Trains en Occitanie : la SNCF et la Région signent une convention à plus de 4 milliards d'euros

Mardi 5 septembre 2023, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, et Jean-Pierre Farandou, président directeur général de SNCF, ont signé la nouvelle convention trains régionaux liO 2023-2032 tout en dévoilant leur ambition commune.

De gauche à droite : Jean-Luc Gibelin (vice-président de la Région aux Transports), Christophe Fanichet (PDG de SNCF Voyageurs), Carole Delga (présidente PS de la Région Occitanie) et Jean-Pierre Farandou (PDG de la SNCF). (Photo : Dorian Alinaghi - Entreprises Occitanie)

De gauche à droite : Jean-Luc Gibelin (vice-président de la Région aux Transports), Christophe Fanichet (PDG de SNCF Voyageurs), Carole Delga (présidente PS de la Région Occitanie) et Jean-Pierre Farandou (PDG de la SNCF). (Photo : Dorian Alinaghi - Entreprises Occitanie)

« Désenclaver les territoires, qu’ils soient urbains, périurbains ou ruraux, c’est de donner de la liberté aux gens. La mobilité est l’un de nos besoins fondamentaux », déclare Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie. En ce sens, le mardi 5 septembre 2023 marque une étape importante pour le réseau ferroviaire de l'Occitanie. La Région et la SNCF viennent de conclure une convention pour les dix prochaines années (2023-2032), visant à améliorer l'efficacité du réseau et à encourager l'utilisation de ce mode de transport.

Un budget de 4 milliards d’euros

Signée en 2018, la première convention a permis une nette amélioration du service ferroviaire proposé aux usagers : plus de train avec une augmentation de 11 % de l’offre, et à des tarifs plus attractifs, faisant de l’Occitanie la région avec le taux le plus élevé en matière de progression du trafic. En 2022, la fréquentation était en hausse de près de 30 % par rapport à 2019, atteignant le plus haut niveau de fréquentation depuis ces 20 dernières années et constituant le plus fort taux de croissance à l’échelle nationale. Aujourd’hui, la fréquentation des trains liO dépasse les 80 000 voyageurs par jour. Mais pour attirer plus de voyageurs, le groupe SNCF et l’Occitanie renforcent leur lien en signant ce nouvel accord autour de trois objectifs : atteindre les 100 000 voyageurs par jour, poursuivre une politique tarifaire innovante et attractive et maintenir un niveau d’exigence en matière de qualité et de service.

« Afin d’atteindre l’ensemble des objectifs, dans le cadre de ce nouvel accord, la Région allouera une enveloppe de 4 milliards d’euros jusqu’en 2032. De plus, nous sommes la seule région de France à ne pas ouvrir l’exploitation des lignes de trains régionaux à la concurrence pour ces 10 prochaines années », annonce Carole Delga.

« Je précise qu’avec cet accord, les trains seront plus nombreux avec une augmentation de + 24 % d’offre, soit 110 trains supplémentaires par jour », poursuit Jean-Pierre Farandou, président directeur général de SNCF.

mlkj
 200 000 billets ont été vendus chaque année aux moins de 26 ans, soit une multiplication par 6 depuis 2018. (Photo : Dorian Alinaghi - Entreprises Occitanie)

Des trains pour tous et surtout accessibles

« Le train le moins cher de France est en Occitanie », précise Jean-Pierre Farandou. « Emmanuel Macron s’est dit favorable à l’instauration d’un forfait de train du type de celui mis en place en Allemagne qui permet, pour 49 euros par mois, de circuler en illimité sur tout le réseau ferré. Chez nous, lorsque l’on a moins de 26 c’est gratuit et cela depuis déjà deux ans. Nous avons déjà un train d’avance », ajoute la présidente de la Région. En effet, pour maintenir ce cap, la Région continuera de proposer des tarifs bas et attractifs, adaptés selon chaque profil de voyageur (jeune, régulier, occasionnel…). La Région Occitanie vise à encourager toujours plus d’habitants à se tourner vers le train pour leur déplacement. Cela se traduit par l’extension du dispositif « + = 0 » aux jeunes dès 12 ans soit 1 million de jeunes.

« Les jeunes de 12 à 26 ans, disposant de la carte de transport scolaire de la région Occitanie, pourront utiliser les 370 lignes de car et les 21 liaisons en TER de la région sans débourser un centime. Les jeunes qui ne seraient pas titulaires de la carte de transport scolaire pourront tout de même réduire de moitié le prix de leurs billets et voyager gratuitement à partir de onze trajets dans le mois. Nous avons déjà redonné le goût du train, nous devons maintenant changer nos habitudes de déplacements notamment pour faire face aux enjeux climatiques », suggère la présidente de Région.

Réduire les émissions de CO2

Responsable de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France, les transports constituent aujourd’hui un véritable enjeu écologique. Avec pour objectif de devenir la première Région à énergie positive d’Europe, l’Occitanie a donc choisi de développer massivement l’usage du train en planifiant la politique ferroviaire la plus ambitieuse de France. En 2032, le réseau de trains régionaux liO devra ainsi afficher une réduction exemplaire de 40 % des émissions de CO2 soit 20 000 tonnes de CO2 non rejetées dans l’atmosphère. Pour ce faire, la SNCF s’engage à former tous les agents, soit 500 conducteurs, à l’éco-conduite et à l’éco-stationnement.

Des trains plus modernes et plus ponctuels

La ponctualité et la fiabilité sont au cœur des attentes des usagers du train. Pour les satisfaire et leur offrir le meilleur service possible, la région Occitanie accroît son exigence envers la SNCF. Si les objectifs ne sont pas atteints, la Région appliquera à la SNCF les plus fortes pénalités de France. En résumé, le plafond des pénalités sera augmenté chaque année pour atteindre près de 9 millions d’euros par an en 2032, contre 4,2 millions par an actuellement.

De plus, un dispositif spécifique a été mis en place pour suivre 120 trains dits sensibles (les plus impactés par les retards). Ces derniers auront des pénalités plus importantes incitant la SNCF à faire un effort supplémentaire pour améliorer la qualité des services. Pour la première fois en France, la SNCF subira des pénalités en cas de retards causés par des défaillances sur le réseau ferroviaire. « On aura une réduction des trains supprimés, soit 1500 trains maintenus par an et une diminution de 26 % des trains en retard, soit 33 000 trains par an remis à l’heure », souligne la présidente de la région.

Mais la qualité de service passe aussi par l’amélioration constante des conditions de voyages offertes aux voyageurs. C’est pour cela que la Région a acquis 18 Régio2N représentant 9000 places et 225 millions d’euros d’investissement. Elles seront livrées au cours de l’année 2026. De plus, 83 rames AGC seront rénovées jusqu’à 2031 pour plus de 320 millions d’euros d’investissement.

Vers un "Airbus du ferroviaire"

En 2025, la Région reçoit trois rames Régiolis bimode électrique/hydrogène pour lesquelles l’investissement s’élève à 30 millions d’euros pour une mise en service commerciale en 2023. « Au total, 27 % de places supplémentaires par jour, soit 51 000 places seront misent à disposition des voyageurs sur l’ensemble du réseau régional. Nous devons nous diriger vers un Airbus du ferroviaire et devenir un acteur incontournable et indispensable en France et en Europe », conclut Carole Delga.

Un centre de maintenance à Narbonne
Dans le cadre de sa démarche visant à assurer une gestion plus efficace du matériel ferroviaire, un tout nouveau centre de maintenance sera érigé d'ici la fin de l'année 2026 à Narbonne (Aude). Ce projet représente un investissement de 50 millions d'euros et jouera un rôle essentiel dans la création de 30 nouveaux emplois. En parallèle, un atelier multiservice de renommée nationale sera également édifié, contribuant à la réduction des immobilisations à long terme qui étaient jusqu'à présent traitées en dehors de l'Occitanie. Cette initiative accélérera le retour des trains à leurs lignes habituelles, augmentant ainsi la capacité quotidienne à bord des trains. Ce nouvel équipement de pointe prendra place en tant que troisième technicentre de l'Occitanie, aux côtés de ceux de Toulouse (Haute-Garonne) et de Nîmes (Gard).

A lire aussi