La Région Occitanie soutient onze projets d’enseignement supérieur pour adapter les compétences aux besoins des entreprises. Votée le 3 juillet en commission permanente, l’enveloppe de 787 000 euros accompagne notamment des formations en intelligence artificielle, dans le nucléaire et dans les industries culturelles et créatives. Plusieurs ouvertures sont annoncées pour 2027.
La Région consacre 787 000 euros à onze projets d’enseignement supérieur, avec plusieurs ouvertures prévues en 2027. (Photo Pixabay)
Former des ingénieurs pour le nucléaire, préparer des étudiants en santé à partir de patients virtuels ou accompagner de futurs dirigeants de studios audiovisuels et de jeux vidéo : les projets soutenus par la Région Occitanie couvrent des besoins de formation très différents. Ils relèvent toutefois d’une même démarche : faire évoluer l’enseignement supérieur au rythme des transformations technologiques et industrielles du territoire.
Réunis en commission permanente le 3 juillet, les élus de la majorité régionale ont voté, sur proposition de la présidente Carole Delga, une aide globale de 787 000 euros pour onze projets. Cette sélection s’inscrit dans l’appel à projets régional « Impulser des formations d’enseignement supérieur pour préparer aux métiers de demain », lancé en 2024.
Huit filières au cœur de l’évolution des formations
Le dispositif accompagne aussi bien la création de formations que la conception de nouveaux parcours au sein des établissements d’enseignement supérieur. Dans un contexte de mutations rapides et d’enjeux de souveraineté industrielle, la collectivité entend anticiper les compétences dont les entreprises auront besoin.
L’appel à projets couvre huit thématiques stratégiques correspondant à des filières soutenues par la Région : la santé, le spatial, l’eau, le numérique, l’aéronautique, les énergies nouvelles, les industries culturelles et créatives, ainsi que les mobilités intelligentes et durables.
« Essor de l’intelligence artificielle, cybersécurité, aéronautique et développement des énergies de demain, les défis qu’auront à relever les jeunes générations sont nombreux. C’est la raison pour laquelle la Région Occitanie investit pour adapter les formations proposées aux étudiants et développer de nouvelles compétences afin de répondre aux besoins des entreprises du territoire », déclare Carole Delga.
La présidente régionale évoque 25 000 emplois créés chaque année en Occitanie pour justifier cet accompagnement. « Ce sont 25 000 emplois qui sont créés chaque année sur le territoire régional et nous devons accompagner les mutations du marché du travail et investir dans les filières d’avenir. »
À Montpellier, de l’entrepreneuriat culturel aux patients virtuels
L’Université de Montpellier bénéficie d’un soutien de plus de 120 000 euros pour créer et faire fonctionner un master Entrepreneuriat innovant dans les industries culturelles et créatives (ICC). Son ouverture est prévue en 2027, avec une première capacité d’accueil d’une quinzaine d’étudiants.
Le parcours vise l’acquisition de compétences en management pour conduire des projets audiovisuels et de jeux vidéo innovants, mais aussi pour diriger des studios. Le projet comprend la création d’un MOOC consacré à l’entrepreneuriat et l’installation d’un pré-incubateur ICC, destiné à accompagner l’émergence de projets.
Dans le domaine de la santé, l’université porte également une plateforme d’examens médicaux standardisée par l’intelligence artificielle. Les étudiants et les internes pourront y interagir de manière autonome avec des patients virtuels, selon une approche fondée sur la simulation.
Présentée par la Région comme unique au niveau national, cette plateforme pourrait bénéficier à terme à plus de 5 000 étudiants en santé. La collectivité lui attribue plus de 110 000 euros pour sa création et son fonctionnement. Son ouverture est annoncée pour l’année de cette édition de l’appel à projets.
À Alès, des ingénieurs formés aux nouveaux besoins du nucléaire
À IMT Mines d’Alès, l’aide régionale, supérieure à 80 000 euros, doit accompagner la création d’un parcours électif d’Ingénieur en Secteur Nucléaire et d’un cursus d’approfondissement en Génie Civil Nucléaire.
L’établissement entend constituer en Occitanie un vivier d’ingénieurs disposant de compétences propres à cette industrie. Les enseignements doivent notamment répondre aux besoins liés aux petits réacteurs modulaires, ou SMR, et aux réacteurs de quatrième génération.
L’ouverture est annoncée pour la même année que l’édition de l’appel à projets présentée, avec 40 élèves en nucléaire et 20 en génie civil nucléaire.
À Perpignan et Toulouse, l’IA entre dans les cursus industriels
L’Université de Perpignan Via Domitia reçoit près de 100 000 euros pour son futur master « Modèles, Automatique et IA ». Attendu en 2027, il pourra accueillir 25 à 30 étudiants.
Organisée en deux parcours, cette formation doit rendre plus lisible l’offre consacrée à l’intelligence artificielle appliquée aux systèmes numériques et physiques. Elle couvrira notamment le calcul scientifique, l’électronique, l’énergie et l’automatique.
À l’Université de Toulouse, le projet de master « Systèmes Cyber-Physiques Industriels » (SCyPI) bénéficie de plus de 70 000 euros. Il repose sur l’évolution du master existant « Électronique, Énergie électrique, Automatique », afin d’associer une expertise industrielle à des compétences en intelligence artificielle et en cybersécurité.
Selon la présentation régionale, ces compétences figurent parmi les priorités des recrutements attendus à un horizon de cinq ans. L’ouverture du nouveau cursus est prévue en 2027, pour 36 étudiants.
Le CESI de Toulouse obtient, pour sa part, plus de 28 000 euros afin de développer un parcours « Majeur Internet des Objets (IoT) ». Celui-ci intégrera de l’IA embarquée et une option cybersécurité aux formations d’ingénieur en informatique. Dix-huit étudiants pourront l’intégrer dès 2027.
Ce parcours vise les besoins des entreprises toulousaines en systèmes connectés et en télécommunications, dans un territoire où l’aéronautique, le spatial et les systèmes occupent une place importante. Il préparera notamment aux métiers d’ingénieur IoT et d’architecte de solutions connectées, présentés comme particulièrement recherchés.
Les énergies renouvelables, autre enjeu de formation
Au-delà des six projets détaillés, Carole Delga inscrit cette intervention dans une politique d’accompagnement des filières énergétiques. Elle cite notamment l’éolien flottant à Port-La Nouvelle et l’objectif régional de former 15 000 personnes à ces métiers d’ici 2035.
« Je pense en particulier au secteur stratégique des énergies renouvelables, avec l’éolien flottant à Port-La Nouvelle où la Région Occitanie s’est fixée comme objectif de former 15 000 personnes à ces métiers d’ici 2035 », précise-t-elle.
La présidente de Région donne également une portée politique à cette enveloppe, en mettant en cause l’engagement de l’État : « Face au désengagement croissant de l’Etat ce nouvel investissement vient rappeler que l’Occitanie sera au rendez-vous pour façonner le marché du travail de demain ».