Avec 351 769 nuitées recensées en 2025, le Sud-Est Toulousain dispose déjà d’une activité touristique que le Sicoval entend rendre plus visible. Le lancement de sa marque de destination, annoncé pour le 12 octobre 2026, s’accompagne d’un site internet, d’un premier magazine et d’outils de communication partagés. Derrière cette identité commune, l’enjeu est de soutenir les professionnels locaux, du séjour de proximité au tourisme d’affaires.
Derrière cette nouvelle identité, un enjeu économique concret : donner davantage de visibilité aux professionnels et inciter les visiteurs à prolonger leur séjour. (Photo : Sicoval)
Un centre de congrès à Labège, des chambres d’hôtes sur les coteaux, des activités nautiques sur l’Ariège, des ateliers d’artisans et des restaurants : dans le Sud-Est Toulousain, l’offre existe, mais ses différentes composantes ne se lisent pas nécessairement comme une seule destination. C’est ce rapprochement que veut opérer le Sicoval avec la marque « Sud-Est Toulousain ».
L’intercommunalité entend associer sous une même identité les paysages du Lauragais, le canal du Midi, les villages et les savoir-faire locaux. La démarche vise les visiteurs, mais aussi les habitants et les entreprises, avec une promesse résumée par la signature « La destination si proche, si différente ». La proximité de Toulouse devient ainsi un argument pour une sortie, un court séjour ou un rendez-vous professionnel.
Dans le communiqué accompagnant la démarche, Bruno Caubet, président du Sicoval, en expose la finalité : « cette démarche traduit la volonté du Sicoval de renforcer son attractivité, de soutenir l’économie locale et de fédérer les acteurs autour d’une identité commune. »
Une activité de 351 769 nuitées en 2025
Les données de l’observatoire touristique du Sicoval pour 2025 permettent de mesurer l’offre sur laquelle repose cette stratégie. Le territoire compte 110 hébergements touristiques, répartis entre 12 hôtels, 2 résidences de tourisme, 72 gîtes et meublés, 22 chambres d’hôtes et 2 campings. L’ensemble représente 2 148 lits marchands, tandis que 351 769 nuitées ont été recensées. À cette capacité d’accueil s’ajoutent 47 prestataires d’activités de loisirs.
Ces chiffres décrivent une activité déjà installée. La marque doit désormais en faciliter la découverte et donner davantage de visibilité aux professionnels. Hébergeurs, restaurateurs, producteurs, artisans, sites patrimoniaux, associations et opérateurs de loisirs sont appelés à s’y associer. Les documents transmis ne précisent toutefois ni le budget consacré à l’opération ni un objectif chiffré de fréquentation ou de retombées économiques.
L’ambition dépasse la seule venue de touristes. Laurent Chérubin, quatrième vice-président du Sicoval chargé de l’Attractivité, du Marketing et de l’Innovation territoriale, relie explicitement cette démarche à l’attractivité résidentielle et économique : « notre responsabilité, en matière d’attractivité, est de donner envie : envie de le découvrir, d’y revenir, d’y vivre, d’y travailler, d’y entreprendre ou d’y investir. »
Un site, un magazine et des ressources pour les professionnels
Le site sudest-toulousain.fr rassemble les informations nécessaires à la préparation d’une visite : itinéraires, activités de pleine nature, patrimoine, agenda, hébergements et restauration. Il est complété par un premier magazine de destination, qui associe suggestions de parcours et rencontres avec les producteurs, artisans et professionnels du tourisme. La communication se prolonge sur les réseaux sociaux, avec des contenus consacrés aux paysages, aux manifestations et aux initiatives locales.
Pour permettre aux acteurs de relayer cette identité, un kit de communication fournit le logo et ses déclinaisons, la signature de destination, des textes, des visuels, des contenus pour les réseaux sociaux, des brochures et des informations utiles à la promotion des événements. Il s’adresse autant aux professionnels du tourisme qu’aux communes, associations, lieux culturels, organisateurs de manifestations et entreprises. Chaque structure peut utiliser ces ressources tout en conservant sa propre identité.
Sylvie Brot, troisième vice-présidente du Sicoval chargée du Tourisme, du Canal du Midi et de l’Accessibilité, souligne cet objectif collectif : « c’est aussi un véritable soutien pour les professionnels du tourisme, qui disposent désormais d’une vitrine commune pour attirer de nouveaux visiteurs et renforcer l’économie locale. »
Le tourisme d’affaires, une composante à part entière
La destination ne se limite pas aux excursions de loisirs. Elle met également en avant les séminaires, congrès, journées d’équipe et événements d’entreprise. À Labège, Diagora constitue l’un des principaux équipements de cette offre, avec 12 000 m² de surface totale, des salles de réunion pouvant accueillir jusqu’à 240 personnes et des espaces ouverts d’une capacité allant jusqu’à 2 000 personnes. Le centre dispose d’un parking privé et d’un accès rapide depuis l’A61.
Autour de cet équipement, les hôtels, résidences de tourisme, châteaux, domaines et espaces de réception permettent d’envisager différents formats professionnels. L’offre de loisirs peut compléter une réunion par un atelier, une activité de cohésion ou une sortie sur l’eau. La distillerie Bear Brothers propose notamment la visite de ses chais et des ateliers de découverte de la distillation. La restauration, les rooftops et les lieux festifs apportent d’autres possibilités pour prolonger une journée de travail.
Ce lien entre affaires et loisirs se retrouve dans les hébergements. La résidence Hife Coliving associe chambres, salle de sport, studio de karaoké, restaurant Le Supper et événements. Elle illustre une offre pensée pour plusieurs usages, du déplacement professionnel au séjour d’agrément.
320 kilomètres d’itinéraires, du canal aux coteaux
La découverte de plein air repose sur 320 kilomètres d’itinéraires balisés, praticables selon les parcours à pied, à vélo ou à cheval. Les possibilités vont de la promenade familiale aux sorties de trail et de VTT, en passant par les sentiers botaniques. Les chemins relient crêtes, espaces boisés, paysages agricoles et villages, avec des perspectives sur le Lauragais et les Pyrénées.
La Voie d’Arles, ou GR 653, traverse le Lauragais sur une portion d’environ 25 kilomètres jusqu’aux portes de Toulouse. Baziège, Montbrun-Lauragais, Corronsac et Rebigue figurent parmi les villages qui jalonnent ce parcours, où producteurs et commerces de proximité constituent autant de haltes possibles.
Autre axe de découverte, le canal du Midi, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, se déploie ici sur près de 20 kilomètres, ponctués de cinq écluses. Depuis Port Sud, à Ramonville-Saint-Agne, À l’abordage moussaillon propose des bateaux électriques et Catefifi des croisières commentées. Le festival Convivencia et les animations des Escales du canal contribuent également à faire vivre ses berges.
La Réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège complète cette offre avec des rendez-vous de sensibilisation organisés toute l’année. Le parcours pédagogique du ramier de Lacroix-Falgarde et le sentier botanique de Clermont-le-Fort permettent des découvertes en autonomie. La Fête des ConfluenceS, organisée chaque année à la mi-septembre, rassemble les acteurs de ce patrimoine naturel et culturel.
Du pastel au blé, des patrimoines qui se visitent
Le récit touristique s’appuie aussi sur plusieurs périodes de l’histoire locale. À Vieille-Toulouse, un sentier d’interprétation consacré aux Volques Tectosages est prolongé par un jeu sur l’application gratuite E-SCAPADES et des expositions temporaires en partenariat avec le Musée Saint-Raymond de Toulouse. À Baziège, les maisons à colombages et le centre ancien voisinent avec les Médiévales de novembre.
À Labège, le Muséum du Pastel associe histoire de la plante, démonstrations de teinture, artisanat d’art et bien-être. À Escalquens, un parcours numérique retrace les étapes de fabrication de cette teinture. Le patrimoine agricole trouve un autre point d’entrée à Montbrun-Lauragais, où la ferme Biograneta, le moulin restauré et la boulangerie L’Ami du Pain d’Autan permettent de suivre la transformation du blé jusqu’au pain, avec un jeu interactif pour accompagner la visite.
Le dossier rappelle également les liens du territoire avec l’histoire aéronautique, à travers Pierre-Georges Latécoère, Antoine de Saint-Exupéry et Pierre de Saint-Roman, ainsi qu’avec les artistes Jean-Paul Laurens et Victor Ségoffin. Les villages de Fourquevaux, Clermont-le-Fort, Labège et Castanet-Tolosan participent à cette lecture patrimoniale des environs de Toulouse.
Restauration et artisanat au cœur de la démarche
La gastronomie représente un autre point d’appui économique. Le dossier recense 14 établissements référencés par les guides Michelin, Gault & Millau ou Tables & Auberges de France, ou titulaires du titre de Maître Restaurateur. Parmi les adresses mises en avant figure En Marge, à Aureville, où le chef Frank Renimel développe une cuisine contemporaine attentive aux produits et aux saisons.
Les marchés, notamment celui de Montgiscard, permettent la rencontre avec les producteurs. L’artisanat se découvre aussi par la pratique : à Castanet-Tolosan, la savonnerie Baiassa organise des ateliers autour de la saponification à froid.
Le programme du lancement du 12 octobre prévoit précisément un marché de producteurs et de savoir-faire. Baiassa y est annoncée avec ses savons végétaux surgras, aux côtés de Terre de Pastel, dont l’activité à Labège associe muséum, spa, ateliers de teinture et boutique de métiers d’art. À Auzeville-Tolosane, Bear Brothers élabore des gins, vodkas et whiskies à partir de matières premières françaises et biologiques, et propose des visites ainsi que des ateliers de distillation et de mixologie.
La restauration est représentée par Coteaux, à Vigoulet-Auzil, adresse portée par Cédric et Déborah, qui propose une cuisine à consommer sur place, en terrasse ou à emporter. À Montbrun-Lauragais, L’Ami du Pain d’Autan travaille des farines biologiques, principalement locales, pour des pains au levain pétris et façonnés à la main, puis cuits au feu de bois.
Le marché annoncé accueille également des acteurs des environs. La Ferme de Cabriole, à Saint-Félix-Lauragais, associe élevage, fromagerie, vente directe, visites et dégustations. À Auriac-sur-Vendinelle, Margaux Bouscatel a créé la fromagerie artisanale Optilait en 2022. Enfin, Fanny Rodot, avec Vins d’Anges, propose des cuvées du Languedoc, du Pays d’Oc, du Duché d’Uzès et des Côtes du Rhône, ainsi que des dégustations.
Des loisirs et une programmation répartis sur l’année
Les 47 prestataires de loisirs couvrent des activités intérieures comme extérieures. À Ayguesvives, Tourbillon Escape mise sur les scénarios immersifs et la coopération. Granhòta organise des descentes de l’Ariège en canoë-kayak. La Ferme de 50, Natura Quest et Paintball XXL complètent une offre qui comprend aussi réalité virtuelle, jeux de piste, parcours d’aventure et activités à la ferme.
Les manifestations sportives constituent d’autres occasions de découvrir le territoire. On y retrouve TBZ Survivor, Backyard Toulouse, L’Escapade, BisCoteaux Trail, le Challenge du souvenir et de la paix, le Run&Bike de Pechabou et les Virades d’Espanès. La Ronde de Ramonville, le Trail Odarsois, Cour’SLA Pied et les Courbes du 31 figurent également dans cette programmation. Les Randovales réunissent plusieurs sports de nature, de la randonnée au VTT, en passant par la course d’orientation, le raid multisports et les activités nautiques ; leur prochaine édition est annoncée pour 2027.
La vie culturelle s’appuie sur le Bikini et le Kiwi, à Ramonville-Saint-Agne, la Maison Salvan, dédiée à l’art contemporain à Labège, la péniche Didascalie et Diagora. Au fil de l’année, Convivencia, les Journées européennes du patrimoine, le Festival Larsen, le Festival de rue de Ramonville, la Fête des ConfluenceS, Montbrun Live Challenge et Le Survolté contribuent à cette offre de sorties.
Des hébergements pour prolonger la visite
La diversité des hébergements doit permettre de transformer une excursion en séjour. À Clermont-le-Fort, Les couleurs du vent, maison d’hôtes labellisée Qualité Tourisme Occitanie Sud de France, propose une table fondée sur les produits locaux et de saison, ainsi que des ateliers et animations à plusieurs moments de l’année.
À Lauzerville, Le Doumenjou, classé Gîtes de France 4 épis, occupe une ferme lauragaise de plain-pied et dispose du label Tourisme & Handicap pour les quatre familles de déficiences. À Deyme, le camping Les Violettes, tenu par Isabelle et Bruno, propose une offre trois étoiles en tentes lodges, mobil-homes et emplacements à proximité du canal du Midi. L’établissement En Marge, présenté comme un Relais & Châteaux quatre étoiles, ainsi que les châteaux et demeures du Lauragais, complètent cette gamme.
Le dossier met également en avant des hébergements engagés dans la démarche Clef Verte, notamment le Domaine de Montjoie, sous enseigne Best Western Premier, des hôtels Ibis Styles et Ibis Budget, le Comfort Hotel et Carpe Diem Tolosa.
La nouvelle marque réunit ainsi des activités aux clientèles et aux usages différents. Son enjeu sera de rendre leurs complémentarités plus visibles : prolonger un congrès par une nuit sur place, associer une randonnée à une table locale ou faire d’un atelier d’artisan une étape de séjour. C’est dans ces liens entre les professionnels que le Sicoval entend inscrire le développement touristique du Sud-Est Toulousain.