Interview Thierry Cammal, Directeur Général de Renault Software Labs

Thierry Cammal : le développement logiciel prendra une part majoritaire des activités d’ingénierie systèmes en 2020.

Issue de la reprise par le constructeur automobile français des centres de R&D d’Intel basés à Toulouse et Sophia Antipolis, Renault Software Labs est pleinement mobilisé dans la mise en œuvre du plan stratégique à 6 ans « Drive The Future » lancé par la marque au losange et l’Alliance Renault Nissan Mitsubishi.

« Forts de notre expertise en logiciels et systèmes embarqués, l’intégration avec Renault s’est rapidement opérée ; nous finalisons cette année celle avec Nissan et Mitsubishi, membres de l’Alliance » indique Thierry Cammal, Directeur Général de cette filiale, en détaillant les activités de recherche déployées sur les deux sites.

 

Entreprises Occitanie : Quelle est la vocation de Renault Software Labs ?

Thierry Cammal : Nous intervenons dans trois domaines, le véhicule connecté, le véhicule autonome et les architectures logicielles du futur. Les équipes de Toulouse sont davantage impliquées sur le premier sujet, celles de Sophia Antipolis sur le second. Les fruits de notre R&D arriveront sur le marché de manière échelonnée. La voiture connectée se généralisera dès 2020, à cette échéance entreront en service les premières voiture autonomes au 3 et 3+.  

E O : Quels sont les avantages de la voiture connectée ?

Th. C. : Le conducteur et les passagers auront accès à tout moment à Internet au travers d’un réseau Wifi créé à partir du module de communication. Ce module sera connecté au réseau cellulaire 4 et 5 G et une attention particulière sera apportée aux problèmes de cybersécurité. Chacun retrouvera à bord son « user experience », baignant dans un environnement familier question applis et services.

Avec la version autonomie aboutie, l’occupant pourra travailler dans l’habitacle comme s’il était à son bureau ou se divertir comme à la maison. L’infotainment c’est-à-dire les systèmes d’info-divertissement embarqués comme la navigation, la musique, la disponibilité des places de parking en temps réel…sera omniprésent tout comme la réalité augmentée.

Autre valeur ajoutée du véhicule connecté,  la mise à jour régulière des applis et des fonctionnalités par le réseau cellulaire. Si bien qu’à tout moment, on pourra bénéficier d’un diagnostic à distance du véhicule, faciliter la maintenance prédictive…La connectivité est le pré-requis du véhicule autonome, elle permettra d’entrée de télécharger les versions actualisées des logiciels nécessaires au fonctionnement autonome (auto-stationnement, conduite sur autoroute avec freinage dynamique en fonction du véhicule qui vous précède, auto-pilote avec dépassement…).

EO : Pouvez-vous préciser vos orientations sur le véhicule autonome ?

Th. C. : Les niveaux d’autonomie sont gradués de 1 à 5 ; en France, est autorisé le 3ème pour le moment, le chauffeur gardant sa vigilance et pouvant reprendre à tout moment le contrôle. Nous travaillons sur  ces axes-là. L’autonomie de l’automobile va de pair avec une sécurité routière accrue car les systèmes seront capables d’anticiper les événements, de détecter les piétons…Dans les villes, se côtoieront les voitures individuelles autonomes et des navettes/taxi-robots sans chauffeur type Easymiles.