Dans le quartier Gramont, la future résidence Gabardie réunira 137 logements temporaires et une équipe chargée d’accompagner les occupants vers un logement durable. La Cité Jardins, Résidis, France Horizon et GGL portent cette opération, dont la première pierre est annoncée ce vendredi 16 octobre. Son ouverture est prévue en 2028.
La résidence Jean Chaubet à Toulouse. (Photo Chistophe Picci)
Un hébergement pour quelques jours ou plusieurs mois, mais aussi des professionnels sur place pour aider à retrouver une situation stable. C’est le principe de la résidence Gabardie, en construction au 79, chemin de Gabardie, à Toulouse. Destinée aux personnes en grande précarité, cette opération représente plus de 10 millions d’euros d’investissement pour La Cité Jardins, filiale de Promologis. Le dossier de presse associe cet investissement à l’équivalent de 175 emplois directs et indirects générés.
La cérémonie de pose de la première pierre est programmée ce vendredi 16 octobre à 11 heures. Elle intervient après un démarrage des travaux à la mi-2026. L’enjeu dépasse la création de places d’hébergement : les partenaires souhaitent organiser, dans une même résidence, l’accueil quotidien et l’accompagnement nécessaire pour accéder ensuite à un logement pérenne.
Une résidence d’intérêt général, distincte du logement social classique
Gabardie relève du statut de résidence hôtelière à vocation sociale (RHVS), dans la catégorie des résidences d’intérêt général (RIG). Selon les porteurs du projet, il s’agit de la première RIG développée en Occitanie et de la première en France à proposer un accompagnement social renforcé.
Le dispositif doit notamment accueillir des familles en difficulté, de jeunes adultes, des parents seuls avec leurs enfants et des personnes sans abri. Il rappelle que les RIG réservent la totalité de leurs logements aux publics relevant de leur vocation sociale, notamment aux personnes désignées par le préfet, aux familles rencontrant des difficultés particulières pour se loger, aux personnes en détresse et aux demandeurs d’asile.
Il s’agit bien d’un hébergement temporaire, avec un contrat d’hébergement ou d’occupation, et non d’une location sociale classique assortie d’un bail. Les séjours pourront durer de plusieurs jours à quelques mois. Cette formule vise à proposer une solution à coût maîtrisé, en alternative au recours à des hôtels meublés dont les tarifs et les conditions d’accueil ne sont pas toujours adaptés.
Émile Noyer, président de La Cité Jardins, explique le constat à l’origine du projet : « les pouvoirs publics et les professionnels de l’hébergement ont fait le constat qu’en l’absence d’un accompagnement social, les personnes hébergées demeuraient le plus souvent dans une boucle d’exclusion. » La réponse retenue consiste à associer un toit, des conditions d’accueil adaptées et des moyens humains pour préparer la sortie vers un logement durable.
137 appartements à proximité du métro Balma-Gramont
La résidence prendra place sur un terrain auparavant occupé par une entreprise du BTP. Son implantation dans le quartier Gramont, près des commerces et des services, doit faciliter les déplacements des occupants. La station Balma-Gramont, desservie par la ligne A du métro, donne également accès à une quinzaine de lignes de bus urbains ou de cars régionaux. Cette proximité des transports doit soutenir les démarches d’insertion sociale et professionnelle.
Le programme prévoit 115 T1, pouvant héberger jusqu’à deux personnes chacun, 20 T2, pour trois personnes au maximum, et deux T3, accueillant jusqu’à quatre personnes. La capacité totale approchera ainsi 300 résidents. Avec la rotation des séjours, plusieurs centaines de personnes pourraient être accueillies au cours d’une année.
Le bâtiment comptera six niveaux, pour une surface annoncée de 2 700 m². Les appartements seront livrés meublés et équipés : couchages, chevets et lampes, table-bureau, chaises et placards intégrés. Chaque kitchenette comprendra des plaques de cuisson, un micro-ondes, un réfrigérateur et une hotte aspirante.
Des espaces communs compléteront les logements, avec une salle d’activités physiques et sportives et un lieu consacré à la convivialité, à l’informatique, à la lecture et aux jeux. Des bureaux accueilleront les professionnels intervenant auprès des résidents.
Une présence permanente et une équipe sociale intégrée
La répartition des missions est au centre du projet. La Cité Jardins en est le propriétaire investisseur et le chef de file. Résidis assurera la gestion hôtelière, avec des équipes présentes 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. L’opérateur coordonnera également les interventions de France Horizon, responsable du suivi social.
Après un diagnostic initial, l’association proposera un accompagnement individualisé. Selon les besoins, celui-ci portera sur l’accès aux droits et aux soins, la recherche d’emploi, les démarches administratives, la parentalité ou encore la scolarisation des enfants.
L’équipe réunira un responsable dédié, cinq travailleurs sociaux et un éducateur de jeunes enfants. Une infirmière, un psychologue et un juriste interviendront chacun à mi-temps. Les professionnels installés dans la résidence pourront aussi mobiliser les services régionaux de France Horizon Occitanie, notamment ses fonctions administratives et sa plateforme emploi-logement.
« En lien étroit avec les partenaires du territoire, cet accompagnement personnalisé contribuera à lever les freins rencontrés par les personnes et familles accueillies, à favoriser leur autonomie sociale et économique et à faciliter leur accès à un logement pérenne », indique Hubert Valade, président de France Horizon.
Pour Alexandre Fedoroff, président du groupe Résidis, l’intérêt du partenariat tient à cette complémentarité. « Pour la première fois en France, un opérateur social, France Horizon, et un gestionnaire privé de résidences hôtelière à vocation sociale, Résidis, unissent leurs compétences pour accueillir des personnes en situation d'hébergement d'urgence au sein d’une RHVS d’intérêt général », souligne-t-il dans le même document.
Un projet engagé depuis près de cinq ans
L’opération a obtenu l’agrément des services de l’État fin 2022 et bénéficie du soutien de Toulouse Métropole. Présent dès les premières études, GGL Groupe assure la maîtrise d’ouvrage de la construction. Le promoteur indique avoir travaillé sur ce programme depuis près de cinq ans et souligne que sa concrétisation intervient moins d’un an après l’obtention du permis de construire.
« La RHVS Gabardie incarne notre conviction profonde : l’immobilier doit être un levier d’impact social et territorial concret », déclare Sébastien Ruby, directeur associé de GGL Groupe. Le visuel architectural du projet est signé LCR Architectes.
Aux fonds propres de La Cité Jardins s’ajoutent les concours de la Banque des Territoires, de l’État, via la Direction départementale des territoires de la Haute-Garonne, et de Toulouse Métropole. L’ouverture est annoncée pour 2028.
La cérémonie du 16 octobre doit réunir Émile Noyer, Sébastien Ruby, Alexandre Fedoroff et Hubert Valade. La participation de Patrick Lecuyer, directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de la Haute-Garonne, est annoncée en représentation de Fabrice Rigoulet-Roze, préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne. Jean-Charles Piteau, adjoint au maire de Toulouse et conseiller métropolitain, doit représenter Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole.
Des opérateurs déjà présents dans l’hébergement accompagné
Gabardie s’inscrit dans le développement de l’hébergement et du logement accompagné chez Promologis, filiale d’Action Logement Immobilier. En 2026, le groupe compte 44 structures dédiées, dont quatre RHVS. Avec 600 collaborateurs, il loge plus de 90 000 personnes dans 42 500 logements, répartis sur 300 communes. Son activité couvre l’aménagement, la construction, la location, l’accession, l’accompagnement social et la gestion de copropriétés. Sa filiale IzySyndic gère 20 000 lots, tandis que La Cité Jardins dispose de 8 500 logements locatifs, avec une spécialisation dans les besoins spécifiques et l’habitat inclusif.
Le groupe Résidis rassemble quatre marques : Résidis et Logely, positionnées sur l’hébergement hôtelier accompagné et agréé, VESTA, opérateur solidaire de nuitées hôtelières, et Voyages Services Plus, agence réceptive en France et en Italie. Depuis 2024, la marque Résidis se consacre à la gestion de RHVS, de type Mobilité ou d’intérêt général. Elle exploite six RHVS Mobilité, dont deux en Île-de-France, deux à Toulouse, une à Marseille et une à Perpignan mais aussi la résidence toulousaine Jean Chaubet, propriété de La Cité Jardins et gérée par Résidis.
Active depuis plus de 85 ans, France Horizon mobilise 1 500 professionnels dans neuf régions. Ses 213 établissements et dispositifs sociaux, éducatifs et médico-sociaux à but non lucratif accompagnent plus de 35 000 personnes chaque année, de la petite enfance au grand âge.
GGL, groupe familial indépendant basé à Montpellier et fondé il y a près de 50 ans, intervient dans l’aménagement urbain, la promotion et la gestion de nouveaux usages. Ses opérations concernent aussi bien les logements que les locaux d’activité, les bureaux et les équipements publics. Le groupe annonce 75 000 logements livrés dans 180 quartiers, à raison de 2 700 logements par an. À Gabardie, ces compétences immobilières seront associées à celles de l’hébergement et du travail social, avec un objectif commun : permettre aux occupants de préparer leur accès à un logement pérenne.