Toulouse : 31 586 élèves attendus et plus d’un demi-milliard d’euros investis dans les écoles depuis 2014

Près de 31 586 enfants sont inscrits dans les 213 écoles publiques de Toulouse pour la rentrée 2026-2027. Après un cycle de 340 millions d’euros consacré aux constructions et aux rénovations entre 2021 et 2026, la Ville entend désormais intensifier la transformation du patrimoine scolaire, son adaptation aux fortes chaleurs et la protection des élèves sur les temps scolaires comme périscolaires.

Plusieurs établissements ouvrent, s’agrandissent ou se transforment à Malepère, Jolimont, Château-d’Ancely, Rangueil et La Terrasse. (Photo Pixabay)

Plusieurs établissements ouvrent, s’agrandissent ou se transforment à Malepère, Jolimont, Château-d’Ancely, Rangueil et La Terrasse. (Photo Pixabay)

Les effectifs, encore susceptibles d’évoluer, s’établissaient au 14 août 2026 à 31 586 élèves, dont 19 445 en élémentaire et 12 141 en maternelle. Ils seront accueillis dans 213 écoles publiques, réparties entre 112 maternelles et 101 élémentaires, auxquelles sont associés autant de Centres de loisirs associés à l’école (CLAE).

L’éducation demeure le premier poste budgétaire municipal. En 2025, Toulouse lui a consacré 55,5 millions d’euros d’investissement ainsi que 120 millions d’euros de fonctionnement et de dépenses de personnel. Entre 2014 et 2026, le montant cumulé des investissements dépasse un demi-milliard d’euros, dont 340 millions d’euros sur la période 2021-2026.

La politique éducative ne se limite pas aux bâtiments. Parmi les CLAE toulousains, 182 sont engagés dans le programme des Parcours éducatifs périscolaires et scolaires (PEPS). Au total, 3 852 enfants ont participé à des classes de découverte et à des parcours urbains. Le Programme de réussite éducative a, de son côté, accompagné 734 parcours individuels, tandis que le Contrat local d’accompagnement à la scolarité a concerné 1 391 élèves du primaire.

Pour cette première rentrée du nouveau mandat, la municipalité articule son action autour de quatre priorités : investir dans les écoles, favoriser l’autonomie, la curiosité et la citoyenneté, garantir aux enfants un environnement respectueux et protecteur, et renforcer l’équité par l’inclusion, l’accompagnement personnalisé et l’égalité entre les filles et les garçons. La Ville résume son ambition en une formule : « donner à chaque enfant les meilleures conditions pour apprendre, grandir et s’épanouir ».

Des ouvertures et des rénovations dans plusieurs quartiers

Le plan pluriannuel d’investissement 2021-2026 prévoyait 21 nouvelles écoles et 22 opérations de réhabilitation ou d’extension. Arrivé à son terme, il laisse place à la préparation d’un nouveau programme comprenant une dizaine d’opérations importantes de construction, d’agrandissement ou de rénovation. La municipalité prévoit de continuer à répondre aux besoins des quartiers en développement tout en consacrant une part croissante des moyens à la transformation du patrimoine existant.

À Malepère, le groupe scolaire Marie de Gournay franchit une nouvelle étape. Après une ouverture partielle en 2025, l’ensemble de la maternelle et de l’élémentaire accueillera les élèves en septembre 2026. L’établissement dispose de 22 classes, dont neuf maternelles et treize élémentaires, ainsi que d’un accueil petite enfance. La partie scolaire représente un investissement de 15,5 millions d’euros.

Dans la ZAC Guillaumet, l’opération menée au groupe scolaire Jolimont dépasse 13,5 millions d’euros. Elle comprend la réhabilitation des espaces de restauration, la création de salles de classe et de locaux pour le CLAE, ainsi qu’une rénovation énergétique visant une baisse de 40 % de la consommation. La maternelle avait été livrée en mars 2025 ; l’école élémentaire ouvre en septembre 2026.

À Château-d’Ancely, l’extension et la réhabilitation de l’école maternelle doivent s’achever à l’automne 2026. Les 6,7 millions d’euros de travaux permettront d’accueillir huit classes dans des locaux rénovés et plus performants sur le plan énergétique. À Rangueil, l’école élémentaire est agrandie et réhabilitée pour atteindre treize classes, avec une salle mutualisée également accessible au quartier. Le retour des élèves est programmé au début de l’année 2027. La maternelle sera ensuite reconstruite pour accueillir six classes. Chiffrée à 12,4 millions d’euros, l’opération complète doit se terminer à l’été 2028.

Dans le quartier de La Terrasse, l’élémentaire du groupe scolaire Courrège fait également l’objet d’une extension-réhabilitation. Sa capacité sera portée à seize classes. Un bâtiment neuf et un autre rénové doivent être livrés au premier trimestre 2027, avant la rénovation de la maternelle jusqu’à l’été 2028. Le montant annoncé atteint 13,3 millions d’euros.

Deux nouveaux groupes scolaires sont par ailleurs attendus en septembre 2027. Adrienne Bolland, aux Izards, offrira neuf classes maternelles et treize élémentaires pour un investissement de 15,6 millions d’euros. Lise Meitner, à Fondeyre, présentera la même capacité, pour un coût de 15,3 millions d’euros. En parallèle, 5,5 millions d’euros ont été mobilisés pendant l’été 2026 pour des interventions de sécurité, de maintenance et d’amélioration portant notamment sur les toitures, les préaux, le chauffage, les sanitaires, les peintures, les huisseries, les classes et les cantines.

Chaleur : toutes les classes équipées de brasseurs d’air

L’adaptation des écoles au changement climatique prend une place croissante dans les investissements municipaux. Les rénovations thermiques portent sur les toitures, les menuiseries, l’isolation, les chaufferies et la régulation du chauffage. L’ensemble des éclairages a aussi été remplacé par des LED. Près de 8 millions d’euros ont été investis en quatre ans, avec une baisse annoncée de 10 % de la consommation énergétique, soit environ 300 000 euros d’économies par an. Depuis 2022, les nouveaux établissements intègrent systématiquement des panneaux photovoltaïques.

Depuis le printemps 2026, 100 % des salles de classe maternelles et élémentaires disposent de brasseurs d’air. Plus de 80 écoles sont également dotées d’un espace intérieur rafraîchi ou d’un îlot de fraîcheur, souvent installé dans le restaurant scolaire. L’objectif municipal est d’en aménager un dans chaque établissement.

Un plan de mise à l’abri, coordonné avec l’Éducation nationale, doit organiser la réponse lors des épisodes de chaleur intense. Lorsqu’une école ne possède pas encore d’espace rafraîchi, des locaux municipaux climatisés situés à proximité peuvent accueillir des classes. Le dispositif prévoit aussi l’adaptation de la restauration, des horaires des agents, du fonctionnement des écoles et des CLAE, ainsi que la limitation des sorties. Chaque établissement doit décliner sa propre organisation.

La transformation des cours se poursuit au même rythme. Avant les travaux de l’été 2026, Toulouse comptait déjà 133 cours Oasis. Dix sites ont été concernés pendant les vacances : Bécanne élémentaire, Dupont élémentaire, Falcucci élémentaire, Fontaine-Casselardit maternelle, Guillaumet maternelle, Hyon maternelle et élémentaire, Jacquier élémentaire, Lardenne maternelle, Monge élémentaire et Ricardie élémentaire. Une nouvelle intervention est prévue pendant les vacances d’automne à l’école élémentaire du Nord. À terme, la Ville veut que 100 % des cours atteignent le niveau de végétalisation, d’ombrage et de qualité d’usage fixé par la démarche Oasis.

Un plan de sûreté de 2,5 millions d’euros

La sécurité à l’intérieur et aux abords des établissements constitue un autre axe de la rentrée. Les 213 écoles disposent désormais du système d’alerte anti-intrusion MyKeeper. Ses balises mobiles permettent de déclencher une alerte géolocalisée, diffusée dans l’école et reliée à la Police nationale. Lancé en 2023, le plan de sûreté représente 2,5 millions d’euros et doit s’achever en septembre 2026.

Toutes les écoles ont également fait l’objet d’un diagnostic destiné à repérer les vulnérabilités et à hiérarchiser les travaux. Le plan d’action correspondant est en cours d’élaboration. Aux abords des établissements, la municipalité poursuit la création de rues scolaires et les aménagements de voirie lorsque la configuration des lieux le permet. Des agents sécurisent certaines traversées, avec un renfort ponctuel de la Police municipale lorsque des risques ou des menaces récurrentes sont identifiés.

La protection des enfants renforcée dans les CLAE

Dans un contexte national marqué par la révélation de violences au sein de structures éducatives, Toulouse annonce un renforcement des règles appliquées dans les accueils périscolaires et de loisirs. La municipalité s’est associée aux éditions Milan pour déployer le projet « Mon corps à moi ! ». Celui-ci est complété par des PEPS consacrés à la connaissance du corps, aux émotions, au respect de l’intimité, au consentement adapté à l’âge, au harcèlement scolaire, aux droits de l’enfant et à la possibilité de solliciter l’aide d’un adulte. La démarche doit également être étendue aux crèches et aux centres de loisirs, afin de faciliter la libération de la parole lorsque des violences surviennent en collectivité ou dans le cadre familial, où se produit la majorité des faits.

Les règles professionnelles sont parallèlement harmonisées. L’usage du téléphone personnel est proscrit auprès des enfants pendant le temps de travail. L’organisation des soins, des passages aux toilettes, du change et du repos doit éviter qu’un adulte se retrouve isolé avec un enfant. Les contacts avec les mineurs ne doivent pas se poursuivre sur les réseaux sociaux ou au moyen de coordonnées personnelles. Le port de badges, la généralisation des trombinoscopes et la rédaction d’une charte des animateurs doivent améliorer l’identification des personnels dès cette rentrée.

La formation, jusque-là principalement destinée aux cadres et aux directions de CLAE, est étendue aux ATSEM, aux animateurs et aux agents techniques. Tous les agents en contact avec les enfants devront avoir été formés avant la fin de l’année scolaire 2026-2027. Lors des recrutements, aucun agent ne peut prendre son poste avant la vérification de son casier judiciaire et du fichier de Téléprocédure d’accueil de mineurs.

En cas de suspicion ou de signalement, la Ville pose comme principe que « la parole de l’enfant est immédiatement prise en compte ». La suspension doit intervenir dès la première alerte, quelle qu’en soit l’origine. Le circuit de signalement doit être simplifié et centralisé, avant la création d’une cellule de contrôle dédiée. Des référents chargés de la prévention, du repérage et de la diffusion d’une culture commune de protection doivent également être désignés dans chaque structure.

Ce dispositif repose sur une coopération entre l’Éducation nationale, les services de la Jeunesse et des Sports, la Justice, le Conseil départemental à travers la protection maternelle et infantile, ainsi que le tissu associatif. Pour les familles, l’information doit passer par les échanges quotidiens, les cafés des parents, les soirées thématiques et l’Espace numérique de travail. Un guide pratique élaboré avec les représentants de parents, un accompagnement psychologique renforcé et une cellule d’écoute et d’orientation sont également envisagés. Inspirées des préconisations de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), ces mesures doivent être réunies dans un plan d’action formalisé à l’automne.

À compter du 7 septembre 2026, le nouvel ENT « Bien Grandir » centralisera la vie scolaire et périscolaire. Accessible sur ent.toulouse.fr et sous la forme d’une application web pour smartphone, il regroupera le cahier de texte, la messagerie, les projets éducatifs, les actualités et les menus de la cantine, en remplacement de l’application Qui dit Miam. Les identifiants seront transmis aux familles par les directions d’école et de CLAE.

De la classe dehors aux parcours culturels

La municipalité souhaite faire du dehors un espace d’apprentissage plus régulier. Les cours Oasis sont conçues autour de zones calmes, sportives, ludiques et favorables à la biodiversité. La Ville leur attribue plusieurs effets : une amélioration du cadre de vie scolaire, davantage d’activité physique et de contact avec la nature, une concentration accrue, une meilleure coopération entre les enfants et un partage plus équilibré de l’espace entre les filles et les garçons.

En partenariat avec la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de la Haute-Garonne, Toulouse accompagne les enseignants qui souhaitent faire classe en plein air en facilitant l’accès aux sites, au matériel et aux réseaux d’acteurs. Une journée d’expérimentation et d’échanges a été organisée le 4 juin 2026 au jardin Compans-Caffarelli.

Le projet « L’Odyssée des fruits et légumes », développé à partir du domaine agricole municipal de Candie et du parc de l’Observatoire, relie alimentation, agriculture et santé. Il mobilise 60 classes, soit environ 1 400 élèves de la grande section au CE2, autour de l’alimentation durable et de la lutte contre le gaspillage. Les classes de découverte restent également soutenues grâce aux centres municipaux d’Aulus-les-Bains, en Ariège, et de Saint-Laurent-de-Neste, dans les Hautes-Pyrénées. Au cours de l’année 2025-2026, ces structures ont accueilli 119 classes et environ 2 200 enfants. La Ville a aussi aidé 47 classes à organiser leurs propres séjours, un dispositif reconduit en 2026-2027.

L’éducation artistique et culturelle doit garantir à chaque élève toulousain une moyenne de deux actions municipales par an. Les entrées, les médiations et les transports sont gratuits pour les écoles publiques comme privées, notamment vers le Muséum, le Quai des Savoirs, la Cité de l’espace et les médiathèques. Le Passeport pour l’Art propose des parcours de découverte et de pratique au sein des écoles. Depuis 2024, des CLAE maternels construisent aussi des projets avec des équipements proches des lieux de vie des enfants, parmi lesquels le musée des Augustins, le Quai des Savoirs, la Halle de la Machine, la galerie du Château d’Eau, les Abattoirs, le Métronum et les centres culturels municipaux. Des résidences d’artistes et le déploiement d’une Micro-Folie itinérante complètent cette offre.

Citoyenneté, sport et inclusion

Le Conseil municipal des enfants et des collégiens réunit 54 jeunes élus issus de 32 écoles et de 22 collèges. Les représentants de CM2 ont notamment conçu une campagne contre le harcèlement, avec une affiche diffusée dans les établissements et le podcast « Les Jeunes Vibrations Toulousaines ».

Le sport sert également de support aux actions en faveur de l’égalité. Avec le Toulouse Football Club, le programme « Dribblons les discriminations » a été conduit dans 17 CLAE, auprès de 346 enfants et 40 animateurs, autour de l’égalité entre les filles et les garçons et de la lutte contre les stéréotypes. Le parcours « Jouer nous fera toujours grandir ! », développé avec le Stade Toulousain, sera enrichi en 2026-2027 par un partenariat avec la Maison du Sport au Féminin.

Sur le terrain de l’inclusion, plus de 450 enfants ayant besoin d’un accompagnement spécifique sont scolarisés dans les écoles publiques toulousaines. Ils sont épaulés par plus de 100 accompagnants pendant les temps périscolaires. Créée en 2020, la Cellule Inclusion Handicap adapte les espaces, les équipements et la formation des agents municipaux, avec le soutien de la Caisse d’allocations familiales, de l’Agence régionale de santé et de la Maison départementale des personnes handicapées.

Toulouse poursuit par ailleurs l’évaluation du deuxième cycle des Cités éducatives du Grand Mirail et du Nord toulousain. Une candidature a reçu un avis favorable de la préfecture et reste en attente de validation par l’Agence nationale de la cohésion des territoires pour créer une troisième Cité éducative couvrant Empalot, Soupetard-La Gloire et Bréguet-Lécrivain. Sa création permettrait d’étendre le dispositif à l’ensemble des quartiers prioritaires de la ville.

Cantines : 13 millions d’euros de denrées et 90 tonnes de plastique évitées

À la Cuisine centrale, 110 agents municipaux préparent les repas avec un budget alimentaire annuel de 13 millions d’euros. Engagé dans la démarche Mon Restau Responsable, le service doit concilier équilibre nutritionnel, réduction des déchets et respect des lois EGAlim et Agec.

La réglementation impose au moins 50 % de produits sous signes officiels de qualité et d’origine, dont 20 % issus de l’agriculture biologique. En 2025, la Cuisine centrale de Toulouse a atteint 58,70 % de produits sous signes de qualité, dont 32,10 % de produits bio. La diversification des protéines fait également partie des évolutions engagées.

Depuis juillet 2025, les barquettes en polypropylène ont été supprimées au profit de contenants réemployables en inox. Toutes les écoles utilisent ce dispositif depuis la rentrée 2025-2026, ce qui a mis fin à l’emploi d’environ deux millions de barquettes en plastique par an. Baptisé REVOX, pour « remplacement des barquettes plastique par du verre ou de l’inox », le projet avait été lancé en janvier 2022 avant son déploiement opérationnel le 7 juillet 2025. Les équipes ont retenu des bacs gastronormes GN 1/3 en inox, munis de couvercles et de banderoles garantissant leur inviolabilité. Le matériel et les travaux représentent plus de 4 millions d’euros, avec l’achat de robots et de potences destinés à limiter la pénibilité pour les agents. La Ville évalue à 90 tonnes par an la quantité de plastique ainsi évitée.

Le tri des biodéchets est désormais généralisé dans les écoles. Pendant l’année scolaire 2025-2026, près de 570 tonnes ont été collectées, dont environ 103 tonnes transformées en compost. Celui-ci a servi à amender plus de 57 000 mètres carrés de sols. Selon l’équivalence communiquée par la municipalité, les émissions évitées correspondent à 48 vols Paris-Sydney.

La réduction du jetable passe aussi par le retour du tissu. Certaines familles fournissent et récupèrent chaque semaine la serviette de table de leur enfant, dans le cadre de démarches portées par les conseils d’école et les équipes de CLAE. Des essuie-mains en tissu ont par ailleurs été expérimentés dans 31 écoles, avec des résultats jugés positifs sur les usages et la consommation de papier. Une nouvelle campagne d’expérimentation a été proposée en 2025-2026.

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