Le Centre spatial de l’Université de Montpellier assurera la formation de dix étudiants omanais à partir de 2027 dans le cadre du programme OmanSat-1. Pour la première fois, Airbus Defence and Space lui confie le volet formation d’un programme spatial à l’export. Ce contrat met en lumière une expertise développée depuis quinze ans avec l’appui de la Fondation Van Allen.
Dès 2027, dix étudiants omanais y suivront une formation spécialisée avant de concevoir une mission CubeSat, accompagnés par les ingénieurs du Centre jusqu’à la campagne de lancement. (Photo Félicette Agency)
Le contrat porte sur un satellite de télécommunications, mais aussi sur les compétences nécessaires au développement d’une filière spatiale nationale. Le 9 septembre 2026, le Centre spatial de l’Université de Montpellier (CSUM) annonce avoir été sélectionné par Airbus Defence and Space (ADS) pour assurer le volet formation du programme OmanSat-1, conduit par la société SCT, Space Communication Technologies LLC, pour le sultanat d’Oman.
Chargé de fournir une solution comprenant la conception, la fabrication et le lancement du premier satellite de télécommunications du sultanat, Airbus s’appuiera sur le centre montpelliérain pour accompagner la formation d’étudiants omanais. C’est la première fois que l’industriel lui confie cette responsabilité dans le cadre d’un programme spatial export. Pour le CSUM, cette collaboration ouvre une nouvelle étape de son développement international, après des programmes menés avec le Sénégal et Djibouti.
Dix étudiants attendus en 2027, puis une mission CubeSat à concevoir
Le dispositif débutera par l’accueil, dès 2027, de dix étudiants omanais au sein du Mastère Spécialisé CGE Expert en Développement des Systèmes Spatiaux. Après cette formation, leur apprentissage se poursuivra par la conception d’une mission CubeSat, reposant sur la plateforme 1U v3.6 développée par le CSUM.
Accompagnés par les ingénieurs du Centre, les étudiants interviendront sur l’ensemble du cycle de développement de cette mission. Leur parcours couvrira l’analyse, l’ingénierie système, l’assemblage, l’intégration et les tests, jusqu’à la campagne de lancement. Cette mise en pratique doit leur permettre d’acquérir une compréhension concrète des différentes étapes d’un projet spatial.
La démarche prolonge celle engagée avec le Sénégal et Djibouti, où les programmes conduits par le CSUM ont permis de former des ingénieurs à la conduite de projets spatiaux de bout en bout. Pour Oman, l’enjeu est de développer des compétences nationales dans ce domaine, en complément de l’acquisition d’une infrastructure de télécommunications.
Élodie Viau, Senior Vice-Présidente Télécommunications et Navigation d’Airbus Defence and Space, explique : « le programme OmanSat-1 de la société SCT, Space Communication Technologies LLC, illustre parfaitement notre volonté d’accompagner nos clients dans le développement de capacités spatiales souveraines et durables. En nous appuyant sur l’expertise du Centre Spatial de l’Université de Montpellier, nous proposons une offre complète qui associe excellence technologique, transfert de compétences et formation de haut niveau. »
Quinze ans d’expérience et dix nanosatellites en orbite
Créé en 2011, le CSUM est une Unité d’Appui et de Recherche de l’Université de Montpellier. Il dispose des équipements et des équipes nécessaires pour conduire des missions de nanosatellites, depuis les premières études jusqu’aux opérations en vol. Avec dix nanosatellites en orbite, il est présenté dans le communiqué comme le leader français du développement et du lancement de nanosatellites académiques.
Cette expertise s’est construite avec le soutien de la Fondation Van Allen, fondation partenariale de l’Université de Montpellier, qui accompagne le Centre sur les plans stratégique et financier. Son intervention a notamment porté sur le développement des plateformes nanosatellites, l’achat d’équipements et le financement de projets académiques. Elle a également contribué au renforcement des compétences scientifiques, techniques et humaines du CSUM.
Les membres fondateurs de la Fondation réunissent l’Université de Montpellier, 3D PLUS, Airbus Defence and Space et le groupe Expleo. Leur engagement, complété par celui des mécènes, a soutenu la constitution du savoir-faire désormais mobilisé pour le programme omanais.
La Fondation Van Allen plaide pour un soutien public accru
Le partenariat avec Airbus donne aussi à la Fondation l’occasion de défendre son modèle de financement. Selon le communiqué, ses ressources proviennent aujourd’hui de fonds privés, à l’exception de l’apport de l’Université de Montpellier et d’un volet de promotion des métiers du spatial cofinancé par France 2030.
Pour Michel Tognini, président de la Fondation, astronaute français et ancien directeur du centre de formation des astronautes de l’Agence spatiale européenne, le contrat illustre les effets de cet engagement dans la durée : « Le contrat avec Airbus Defence and Space démontre qu’un investissement durable dans la formation, la recherche et l’innovation produit des résultats concrets, jusqu’à devenir un atout pour le rayonnement industriel français à l’international. »
Il souligne le rôle des partenaires historiques : « si cette réussite est aujourd’hui possible, c’est grâce à l’engagement constant de nos mécènes et de nos membres fondateurs, dont Airbus, seuls financeurs de la Fondation à ce jour aux côtés de l’Université. »
Au-delà de ce contrat, Michel Tognini appelle à renforcer l’accompagnement public : « Elle démontre également tout le potentiel que pourrait déployer un tel modèle s’il bénéficiait d’un soutien public à la hauteur des enjeux de souveraineté, de formation et de compétitivité que représente aujourd’hui le secteur spatial. »
La Fondation compte également Jean-Claude Gayssot, ancien ministre, comme président d’honneur, et Claudie Haigneré, astronaute, comme marraine d’honneur.
Une collaboration inscrite dans la stratégie de l’Université de Montpellier
Le programme OmanSat-1 s’appuie sur un établissement réunissant plus de 52 000 étudiantes et étudiants, 5 000 personnels et 17 facultés, écoles et instituts. L’Université de Montpellier couvre un large éventail de disciplines, des sciences et technologies à la médecine et à la pharmacie, en passant par les activités physiques et sportives, le droit, les sciences politiques, l’économie et la gestion.
Dans sa présentation institutionnelle jointe au communiqué, elle fait état d’une place dans le top 200 du classement de Shanghai et d’une position de première université française au classement Reuters des universités les plus innovantes. Elle mentionne également, pour le développement durable, une présence dans le top 3 français et parmi les 101 à 200 premiers établissements mondiaux du classement Times Higher Education. Les éditions de ces classements ne sont pas précisées.
L’établissement articule notamment sa stratégie autour de la santé, de l’environnement et de l’agronomie, avec trois objectifs : nourrir, soigner et protéger. Son programme d’excellence I-Site soutient cette orientation et sa visibilité nationale et internationale, en lien avec les objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 des Nations unies et l’accord de Paris sur le climat.
Son Pôle universitaire d’innovation (PUI) vise, pour sa part, à développer les partenariats de recherche, le transfert de technologies et la création d’entreprises. Il doit favoriser l’émergence de start-up, l’innovation dans les PME et l’attractivité du territoire auprès d’entreprises extérieures. L’Université porte aussi un projet d’institut hors les murs consacré aux déterminants environnementaux de la santé humaine, associant recherche, formation et relations entre sciences et société.
À ces projets s’ajoutent ses engagements en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, de lutte contre les discriminations, d’intégrité scientifique et de développement durable. Avec l’accueil des étudiants omanais en 2027, la coopération entre enseignement supérieur, recherche et industrie prendra une nouvelle forme concrète à Montpellier, au service du développement des compétences spatiales du sultanat.