Occitanie. Face aux importations, Arterris relance la filière ovine et soutient l’installation de nouveaux éleveurs

Alors que la production d’agneau en France fait face à un paradoxe entre une consommation en recul et une offre nationale insuffisante, la coopérative agricole Arterris entend renforcer la structuration de la filière ovine. En Occitanie, le groupement ovins de la coopérative, qui fédère plus de 600 producteurs, multiplie les initiatives pour soutenir la production locale, améliorer la rémunération des éleveurs et attirer une nouvelle génération d’agriculteurs.

Le début d’année 2026 marque déjà une dynamique encourageante avec l’installation de nouveaux producteurs sous label rouge. (Photo Arterris)

Le début d’année 2026 marque déjà une dynamique encourageante avec l’installation de nouveaux producteurs sous label rouge. (Photo Arterris)

En France, la filière ovine se trouve confrontée à une situation paradoxale. Si la consommation globale d’agneau connaît une tendance à la baisse, la production nationale reste malgré tout insuffisante pour répondre à la demande de produits de qualité, ce qui entraîne une dépendance croissante aux importations.

Dans ce contexte, la coopérative agricole Arterris, dont le territoire s’étend principalement sur le Sud de l’Occitanie et la région Sud, entend renforcer son engagement pour soutenir l’élevage ovin français. À travers son Groupement ovins, la structure fédère plus de 600 producteurs et multiplie les dispositifs destinés à redynamiser la production locale.

Le début d’année 2026 illustre déjà cette volonté avec l’arrivée de quatre nouveaux producteurs en Occitanie, représentant près de 500 brebis sous label rouge, venus rejoindre la filière.

Pour la coopérative, la relance de la production passe notamment par une meilleure organisation de l’offre et par la capacité à répondre aux besoins du marché tout au long de l’année.

Miser sur la qualité et garantir un revenu aux éleveurs

Au sein du Groupement ovins Arterris, la stratégie repose en grande partie sur la valorisation de produits sous signe de qualité. Près de la moitié des adhérents produisent aujourd’hui sous label, notamment Agneau Fermier des Pays d’Oc, Sélection des Bergers, l’IGP Agneau des Pyrénées ou encore des productions biologiques. Cette orientation permet de différencier l’agneau français face à la concurrence étrangère, souvent positionnée sur des segments plus standardisés.

Pour sécuriser les revenus des éleveurs, la coopérative a également mis en place un dispositif de contractualisation sur 52 semaines assorti d’un prix minimum garanti, une approche qui vise à offrir davantage de visibilité économique aux exploitations.

« Nous sommes la seule coopérative à proposer un prix garanti fixé à la semaine, assurant aux éleveurs une visibilité sur leurs revenus tout au long de l’année », souligne Stéphane Gay, directeur du Groupement ovins Arterris.

Ce mécanisme constitue un levier central pour sécuriser les exploitations existantes et encourager de nouveaux projets d’installation.

Développer la production en contre-saison

L’un des principaux défis de la filière réside dans la saisonnalité de la production. Traditionnellement, l’élevage ovin se concentre autour de la période de Pâques, ce qui entraîne un manque d’offre durant certaines périodes de l’année, en particulier entre septembre et décembre.

Or, cette période est stratégique pour honorer les contrats annuels avec les bouchers et assurer une présence régulière de l’agneau sur les étals.

« Pâques reste un moment fort, mais l’agneau ne doit pas être un produit de fête occasionnelle car il existe une réelle demande d’agneau label en dehors des pics saisonniers. Notre mission consiste à structurer une offre régulière, de qualité et rémunératrice pour les éleveurs », précise Stéphane Gay.

Pour encourager cette production en contre-saison, la coopérative a mis en place un dispositif d’accompagnement financier incitatif, incluant notamment un différentiel de prix pouvant dépasser 21 euros par agneau et des aides destinées aux producteurs qui maintiennent une continuité de production. Les premiers résultats commencent à se faire sentir. En 2024, 54 éleveurs ont engagé 5 800 brebis dans des programmes de production en contre-saison.

L’installation de nouveaux éleveurs, un enjeu stratégique

Au-delà de la production, le renouvellement des générations constitue un axe majeur pour l’avenir de la filière. Depuis 2023, Arterris indique avoir accompagné plus de 150 projets d’installation, représentant plus de 16 000 brebis.

Contrairement à la tendance nationale souvent marquée par le vieillissement des agriculteurs, la coopérative observe un rajeunissement progressif de ses éleveurs. En 2025, 74 % des producteurs ont moins de 50 ans, contre 56 % en 2023, tandis que la part des moins de 35 ans est passée de 24 % à 30 %.

Pour faciliter ces installations, la coopérative propose un accompagnement complet incluant l’aide à l’acquisition de cheptels, la réalisation d’études économiques, la conception de bâtiments ou encore la recherche de financements.

Une filière qui s’inscrit dans les nouvelles dynamiques agricoles

Au-delà de la seule production animale, l’élevage ovin s’inscrit également dans des modèles agricoles plus diversifiés et complémentaires. Les producteurs mettent notamment en avant la synergie entre élevage ovin et grandes cultures, avec la valorisation des couverts végétaux, le pâturage de terres difficiles ou encore l’utilisation des céréales de l’exploitation pour l’alimentation animale.

Le fumier produit peut également être épandu directement sur les parcelles, contribuant ainsi à limiter le recours aux engrais chimiques. La filière trouve également sa place dans certaines innovations agricoles récentes, comme l’agrivoltaïsme, où les brebis peuvent pâturer sous les panneaux photovoltaïques.

Avec ces dispositifs combinant accompagnement technique, outils économiques et soutien aux nouvelles installations, Arterris entend démontrer que la production ovine peut conserver un rôle structurant dans l’agriculture française et dans les territoires ruraux.

Un groupe coopératif ancré dans le Sud

Basé dans le sud de la France, Arterris constitue aujourd’hui l’un des principaux groupes coopératifs agricoles du territoire. La structure fédère plus de 15 000 associés coopérateurs, représentant plus de 350 000 hectares de cultures.

Organisé autour de trois pôles — agricole, agroalimentaire et distribution grand public —, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 1,16 milliard d’euros sur l’exercice 2024-2025 et s’appuie sur plus de 2 782 salariés pour accompagner le développement de ses filières agricoles.

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