Un an après sa création en décembre 2024, la Fédération des Entreprises d’Insertion Occitanie (FEI Occitanie) dresse un premier bilan de son action et met en lumière l’impact de l’Insertion par l’Activité Économique (IAE) sur le territoire. À l’approche de sa première assemblée générale organisée à Toulouse le 15 avril 2026, la structure entend renforcer la visibilité d’un modèle à la croisée de la performance économique et de l’utilité sociale.
Bineta Mbaye Ba, salariée en parcours d’insertion. (Photo FEI Occitanie)
Dispositif encore insuffisamment connu, l’Insertion par l’Activité Économique (IAE) constitue pourtant un outil structurant pour accompagner les publics les plus éloignés de l’emploi. Elle repose sur un principe simple mais exigeant : proposer un contrat de travail assorti d’un accompagnement individualisé, permettant de lever progressivement les freins sociaux et professionnels.
Accessible notamment aux personnes durablement éloignées du marché du travail, aux bénéficiaires de minima sociaux, aux jeunes en difficulté ou encore aux personnes en situation de handicap, ce dispositif s’inscrit dans une logique de reconstruction progressive d’un parcours professionnel durable.
Encadrés par des contrats spécifiques pouvant s’étendre jusqu’à 24 mois, les bénéficiaires évoluent dans un environnement professionnel réel, tout en bénéficiant d’un suivi adapté à leurs besoins. L’objectif dépasse la simple remise à l’emploi : il s’agit de restaurer la confiance, développer des compétences et sécuriser les trajectoires.
Des entreprises à part entière au cœur des territoires
Les structures de l’IAE ne relèvent pas d’un modèle marginal. Elles constituent de véritables acteurs économiques implantés localement, présents dans des secteurs variés allant du numérique à l’économie circulaire, en passant par le bâtiment, les services ou encore la biodiversité.
Parmi elles, les Entreprises d’insertion (Ei) et les Entreprises de Travail Temporaire d’Insertion (ETTi) occupent une place centrale. Soumises aux mêmes exigences économiques que les entreprises classiques, elles développent des activités marchandes tout en intégrant une mission sociale forte : favoriser le retour à l’emploi durable.
Leur modèle repose majoritairement sur leur chiffre d’affaires, représentant entre 85 % et 95 % de leurs ressources, les financements publics n’intervenant qu’en complément pour soutenir l’accompagnement des salariés.
En Occitanie, ce tissu économique compte 144 entreprises d’insertion et 43 entreprises de travail temporaire d’insertion en 2025, illustrant un maillage territorial dense et non délocalisable.
Une fédération régionale en structuration rapide
Dans ce paysage, la FEI Occitanie, déclinaison régionale d’un réseau national fondé en 1988, s’impose progressivement comme un acteur fédérateur. Présidée par Céline Hassani, elle s’appuie sur une gouvernance issue du terrain et sur une dynamique collective portée par des dirigeants engagés.
« Notre mission repose sur trois piliers : fédérer les entreprises du territoire, accompagner celles qui souhaitent s’engager et promouvoir un modèle économique qui a fait ses preuves », souligne Céline Hassani.
Un an après sa création, la fédération rassemble déjà 33 entreprises adhérentes, réparties sur l’ensemble de la région, témoignant d’un ancrage territorial en rapide consolidation.
Cette structuration intervient dans un contexte national de transformation, marqué par la fusion des entités régionales au sein d’une organisation unifiée, désormais présidée au niveau national par Nadia Landry.
Des résultats tangibles et mesurables
Au-delà de son organisation, l’efficacité du modèle repose sur des résultats concrets. Selon les données avancées par la fédération, 7 salariés sur 10 sortant d’un parcours d’insertion accèdent à un emploi ou à une formation.
Un indicateur qui illustre la capacité de ces structures à répondre à des enjeux majeurs du marché du travail, notamment dans les secteurs en tension.
Le témoignage de Bineta Mbaye Ba, salariée en parcours d’insertion, met en lumière la portée de ces dispositifs. « Cette expérience m’a permis de développer mes compétences dans le numérique et de confirmer ma place dans ce domaine », explique-t-elle, évoquant notamment l’acquisition de compétences en développement web, en data et en technologies JavaScript.
Son parcours, orienté désormais vers une spécialisation en cybersécurité, illustre le rôle de l’IAE comme accélérateur de trajectoires professionnelles.
Une ambition : rendre visible un modèle encore méconnu
Malgré son impact, l’IAE demeure encore insuffisamment identifiée par le grand public et certains acteurs économiques. En 2024, près de 19 602 personnes ont pourtant bénéficié d’un parcours d’insertion en Occitanie, selon les données de la DREETS.
Pour répondre à cet enjeu de visibilité, la FEI Occitanie lance une campagne intitulée « L’insertion, ça change une vie », centrée sur des parcours humains et sur la valorisation des engagements des entreprises.
Cette initiative met en avant des valeurs fortes telles que le professionnalisme, l’inclusion et la responsabilité sociétale, tout en repositionnant l’insertion comme un levier stratégique pour les territoires.
Une première assemblée générale pour structurer la dynamique
Le 15 avril 2026, la fédération organise sa première assemblée générale dans les locaux du Timbre à Toulouse, réunissant ses adhérents autour des enjeux de développement du secteur.
L’événement se prolongera l’après-midi par des échanges avec les entreprises locales, les institutions publiques et les partenaires financiers, montrant la volonté de la fédération de renforcer les synergies territoriales.
« Toutes les personnes intéressées pour comprendre comment l’insertion transforme les parcours sont les bienvenues », souligne Louise Marti, déléguée régionale.
Cette journée se veut à la fois un temps de structuration interne et un moment d’ouverture, visant à faire évoluer les regards sur un modèle qui conjugue performance économique et impact social.