Renouvelée pour la période 2026-2028 comme “Communauté French Tech”, la French Tech Perpignan engage une nouvelle étape de son développement. L’association, labellisée pour la troisième fois, souhaite désormais changer d’échelle en fédérant les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et l’Aude sous une nouvelle bannière : “French Tech Pyrénées-Méditerranée”. Une stratégie pensée pour renforcer l’innovation dans les territoires intermédiaires, retenir les talents et intensifier les coopérations avec l’Espagne et l’Andorre.
La French Tech Perpignan ouvre une nouvelle séquence de son histoire. À l’issue de la nouvelle phase nationale de labellisation du réseau French Tech, dévoilée le 6 mai par Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, l’association a obtenu le renouvellement de son label “Communauté French Tech” pour la période 2026-2028. Cette reconnaissance, obtenue au terme d’un processus de sélection piloté par le ministère de l’Économie, marque la troisième labellisation de la structure.
Mais ce renouvellement dépasse le seul cadre administratif. Il s’accompagne d’une ambition nouvelle : transformer la French Tech Perpignan en French Tech Pyrénées-Méditerranée. À travers cette évolution, l’association entend élargir son périmètre d’action au-delà de Perpignan et des Pyrénées-Orientales pour intégrer pleinement les dynamiques de l’Ariège et de l’Aude. L’objectif est de faire émerger un écosystème plus large, mieux identifié et plus visible à l’échelle régionale, nationale et transfrontalière.
Cette candidature commune a été construite autour d’une idée forte : les territoires intermédiaires peuvent aussi devenir des espaces majeurs d’innovation, à condition de mutualiser leurs forces, leurs réseaux et leurs outils d’accompagnement. En se projetant sur un axe allant des sommets pyrénéens au littoral méditerranéen, la future French Tech Pyrénées-Méditerranée souhaite donner une nouvelle cohérence à un bassin d’entreprises innovantes souvent situé entre plusieurs grandes métropoles.
Trois départements unis pour retenir les talents
Cette nouvelle dynamique repose sur une alliance territoriale entre les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et l’Aude. Dans un environnement où les grandes métropoles comme Toulouse, Montpellier ou Barcelone concentrent une part importante de l’activité technologique, les trois départements veulent proposer une autre trajectoire de croissance aux start-up et aux entreprises innovantes.
L’enjeu est clairement identifié : créer une taille critique suffisante pour renforcer l’attractivité du territoire, favoriser l’émergence de projets ambitieux et limiter la fuite des talents vers les grands pôles urbains. La French Tech Pyrénées-Méditerranée entend ainsi défendre un modèle complémentaire, fondé sur la qualité du cadre de vie, la proximité avec les acteurs économiques, l’accès aux réseaux d’accompagnement et les coopérations entre territoires.
Cette stratégie bénéficie du soutien de plusieurs acteurs institutionnels et économiques. Perpignan Méditerranée Métropole, son agence d’attractivité Cap Sud 66, les CCI des trois départements, la Région Occitanie ainsi que différentes collectivités locales accompagnent cette évolution. Leur mobilisation donne à cette candidature une dimension collective, avec la volonté de structurer une communauté capable de mieux représenter les entreprises innovantes implantées hors des grands centres métropolitains.
L’ambition est aussi géographique. Située à la jonction entre les Pyrénées, la Méditerranée et les marchés voisins, la French Tech Pyrénées-Méditerranée veut renforcer ses liens avec les écosystèmes économiques catalans et andorrans. Cette ouverture transfrontalière doit permettre aux start-up locales d’accéder plus facilement à de nouveaux marchés, à des investisseurs et à des partenaires situés de part et d’autre de la frontière.
Une feuille de route tournée vers la souveraineté, la coopération et l’international
Pour la période 2026-2028, la French Tech Pyrénées-Méditerranée prévoit de structurer son action autour de plusieurs priorités. La première concerne la souveraineté économique et technologique. L’association souhaite déployer localement le dispositif national “Je choisis la French Tech”, dont l’objectif est d’encourager les acteurs publics, les grands donneurs d’ordre et les entreprises établies à se tourner davantage vers les solutions développées par les start-up françaises et locales.
Cette orientation répond à un enjeu majeur pour les jeunes entreprises innovantes : accéder plus facilement à la commande publique et privée. En favorisant les achats auprès des start-up du territoire, la French Tech Pyrénées-Méditerranée veut contribuer à renforcer leur développement commercial, leur crédibilité et leur capacité à changer d’échelle.
La deuxième priorité concerne la synergie territoriale. La future communauté souhaite mettre en place un guichet unique pour mieux orienter les entreprises vers les dispositifs de financement, d’accompagnement et de développement disponibles dans les trois départements. Cette logique doit permettre de simplifier le parcours des entrepreneurs, souvent confrontés à une multiplicité d’interlocuteurs, de dispositifs et de structures.
Des événements itinérants sont également prévus entre les différentes structures d’accompagnement de l’Ariège, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Cette démarche doit favoriser la circulation des projets, des compétences et des opportunités, tout en évitant que l’innovation ne soit concentrée dans un seul point du territoire.
Le troisième axe concerne le rayonnement transfrontalier. La French Tech Pyrénées-Méditerranée entend intensifier ses relations économiques avec les écosystèmes catalans et andorrans. L’objectif est d’ouvrir de nouvelles perspectives d’export, de coopération et d’investissement pour les entreprises innovantes du territoire. Dans cette logique, la proximité avec l’Espagne et l’Andorre devient un avantage stratégique, au même titre que l’ancrage régional en Occitanie.
“La Fraîche Tech”, un événement pour déplacer les codes de l’innovation
La nouvelle mandature 2026-2028 sera également marquée par le lancement d’un événement inédit : La Fraîche Tech. Pensé comme un rendez-vous professionnel organisé au cœur d’une station de ski des Pyrénées, ce format entend sortir les rencontres technologiques des cadres urbains habituels.
Avec cette initiative, la French Tech Pyrénées-Méditerranée veut affirmer que l’innovation peut se développer partout, y compris dans les territoires de montagne. L’événement doit réunir des entrepreneurs, des investisseurs et des acteurs de l’écosystème venus de France, d’Espagne et d’Andorre, dans un cadre conçu pour favoriser les échanges et le networking.
« Avec La Fraîche Tech, nous cassons les codes des salons technologiques urbains. Notre ambition est de démontrer que l’excellence technologique peut s’épanouir partout. En réunissant investisseurs et entrepreneurs de toute la France, d’Espagne et d’Andorre au sommet des pistes, nous créons un cadre de networking unique qui valorise autant notre expertise numérique que notre attractivité territoriale », souligne Arthur Lemaire, président de la French Tech Perpignan.
Ce choix d’un événement en altitude illustre la ligne directrice de cette nouvelle étape : faire de la singularité territoriale un levier d’attractivité. Là où les grands salons technologiques se concentrent souvent dans les métropoles, La Fraîche Tech entend proposer une autre expérience, en associant innovation, cadre naturel, rencontres économiques et valorisation des Pyrénées.
Un soutien économique porté par les CCI et les collectivités
Le renouvellement du label repose sur une mobilisation large des acteurs publics et privés. Le soutien de Perpignan Méditerranée Métropole et de Cap Sud 66 s’inscrit dans la continuité de l’appui apporté à la French Tech Perpignan depuis plusieurs années. À cette base historique s’ajoute l’implication de collectivités et de communautés d’agglomération issues des trois départements concernés.
Le monde économique s’est également engagé autour de cette candidature. Les présidents des trois chambres de commerce et d’industrie concernées, Josiane Gouze-Fauré pour l’Ariège, Louis Madaule pour l’Aude et Laurent Gauze pour les Pyrénées-Orientales, ont salué une démarche cohérente à l’échelle des territoires intermédiaires.
« Ce label est la reconnaissance d’une stratégie de “territoires intermédiaires” cohérente au sein de l’Occitanie. Cette nouvelle étape reflète la réalité d’un bassin de vie et d’innovation qui s’étend des sommets pyrénéens au littoral méditerranéen. En unissant nos forces, nous offrons à nos entreprises innovantes une visibilité accrue et des outils d’accompagnement mutualisés pour faire face aux défis de demain », déclarent-ils conjointement.
Cette déclaration met en lumière l’un des principaux enjeux de la nouvelle communauté : donner une visibilité commune à des territoires qui partagent des problématiques proches, mais qui peuvent parfois manquer de lisibilité face aux grandes métropoles régionales. En s’unissant sous une même bannière, les trois départements cherchent à mieux peser dans les dynamiques nationales de l’innovation.
Une communauté née en 2019 et déjà tournée vers l’international
Labellisée pour la première fois en 2019, la French Tech Perpignan s’est progressivement imposée comme un acteur de l’économie numérique régionale. Présidée par Arthur Lemaire, dirigeant de la société Élio’s, et portée par une gouvernance composée de chefs d’entreprise bénévoles, l’association fédère aujourd’hui 80 entreprises adhérentes.
Son action ne se limite pas à l’animation locale de l’écosystème. La French Tech Perpignan s’est aussi distinguée par des initiatives à dimension internationale, notamment avec Le Train de la French Tech, un événement destiné à connecter l’écosystème local avec des investisseurs espagnols. Sa 7e édition doit se tenir du 1er au 4 juin, confirmant la volonté de l’association de faire du lien transfrontalier un marqueur fort de son développement.
Avec la création annoncée de la French Tech Pyrénées-Méditerranée, cette orientation prend une nouvelle ampleur. L’association ne se contente plus d’incarner l’innovation à Perpignan. Elle entend désormais structurer un espace plus vaste, capable d’accompagner les entreprises innovantes depuis les vallées pyrénéennes jusqu’au littoral méditerranéen, en lien avec les métropoles régionales et les territoires voisins.
Cette nouvelle labellisation ouvre donc une période décisive. Entre souveraineté technologique, accompagnement mutualisé, coopération territoriale et rayonnement transfrontalier, la French Tech Pyrénées-Méditerranée veut démontrer qu’un territoire situé hors des grands centres urbains peut devenir un lieu d’innovation, de croissance et d’attractivité pour les start-up. Pour les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et l’Aude, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance nationale en dynamique économique durable.