Le Medef Haute-Garonne refuse qu’un relèvement du versement mobilité s’ajoute aux prélèvements nationaux évoqués dans le cadre du budget 2027. L’organisation estime qu’une hausse de 0,6 point représenterait plus de 100 millions d’euros supplémentaires par an pour les employeurs du territoire toulousain. Elle appelle les parlementaires à préserver l’investissement et le coût du travail.
Au cœur du sujet : le financement des transports et ses conséquences sur le coût du travail. Le taux passerait de 2,15 % à 2,75 % de la masse salariale si ce relèvement était intégralement appliqué. (Photo Pixabay)
Le financement des transports pourrait ouvrir un nouveau front fiscal pour les entreprises toulousaines. Dans son communiqué daté du 6 octobre 2026, le Medef Haute-Garonne conteste la possibilité d’augmenter le versement mobilité métropolitain à l’occasion du projet de loi de finances pour 2027. L’organisation patronale relie cette opposition locale à une critique plus large des prélèvements envisagés au niveau national : à ses yeux, leur cumul risque de réduire les moyens consacrés à l’activité, au recrutement et aux salaires.
Une hausse possible de 2,15 % à 2,75 %
Selon le Medef Haute-Garonne, France Urbaine, l’association représentant les métropoles françaises, demande que celles-ci puissent relever leur taux de versement mobilité jusqu’à 0,6 point. Cette possibilité pourrait, indique le Medef départemental, être introduite dans le PLF 2027. Il s’agit donc d’une évolution éventuelle, et non d’une hausse présentée comme déjà adoptée.
Pour le territoire toulousain, l’organisation fait état d’un taux actuel de 2,15 % de la masse salariale. L’application intégrale du relèvement évoqué le porterait à 2,75 %. Le Medef chiffre le surcoût à plus de 100 millions d’euros par an pour les employeurs du territoire. Pour une PME de 50 salariés, il avance une facture annuelle supplémentaire supérieure à 10 000 euros, sans détailler dans le communiqué les hypothèses salariales retenues pour cet exemple.
« Le versement mobilité est directement assis sur les salaires : le relever, c’est renchérir le coût du travail. Et surtout, les entreprises ne peuvent pas payer deux fois : une fois à Paris, une fois à Toulouse », explique Thomas Fantini, président du Medef Haute-Garonne.
L’organisation reconnaît les besoins de financement des transports et leur rôle dans l’attractivité de la métropole. Elle demande toutefois que d’autres sources de financement ou leviers d’action soient étudiés et mobilisés avant de solliciter davantage les employeurs. Le communiqué ne précise pas lesquels.
Le budget national également dans le viseur
Cette prise de position intervient sur fond de désaccord avec les orientations budgétaires nationales décrites par le Medef. L’organisation reconnaît la nécessité de redresser les comptes publics, mais considère qu’un alourdissement des prélèvements sur les entreprises compromettrait la croissance nécessaire à ce redressement.
« Avec près de 20 milliards d’euros de prélèvements nouveaux sur le travail et de taxes sectorielles, le PLF 2027 fait peser une pression supplémentaire sur les entreprises, alors que la croissance reste faible et que l’emploi recule. On leur demande d’investir, d’embaucher, d’augmenter les salaires et de partager la valeur, tout en rendant chacune de ces décisions plus coûteuse », précise Olivier Corcoles, porte-parole du Medef Haute-Garonne.
Le communiqué cite une dette publique atteignant 119 % du PIB à la fin juin 2026. À partir de ce constat, l’organisation défend l’idée que préserver l’activité des entreprises conditionne les recettes publiques futures et la capacité du pays à rembourser sa dette. Elle invite les parlementaires du département à écarter les dispositions qui augmenteraient le coût du travail et à protéger les capacités d’investissement.
Un conseil économique proposé aux élus
Au-delà de son opposition fiscale, le Medef Haute-Garonne rappelle avoir proposé un conseil économique pour travailler avec les élus sur l’utilisation des fonds publics. Le communiqué n’en détaille ni la composition ni le calendrier.
« Ce budget touchera toutes nos entreprises, de la TPE au grand groupe. On ne peut pas leur demander d'investir, d'embaucher et de former, et leur présenter dans le même temps la facture de l'État puis celle des collectivités. En Haute-Garonne, nous voulons être utiles : c'est le sens du conseil économique que nous avons proposé, et nous y travaillerons avec les élus pour que chaque euro public serve l'activité. Mais nous le disons clairement : les entreprises ne seront pas la variable d'ajustement des budgets publics », conclut Olivier Corcoles.
Présidé par Thomas Fantini depuis le 11 juin 2026, le Medef Haute-Garonne se présente comme le premier réseau d’entrepreneurs du département. Il déclare fédérer plus de 700 entreprises, dont 95 % de TPE et PME, représentant plus de 100 000 salariés, ainsi que 12 syndicats professionnels. Outre la représentation des entreprises auprès des décideurs et la promotion de l’entrepreneuriat, il accompagne les dirigeants sur les questions sociales, juridiques, de formation, d’emploi et d’économie.