Réunissant TIDAV, CORNIS, VALEMO et le CNRS, le consortium français Skyrell développe une solution d’inspection autonome des éoliennes en mer depuis la côte. Soutenu par France 2030, le projet vise à éviter le recours aux navires et les interruptions de production, tout en améliorant les données à disposition des exploitants pour organiser la maintenance.
L’enjeu dépasse la prise d’images : limiter l’exposition des équipes en mer, réduire les coûts logistiques et préserver la production d’électricité pendant les inspections. (Photo Skyrell)
Inspecter une pale en mouvement, au large, sans envoyer de navire sur place : c’est le défi auquel s’attaque Skyrell. Ce projet associe quatre partenaires français de l’industrie et de la recherche autour d’un même objectif : faire évoluer les conditions d’inspection des parcs éoliens offshore.
Le consortium rappelle que ces interventions nécessitent encore fréquemment des navires spécialisés et des équipes en mer. Elles dépendent aussi fortement de la météo et imposent, dans de nombreux cas, une mise à l’arrêt temporaire de la turbine. Ces contraintes pèsent sur l’organisation des opérations, leur coût et la disponibilité des installations.
Un drone longue portée pour intervenir depuis la côte
La solution en développement repose sur un drone autonome longue portée, piloté depuis la côte, destiné à examiner aussi bien les pales des éoliennes en fonctionnement que les infrastructures du parc. L’ambition est de réaliser ces inspections sans mobiliser de navire et sans interrompre la production d’électricité.
Les images en haute définition et les données recueillies doivent ensuite être analysées pour établir un état précis des équipements. Au-delà de la prise de vue, l’enjeu consiste à donner aux exploitants des informations utilisables pour décider des interventions de maintenance, avec des exigences de fiabilité, de traçabilité et de sécurité des données.
« Skyrell n'est pas un projet drone. C'est une nouvelle manière d'exploiter et de maintenir les parcs éoliens offshore. », déclare Cédric Lefort, CEO de TIDAV.
Quatre partenaires, de la plateforme aérienne à la maintenance
Le consortium répartit les travaux entre des acteurs aux compétences complémentaires. Spécialiste des systèmes aériens autonomes, TIDAV conduit le développement de la plateforme drone. CORNIS intervient sur l’acquisition intelligente des données et l’imagerie avancée.
Exploitant et mainteneur de parcs d’énergies renouvelables, VALEMO veille à ce que la solution réponde aux besoins opérationnels rencontrés sur les installations. Le CNRS mobilise, pour sa part, les laboratoires Gipsa-lab et Heudiasyc sur l’optimisation des vols autonomes, la sûreté des systèmes et la cybersécurité des données.
Cette organisation réunit ainsi la recherche publique, le développement industriel et l’expérience des opérations en mer. Elle doit permettre de traiter conjointement les questions de navigation, de qualité des observations et d’utilisation des résultats par les équipes chargées de la maintenance.
Une feuille de route construite avant le dépôt du projet
Soutenu par France 2030, Skyrell entend faire passer ces travaux à une application industrielle. Le rapprochement des partenaires n’a pas été motivé initialement par une réponse à un appel à projets. Il découle d’une réflexion commune sur les besoins de la filière offshore : protection des équipes, maîtrise des coûts d’exploitation et souveraineté technologique, dans un contexte de maturité croissante des systèmes autonomes.
Les partenaires indiquent avoir défini leur feuille de route industrielle avant le dépôt du projet. Le soutien de France 2030 s’inscrit dans cette démarche de transformation d’une innovation scientifique en solution destinée aux exploitants.
Réduire l’exposition en mer et mieux suivre les installations
Les bénéfices recherchés concernent d’abord les conditions d’intervention. En limitant la présence des équipes en mer et en supprimant le recours systématique aux navires pour les inspections, le consortium vise une réduction des risques humains et des coûts logistiques. L’examen des pales en fonctionnement doit également préserver la production et améliorer la disponibilité des équipements.
À ces objectifs s’ajoute un suivi des infrastructures sur l’ensemble de leur cycle de vie. Des données fiables, traçables et sécurisées doivent permettre d’accélérer les décisions de maintenance.
Le lancement de l’identité Skyrell s’accompagne de la mise en ligne du site internet, consacré aux ambitions du projet, aux expertises de ses membres et aux premiers usages présentés. Cette prise de parole doit faire connaître les travaux du consortium auprès des professionnels de l’éolien en mer, de partenaires industriels et des acteurs de l’innovation.