaginaient un monde durablement transformé, dans lequel l’aéronautique aurait du mal à retrouver sa place. Quelques années plus tard, les carnets de commandes sont revenus à des niveaux élevés, mais le secteur doit désormais composer avec d’autres vulnérabilités.

La guerre en Ukraine a notamment remis sur le devant de la scène la question des matières stratégiques. Didier Katzenmayer a évoqué le titane, indispensable à l’aéronautique, dont l’un des principaux producteurs mondiaux reste russe. Cette dépendance a obligé les industriels à repenser leur sécurisation des approvisionnements. L’exemple d’Aubert & Duval, acteur stratégique de la métallurgie française, a été cité comme une réponse concrète à cette exigence de souveraineté. Airbus et Safran se sont mobilisés, avec le soutien de partenaires financiers, pour préserver un savoir-faire critique.

Pour Didier Katzenmayer, cette séquence montre que les crises peuvent aussi produire des opportunités, à condition d’agir vite et de regarder lucidement les dépendances. Mais elle met surtout en évidence l’urgence pour la France et l’Europe d’affirmer leur force industrielle dans une compétition devenue mondiale. L’aéronautique, la défense, le nucléaire, le ferroviaire et l’énergie figurent parmi les secteurs où le pays dispose encore d’atouts puissants. Encore faut-il, selon lui, que les pouvoirs publics comprennent les réalités industrielles et évitent d’ajouter des contraintes à des entreprises déjà engagées dans une compétition internationale intense.

« Il va falloir se battre parce que la compétition est globale », a-t-il résumé, en appelant à sensibiliser les élus nationaux et européens. Cette phrase a résonné comme l’un des fils rouges de la soirée : dans l’économie actuelle, la résilience ne suffit plus si elle ne débouche pas sur une capacité offensive.

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Autour de la table ronde : Sébastien Matty, président de GA Smart Building, Florence Bar-Ledieu, directrice de la Cité des Formations et des Apprentissages de Toulouse-Blagnac, Didier Katzenmayer, président de l’UIMM Occitanie et Henry Mathon, directeur général de Prévifrance. (Photo Agence PGO)

Construction et immobilier : la crise comme accélérateur de transformation

La crise de l’immobilier et du bâtiment a été abordée par Sébastien Matty, président de GA Smart Building. Son intervention a rappelé à quel point ce secteur se trouve en première ligne face au resserrement du financement, à la hausse des taux, au recul de l’investissement et aux nouvelles exigences environnementales. Sur certains segments de l’immobilier d’entreprise, le volume des investissements a reculé d’environ 65 % par rapport à 2019, selon les éléments partagés lors de la table ronde.

Face à cette contraction, GA Smart Building a choisi de ne pas attendre un simple retour au marché d’avant. L’entreprise mise depuis plusieurs années sur la construction hors site, avec une part importante de conception et de fabrication réalisée en usine avant assemblage sur site. Ce modèle industrialisé permet de mieux maîtriser les délais, la qualité, les coûts et la performance environnementale. Dans une période troublée, il devient un levier de différenciation.

Sébastien Matty a également insisté sur l’importance d’élargir son champ d’intervention lorsque les marchés historiques se contractent. L’enjeu n’est pas seulement de résister à la crise, mais de transformer le modèle pour répondre à de nouveaux besoins. Cette capacité d’adaptation montre une idée forte de la soirée : le rebond économique ne se limite pas à une posture mentale. Il suppose des choix industriels, organisationnels et stratégiques.

Formation, jeunesse et féminisation : préparer les compétences de demain

La question des compétences a occupé une place centrale dans les échanges. Florence Bar-Ledieu, directrice de la Cité des Formations et des Apprentissages de Toulouse-Blagnac, a rappelé le rôle majeur de la formation dans la construction de l’avenir économique du territoire. Avec 70 formations, environ 2 500 apprenants chaque année et plus de 25 000 personnes formées depuis sa création, l’établissement irrigue directement le tissu économique local.

Dans une période où les entreprises font face à des tensions de recrutement et à un renouvellement générationnel profond, l’investissement humain devient décisif. Les jeunes générations ne cherchent plus seulement un métier ou un contrat. Elles attendent un projet, un cadre, une trajectoire, du sens et une capacité d’évolution. Les entreprises doivent donc apprendre à mieux raconter leur utilité, à transmettre leurs savoir-faire et à donner envie.

Didier Katzenmayer a prolongé cette réflexion en appelant à féminiser davantage les métiers industriels. L’industrie ne pourra pas relever ses défis de souveraineté, de production et d’innovation si elle se prive d’une partie des talents disponibles. La formation, l’apprentissage, la féminisation des filières et la transmission des compétences apparaissent ainsi comme des enjeux économiques à part entière.

Santé et protection sociale : un équilibre économique sous tension

Henry Mathon, directeur général de Prévifrance, a apporté un éclairage complémentaire à partir de la santé et de la protection sociale. Le secteur des complémentaires santé occupe une place particulière, à la croisée de l’économie, de la solidarité et de la régulation publique. Les dépenses de santé progressent, les besoins augmentent, la population vieillit et les pouvoirs publics cherchent de nouvelles marges de financement.

Selon lui, l’équation de la santé est plus complexe encore que celle des retraites. Dans le cas des retraites, les leviers sont connus, même s’ils sont politiquement sensibles. Dans le domaine de la santé, le problème touche à la fois au coût des soins, à l’innovation médicale, à la prévention, à l’accès aux services et à l’équilibre global du système.

Les débats autour des complémentaires santé et de leurs cotisations traduisent cette tension. Les entreprises sont directement concernées depuis la généralisation de la complémentaire santé obligatoire dans le secteur privé, désormais étendue progressivement aux fonctions publiques. Là encore, la question posée rejoint celle de l’ensemble de la soirée : comment absorber des coûts croissants sans affaiblir l’investissement, la compétitivité et la capacité à agir ?

Énergie : cartographier les dépendances critiques

Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies, a replacé la question énergétique au cœur des enjeux de souveraineté. Dans un pays qui ne dispose ni de gaz ni de pétrole en quantité suffisante, la sécurité énergétique repose sur la diversification géographique, l’anticipation des risques et la capacité à éviter une dépendance excessive à une seule zone ou à un seul fournisseur.

La guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et les incertitudes sur les routes d’approvisionnement rappellent que l’énergie n’est pas seulement un poste de coût. Elle conditionne la compétitivité, les marges, les prix, les délais, les investissements et parfois la continuité même de l’activité. Isabelle Patrier a invité les entreprises à raisonner sur leurs propres dépendances critiques. Quels intrants sont indispensables ? Quels composants viennent de zones sensibles ? Quels fournisseurs pourraient être fragilisés ? Comment maintenir une chaîne de production opérante si un maillon se rompt ?

Cette réflexion vaut pour les grands groupes comme pour les PME et ETI. Dans l’économie actuelle, la géopolitique entre directement dans la gestion d’entreprise. Elle se lit dans les contrats, les stocks, les prix, les choix de fournisseurs, les investissements et les arbitrages de long terme.

Simplification et compétitivité : les entreprises appellent à un cap clair

Le sujet de la simplification a fortement marqué les échanges. Isabelle Patrier a rappelé les délais parfois considérables nécessaires pour développer certains projets industriels ou énergétiques. Installer une ferme solaire, transformer une raffinerie ou mener un projet de décarbonation peut prendre plusieurs années, entre procédures administratives, concertations, études, calendriers électoraux et recours. Dans un contexte de compétition internationale, ces délais deviennent un handicap.

Pierre Gattaz, ancien président du Medef, a prolongé cette analyse avec un message offensif sur la compétitivité française. Selon lui, la France ne manque ni de talents, ni d’entrepreneurs, ni d’innovation. Elle souffre en revanche d’un excès de complexité, d’un poids normatif trop lourd et d’un manque de vision partagée à long terme. Il a rappelé que le pays a perdu environ 2 millions d’emplois industriels en quarante ans, tout en créant dans le même temps 2 millions d’emplois dans la fonction publique. À ses yeux, ce basculement dit quelque chose d’un déséquilibre profond entre économie productive et logique administrative.

Pour Pierre Gattaz, les chefs d’entreprise doivent reprendre davantage la parole dans le débat public. Ils disposent d’une légitimité forte parce qu’ils créent de la valeur, de l’emploi et de l’activité dans les territoires. Face aux échéances politiques à venir, il les appelle à porter un discours clair sur le travail, la croissance, la simplification et la compétitivité.

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Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies, et Pierre Gattaz, ancien président du Medef, ont apporté leur regard sur les enjeux de compétitivité, de souveraineté énergétique, de simplification et de confiance lors de cette Nocturne Éco. (Photo Agence PGO)

Les « 5 C » de Pierre Gattaz : cap, croissance, compétitivité, compétences, confiance

L’intervention de Pierre Gattaz a également permis de faire émerger une grille de lecture synthétique autour des « 5 C ». Le premier est celui du cap : une entreprise, une filière ou un pays ne peut avancer sans projet qui rassemble, sans vision qui embarque les équipes, les partenaires, les investisseurs et les territoires.

Le deuxième est la croissance. Pour l’ancien président du Medef, la croissance reste la condition de l’emploi, de l’investissement, de l’innovation et du financement des transitions. Sans croissance, les marges de manœuvre se réduisent, les arbitrages deviennent défensifs et la société s’installe dans une logique de répartition contrainte.

Le troisième est la compétitivité, avec une question centrale : comment la financer ? Les entreprises doivent investir dans l’outil productif, les compétences, le numérique, la décarbonation, la sécurité, l’innovation et parfois la relocalisation. Mais ces investissements supposent des marges, de la visibilité et un environnement qui ne pénalise pas l’action.

Le quatrième est celui des compétences, donc de la formation. Ce point rejoint les interventions de Florence Bar-Ledieu et Didier Katzenmayer sur la jeunesse, l’apprentissage, la féminisation des filières et la transmission des savoir-faire. La souveraineté industrielle ne se construit pas seulement avec des usines. Elle repose aussi sur des femmes et des hommes formés, engagés et capables de faire évoluer les métiers.

Le cinquième est la confiance. Pierre Gattaz l’a formulé avec force : « La confiance, c’est la moitié de la croissance. » Cette idée résume une grande partie de la soirée. Les dirigeants investissent lorsqu’ils ont confiance dans leur marché, dans leurs équipes, dans leur territoire, dans les règles du jeu et dans l’avenir. Lorsque cette confiance se fragilise, l’investissement se reporte, les recrutements ralentissent et les projets se différencient.

Réindustrialiser sans naïveté

La réindustrialisation a constitué l’un des grands axes de la Nocturne Éco. Les intervenants ont convergé sur un point : la souveraineté économique ne se décrète pas. Elle suppose des compétences, de l’énergie, du foncier, des fournisseurs solides, du financement, des commandes lisibles et des règles du jeu équitables.

Isabelle Patrier a donné un exemple concret avec les biocarburants. TotalEnergies investit dans des carburants respectant les normes européennes, mais doit composer avec des importations venues de Chine dont les conditions de production suscitent des interrogations. La question posée est celle d’une concurrence loyale. Comment demander aux entreprises européennes d’investir massivement dans la transition si elles doivent ensuite affronter des produits soumis à des contrôles ou à des standards différents ?

Cette problématique dépasse largement le secteur énergétique. Elle interroge la capacité de l’Europe à défendre ses industries, ses investissements et ses emplois, sans renoncer à ses ambitions environnementales. Pour les intervenants, l’Europe doit apprendre à être moins naïve, non pas pour se fermer, mais pour garantir une compétition plus équilibrée.

Écologie et économie : dépasser l’opposition stérile

La transition écologique a également été abordée sous l’angle de la compatibilité avec l’économie. Pierre Gattaz a défendu l’idée que l’écologie ne peut pas être pensée contre les entreprises. Les solutions environnementales nécessitent de la recherche, de l’industrie, des investissements, des ingénieurs, des techniciens, des financements et des entrepreneurs.

Opposer écologie et économie reviendrait à affaiblir les capacités d’action. La question centrale est donc de savoir comment décarboner sans désindustrialiser, comment investir sans décourager, comment réguler sans bloquer, comment accélérer sans fragiliser. Dans un territoire comme Toulouse et la Haute-Garonne, où l’aéronautique, l’industrie, l’énergie, le numérique, la formation et les services structurent une part importante de l’économie, cet équilibre sera déterminant.

Le Marché Victor Hugo comme symbole de l’économie réelle

Après la conférence au Pathé Wilson, la soirée s’est poursuivie au Marché Victor Hugo, fidèle à l’ADN de la Nocturne Éco. Ce choix de lieu n’est pas anodin. Le marché incarne une économie concrète, visible, quotidienne : des commerçants, des produits, des savoir-faire, des clients, des fournisseurs, de la transmission, de l’exigence et du lien humain.

Dans un monde économique souvent dominé par les indicateurs, les normes, les prévisions et les tensions internationales, ce retour à l’économie réelle a donné une tonalité particulière à la soirée. La compétitivité se construit aussi dans ces lieux où la confiance se crée par l’échange direct, où les relations professionnelles se prolongent au-delà de la table ronde, où les dirigeants confrontent leurs expériences et leurs solutions.

La Nocturne Éco 2026 aura ainsi transformé l’incertitude en dynamique collective. Face aux crises, les entreprises ne prétendent pas disposer de réponses simples. Mais elles rappellent qu’elles restent des lieux d’action, d’innovation, d’engagement et de création de valeur. Dans une période où la prudence peut facilement devenir de l’attentisme, le message de la soirée tient en une phrase : entreprendre aujourd’hui, ce n’est pas nier les difficultés, c’est choisir de ne pas les subir.

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Près de 800 dirigeants, entrepreneurs, décideurs et acteurs du territoire se sont réunis à la 8e édition de la Nocturne Éco. (Photo Agence PGO)

 

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