Avec la visite du chantier du Technocampus Hydrogène Occitanie, la Région confirme son ambition de faire de l’Occitanie un territoire de référence dans les technologies hydrogène. Implanté sur le site de Francazal, ce futur centre d’essais et de recherche de près de 9 000 m² doit accélérer la décarbonation de l’industrie, soutenir la souveraineté industrielle et accompagner la montée en puissance d’une filière appelée à créer des milliers d’emplois.
Recherche, industrialisation, formation : le Technocampus réunit laboratoires, industriels et campus des métiers sur un même site. (Photo Région Occitanie / Sébastien Pouchard)
Face aux bouleversements climatiques et aux transformations profondes de l’industrie, la région Occitanie a fait le choix d’investir massivement dans l’hydrogène vert. Adopté dès 2019, le Plan Hydrogène régional doté de 150 millions d'euros jusqu’en 2030 vise à structurer une filière complète, allant de la production aux usages, en passant par la recherche et la formation.
L’ambition affichée est claire : développer en Occitanie une ressource énergétique propre susceptible, à l’horizon 2050, de répondre à 20 % des besoins énergétiques nationaux, de réduire les émissions annuelles de CO₂ de 55 millions de tonnes et de générer plusieurs milliers d’emplois.
Aujourd’hui, la filière hydrogène représente 16 000 emplois en France, dont 2 000 en Occitanie. Les projections évoquent 80 000 emplois à l’horizon 2035 au niveau national, dont 10 000 pour la seule Occitanie, témoignant du potentiel industriel et économique de cette énergie décarbonée. Dans ce contexte, le Technocampus Hydrogène Occitanie constitue une étape structurante.
Un centre européen d’essais et de recherche implanté à Francazal
Situé sur le site de l’aéroport de Francazal, le Technocampus Hydrogène Occitanie s’imposera comme le plus grand centre d’essais et de recherche hydrogène de ce type en France. Le projet est initié par la région Occitanie aux côtés de l’État, de l’Europe et de Toulouse Métropole, avec l’appui de partenaires académiques et industriels. Il est aujourd’hui juridiquement porté par l’Institut National Polytechnique (INP).
Le site développera des solutions destinées à l’aéronautique, aux mobilités lourdes et plus largement à l’industrie, contribuant ainsi à la décarbonation des transports et des procédés industriels.
Avec près de 9 000 m² dédiés à la recherche, aux essais et à la formation, le Technocampus accueillera à terme jusqu’à 200 chercheurs, ingénieurs et techniciens. Il comprendra 9 boxes d’essais, des capacités d’expérimentation pouvant atteindre 1 MW, ainsi que des aires d’essais extérieures et un stockage hydrogène dédié.
L’investissement global pour le projet immobilier s’élève à 47 millions d'euros, dont 29 millions d'euros financés par la région Occitanie. À cela s’ajoutent plus de 20 M€ d’équipements scientifiques – bancs d’essais, enceintes climatiques et infrastructures dédiées à la recherche fondamentale et appliquée – développés en partenariat avec des entreprises.
Un écosystème académique et industriel réuni sur un même site
Le Technocampus repose sur une logique de mutualisation des compétences. Quatre laboratoires fondateurs – LAPLACE, IMFT, LGC et CIRIMAT – uniront leurs moyens et leurs équipes. Ces structures, qui rassemblent plus de 60 chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels techniques, couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur scientifique de l’hydrogène : production par électrolyse, stockage, valorisation énergétique via piles à combustible ou combustion.
Dominique Poquillon, présidente de Toulouse INP, souligne : « le Technocampus Hydrogène Occitanie prolonge plus de quinze ans d’engagement de Toulouse INP au service de la transition énergétique. Ce site unique consolidera les coopérations autour de la formation, la recherche et l’innovation industrielle. »
Jocelyn Méré, délégué régional du CNRS en Occitanie Ouest, insiste sur la dimension collective du projet : « fédérer dans un même lieu les équipements de pointe et expertises pluridisciplinaires du CNRS et de ses partenaires sur le thème de l’hydrogène sera l’occasion unique de consolider les infrastructures existantes au service des communautés de recherche académique et industrielle. »
De son côté, Odile Rauzy, présidente de l’Université de Toulouse, replace le projet dans la dynamique du futur Grand Établissement : « dans le cadre de la construction du futur Grand Établissement Université de Toulouse, et de notre soutien à la transition environnementale, nous sommes fiers d’accompagner ce projet d’envergure associant recherche, formation, innovation et applications industrielles, aux côtés de nos partenaires institutionnels toulousains. »
Au-delà du monde académique, de grands industriels tels qu’Airbus, Safran, Liebherr, Vitesco, Genvia, Air Liquide ou H2 Pulse mèneront des projets de recherche et développement sur le site. Genvia prévoit notamment d’y tester en extérieur le prototype de son électrolyseur, tandis que Safran y conduira des essais de piles à combustible. Cette proximité doit permettre d’accélérer le passage de la recherche à l’industrialisation.
Recherche, innovation et formation au cœur du dispositif
Le Technocampus s’articule autour de trois axes complémentaires : la recherche scientifique, l’innovation industrielle et la formation. La mutualisation des équipes des quatre laboratoires fondateurs doit renforcer la capacité de recherche fondamentale et appliquée. Les espaces industriels – bâtiments, salles et aires d’essais – permettront de conduire des expérimentations en conditions réelles, notamment pour des usages liés au transport aérien et à la mobilité lourde.
Enfin, une plateforme pédagogique intégrée au campus régional des métiers de l’hydrogène proposera des formations initiales et continues afin d’anticiper les besoins en compétences de la filière.
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, résume l’ambition portée par le projet : « le Technocampus Hydrogène Occitanie en est une illustration concrète : un lieu unique où chercheurs, industriels et étudiants pourront expérimenter, tester et accélérer les innovations autour de l’hydrogène. En réunissant ces compétences sur le site de Francazal, nous créons un outil collectif au service d’une ambition claire : faire de l’Occitanie la région où se conçoivent et se concrétisent les technologies qui permettront de décarboner l’industrie, tout en créant des emplois durables et qualifiés. »
Le chantier a débuté en mars 2025. La livraison mi-2026 de la première tranche permettra d’accueillir les essais industriels et les activités d’innovation, notamment les zones d’expérimentation de forte puissance. La mise en service complète du site est prévue début 2027, avec la livraison des espaces académiques et pédagogiques.