À l’issue de son assemblée générale élective, le Medef Haute-Garonne a ouvert une nouvelle page de son histoire en portant Thomas Fantini à sa présidence. Il succède à Pierre-Olivier Nau, après six années de mandat marquées par une forte croissance du nombre d’adhérents, une présence accrue dans le débat public et le renforcement du rôle du mouvement patronal dans l’écosystème économique toulousain. Dans un contexte économique exigeant, le nouveau président entend défendre une ligne claire : proximité avec les entrepreneurs, esprit de conquête, courage dans les prises de position et force du collectif.
Thomas Fantini, nouveau président du Medef Haute-Garonne. (Photo Studio Marius)
Une nouvelle mandature s’ouvre au Medef Haute-Garonne. Réunis à l’occasion de leur assemblée générale élective, les adhérents et administrateurs de l’organisation patronale ont élu Thomas Fantini à la présidence. Chef d’entreprise toulousain, engagé de longue date dans la vie économique locale, il succède à Pierre-Olivier Nau, qui quitte la présidence après deux mandats et six années d’engagement à la tête de l’organisation.
Cette soirée n’a pas seulement marqué une succession institutionnelle. Elle a pris la forme d’un passage de témoin entre deux générations de dirigeants patronaux, dans une période où les entreprises sont appelées à tenir leur rang face aux transitions économiques, industrielles, sociales et territoriales. Autour de Pierre-Olivier Nau, de Valérie Jimenez et des équipes du Medef Haute-Garonne, la soirée a rappelé la place prise par l’organisation dans le paysage économique local : celle d’un réseau d’entreprises, mais aussi d’un acteur d’influence, capable de porter des positions, de créer du lien avec les pouvoirs publics et d’incarner la voix des dirigeants.
Dans son intervention, Pierre-Olivier Nau a tenu à présenter non pas le bilan d’un homme seul, mais celui d’une équipe. « Ce ne sont pas les six dernières années de mon mandat, mais les six dernières années de notre mandat », a-t-il rappelé en substance, associant à cette trajectoire le bureau, les administrateurs, les permanents et les nombreux dirigeants engagés dans les commissions, les mandats et les initiatives portées par le mouvement.
Six années de croissance et d’influence sous la présidence de Pierre-Olivier Nau
Le mandat sortant s’achève sur un bilan assumé. En six ans, le Medef Haute-Garonne a connu une croissance de 175 % du nombre d’adhérents, un chiffre présenté comme l’un des marqueurs les plus forts de la dynamique engagée. Cette progression place l’organisation parmi les Medef territoriaux les plus dynamiques à l’échelle nationale et traduit, selon Pierre-Olivier Nau, la nécessité pour le mouvement patronal de s’appuyer sur le nombre pour renforcer sa légitimité.
« Plus on est nombreux, plus on est légitime », a-t-il résumé devant les adhérents. Mais cette croissance, a-t-il souligné, n’a de sens que si elle permet de construire une parole collective, lisible, crédible et utile aux entreprises. Le défi, dans une organisation réunissant des dirigeants aux profils très différents, consiste à bâtir des positions communes capables d’être entendues par les élus, les institutions et les décideurs publics.
Au cours de ces six années, le Medef Haute-Garonne a multiplié les événements, les rencontres et les formats destinés à faire dialoguer les entrepreneurs entre eux, mais aussi à ouvrir l’organisation vers l’extérieur. Cette ouverture a été l’un des fils conducteurs de la présidence de Pierre-Olivier Nau. Il a rappelé la nécessité, pour Toulouse et son tissu économique, de ne pas céder à l’entre-soi, malgré la force de ses filières industrielles, aéronautiques, spatiales, numériques ou de défense. Le territoire, a-t-il insisté, dispose d’atouts majeurs, mais doit continuer à regarder au-delà de ses frontières locales, nationales et européennes pour nourrir ses idées et renforcer sa compétitivité.
Cette stratégie d’ouverture s’est traduite par la présence régulière d’intervenants extérieurs, français et internationaux, venus partager d’autres regards sur l’entreprise, le travail, l’innovation ou l’avenir des territoires. Elle s’est aussi incarnée dans la création ou le développement d’initiatives structurantes, à l’image du Comex40 Haute-Garonne, destiné à faire émerger une nouvelle génération de dirigeants, ou du réseau des Femmes du Medef Haute-Garonne, porté par Valérie Jimenez et devenu un espace identifié de dialogue, de confiance et d’engagement pour les femmes dirigeantes.
Le rôle central de Valérie Jimenez salué par l’écosystème économique
La soirée a également été marquée par plusieurs hommages à Valérie Jimenez, présidente déléguée du Medef Haute-Garonne durant la mandature sortante. Son parcours entrepreneurial et son engagement au service du collectif ont été salués à plusieurs reprises. Dirigeante dans le secteur du transport, elle a été décrite comme une femme d’entreprise ayant bâti un groupe à partir d’un parcours de terrain, avec une attention constante portée aux équipes, aux métiers et à la place des femmes dans l’économie.
Son rôle dans la création du réseau des Femmes du Medef Haute-Garonne a été particulièrement mis en avant. Cette initiative, aujourd’hui forte de 140 membres, a contribué à ouvrir un espace de parole et d’action autour du leadership féminin, de l’égalité, de la confiance et de l’engagement économique. Au-delà du Medef, son implication dans le sport, la formation, les réseaux associatifs et les causes d’intérêt général a été présentée comme le prolongement d’une même conviction : entreprendre, transmettre et servir.
Cette dimension collective a traversé toute la soirée. Pour Pierre-Olivier Nau, le binôme formé avec Valérie Jimenez a été l’un des ressorts de la mandature. Dans une organisation patronale appelée à représenter des sensibilités, des secteurs et des tailles d’entreprises très différents, cette complémentarité a permis de porter une voix à la fois ferme, ouverte et connectée aux réalités du terrain.
Thomas Fantini, un président élu dans la continuité d’un mouvement renforcé
En élisant Thomas Fantini, le conseil d’administration du Medef Haute-Garonne a choisi une personnalité déjà connue de l’écosystème patronal local. Dans les mots prononcés au moment de la passation, Pierre-Olivier Nau a décrit son successeur comme un homme « généreux », curieux, attaché à comprendre les dossiers avant de les défendre, et « droit dans ses bottes et dans ses convictions ». Il a également souligné la complémentarité de l’équipe appelée à l’accompagner, notamment autour de Stéphane Carcenac, dans une logique de continuité, d’énergie, de rigueur et de créativité.
Thomas Fantini a placé son premier discours sous le signe de l’honneur et de la responsabilité. « Être président du Medef Haute-Garonne, ce n’est pas seulement accepter une fonction. C’est accepter de servir une cause commune », a-t-il déclaré en substance devant les adhérents. Cette cause, pour le nouveau président, tient en quelques mots : porter la voix collective des entrepreneurs, défendre celles et ceux qui créent, investissent, embauchent, forment, prennent des risques et font vivre le territoire au quotidien.
Le nouveau président a insisté sur son attachement à la Haute-Garonne et à Toulouse, un territoire dont il connaît la force, l’énergie, l’intelligence collective, mais aussi les fragilités et les tensions. À ses yeux, la métropole toulousaine et son environnement économique disposent d’une puissance considérable, mais cette puissance doit rester accessible, productive, innovante et connectée à l’ensemble des entreprises qui composent le tissu local.
Un mandat de proximité, de conquête et de courage
Dans un contexte où les entreprises font face à des incertitudes économiques, fiscales, sociales et réglementaires, Thomas Fantini a esquissé les contours de sa mandature. Son ambition repose sur une idée centrale : le Medef Haute-Garonne doit être un mouvement de terrain, capable d’écouter, de protéger, de proposer et, lorsque cela est nécessaire, de se défendre.
« Je vous propose un mandat de proximité, de conquête et de courage », a-t-il affirmé. Proximité, d’abord, parce que le Medef doit rester au contact direct des dirigeants, des PME, des ETI, des grands groupes, des indépendants et des entrepreneurs qui vivent chaque jour les réalités économiques du territoire. Conquête, ensuite, parce que l’organisation doit continuer à attirer de nouveaux adhérents, faire grandir son influence et porter plus fortement la voix des entreprises. Courage, enfin, parce que le nouveau président entend assumer des positions claires lorsque l’intérêt économique du territoire l’exige.
Cette ligne s’inscrit dans l’héritage du mandat précédent. Sous la présidence de Pierre-Olivier Nau, le Medef Haute-Garonne a assumé une parole plus visible dans l’espace public, y compris sur des sujets sensibles. L’objectif n’était pas de prendre parti pour le plaisir de la confrontation, mais de replacer l’entreprise, l’emploi, la souveraineté économique et la compétitivité au cœur du débat local. Thomas Fantini entend prolonger cette dynamique, avec une méthode qui revendique la force de l’équipe.
Le collectif comme méthode et comme identité
L’un des passages les plus marquants de son discours a porté sur la notion de collectif. Nourri par sa culture de chef d’entreprise et par son attachement à l’esprit d’équipe, Thomas Fantini a rappelé qu’aucune réussite durable ne se construit seul. Sur un terrain comme dans l’entreprise, ce qui fait la force d’une équipe, c’est la solidarité, la confiance, l’engagement, le respect et la volonté commune de franchir la ligne.
Cette culture du collectif doit, selon lui, devenir la marque de fabrique de la nouvelle mandature. Le Medef Haute-Garonne qu’il souhaite incarner est un Medef qui « joue collectif », qui protège ses adhérents, qui regarde l’avenir avec ambition et qui ne laisse personne à l’écart. Cette vision répond à un moment particulier pour le monde économique. Entre les défis de recrutement, les mutations industrielles, la pression sur les marges, les enjeux de formation, les transitions environnementales et la complexité réglementaire, les dirigeants ont besoin d’une organisation capable de faire remonter leurs préoccupations, mais aussi de leur donner des espaces d’échange et d’action.
Thomas Fantini a également réaffirmé la place de l’entreprise dans la cité. Dans son discours, il a défendu la liberté d’entreprendre, la reconnaissance de la prise de risque et la nécessité de rappeler le rôle central des entreprises dans la création d’emplois, de richesses, de compétences et de cohésion territoriale. Cette parole, dans un département marqué à la fois par la puissance de ses filières d’excellence et par les besoins de ses PME, entend parler à tout l’écosystème.
La Toulouse School of Economics, symbole d’un territoire qui veut jouer mondial
La soirée élective a aussi été l’occasion d’ouvrir le débat au-delà de la seule organisation patronale. La présence de, Victoria Barham, la nouvelle directrice de la Toulouse School of Economics a permis de rappeler l’importance du lien entre recherche, formation, innovation et développement économique. Pierre-Olivier Nau a présenté cette intervention comme un symbole de l’ouverture nécessaire de Toulouse sur le monde, alors que la métropole ambitionne de renforcer son rang dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’économie de la connaissance.
La nouvelle dirigeante de TSE a rappelé son parcours international, de la Nouvelle-Zélande au Canada, avant son arrivée à Toulouse, et son ambition pour l’école. Elle a souligné l’excellence académique de l’établissement, classé parmi les références mondiales en économie, ainsi que la force de ses partenariats avec les acteurs publics et privés. Pour elle, la réussite de TSE dépend aussi de la prospérité du territoire dans lequel elle s’inscrit. À l’inverse, les entreprises ont besoin d’universités et de centres de recherche capables d’attirer des talents internationaux, de former les nouvelles générations et de nourrir l’innovation.
Cette séquence a renforcé l’un des messages de la soirée : l’avenir économique de la Haute-Garonne ne se construira pas seulement par filière, ni seulement par institution, mais par la capacité du territoire à faire travailler ensemble entreprises, recherche, enseignement supérieur, élus et organisations représentatives.
Mandats, partenaires et engagement : les piliers d’un Medef d’influence
Le bilan présenté par Pierre-Olivier Nau a également insisté sur le rôle des mandats paritaires, au cœur de l’action du Medef. Ces mandats, parfois peu visibles, sont pourtant essentiels dans le fonctionnement de nombreuses institutions économiques et sociales. Le Medef y représente les entreprises, participe aux décisions, défend la réalité du terrain et contribue à faire vivre un modèle de dialogue entre employeurs, salariés et pouvoirs publics.
Un hommage particulier a été rendu à Bernard Cazalbou, engagé de longue date au conseil des prud’hommes, dont la présidence a été saluée pour son exigence et son sens du service. Cette reconnaissance illustre l’importance de ces fonctions exercées dans la durée, souvent loin des projecteurs, mais indispensables à la représentation économique.
Les partenaires du Medef Haute-Garonne ont également été associés à cette séquence, notamment Malakoff Humanis et la GSC, représentés par Éric Hiez et Rolland Mourréal, autour des enjeux de protection sociale, d’accompagnement des dirigeants et de soutien aux entrepreneurs confrontés aux difficultés. La GSC a rappelé sa mission historique : ne pas laisser seuls les chefs d’entreprise face aux accidents de parcours, à la perte d’activité ou aux risques personnels liés à l’entrepreneuriat.
Une nouvelle étape pour le patronat haut-garonnais
L’élection de Thomas Fantini intervient à un moment charnière pour le monde économique local. La Haute-Garonne reste portée par des filières puissantes, au premier rang desquelles l’aéronautique, le spatial, le numérique, la santé, la recherche et les services aux entreprises. Mais elle doit aussi composer avec des tensions fortes : recrutement, logement, mobilité, foncier, transmission, compétitivité, fiscalité, transition écologique, formation et attractivité des talents.
Dans ce contexte, le Medef Haute-Garonne veut continuer à peser. L’organisation sort d’une mandature qui lui a permis de grandir, de se rendre plus visible et de renforcer son rôle d’interlocuteur des pouvoirs publics. Elle entre désormais dans une nouvelle phase, avec un président qui revendique l’ancrage local, la culture entrepreneuriale, l’esprit d’équipe et la parole assumée.
« L’avenir de notre organisation ne se subira pas, il se construira », a lancé Thomas Fantini en conclusion de son discours. Le message résume l’esprit de cette passation : un Medef Haute-Garonne qui entend poursuivre sa croissance, renforcer sa capacité d’influence et défendre les entreprises dans un moment où leur rôle dans la société reste plus que jamais stratégique.
Pour Pierre-Olivier Nau, cette élection est « une très bonne nouvelle » pour l’organisation et pour les entreprises du territoire. Pour Thomas Fantini, elle marque le début d’une responsabilité collective. Celle de faire vivre un Medef proche du terrain, capable de rassembler largement, de parler clairement et de contribuer, aux côtés de ses adhérents, à l’avenir économique de Toulouse et de la Haute-Garonne.