Réuni devant la presse le 10 septembre, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole a dressé le bilan de ses cinq premiers mois de mandat et détaillé les chantiers de la rentrée. Installation du conseil économique métropolitain en 2027, progression des permis de construire, nouvelles mobilités, logistique décarbonée, adaptation climatique et sécurité composent un programme dense, sur fond de tensions politiques locales et de préparation de l’élection présidentielle.
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, lors de la conférence de presse. (Photo Dorian Alinaghi)
Un bilan d’été, une succession de chiffres et un calendrier qui court jusqu’en 2027. Pour sa première conférence de presse de rentrée du nouveau mandat, Jean-Luc Moudenc a choisi de balayer un large spectre de politiques publiques, de la production de logements à la sécurité, en passant par les transports, l’éducation et la transition écologique.
Le fil conducteur reste celui de la campagne municipale : « Protéger l’avenir ». Celui de Toulouse, de ses habitants et, au-delà, d’une métropole confrontée à une croissance démographique soutenue, à des épisodes climatiques plus sévères et à des besoins croissants en matière d’équipements publics.
443 délibérations adoptées en cinq mois
Avant d’entrer dans le détail des projets, Jean-Luc Moudenc s’est arrêté sur le climat politique local. Le maire décrit un débat devenu plus agressif, où chaque dossier ferait désormais l’objet d’une confrontation systématique. Il affirme avoir recensé 27 polémiques lancées pendant l’été par François Piquemal et son équipe, auxquels il reproche de prolonger la campagne électorale.
« Puisqu’il faut rester en campagne, nous restons au combat », a-t-il répondu, assurant ne pas être déstabilisé par cette nouvelle configuration. Ces échanges n’auraient pas ralenti le fonctionnement des deux collectivités : 443 délibérations ont été adoptées en cinq mois par la mairie et Toulouse Métropole. « Toulouse avance et continue à avancer », a-t-il insisté.
Le président de Toulouse Métropole défend également la gouvernance partagée mise en place avec le groupe des indépendants présidé par Joseph Carles, maire de Blagnac. Cette majorité métropolitaine a notamment permis de voter des budgets rectificatifs malgré les nouvelles ponctions financières de l’État, découvertes après l’adoption des budgets primitifs.
Le conseil économique métropolitain installé début 2027
Pour les entreprises, l’une des principales annonces concerne le calendrier du futur conseil économique métropolitain, une instance initiée par le MEDEF Haute-Garonne et préparée avec les représentants du tissu économique local.
Sa composition, ses missions et son périmètre d’intervention sont encore en cours de définition. Jean-Luc Moudenc précise qu’il ne s’agit pas de créer une structure concurrente des organismes déjà présents, mais de disposer d’un espace de dialogue directement consacré aux enjeux économiques de la métropole.
Le maire souhaitait initialement lancer ce conseil dès la rentrée. Les organisations professionnelles ont demandé davantage de temps pour consolider son fonctionnement. Son installation est donc annoncée au début de l’année 2027.
« Les promesses de campagne ne doivent pas toutes être mises en œuvre dans les six premiers mois, mais au cours des six années qui viennent », a-t-il rappelé. La préparation, assure-t-il, est déjà « très largement lancée ».
Plus de 2 200 logements autorisés en six mois
La construction occupe une place centrale dans la feuille de route métropolitaine. Au premier semestre 2026, les services d’urbanisme ont enregistré des projets représentant 2 246 logements, soit une progression de 88 % sur un an. Sur la même période, les permis délivrés ont autorisé la construction de 2 275 logements, en hausse de 107 % par rapport au premier semestre 2025.
Ces chiffres sont présentés par Jean-Luc Moudenc comme les premiers signes d’une reprise, dans une métropole où la croissance démographique accentue les tensions sur le parc locatif. « La crise du logement se résout d’abord en produisant davantage », a-t-il résumé.
Un séminaire métropolitain consacré au logement se tiendra le 12 octobre. Il réunira les communes, les services du logement et de l’urbanisme ainsi que les professionnels de l’acte de bâtir. La journée doit permettre d’identifier les freins rencontrés par les porteurs de projets et les moyens d’accélérer la production.
Dès le 15 septembre, une opération de rénovation de l’habitat à Arnaud-Bernard sera présentée aux habitants avec Promologis. Trois jours plus tard, la première pierre de My Jolimont sera posée. Le programme prévoit 242 logements, dont 119 au sein d’une résidence étudiante, ainsi qu’une crèche, des bureaux et 190 places de stationnement.
Interrogé sur le projet gouvernemental de fichier national des dettes locatives, Jean-Luc Moudenc n’a pas souhaité prendre position, jugeant l’annonce trop récente. À ses yeux, le principal blocage reste le financement des opérations, dans un contexte marqué par le coût du crédit. L’élue chargée du logement a, de son côté, insisté sur la prévention des impayés afin d’éviter que les situations les plus fragiles ne débouchent sur des expulsions.
Une ligne Aéroport achevée à la fin de l’année
Les mobilités représentent l’autre grand volet économique de la rentrée. La nouvelle ligne de tramway Aéroport doit être achevée à la fin de l’année 2026. Elle reliera Toulouse-Blagnac à la station Blagnac en sept minutes environ, avec jusqu’à une rame toutes les cinq minutes et une correspondance avec le tramway T1.
Depuis le 31 août, l’offre du Linéo 1 est prolongée en soirée jusqu’au terminus Fonsegrives Entiore. Avec jusqu’à 24 000 voyageurs par jour, il s’agit de la ligne Linéo la plus fréquentée du réseau. L’ensemble des lignes Linéo transporte désormais 140 000 voyageurs quotidiennement et totalise 200 millions de passagers en dix ans, à travers 19 communes.
Le parc relais de Ribaute accompagne cette montée en charge. Sa capacité passera de 56 à 178 places d’ici la fin de l’année, soit 122 emplacements supplémentaires.
Le chantier de la ligne C avance également. Le basculement des emprises de la future station François-Verdier a été réalisé le 22 juillet, tandis que les travaux de réaménagement de l’avenue Didier-Daurat se poursuivent après la construction du viaduc. Les futurs aménagements autour des stations seront présentés en novembre. Le tunnelier Marie-Thérèse de Villeneuve-Arifat a, de son côté, achevé une nouvelle séquence de creusement entre le Raisin et Port Saint-Sauveur.
Le sud de la ligne B a été remis en service le 31 août après une fermeture estivale liée à son prolongement vers Labège. Cette interruption a aussi permis de renouveler plusieurs escaliers mécaniques. Dans le même temps, les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse se poursuivent, avec l’ouverture annoncée d’une nouvelle halte Route de Launaguet à la fin de l’année.
Douze kilomètres supplémentaires pour le réseau cyclable
Le déploiement du Réseau express vélo se poursuit à Toulouse et dans plusieurs communes de la Métropole. Douze kilomètres d’aménagements supplémentaires doivent être livrés d’ici la fin de l’année.
Les travaux concernent notamment Villeneuve-Tolosane, la route de Saint-Simon, la voie verte du canal de Saint-Martory, l’avenue Étienne-Billières, Pibrac, l’avenue Bourgès-Maunoury, le boulevard Florence-Arthaud, l’axe Marengo-Roseraie et l’avenue de Saint-Exupéry. De nouveaux itinéraires sont également prévus avenue des Arènes-Romaines à Toulouse et avenue du Marquisat à Tournefeuille.
VélôToulouse enregistre parallèlement une hausse de son utilisation. Le service a comptabilisé 55 309 locations le 1er septembre, puis 56 272 le lendemain et 58 899 le surlendemain, établissant trois records journaliers successifs.
Une péniche électrique pour livrer le centre-ville
La Métropole veut aussi expérimenter une autre manière d’approvisionner le centre de Toulouse. À partir de septembre, une péniche électrique doit transporter des marchandises depuis le nord toulousain jusqu’à Port Saint-Sauveur.
Les produits destinés aux restaurateurs et aux particuliers seront ensuite acheminés par vélos-cargos. Pour le trajet retour, l’embarcation récupérera des déchets verts compostables. Cette expérimentation, portée avec Voies navigables de France, doit permettre de mesurer l’intérêt d’une logistique fluviale décarbonée pour le dernier kilomètre.
Le déploiement d’une 5G métropolitaine doit également commencer en janvier 2027, après l’attribution du marché prévue à la fin de l’année. Le réseau sera destiné en priorité aux besoins des services de la collectivité. Des installations photovoltaïques doivent par ailleurs entrer en service en décembre sur le parking relais Tisséo de l’Oncopole.
Washington, Melbourne et un futur bombardier d’eau
Jean-Luc Moudenc a profité de la conférence pour revenir sur plusieurs actualités aéronautiques. Il a cité les essais de l’Airbus A350-1000 ULR entre Toulouse et Melbourne, symbole, selon lui, des capacités technologiques développées dans la Ville rose.
À compter du 26 avril 2027, United Airlines assurera par ailleurs une liaison quotidienne et annuelle entre Toulouse et Washington-Dulles. Le vol sera opéré avec un Airbus A321XLR assemblé sur le site toulousain. Cette première connexion directe avec les États-Unis doit faciliter les déplacements professionnels et renforcer l’accès des entreprises régionales au marché nord-américain.
Autre dossier évoqué : l’installation à Toulouse du siège de Kepplair Evolution. L’entreprise travaille à la transformation d’une plateforme issue de l’ATR en avion bombardier d’eau. Jean-Luc Moudenc y voit une illustration des possibilités de diversification offertes par l’écosystème aéronautique régional.
Un plan fortes chaleurs activé pendant 42 jours
De mai à la fin du mois d’août, Toulouse a connu plusieurs épisodes caniculaires. À différentes reprises, Jean-Luc Moudenc a décidé d’activer les mesures du plan Toulouse + fraîche sans attendre le passage du département en vigilance orange.
Le dispositif a été renforcé pendant 42 jours. Les horaires de plusieurs piscines ont été élargis et un tarif exceptionnel de 1 euro a été appliqué. Certains parcs et jardins sont restés ouverts jusqu’à 23 heures et les restaurants seniors jusqu’à 18 heures, afin de donner accès à des espaces climatisés.
De nouveaux lieux de fraîcheur ont été proposés aux Minimes, à La Terrasse, au centre culturel Henri-Desbals et à Lardenne. La médiathèque José-Cabanis a également prolongé son accueil jusqu’à 21 heures pendant les périodes les plus chaudes. Le plan d’alerte et d’urgence a permis de renforcer le suivi des personnes âgées et des personnes en situation de handicap inscrites auprès d’Allô Seniors.
Les piscines municipales ont enregistré environ 370 000 entrées, en hausse de près de 30 % sur un an. Plus de 106 000 visites ont bénéficié du tarif à 1 euro, soit une progression de 157 %. Toulouse Plages et La Ramée Plage ont, de leur côté, accueilli plus de 320 000 personnes, dont environ 150 000 à la Prairie des Filtres et 39 000 à La Ramée.
À l’oral, Jean-Luc Moudenc a également indiqué que l’état civil avait recensé 1 809 décès entre mai et août, contre 1 872 sur la même période de 2025, soit une baisse de 3,3 %. Cette comparaison brute ne permet cependant pas de mesurer l’effet propre des dispositifs municipaux.
« Le dérèglement climatique s’accélère et s’aggrave », a prévenu le maire. Un nouveau plan, plus étendu, est désormais en préparation pour l’été 2027. Il doit être présenté avant Noël.
Le Plan Climat métropolitain remis à plat
La révision du Plan Climat-Air-Énergie Territorial doit être soumise au conseil métropolitain le 15 octobre. Une première phase de participation citoyenne sera organisée en janvier 2027, avant un temps de concertation avec les communes et les acteurs du territoire le 25 janvier.
Après l’achèvement du plan 100 000 arbres, la collectivité a lancé son programme de 200 000 arbres. En mars et avril 2026, 17 000 sujets ont été plantés avec les partenaires de la Ville, dont 7 565 chemin des Capelles, 7 000 avenue Pierre-Georges-Latécoère, 1 000 dans la plaine agricole de Ginestous, 550 à Toulouse Aerospace et 360 dans le secteur Ramassiers-Fontaine Lumineuse.
La campagne doit se poursuivre pendant l’hiver avec 5 000 plantations supplémentaires, dont près de 3 000 autour du Réseau express vélo, 720 à Malepère, 400 à Toulouse Aerospace et 125 à la Cartoucherie. Au total, 22 000 arbres doivent être plantés entre mars 2026 et avril 2027.
La lutte contre le moustique tigre fait également l’objet d’une expérimentation fondée sur le lâcher de mâles stériles. L’objectif est de réduire progressivement la reproduction de l’espèce. Selon Jean-Luc Moudenc, cette démarche a reçu les encouragements de l’Agence régionale de santé.
Une caméra par rue à la fin du mandat
La sécurité reste un marqueur de l’exécutif municipal. Au 10 septembre, Toulouse comptait 750 caméras de vidéoprotection. Une trentaine d’équipements supplémentaires doivent être installés d’ici la fin du mois de décembre. L’objectif affiché est de parvenir à une caméra par rue d’ici la fin du mandat.
Les abords des établissements scolaires constituent l’une des priorités. Près de 100 écoles disposent déjà d’une caméra extérieure. Le reste du déploiement est prévu en 2027, en complément des équipements anti-intrusion installés à l’intérieur des bâtiments.
Pendant la Coupe du monde de football, une fan zone d’une capacité maximale de 18 000 personnes a été créée sur le parvis du Stadium pour le quart et la demi-finale de l’équipe de France. Le dispositif associait la présence de « Fêtons +, risquons - » et le relais d’« Ici, demandez Angela », destiné à prévenir le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles.
Un couvre-feu a également été instauré pendant plusieurs soirées sensibles du mois de juin pour les mineurs de moins de 16 ans non accompagnés d’un parent ou d’un représentant légal. Cinquante-cinq jeunes âgés de 11 à 16 ans ont été interpellés. La municipalité ne fait état d’aucun incident majeur autour de la fan zone.
La brigade anti-points de deal prévue pour 2027
Depuis la mi-juillet, la police municipale expérimente les missions de la future brigade anti-points de deal dans les quartiers Saint-Aubin et Arnaud-Bernard. Sa mise en place définitive est annoncée au début de l’année 2027.
Les premières opérations ont donné lieu, selon le bilan présenté oralement, à 199 interventions, 23 interpellations et 95 infractions relevées. Elles ont également permis la saisie de 322 grammes de cannabis, d’une cinquantaine de comprimés de Rivotril ou de prégabaline et d’environ 15 grammes de cocaïne.
L’adjoint chargé de la sécurité, Émilion Esnault, veut concentrer les moyens municipaux sur des points précis, en lien avec la vidéoprotection et la police nationale. « Ce n’est pas tant la quantité qui doit impressionner que le déluge d’interpellations et de présence », a-t-il expliqué. La brigade devra cibler à la fois les vendeurs et les acheteurs dans les limites fixées par la loi.
La municipalité attend toujours l’adoption du texte élargissant les compétences des polices municipales. Celui-ci pourrait notamment leur permettre de sanctionner certaines infractions par une amende forfaitaire délictuelle, sans devoir conduire systématiquement les personnes interpellées devant un officier de police judiciaire.
Jean-Luc Moudenc prévoit de demander la réinscription du texte à l’agenda parlementaire lors de ses rencontres avec le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le contrat de sécurité intégrée signé en 2022 prévoyait par ailleurs 60 postes supplémentaires de policiers nationaux. Sa clause de réexamen n’a toujours pas été activée, ce que le maire entend également aborder avec l’État.
La mairie rejoint la convention de tranquillité résidentielle
En octobre, Toulouse deviendra signataire de la convention pour la tranquillité résidentielle et la sécurité dans le parc social, déjà conclue entre les bailleurs, la préfecture, le parquet et la police nationale.
Le dispositif facilite le partage d’informations avec les bailleurs sociaux, qui peuvent engager des procédures pour troubles de jouissance lorsque des trafics de stupéfiants ou des occupations de halls sont constatés. L’arrivée de la mairie permettra d’associer pleinement la police municipale aux échanges.
Le réseau « Ici, demandez Angela » poursuit en parallèle son déploiement dans les commerces, les hôtels, les bars et les établissements accueillant du public. Tous les policiers municipaux doivent avoir suivi une formation consacrée aux violences sexistes et sexuelles d’ici la fin de l’année 2026.
Des règles renforcées dans les structures accueillant des enfants
La prévention des violences contre les mineurs devient une priorité de la rentrée. L’interdiction des téléphones portables pour les professionnels au sein des structures municipales est réaffirmée, tout comme la suspension, dès le premier signalement, de tout agent soupçonné de violences pendant la durée des investigations.
Avec les éditions Milan, la mairie déploie le projet « Mon corps à moi ! ». Adapté à l’âge des enfants, il doit les aider à exprimer leurs émotions, à comprendre les notions d’intimité et de respect du corps, puis à solliciter un adulte en cas de difficulté.
Les trombinoscopes sont généralisés à l’entrée des CLAE et le port du badge devient obligatoire pour les agents. La Ville vise la formation de 100 % des personnels en contact avec les enfants d’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027.
Des référents violences doivent être désignés dans chaque structure. Une cellule de contrôle dédiée, un guide pratique conçu avec les parents d’élèves et un accompagnement psychologique renforcé doivent compléter le dispositif.
Écoles et crèches : plusieurs ouvertures à la rentrée
Toulouse compte 213 écoles publiques, dont 112 maternelles et 101 élémentaires, qui accueillent environ 32 000 élèves. Le groupe scolaire Marie de Gournay a ouvert à Malepère, tandis que l’établissement de Jolimont rénové a accueilli ses élèves au cœur de la ZAC Guillaumet. L’école maternelle de Château d’Ancely doit ouvrir à l’automne après des travaux d’extension et de réhabilitation.
La ville dispose également de 213 CLAE, dont 182 sont engagés dans les Parcours éducatifs périscolaires et scolaires. Les dispositifs municipaux comptabilisent 734 parcours individuels de réussite éducative, tandis que le Contrat local d’accompagnement à la scolarité concerne 1 391 élèves du primaire.
Depuis le printemps, toutes les salles de classe maternelles et élémentaires sont équipées de brasseurs d’air. Plus de 130 écoles disposent d’une cour oasis, dont dix aménagées pendant l’été. La municipalité vise une généralisation à l’ensemble des établissements durant le mandat.
Dans le même temps, 80 écoles disposent d’îlots de fraîcheur ou ont été entièrement rafraîchies. Une dizaine d’opérations ont été réalisées cet été, avec l’objectif de couvrir toutes les écoles d’ici la moitié du mandat.
Pour la petite enfance, 951 nouvelles places en crèche ont été attribuées en vue des entrées de septembre et d’octobre. Le Centre Petite Enfance Malepère a ouvert le 1er septembre avec un multi-accueil de 39 places et un Relais Petite Enfance.
Le guichet unique, opérationnel depuis juillet, permet aux familles de déposer une seule demande en ligne, tout en conservant un accueil physique. Neuf commissions d’attribution seront organisées chaque année. À terme, le dispositif doit donner accès à environ 80 % de l’offre d’accueil, avec une intégration progressive des structures partenaires jusqu’en janvier 2027.
Plus de 8 500 jeunes accueillis pendant les vacances
Pendant l’été, 1 164 enfants et adolescents de 5 à 17 ans ont participé à un séjour ou à un mini-séjour organisé par la mairie. Parmi eux figuraient 96 jeunes en situation de handicap, dont 44 accompagnés individuellement.
Les séjours ont été proposés dans les centres municipaux d’Aulus-les-Bains, Saint-Laurent-de-Neste, Jurvielle et Antichan-de-Frontignes, ainsi qu’aux Cabanes de Fleury, au lac de Saint-Ferréol et à Lafitole, nouvelle destination 2026 installée dans une ferme équestre. Randonnée, kayak, escalade, VTT, équitation, canyoning, activités nautiques et bivouacs figuraient au programme.
Dans les accueils de loisirs et les clubs adolescents, la mairie proposait 3 670 places quotidiennes en juillet et plus de 2 148 en août, réparties entre 27 accueils maternels, 16 accueils élémentaires et neuf clubs adolescents. Au total, 7 385 enfants ont été accueillis, dont 758 en situation de handicap.
Le budget municipal consacré à ces dispositifs atteint 3,1 millions d’euros. Les familles supportent en moyenne 13 % du coût, les 87 % restants étant financés par la mairie et la Caisse d’allocations familiales.
Étudiants : logement, alimentation et santé mentale
Classée première ville étudiante de France par L’Étudiant pour la deuxième année consécutive, Toulouse met en avant une série de services destinés à faciliter l’installation des jeunes.
L’abonnement annuel Tisséo est fixé à 169,60 euros, soit 14,10 euros par mois. Il revient à 12,80 euros mensuels pour les étudiants boursiers et devient gratuit pour les bénéficiaires de l’échelon 7.
Au 30 juin 2026, le Fonds d’aide aux jeunes avait accordé 516 aides à des étudiants pour un montant total de 129 000 euros. Le Fonds de solidarité pour le logement peut également prendre en charge certaines dépenses liées à l’accès ou au maintien dans un logement. Avec Instal’Toit, les 18-29 ans peuvent obtenir un prêt à taux zéro allant jusqu’à 500 euros pour financer leur installation.
La mairie a lancé un appel à partenariat afin d’étendre la mutuelle communale à l’ensemble des Toulousains. Le partenaire retenu sera soumis au vote du conseil municipal avant la fin de l’année. Les étudiants pourront bénéficier de cette nouvelle offre.
Face à la précarité alimentaire, Toulouse Métropole porte le projet « De la terre à l’assiette ». Un terrain de 5 000 m² à Saint-Simon, exploité par l’association La Milpa, est consacré au maraîchage. Les légumes sont cuisinés avec des étudiants avant d’être distribués à des jeunes en difficulté. En un an, 7 000 barquettes et 1,7 tonne de légumes biologiques ont été distribuées.
La mairie cofinance aussi une épicerie solidaire destinée aux jeunes des résidences Espérance et Jolimont, dont 207 personnes ont bénéficié en 2025. Les étudiants disposent en outre d’une réduction de 10 % sur les produits du Domaine de Candie.
Sur le volet de la santé mentale, le dispositif Suricate envoie des intervenants formés à la rencontre des jeunes sur les campus et dans l’espace public. Il sera notamment présent lors de la Journée de la santé du 23 septembre et pendant les Semaines d’information sur la santé mentale, du 2 au 22 octobre.
Culture, emploi et nouveaux équipements
La gratuité des musées et monuments sera accordée aux étudiants du 12 au 25 octobre. La Nuit des étudiants du monde se tiendra le 13 octobre au Capitole et au Flashback Café. Un concert gratuit de l’Orchestre national du Capitole sera proposé le 19 novembre à la Halle aux Grains, avant « Le Monde à Ma Table », organisé aux Abattoirs le 24 novembre pour accueillir notamment les étudiants internationaux.
Depuis le 6 septembre, la Bibliothèque d’Étude et du Patrimoine ouvre le dimanche au même rythme que les médiathèques José-Cabanis et Grand M, soit 44 dimanches par an, y compris pendant les vacances scolaires. Les services et rendez-vous destinés aux jeunes sont également regroupés sur l’application JEM – Jeune En Métropole.
Le Noviciat, Centre de l’architecture et du patrimoine de Toulouse, ouvrira le 19 septembre place de la Daurade. La réouverture des trois salles gothiques du musée des Augustins est annoncée pour le 2 octobre.
La pose de la première pierre de la Cité de la danse, à la Reynerie, aura lieu le même jour, avant le festival Danse au Grand Jour le 4 octobre. L’exposition « Joan Miró, Prostitution » sera présentée aux Abattoirs du 3 octobre 2026 au 7 mars 2027, tandis que le Muséum accueillera « Minéraux, bien plus que des cailloux » du 2 octobre 2026 au 4 juillet 2027.
Sur le front de l’emploi, la cinquième édition du forum métropolitain Place de l’Emploi se tiendra le 6 octobre sur les Ramblas Jean-Jaurès. Deux jours plus tard, « Nouvel élan vers l’emploi » s’adressera aux demandeurs d’emploi des quartiers prioritaires sur l’esplanade du centre commercial Hippodrome.
L’Agora des futurs, nouvel auditorium de 120 places du Quai des Savoirs, sera inauguré le 16 octobre. Le site célébrera ensuite ses dix ans avec le festival Lumières sur le Quai, organisé du 17 octobre au 1er novembre.
Des projets livrés dans tous les secteurs de Toulouse
Le calendrier municipal comprend également une série d’opérations réparties dans les quartiers. Dans le centre, la Maison de quartier des Amidonniers doit être livrée à la fin du mois de septembre. L’ouverture du marché des Carmes toute la journée du vendredi sera expérimentée jusqu’à 19 h 30, du 25 septembre au 24 décembre. Des aménagements destinés à apaiser l’avenue Marcel-Langer sont prévus avant la fin de l’année.
Dans le nord, le Carré de la Maourine végétalisé ouvre en septembre. La nouvelle salle de quartier Clara-Zetkin, le complexe sportif Rigal ainsi qu’un pump-track et un skatepark rue Ernest-Renan doivent être inaugurés en octobre.
Au sud, les travaux de l’annexe du centre social Bellefontaine-Lafourguette débuteront en octobre. Un jardin partagé doit ouvrir à Champs-Simon, tandis qu’un espace culturel prendra place dans l’ancienne école Paul-Bert à Saint-Simon. Le cœur de quartier de Lafourguette sera également inauguré. La salle polyvalente Oasis-Terre Garonne et la végétalisation du carrefour Fontaine-Lestang sont attendues en décembre.
À l’est, les travaux d’accessibilité et de rénovation du gymnase Soncourt commenceront en novembre. La Maison de quartier Amouroux agrandie et rénovée ainsi que la place Pinel transformée et végétalisée doivent être inaugurées en décembre.
À l’ouest, de nouveaux locaux du centre social de la ZAC Saint-Martin, comprenant un accueil jeunes, seront livrés en novembre. Les travaux du centre culturel et social de Bordeblanche doivent débuter en décembre, tandis que le premier arbre du futur parc de la Cartoucherie sera planté en novembre.
L’extension du Stadium reste en suspens
Jean-Luc Moudenc maintient son engagement en faveur d’un agrandissement du Stadium. L’équipement étant métropolitain, la collectivité se dit prête à faciliter le projet, mais aucune opération ne pourra avancer sans le Toulouse Football Club.
Lors de sa première rencontre avec le nouveau président du TFC, Olivier Cloarec, le 14 juillet 2025, le maire lui avait demandé de relancer le chantier du centre de performance, interrompu par la précédente direction. Les travaux ont repris et leur achèvement est annoncé pour la fin de l’année.
L’effondrement des droits télévisés du football français a toutefois bouleversé les priorités financières du club. Selon Jean-Luc Moudenc, le TFC aurait perdu 60 % des recettes correspondantes. « Le sujet n’est pas d’actualité pour le moment », a reconnu le maire, qui assure ne pas avoir changé de position sur le principe d’une extension.
Le risque d’inondation devra être intégré dès la conception
L’ancien préfet Pierre-André Durand avait alerté sur les difficultés d’un agrandissement du Stadium sur l’île du Ramier, compte tenu du risque d’inondation. Jean-Luc Moudenc ne considère pas cette réserve comme un veto définitif.
Le maire rappelle les nombreuses réunions organisées autour de précédents projets, notamment la Cité de la natation portée avec les Dauphins du TOEC et la construction du Casino Barrière. Dans les deux cas, les services de l’État avaient demandé des garanties précises sur la configuration des bâtiments et l’évacuation du public.
Une éventuelle extension devra donc prévoir une architecture adaptée aux crues, des dégagements suffisants et un protocole d’évacuation tenant compte du nombre de spectateurs. « Dès que l’on fait quelque chose sur l’île du Ramier, le risque d’inondabilité est là et il faut en faire plus », a résumé Jean-Luc Moudenc.
L’élection présidentielle en toile de fond
La conférence s’est achevée sur les échéances politiques nationales. Jean-Luc Moudenc, candidat aux élections sénatoriales, a refusé de commenter ce scrutin depuis une salle municipale afin de ne pas utiliser les moyens de la collectivité dans le cadre de sa campagne.
Il a en revanche accepté de parler de l’élection présidentielle. « Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré, avant de faire part de son inquiétude face à la progression des forces qu’il qualifie d’extrêmes et à la fragmentation des partis républicains.
Le maire appelle à un projet de redressement national fondé sur deux mots : « effort » et « courage ». Il situe sa sensibilité « quelque part entre Édouard Philippe et Bruno Retailleau », mais ne soutient encore aucun candidat.
Au terme d’une conférence de plus d’une heure, Jean-Luc Moudenc aura surtout cherché à montrer que le nouveau mandat était déjà engagé. Les prochains mois permettront de mesurer la traduction concrète des annonces les plus structurantes, à commencer par la relance du logement, la transformation des mobilités et la place qui sera accordée aux entreprises dans la future gouvernance économique métropolitaine.