L’agence toulousaine de communication spécialisée dans l’innovation vise 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires en 2026, en progression de plus de 30 %. Portée par sa diversification auprès des grands comptes, StandOut structure son activité autour du conseil et de la création, annonce devenir société à mission et se fixe un cap national à l’horizon 2030.
De gauche à droite : Paul Zanin-Rey, CEO, Hugo Roy, directeur général et Jean-François Paillas, CTO de Stand Out. (Photo StandOut)
Faire comprendre une innovation ne se résume pas à expliquer son fonctionnement. Encore faut-il convaincre un investisseur, trouver des clients ou attirer les compétences nécessaires à son développement. C’est sur ce travail de traduction entre univers techniques et enjeux économiques que StandOut a construit son activité. Implantée à Toulouse depuis fin 2018, l’agence, initialement tournée vers les start-up, élargit désormais son portefeuille aux entreprises industrielles et aux grands groupes.
Airbus Robotics, Eiffage, Vinci Facilities ou encore Eurécia figurent parmi les clients récemment gagnés, selon l’entreprise. Cette diversification, engagée en 2024, modifie déjà la répartition de son activité. « Avec ce virage réussi, l’activité de l’agence est aujourd’hui répartie à parts égales entre start-ups et grandes entreprises. Demain, ces dernières devraient compter pour les deux tiers de notre chiffre d’affaires », indique Hugo Roy, directeur général et cofondateur.
Pour l’exercice 2026, StandOut prévoit d’atteindre, voire de dépasser, 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires, soit une croissance annoncée de plus de 30 % par rapport à 2025. L’équipe compte actuellement 12 salariés et devrait réunir 15 collaborateurs d’ici la fin de l’année.
Rendre l’innovation compréhensible et commercialisable
À la tête de l’agence, trois associés se partagent les responsabilités : Paul Zanin-Rey, président et directeur de la création, Hugo Roy, chargé de la stratégie et du développement, et Jean-François Paillas, directeur des technologies. Leur point de départ : dans un environnement saturé de messages, la qualité technique d’un produit ne suffit pas à lui assurer une place sur son marché.
« Notre première conviction était que la communication devait être un sujet de performance », explique Paul Zanin-Rey. Pour l’agence, cette performance peut prendre plusieurs formes : développement commercial, meilleure compréhension d’une offre, progression de la notoriété ou attractivité de la marque employeur.
Une même innovation doit pouvoir parler à des financiers, des institutions, des distributeurs, des utilisateurs finaux et de futurs collaborateurs. L’enjeu consiste donc à adapter le discours à chacun de ces publics, sans perdre ce qui fait la singularité du projet. Une identité graphique soignée, un argumentaire technique et une présence sur les réseaux sociaux professionnels ne constituent, dans cette approche, qu’une partie de la réponse.
La méthode revendiquée par StandOut repose sur une phase d’immersion dans l’activité du client, pour comprendre les technologies et les usages avant de produire les messages. « La communication a certes pour but de simplifier, mais simplifier ne veut pas dire passer à côté d’aspects essentiels parce que trop complexes à traduire », souligne le président.
Plus de 100 jeunes entreprises accompagnées depuis 2018
C’est auprès des start-up toulousaines que StandOut a développé cette spécialisation, notamment à travers des partenariats avec l’incubateur Nubbo et la French Tech Toulouse. Depuis 2018, l’agence indique avoir accompagné plus de 100 jeunes entreprises innovantes. Leurs activités couvrent la deeptech, la fintech, les biotechnologies, les technologies environnementales et médicales, mais aussi la cybersécurité, la logistique, la chaîne d’approvisionnement et les logiciels SaaS.
Selon le bilan communiqué par StandOut, ces entreprises ont levé, au total, plus de 500 millions d’euros. L’agence cite notamment Capitole Énergie, Hector le collector, SelfCity et Abelio parmi ses références.
Ce montant constitue l’un des indicateurs suivis par les dirigeants pour apprécier le parcours des entreprises accompagnées. « Nous suivons les mêmes indicateurs que les incubateurs : les apports en investissements au projet, les fonds levés par l’entreprise accompagnée », précise Hugo Roy. Il porte sur les financements obtenus par ces sociétés, auxquels concourent de nombreux facteurs, et non sur des fonds levés par StandOut.
Tout en conservant cette clientèle historique, l’agence prospecte depuis 2024 des PME, des entreprises de taille intermédiaire et des grands groupes. Au-delà de l’aéronautique et des services logiciels, elle intervient dans l’énergie, la santé, la finance et l’environnement.
Du conseil stratégique à la production des supports
Pour accompagner cette évolution, StandOut vient de déployer une organisation en deux pôles. Le premier fonctionne comme un cabinet de conseil, avec des consultants intervenant en immersion chez les clients. Leur périmètre comprend la stratégie de croissance, la construction de l’offre, la politique tarifaire, la mise sur le marché, le plan de communication et l’organisation commerciale.
Le second pôle assure les prestations d’agence : création graphique, développement web, réalisation de contenus imprimés et production vidéo pour les différents canaux de diffusion.
Cette organisation répond à une difficulté observée par Paul Zanin-Rey : lorsqu’une entreprise répartit sa stratégie, son identité visuelle et ses contenus entre plusieurs prestataires, elle doit elle-même coordonner l’ensemble, avec un risque de perte de cohérence. « Notre force et notre différenciation, c’est que nous intégrons toute la chaîne de compétences, avec une vision de bout en bout, du conseil aux livrables », défend-il.
Dans ce modèle, un logo, un site ou une vidéo doivent servir un objectif défini en amont : financer le développement d’un produit, préparer sa commercialisation ou recruter. Hugo Roy relie d’ailleurs la croissance attendue en 2026 à la structuration de cette offre de conseil et au développement de l’agence auprès de l’industrie.
Une société à mission, avec un objectif sur le profil des clients
En septembre 2026, StandOut annonce devenir société à mission. L’entreprise a formalisé une raison d’être, récemment présentée à ses salariés et partenaires : « Révéler le potentiel des entreprises innovantes qui façonnent le monde de demain ».
Les associés associent cette démarche à une ambition concernant leur portefeuille de clients. « Une majorité des entreprises clientes de StandOut ont un impact positif. Demain, nous visons 100 % », affirme Jean-François Paillas. « La performance sera là aussi, car c’est le sens que nous voulons donner à notre volonté d’entreprendre. »
Le dossier de presse ne détaille toutefois ni les critères retenus pour qualifier cet impact positif ni les indicateurs destinés à suivre cet objectif. Il présente cette évolution comme un engagement portant à la fois sur l’activité de l’entreprise et sur le sens donné au travail des collaborateurs.
Pour situer sa démarche, StandOut cite le 8e baromètre des entreprises à mission 2025, qui fait état de plus de 2 000 entreprises à mission en France, représentant un million de salariés.
Trois millions d’euros de chiffre d’affaires visés en 2030
La prochaine étape se joue à l’échelle nationale. Déjà présente auprès de grands comptes, StandOut accompagne également des start-up franciliennes. Ce développement s’appuie notamment sur des partenariats avec Paris&Co, l’agence territoriale d’innovation de la Ville de Paris, l’incubateur de l’ESPCI Paris, la société d’investissement Raise et des fonds spécialisés dans la technologie.
Jean-François Paillas affiche l’ambition des associés : « d’ici 2030, notre objectif est de décrocher le leadership en France. Nous voulons devenir le réflexe pour les entreprises innovantes, qu’elles consultent systématiquement StandOut, parce que nous sommes une agence qui sait travailler avec des ingénieurs, des scientifiques, des chercheurs. »
À cet horizon, l’entreprise vise 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit le double de son objectif pour 2026, et un effectif d’environ 30 salariés. Elle prévoit également de porter à 60 % la part de son activité réalisée à l’échelle nationale.
Pour soutenir ce développement, StandOut indique avoir obtenu un prêt « Boost » de Bpifrance et avoir été retenue dans le programme Croissance du Réseau Entreprendre. Fin 2025, l’agence avait également reçu le Coup de cœur du jury des Trophées des leaders de demain, dans la catégorie innovation.
Une histoire commencée à Singapour, un ancrage toulousain
Avant Toulouse, l’aventure a débuté à Singapour, début 2017, à quelque 11 000 kilomètres de la capitale occitane. Alors étudiant à Sciences Po Toulouse, Paul Zanin-Rey y effectue un stage pendant son année de césure internationale. Il quitte rapidement la société de conseil qui l’accueille et s’associe à un jeune entrepreneur indien pour créer une agence de marketing digital destinée aux entrepreneurs français expatriés, les « Singafrogs ».
Au printemps, Hugo Roy, son ami et camarade de promotion, rejoint le projet. Les deux étudiants doivent ensuite rentrer en France pour terminer leur formation. Une fois diplômés, ils convainquent Jean-François Paillas, issu de la promotion précédente de l’IEP de Toulouse, de participer à une nouvelle implantation de StandOut, lancée fin 2018.
L’offre se concentre alors sur le web et l’identité de marque pour les start-up de Toulouse et d’Occitanie, avant de s’élargir. L’agence indique avoir atteint une douzaine de collaborateurs au début des années 2020. Elle occupe aujourd’hui 220 m² de locaux au 176, avenue de Muret, dans le quartier Croix-de-Pierre.
Cet ancrage local reste présent dans son développement. Membre de la French Tech Toulouse, StandOut est également représentée au sein du Comex 40 du MEDEF Haute-Garonne, dont Hugo Roy assure la communication du bureau. L’agence entend désormais s’appuyer sur cette expérience régionale pour développer sa clientèle nationale, avec un enjeu : faire progresser ensemble son activité de conseil, ses équipes et les engagements annoncés dans sa démarche de société à mission.