Positive Aviation : le FF72 prend corps avec son premier flotteur

Le 23 juillet 2026, les coques composites fabriquées par Multiplast quitteront Vannes pour rejoindre le Technocentre Airbus Atlantic de Nantes. Elles y seront assemblées avant de gagner Toulouse-Blagnac, où elles équiperont le démonstrateur FF72-X1. Une étape industrielle déterminante pour ce futur bombardier d’eau amphibie dérivé de l’ATR 72, attendu en essais début 2027 et en service pour la saison des feux 2029.

Dérivé de l’ATR 72, ce futur bombardier d’eau amphibie pourra embarquer 8 000 litres d’eau et les écoper en seulement 12 secondes. Premiers essais en 2027, entrée en service annoncée pour la saison des feux 2029. (Photo Kepplair)

Dérivé de l’ATR 72, ce futur bombardier d’eau amphibie pourra embarquer 8 000 litres d’eau et les écoper en seulement 12 secondes. Premiers essais en 2027, entrée en service annoncée pour la saison des feux 2029. (Photo Kepplair)

Le FF72 quitte peu à peu les plans pour prendre forme dans les ateliers. Le 23 juillet 2026, les coques composites du premier flotteur du démonstrateur FF72-X1 doivent être transférées depuis le site de Multiplast, à Vannes, vers le Technocentre Airbus Atlantic de Nantes. Leur départ marque une nouvelle avancée dans l’assemblage de l’appareil que Positive Aviation présente comme le premier bombardier d’eau amphibie français.

À Nantes, les éléments rejoindront la phase d’assemblage final des flotteurs. Ceux-ci prendront ensuite la direction du Hangar 16 de l’aéroport Toulouse-Blagnac, site historique où Positive Aviation développe son programme. Ils seront montés sur l’ATR 72 d’essai de l’entreprise avant le lancement des essais en vol et sur l’eau, programmé au début de l’année 2027.

Ce cheminement entre la Bretagne, les Pays de la Loire et l’Occitanie traduit la logique industrielle retenue pour le projet : réunir, autour d’un même avion, des compétences françaises issues de l’aéronautique, du naval et des matériaux composites.

Un avion conçu pour écoper 8 000 litres en 12 secondes

Fabriqués en matériaux composites de haute performance, les flotteurs constituent l’une des pièces maîtresses du FF72. Leur intégration doit permettre de convertir un ATR 72 en appareil amphibie capable de se poser sur l’eau et d’écoper sur un lac, une rivière ou en mer.

Développé à Toulouse depuis 2023 et exclusivement destiné à la lutte contre les incendies, l’avion pourra transporter jusqu’à 8 000 litres d’eau. Positive Aviation annonce un temps d’écopage de 12 secondes, une caractéristique pensée pour multiplier les rotations au plus près des zones touchées par les feux.

« Livrer ces premiers flotteurs alors que de nouveaux incendies frappent le territoire donne une résonance particulière à notre démarche. Le FF72 est né de la conviction que l’excellence industrielle française peut apporter une réponse concrète à l’un des grands défis climatiques de notre siècle », déclare Laurent Schmitt, président de Positive Aviation.

Dans un contexte d’incendies plus intenses et d’épisodes caniculaires plus fréquents, le constructeur veut positionner cet appareil comme une réponse au renouvellement et à l’augmentation des flottes mondiales de bombardiers d’eau de type Canadair. L’entrée en service du FF72 est annoncée pour la saison des feux 2029.

Multiplast transpose la course au large dans l’aéronautique

Pour concevoir les flotteurs, Positive Aviation s’appuie sur l’expérience de Multiplast Groupe Carboman dans les structures composites soumises à des contraintes extrêmes. Fondée en 1981, l’entreprise vannetaise s’est d’abord forgé une réputation dans les bateaux de compétition. Ses réalisations ont notamment été engagées sur les records de l’Atlantique, le Trophée Jules Verne, la Route du Rhum et la Volvo Ocean Race.

Depuis 25 ans, Multiplast transpose ce savoir-faire à d’autres marchés, parmi lesquels l’aéronautique, le spatial, la défense, l’industrie et le génie civil. L’entreprise compte aujourd’hui 130 collaborateurs.

« Ce projet illustre la complémentarité de nos savoir-faire historiques dans la course au large et de notre expertise acquise dans l’aéronautique et la défense. Nous sommes fiers de mettre aujourd’hui les compétences de notre entreprise au service d’un appareil conçu pour renforcer la lutte contre les incendies », souligne Yann Penfornis, directeur général de Multiplast.

Le Technocentre nantais apporte, de son côté, les compétences d’Airbus Atlantic dans la fabrication et l’intégration de structures associant composite et métal. Le groupe intervient notamment sur des sections de fuselage d’avions de ligne Airbus, les voilures d’ATR et des composants du programme militaire A400M.

Une filière de plus de 150 professionnels en France

Au-delà du démonstrateur, Positive Aviation entend structurer une nouvelle filière consacrée à la lutte aérienne contre les mégafeux. Le programme réunit déjà plus de 150 professionnels en France et rapproche deux secteurs industriels fortement implantés dans le pays : le naval et l’aéronautique.

Le constructeur présente le FF72 comme une alternative européenne au Canadair, à la fois souveraine, rapidement disponible et plus accessible économiquement. Selon ses estimations, l’appareil offrirait 30 % de capacité supplémentaire, pour un coût d’acquisition et des charges opérationnelles divisés par deux. L’objectif affiché consiste aussi à préserver la doctrine française de lutte contre les incendies, bâtie depuis 30 ans autour de la capacité d’écopage et considérée par l’entreprise comme l’une des plus performantes au monde.

Positive Aviation indique avoir déjà obtenu une première commande ferme de 10 FF72 auprès de la société américaine Bridger Aerospace. La production en série doit être lancée dès 2027, à l’issue des vols d’essai du démonstrateur FF72-X1. Entre la sortie des premières coques composites et leur arrivée prochaine à Toulouse, le programme entre ainsi dans la phase où ses ambitions industrielles devront se mesurer au réel.

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