À Toulouse, Liebherr-Aerospace expose ses technologies d’avenir au ministre des Transports

Philippe Tabarot, ministre des Transports, s’est rendu lundi 15 juin 2026 sur le site toulousain de Liebherr-Aerospace. Cette visite a mis en lumière le rôle stratégique de l’équipementier dans la filière aéronautique française, entre montée en cadence industrielle, innovation technologique et contribution à la décarbonation du transport aérien.

Derrière cette visite ministérielle, un enjeu majeur : accompagner la montée en cadence industrielle, renforcer les capacités de production et préparer les futures générations d’avions. (Photo Liebherr-Aerospace)

Derrière cette visite ministérielle, un enjeu majeur : accompagner la montée en cadence industrielle, renforcer les capacités de production et préparer les futures générations d’avions. (Photo Liebherr-Aerospace)

Le déplacement de Philippe Tabarot, ministre des Transports, chez Liebherr-Aerospace Toulouse, lundi 15 juin 2026, intervient dans un moment charnière pour la filière aéronautique. À l’heure où les avionneurs poursuivent la montée en cadence de leurs programmes et où l’ensemble du secteur travaille à réduire l’empreinte environnementale du transport aérien, le site toulousain de Liebherr confirme sa place dans l’écosystème industriel national.

Fournisseur de rang 1 pour l’industrie aéronautique, Liebherr-Aerospace Toulouse est spécialisé dans les systèmes d’air et la gestion thermique embarquée. Ces technologies, souvent moins visibles que les moteurs ou les structures d’avions, jouent pourtant un rôle essentiel dans les performances des aéronefs, le confort à bord, la sécurité des systèmes et l’efficacité énergétique globale. La visite du ministre a ainsi permis de présenter les savoir-faire de l’entreprise, ses ateliers de production, son centre d’essais et les technologies développées pour les prochaines générations d’aéronefs.

Implantée en Occitanie, au cœur de l’un des plus puissants bassins aéronautiques européens, Liebherr-Aerospace Toulouse s’inscrit dans une dynamique industrielle de long terme. L’entreprise accompagne les besoins actuels de production tout en préparant les ruptures technologiques attendues pour les futures générations d’avions, dans un contexte marqué par la modernisation des flottes et la recherche d’une aviation plus sobre.

Accompagner la montée en cadence tout en préparant les avions de demain

La visite ministérielle a d’abord mis en avant l’un des défis majeurs auxquels fait face la filière : soutenir la montée en cadence des programmes en production. Après plusieurs années de tensions sur les chaînes d’approvisionnement et de reprise progressive du trafic aérien, les industriels doivent adapter leurs capacités, renforcer leurs moyens de production et sécuriser leurs livraisons auprès des grands donneurs d’ordre.

Dans ce contexte, Liebherr-Aerospace Toulouse poursuit ses investissements en région Occitanie afin de développer ses infrastructures et de faire évoluer ses outils industriels. L’objectif est double : répondre aux exigences immédiates des clients, qu’il s’agisse d’avionneurs ou d’hélicoptéristes, et anticiper les besoins technologiques des années à venir.

L’entreprise se positionne ainsi sur une ligne de crête entre performance industrielle et préparation de l’avenir. Les systèmes qu’elle développe doivent à la fois s’intégrer aux programmes actuels et répondre aux attentes des futures architectures aéronautiques. Cette capacité à articuler production, innovation et anticipation technologique constitue l’un des principaux enjeux du site toulousain.

Des systèmes d’air plus sobres pour réduire la consommation énergétique

Liebherr-Aerospace Toulouse travaille depuis plus de vingt ans au développement de solutions destinées à réduire la consommation énergétique des systèmes d’air embarqués. Ces équipements interviennent notamment dans la pressurisation, le conditionnement d’air, la ventilation ou encore la gestion thermique de différents systèmes à bord.

Les efforts de recherche et développement portent aujourd’hui sur deux axes complémentaires. Le premier consiste à optimiser le prélèvement d’air sur les moteurs, afin de le limiter au strict nécessaire. Dans un avion, l’air prélevé sur les moteurs sert notamment à alimenter certains systèmes non propulsifs. Réduire ce prélèvement permet de préserver une part plus importante de l’énergie pour la propulsion et, in fine, de contribuer à une meilleure efficacité globale.

Le second axe repose sur le développement de systèmes capables d’utiliser de l’air directement prélevé à l’extérieur de l’avion. Cette approche permet de repenser l’alimentation de certains équipements embarqués et de réduire leur dépendance aux moteurs. En améliorant l’efficacité énergétique des systèmes non propulsifs, ces innovations doivent contribuer à diminuer la consommation de carburant et les émissions de CO₂.

Cette évolution technique illustre la transformation en profondeur de l’aéronautique. La décarbonation ne dépend pas uniquement des carburants durables, de l’hydrogène ou de nouvelles motorisations. Elle repose également sur l’optimisation progressive de nombreux systèmes embarqués, dont l’addition peut peser de manière significative sur les performances énergétiques d’un avion.

Une innovation construite avec l’écosystème industriel, académique et public

Les technologies développées à Toulouse s’appuient sur une coopération étroite avec de nombreux partenaires. Liebherr-Aerospace Toulouse inscrit ses travaux dans des programmes nationaux et européens tels que le CORAC, Clean Aviation ou Therma4era, avec l’appui des pouvoirs publics et notamment de la Direction Générale de l’Aviation Civile.

Ces collaborations associent des acteurs industriels, académiques et institutionnels. Elles permettent de mutualiser les compétences, de tester de nouvelles briques technologiques et d’accélérer leur montée en maturité. Les niveaux atteints permettent désormais d’intégrer ces nouvelles générations de systèmes d’air dans des environnements représentatifs des conditions opérationnelles.

Les briques technologiques essentielles sont aujourd’hui disponibles et doivent contribuer à la trajectoire de décarbonation de l’aviation, avec un objectif clairement identifié par la filière : la neutralité carbone à horizon 2050. Pour Liebherr-Aerospace Toulouse, cette trajectoire suppose d’articuler innovation, industrialisation et coopération avec l’ensemble de l’écosystème aéronautique.

Des technologies également appliquées au ferroviaire

Si le cœur d’activité de Liebherr-Aerospace Toulouse demeure l’aéronautique, certaines technologies trouvent également des applications dans le secteur ferroviaire. L’entreprise développe notamment des systèmes de conditionnement d’air plus respectueux de l’environnement, utilisant l’air comme réfrigérant.

Cette solution présente un intérêt environnemental important, puisqu’elle est sans impact sur la couche d’ozone. Elle est actuellement testée sur des trains régionaux en Occitanie, confirmant la capacité de Liebherr à transférer ses compétences technologiques au-delà du seul secteur aéronautique. Dans un contexte où les mobilités doivent réduire leur empreinte environnementale, ces développements illustrent les passerelles possibles entre industrie aéronautique et ferroviaire.

Cette diversification technologique renforce également l’ancrage régional de l’entreprise. En Occitanie, territoire à la fois aéronautique, ferroviaire et industriel, Liebherr-Aerospace Toulouse s’inscrit dans une logique d’innovation appliquée à plusieurs modes de transport.

Un acteur industriel majeur en Occitanie

Liebherr-Aerospace Toulouse appartient à la division aéronautique et ferroviaire du Groupe Liebherr. L’entreprise figure parmi les principaux fournisseurs de solutions embarquées pour l’industrie aéronautique, avec un portefeuille de produits destiné aux marchés civils et de défense. Ses activités couvrent principalement les systèmes d’air et les systèmes de gestion thermique.

L’ancrage régional de l’entreprise est significatif. Liebherr-Aerospace Toulouse emploie plus de 1 900 salariés sur ses deux sites de Toulouse et de Campsas, en Tarn-et-Garonne. En 2025, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 848 millions d’euros. Elle dispose également de deux filiales implantées en Occitanie, qui emploient ensemble plus de 200 salariés.

La première, Liebherr-Aerospace Montauban, située en Tarn-et-Garonne, est spécialisée dans l’industrialisation d’ensembles métalliques. La seconde, Liebherr-Aerospace Coatings, basée à Cugnaux, en Haute-Garonne, est dédiée au traitement de surface. Cette organisation régionale illustre le poids industriel de Liebherr dans le tissu économique local et son rôle dans la chaîne de valeur aéronautique.

Une filiale d’un groupe familial mondial

Au-delà de son implantation toulousaine, Liebherr-Aerospace s’inscrit dans un groupe familial international fondé en 1949 par Hans Liebherr à Kirchdorf an der Iller, dans le sud de l’Allemagne. Le Groupe Liebherr est aujourd’hui une entreprise technologique diversifiée, présente dans de nombreux domaines industriels. Il figure notamment parmi les grands fabricants mondiaux d’engins de construction, tout en développant des produits et services dans plusieurs secteurs à forte exigence technique.

Le groupe compte aujourd’hui plus de 150 sociétés sur tous les continents. En 2025, il employait près de 56 000 collaboratrices et collaborateurs et a enregistré un chiffre d’affaires de 14,772 milliards d’euros. Cette dimension internationale donne à la filiale toulousaine une place particulière : celle d’un centre d’expertise inséré dans un groupe mondial, mais fortement connecté aux enjeux de la filière aéronautique française et européenne.

Toulouse, laboratoire industriel d’une aviation plus sobre

La visite de Philippe Tabarot chez Liebherr-Aerospace Toulouse confirme la place de l’Occitanie dans les grandes mutations de l’aéronautique. La région ne se limite pas à l’assemblage final ou aux grands donneurs d’ordre : elle concentre également des équipementiers stratégiques capables de développer des systèmes critiques pour les futures générations d’avions.

En travaillant sur des systèmes d’air plus sobres, des technologies de gestion thermique avancées et des solutions transférables au ferroviaire, Liebherr-Aerospace Toulouse participe à une transformation de fond. L’enjeu consiste à produire davantage, plus efficacement, tout en préparant des technologies compatibles avec les objectifs climatiques de long terme.

Dans cette équation, le site toulousain occupe une place clé. Il relie les impératifs de production, les besoins des avionneurs, la recherche de performance énergétique et l’objectif de neutralité carbone fixé à l’horizon 2050. La visite ministérielle vient ainsi souligner le rôle d’un acteur industriel discret mais déterminant dans la construction de l’aéronautique de demain.

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