Du 17 au 20 juin 2026, la Région Occitanie et l’agence AD’OCC accompagneront une délégation d’entreprises régionales à VivaTech, à Paris Porte de Versailles. Intelligence artificielle, santé, industrie, transition énergétique, robotique, sécurité du quotidien : le pavillon Occitanie entend démontrer la capacité du territoire à faire émerger des solutions technologiques à la fois utiles, concrètes et tournées vers les grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux.
Du 17 au 20 juin 2026, la Région Occitanie et l’agence AD’OCC accompagneront une délégation d’entreprises régionales à VivaTech, à Paris Porte de Versailles. (Photo Vivatech)
Avec plus de 14 000 startups, 600 grands groupes et 174 pays représentés, Viva Technology s’impose comme l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’innovation. Pour l’édition 2026, l’Occitanie entend y occuper une place visible. Du 17 au 20 juin, au Hall 7.2, sur le pavillon Occitanie 2B61, la Région et l’Agence d’Attractivité et de Développement AD’OCC accompagneront une délégation d’entreprises régionales avec un objectif clair : renforcer leur visibilité, favoriser les connexions stratégiques et accélérer leur développement commercial ou international.
La sélection illustre la diversité du tissu régional. Dans l’intelligence artificielle, la santé, l’industrie, l’énergie, la durabilité ou encore la sécurité des personnes, 17 entreprises occitanes présenteront des solutions déjà commercialisées, en phase de lancement ou en cours d’industrialisation. À travers cette délégation, l’Occitanie entend affirmer son positionnement de Région Tech européenne, capable de faire émerger des innovations souveraines, responsables et adaptées aux besoins des entreprises comme des territoires.
L’intelligence artificielle comme fil rouge de l’innovation régionale
Sur le terrain de l’IA, plusieurs entreprises régionales porteront une vision centrée sur la souveraineté, la maîtrise des données et les usages concrets. Installée récemment en Ariège, Devana, créée en 2021 par Barbara Delacroix et Marvin Sant, présentera notamment DIWY, une box IA tout-en-un destinée à rendre l’intelligence artificielle générative sécurisée accessible aux organisations de plus petite taille. La société, qui revendique un brevet autour de son « premier RAG Copilot », développe un système d’exploitation IA pensé pour les environnements sensibles, notamment les banques, assurances, institutions et grandes organisations. Sa technologie permet de dialoguer avec les documents de l’entreprise, d’automatiser des processus et de conserver l’IA sur des infrastructures internes, sans dépendre de clouds externes.
Avec DIWY, Devana veut franchir une nouvelle étape. Le prototype, déjà présenté au CES Las Vegas 2026, entre dans une phase de développement de 18 mois en Occitanie, avec une ambition d’industrialisation en 2027. La société prépare aussi une levée de fonds de 20 millions d’euros, prévoit l’ouverture de bureaux à Toulouse et envisage de nouveaux recrutements au second semestre pour renforcer une équipe d’une dizaine de collaborateurs. Déjà implantée au Luxembourg, l’entreprise compte capitaliser sur VivaTech pour rencontrer intégrateurs, partenaires et grands clients, alors que son système revendique déjà plus d’un million d’utilisateurs finaux.
Autre acteur de l’IA régionale, Emvista, basée à Jacou dans l’Hérault, lancera officiellement PREVYO EVENT. Créée en 2018 par Cédric Lopez, la startup développe une technologie capable de détecter, structurer et exploiter automatiquement les événements contenus dans de grands volumes de données textuelles. Plus de 400 types d’événements peuvent être identifiés en quasi-temps réel, qu’il s’agisse d’un incident, d’une épidémie, d’une panne de machine, d’une catastrophe naturelle ou d’un signal faible. La solution vise notamment les secteurs de la défense, de la banque, de l’industrie et des institutions, confrontés à des volumes d’information toujours plus difficiles à analyser rapidement.
Cette dimension souveraine est centrale dans le positionnement d’Emvista. Sa technologie propriétaire, européenne et labellisée HiFrance fin 2025, entend répondre à des enjeux de confiance, de fiabilité et d’absence d’hallucination. VivaTech doit permettre à la startup de renforcer sa commercialisation auprès d’intégrateurs, d’éditeurs et d’ESN, capables d’intégrer cette brique technologique dans leurs propres solutions.
L’IA sera également abordée sous l’angle environnemental avec Cassia® Technologies, filiale autonome depuis 2024 de la société montpelliéraine Valorhiz. Fondée autour des travaux du Dr Hassan Boukcim, la plateforme combine images satellites, vues aériennes et expertises de terrain afin de cartographier et suivre les écosystèmes. Grâce au deep learning, Cassia® Technologies analyse la végétation, les sols, les habitats naturels, l’occupation des terres, la biodiversité, les risques d’érosion ou encore le stockage carbone. Plus de 50 projets ont déjà été déployés, représentant plus de 3 000 milliards de pixels analysés, 25 000 hectares cartographiés et 2 millions de plantes détectées.
Enfin, l’entreprise héraultaise CYME, fondée à Castries en 2019 par Claudia Zimmer, Matthieu Kopp et Thomas Ribreau, présentera les dernières évolutions de Peakto, son gestionnaire de médias intelligent. La version 2.8 introduit un moteur de recherche IA capable d’explorer des bibliothèques allant jusqu’à 3 millions de fichiers avec 24 Go de mémoire. Une simple requête en langage naturel permet de retrouver une image ou une séquence vidéo, sans exposer les contenus dans le cloud. Distingué « Produit de l’année » au NAB Show 2025 et Prix du Jury au SATIS 2024, Peakto réalise déjà 86 % de ses ventes à l’export, dont 45 % aux États-Unis.
Une industrie régionale qui mise sur la fabrication, la robotique et les usages concrets
L’Occitanie présentera aussi plusieurs innovations industrielles conçues et fabriquées sur le territoire. À Béziers, 3D Varius, fondée en 2015 par Laurent Bernadac, incarne une rencontre singulière entre lutherie, design et impression 3D. L’entreprise, pionnière du violon électrique imprimé en 3D, dévoilera notamment son nouveau modèle Line Abyss, présenté au NAMM 2026 à Los Angeles. Ce violon électrique pousse le registre sonore vers des fréquences très graves, proches de celles habituellement réservées à la contrebasse, tout en conservant un format compact.
La robotique mobile sera portée par ROB’OCC, fabricant tarnais de robots mobiles intelligents. Basée à Brens, l’entreprise présentera ses assistants robotiques ROC-E et ROC-E Picker, conçus pour prendre en charge des tâches d’intralogistique répétitives. Déployables en moins d’une heure, sans Wi-Fi, sans modification d’infrastructure et sans intégration logicielle complexe, ces robots peuvent supporter jusqu’à 200 kilos de charge utile. Déjà testée dans plus de 60 POC et utilisée par des clients comme Mecaprec, BIC, Actia, Safran ou Orange, la solution doit permettre à ROB’OCC de vendre plus de 50 robots d’ici fin 2026, puis de doubler ce volume en 2027. Après une levée de fonds de 3 millions d’euros clôturée en 2025, l’entreprise prépare une série A de 5 millions d’euros.
Dans l’énergie mobile, Batterizy, marque d’APF Entreprises créée en 2010 à Montpellier, présentera une unité de stockage d’énergie mobile destinée aux chantiers, salons professionnels et tournages. Cette solution sur roues, pilotable à distance, peut alimenter temporairement des sites non raccordés, sans bruit ni émission de gaz. Elle peut se recharger via des panneaux solaires ou un groupe électrogène. En cours de certification, cette innovation sera présentée pour la première fois à VivaTech afin de générer de nouveaux tests pilotes, notamment dans le BTP. Le projet s’appuie sur un site de production comptant une centaine de salariés, dont 75 % en situation de handicap, et sur des lignes robotisées permettant de limiter les risques de troubles musculo-squelettiques.
Autre innovation industrielle, General Robotics, basée à Deyme et fondée par Cédric Loubiat, lèvera le voile sur un prototype fonctionnel d’actionneur pour la robotique généralisée. Son cœur technologique repose sur un réducteur de nouvelle génération, objet d’un dépôt de brevet. Lauréate d’une subvention dans le cadre de l’appel à projets France 2030 Robots Intelligents et Machines d’Excellence, l’entreprise a également intégré le cluster international Mass Robotics depuis le 1er avril 2026. VivaTech doit lui permettre de rencontrer investisseurs, prospects, partenaires industriels et acteurs institutionnels, avant une présérie attendue par ses premiers clients.
Santé : des innovations pour réduire les délais, prévenir les risques et fluidifier les parcours
Le secteur de la santé occupera une place importante dans la délégation occitane. À Clapiers, Kervalion, créée en 2025 par Habib Belaïd et Gilles Devillers, développe un greffon osseux personnalisé imprimé en 3D pour l’implantologie dentaire. L’objectif est de réduire les délais et les interventions nécessaires à la pose d’un implant, alors que les procédures actuelles peuvent nécessiter 6 à 12 mois et 2 à 3 interventions. Breveté en 2022, le greffon sur mesure permettrait de réaliser reconstruction osseuse et pose de l’implant en une seule opération. La startup a obtenu en mars une première levée de fonds de 700 000 euros via la plateforme Capital Cell, afin d’accélérer les essais cliniques sur l’homme au Brésil et les études réglementaires nécessaires au marché américain.
Kervalion vise un lancement aux États-Unis en 2028, puis en Europe en 2029, avec un objectif de chiffre d’affaires de 55 millions d’euros en 2032. Lauréate du programme HIIT 2026, elle prévoit aussi de doubler ses effectifs d’ici 2028, passant de 10 à 20 collaborateurs.
À Perpignan, Solecooler, fondée en 2019 par Bruno Aubert, présentera deux innovations liées au confort et à la santé du pied. Sa semelle réversible ClimFeet, déjà vendue à plus de 1 500 clients dans 23 pays, produit du froid et du chaud grâce au mouvement, via un principe thermodynamique proche de la pompe à chaleur. Mais la grande nouveauté sera WarnFeet, une semelle connectée sans batterie destinée à prévenir les risques d’ampoules et d’ulcères du pied diabétique. Alors que plus de 500 millions de personnes vivent avec le diabète dans le monde et que 50 millions seraient concernées par un ulcère, WarnFeet mise sur 150 capteurs, un prix public attendu autour de 200 euros et une surveillance continue sans recharge.
La lutte contre la désertification médicale sera incarnée par OùSoigner, plateforme créée fin 2023 par Alexis Mussard et Guillaume Halb. Installée à Montpellier depuis janvier 2026, la startup facilite la rencontre entre professionnels de santé et structures proposant des postes ou des locaux vacants. Gratuite pour les praticiens et sans publicité, la plateforme revendique près de 7 000 annonces déposées, 7 500 mises en relation et près de 600 installations de professionnels de santé depuis son lancement. Elle prépare pour l’été un simulateur d’aides financières destiné à mieux informer les soignants sur les dispositifs auxquels ils peuvent prétendre lors d’une installation dans une commune.
La santé numérique sera également représentée par Semble, plateforme tout-en-un fondée en Grande-Bretagne en 2018 par Christoph Lippuner et Mikael Landau, désormais implantée à Toulouse et Paris. Arrivée sur le marché français fin 2024 après une levée de fonds de 15 millions d’euros, Semble veut casser les silos logiciels dans les cabinets médicaux. Sa plateforme ouverte centralise rendez-vous, dossiers patients, téléconsultation, facturation et administration. Son produit Semble Connect permet de créer des automatisations dans le parcours patient et l’organisation des équipes de soins, avec jusqu’à 40 % de temps administratif économisé. Aujourd’hui, Semble accompagne plus de 16 000 professionnels de santé, 1 600 cabinets et plus de 10 millions de patients.
Sécurité et confort : des solutions pour protéger les personnes au quotidien
Au-delà de la santé, plusieurs entreprises présenteront des innovations destinées à améliorer la sécurité et le confort dans la vie quotidienne ou professionnelle. Hébergé à l’IoT Valley à Labège, Le Guardian, fondé par Jennifer Riado Abad et Pauline Noel, développe un bracelet d’alerte autonome fonctionnant sans téléphone. Grâce à une carte SIM intégrée et à la géolocalisation, le porteur peut alerter ses proches en appuyant sur un bouton SOS. L’application associée permet aussi d’envoyer des messages courts, de définir des zones d’entrée et de sortie ou des zones interdites. Le Guardian cible les enfants de 4 à 12 ans, les seniors, les travailleurs isolés, les femmes rentrant seules le soir ou encore les sportifs. Le lancement officiel est prévu en 2027, avec un prix BtoC annoncé à 125 euros, livraison incluse, et un abonnement de 9,90 euros par mois. Une offre de précommande à 99 euros sera proposée à l’occasion de VivaTech.
La startup Reeflect, créée en janvier 2024 par Anthony Denux, répond quant à elle aux enjeux de sécurité des personnes sourdes et malentendantes. Le dispositif plug and play détecte les sons importants du quotidien, comme une sonnerie, un cri d’enfant, une alarme ou un robinet ouvert, puis les transforme en alertes lumineuses, vibratoires et mobiles. La solution repose sur un système domotique connecté, une application et une intelligence artificielle embarquée. Après une levée de fonds d’1 million d’euros clôturée en juillet 2025, Reeflect équipe déjà une quinzaine d’entreprises et une quinzaine de particuliers. VivaTech doit lui permettre de présenter la troisième génération de ses capteurs et de convaincre de grands comptes.
L’entreprise Skyted mettra pour sa part en avant un nouvel usage de son casque Skyted 320 : le « vibe coding » à la voix. Alors que les interactions avec les IA génératives deviennent quotidiennes dans le développement logiciel, la voix s’impose comme une interface plus rapide que le clavier, pouvant atteindre 150 à 220 mots par minute, contre 40 à 60 au clavier. Le casque crée une bulle de confidentialité sonore, permettant de parler à voix basse, autour de 40 dB, sans déranger l’entourage dans les espaces partagés. Skyted revendique une dizaine de clients et a récemment signé avec Safran Passenger Innovations pour intégrer sa technologie d’appels silencieux aux systèmes de divertissement en vol RAVE.
Transition énergétique et durabilité : prolonger la vie des équipements, piloter l’énergie locale
La transition énergétique sera également représentée par des solutions qui visent à mieux partager l’énergie et à prolonger la durée de vie des équipements. Dans le Gers, à Cologne, Sunbiose, fondée en 2022 par Raphaël Cervan et Thanh Ly, accompagne les collectivités, entreprises et acteurs locaux dans la conception, le déploiement et l’exploitation de projets d’énergie solaire partagée. Son modèle intégré couvre l’ensemble de la chaîne : prospection des sites, montage juridique et financier, structuration des investissements et gestion opérationnelle.
Sunbiose s’appuie aussi sur une technologie propriétaire issue de la reprise des actifs de Sween, annoncée en janvier 2026. Son boîtier connecté Teeky, breveté et fabriqué en France, remonte toutes les 30 secondes les données de consommation des participants d’une boucle d’autoconsommation. Cette approche permet un pilotage en temps réel de l’énergie produite et consommée localement. Présente à VivaTech, l’entreprise souhaite nouer des partenariats industriels autour des smart grids et des bâtiments intelligents, tout en finalisant une levée de fonds d’1 million d’euros destinée à renforcer ses capacités technologiques, notamment en IoT.
À Montpellier, Sobrii, fondée en 2024 par Karim Manar, répond à un autre enjeu : la durabilité des parcs informatiques. Dans un contexte marqué par la fin du support de Windows 10 fin 2025 et par les tensions sur les composants, la startup propose une solution de maintenance prédictive pour aider les directions informatiques à réparer plutôt qu’à remplacer. Sa nouvelle version, lancée début 2026, analyse l’état de santé des postes de travail, les composants, les applications, les usages, la cybersécurité et l’expérience utilisateur. Elle intègre aussi un calculateur de TCO, le coût total de possession, pour simuler les économies liées à une meilleure allocation des licences ou à l’allongement de la durée de vie des équipements.
La solution a déjà convaincu la Métropole de Montpellier, qui lui a confié le suivi de l’état de santé de son parc informatique, soit environ 7 500 postes de travail. Résultat annoncé : la durée de vie de 2 000 PC a pu être prolongée de deux ans. Sobrii a également remporté un projet sur la sobriété numérique avec l’ADEME Occitanie. La startup, qui compte actuellement 5 salariés, vise un doublement de ses effectifs d’ici fin 2026 et ambitionne de tripler son chiffre d’affaires.
AD’OCC, catalyseur régional de compétitivité
Derrière cette présence collective, AD’OCC joue un rôle d’accélérateur pour les entreprises régionales. L’agence accompagne les sociétés dans leurs enjeux d’innovation, de financement, d’implantation, de transformation durable et d’internationalisation. Elle se positionne comme un outil au service de l’attractivité économique régionale, en lien avec les grandes mutations technologiques, industrielles et environnementales. Première agence française labellisée « Engagé RSE » par l’AFNOR, AD’OCC indique avoir soutenu plus de 2 625 entreprises en 2025.
À VivaTech 2026, cette délégation occitane donne à voir un écosystème qui ne se limite pas à l’émergence de startups. Elle révèle aussi la montée en puissance d’entreprises capables d’industrialiser, de lever des fonds, de signer leurs premiers grands comptes, de viser l’international ou de répondre à des besoins très concrets : mieux soigner, mieux produire, mieux consommer l’énergie, sécuriser les personnes, réduire les coûts ou préserver les ressources. Pour l’Occitanie, l’enjeu dépasse la simple vitrine technologique. Il s’agit de démontrer que l’innovation régionale peut s’inscrire dans les usages, les marchés et les transitions de demain.