Facturation électronique : à Pérols, Iopole lève 3 millions d’euros pour accélérer en Europe

La société héraultaise Iopole annonce une levée de 3 millions d’euros auprès d’IRDI Capital Investissement et de Sofilaro. Spécialisée dans la facturation électronique en marque blanche pour les éditeurs de logiciels, elle revendique plus de 300 partenaires et plus de 500 000 entreprises couvertes. Ce financement doit soutenir son développement international, ses travaux sur l’intelligence artificielle et ses recrutements.

Avec 39 salariés et un effectif multiplié par cinq en un an, l’entreprise héraultaise prépare la suite : développement européen, nouveaux usages de l’intelligence artificielle et recrutements. (Photo Iopole)

Avec 39 salariés et un effectif multiplié par cinq en un an, l’entreprise héraultaise prépare la suite : développement européen, nouveaux usages de l’intelligence artificielle et recrutements. (Photo Iopole)

La facturation électronique entre dans les entreprises françaises, mais les infrastructures qui en assurent la circulation ne portent pas nécessairement le nom du logiciel utilisé au quotidien. C’est sur ce marché qu’Iopole, implantée à Pérols, près de Montpellier, a choisi de se développer. La société fournit aux éditeurs de logiciels une infrastructure qu’ils intègrent à leurs solutions et commercialisent sous leur propre marque. Le 21 septembre 2026, elle a annoncé une levée de 3 millions d’euros auprès d’IRDI Capital Investissement et de Sofilaro, destinée à financer une nouvelle étape de croissance en France et à l’étranger.

Une infrastructure intégrée aux logiciels métiers

Fondée par Dorian Keiflin, Yoann Keiflin, Nicolas Saudemont et Gabriel Pala, Iopole dispose du statut de plateforme agréée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Son immatriculation remonte à décembre 2025. L’entreprise est également certifiée ISO 27001.

Son activité s’inscrit dans le déploiement de la réforme française. Depuis le 1er septembre 2026, les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent aussi en émettre pour les opérations concernées. Cette obligation d’émission s’étendra aux PME et aux microentreprises le 1er septembre 2027. La transmission des factures et des données réglementaires repose sur les plateformes agréées.

Iopole apporte cette fonction aux éditeurs sans développer d’offre concurrente de leurs logiciels métiers ni démarcher directement leurs clients. Dorian Keiflin, cofondateur et CEO, expose ce choix : « depuis le début, nous avons fait le choix de rester en marque blanche derrière nos éditeurs partenaires, sans jamais aller vers leurs clients directement. » Il présente la levée comme un moyen de renforcer la qualité du service et la couverture technique et réglementaire proposée à ces partenaires.

La société fait état de plus de 300 éditeurs partenaires, de plus de 300 intégrations auprès d’éditeurs de logiciels indépendants (ISV) et de plus de 500 000 entreprises finales couvertes par son infrastructure. Elle revendique la première place parmi les plateformes agréées en marque blanche sur le marché français, ainsi que le rang de deuxième plateforme la plus utilisée par les entreprises françaises. Pour étayer ce positionnement, elle cite connect-compta.fr, édité par Chift.

Des flux déjà opérationnels dans dix pays

L’expansion internationale constitue l’une des principales destinations des fonds levés. Iopole indique traiter déjà des flux en production dans dix pays : la France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Grèce, la Suisse et la Croatie.

Le financement doit permettre de poursuivre les développements techniques et les adaptations nécessaires à la conformité réglementaire sur les marchés visés. Cette dimension européenne s’accompagne d’un volet consacré à l’intelligence artificielle. L’entreprise explore deux usages prioritaires, l’extraction intelligente de données et le rapprochement de flux, pour compléter les fonctionnalités de son infrastructure.

Le troisième chantier concerne les équipes. Iopole déclare 39 salariés à la date de l’annonce et un effectif multiplié par cinq en un an. Les recrutements doivent se poursuivre, avec l’ouverture de premiers postes à l’étranger, en Allemagne pour commencer.

IRDI et Sofilaro misent sur l’accélération européenne

Pour Julien Sainte-Catherine, directeur associé d’IRDI Capital Investissement, l’investissement repose notamment sur l’articulation entre maîtrise réglementaire et développement commercial. « Nous avons été favorablement impressionnés par la capacité de l’équipe fondatrice à associer une vision réglementaire précise à une exécution commerciale efficace », explique-t-il. Il estime que la société a acquis en quelques mois une place de référence auprès des éditeurs dans un marché en structuration rapide. « Nous voulons accompagner cette prochaine étape, qui porte à la fois sur l’Europe et sur les usages de l’IA dans les flux financiers. »

Lucas Grillard, directeur d’investissement de Sofilaro Innovation, souligne pour sa part la rapidité d’exécution technique et commerciale de l’équipe, dans un contexte réglementaire favorable à son développement national et européen. « Cet investissement fait pleinement sens pour Sofilaro Innovation soutenant une jeune entreprise innovante locale, en passe de devenir un standard auprès des éditeurs de logiciel du secteur de la facturation électronique. »

IRDI a mobilisé pour cette opération Aelis Innovation 2, son fonds principalement destiné aux entreprises numériques en phase d’accélération. Présente à Toulouse, Montpellier et Bordeaux, la société de capital-investissement annonce 550 millions d’euros d’actifs sous gestion et accompagne près de 200 entreprises. Active depuis 45 ans en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, elle intervient en fonds propres à différentes étapes de leur parcours, de l’amorçage au capital-risque, puis au développement, à la transmission et au rebond.

Du côté de Sofilaro, l’investissement a été réalisé par Sofilaro Innovation, dédiée au capital-risque, à l’amorçage et à l’accélération. Sofilaro-Gestion est la société de gestion du pôle de capital-investissement des Caisses régionales de Crédit Agricole du Languedoc et de Sud-Méditerranée. Elle affiche 350 millions d’euros d’encours sous gestion, plus de 120 participations et 40 ans d’activité. Elle appartient au réseau « Capital Investissement by groupe CA », qui représente 5 milliards d’euros investis.

Ses interventions s’organisent autour de six sociétés. Sofilaro, Sofilaro Expansion et Sofilaro Transitions Ariège Pyrénées Orientales couvrent le capital-développement et la transmission. CALEN finance les infrastructures liées à la transition énergétique, tandis que Sofilaro Dette Privée intervient en dette obligataire et Sofilaro Innovation en capital-risque. Investis sur fonds propres, ces capitaux permettent au pôle de se positionner en investisseur minoritaire actif sur le long terme, avec un accompagnement de proximité adapté au rythme des entreprises

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