RTE inaugure à Arreau un poste électrique stratégique pour moderniser les vallées pyrénéennes

RTE a inauguré, vendredi 29 mai 2026, le nouveau poste électrique d’Aure, situé à Arreau, dans les Hautes-Pyrénées. Cet équipement marque l’achèvement de la première phase d’un vaste chantier de rénovation du réseau électrique des vallées de la Neste, d’Aure et du Louron. À terme, le programme doit sécuriser l’alimentation du territoire, accompagner la transition énergétique et réduire l’impact paysager des infrastructures électriques en montagne.

Le chantier a aussi généré des retombées économiques locales estimées à 25 millions d’euros, avec la création de 15 emplois équivalent temps plein pour des personnes éloignées de l’emploi ou demandeuses d’emploi. (Photo RTE)

Le chantier a aussi généré des retombées économiques locales estimées à 25 millions d’euros, avec la création de 15 emplois équivalent temps plein pour des personnes éloignées de l’emploi ou demandeuses d’emploi. (Photo RTE)

À Arreau, au carrefour des vallées de la Neste, d’Aure et du Louron, RTE vient de franchir une étape importante dans la transformation du réseau électrique des Hautes-Pyrénées. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité a inauguré le nouveau poste électrique d’Aure, en présence d’Émilie Piette, présidente du directoire de RTE, et des équipes régionales de l’entreprise.

Ce poste de transformation 225 000/63 000 volts constitue l’un des ouvrages structurants du projet. Il permet de convertir l’électricité d’un niveau de tension à un autre et d’organiser son acheminement vers les différentes vallées. Situé dans une zone de montagne particulièrement contrainte, l’équipement a été conçu dans un bâtiment compact, pensé pour s’intégrer à son environnement.

Cette inauguration vient clore la première phase du chantier consacré à la vallée de la Neste, avant la poursuite des opérations dans les vallées voisines d’Aure et du Louron. L’ensemble forme un seul projet, car ces territoires partagent une même ossature électrique : un réseau à 63 000 volts qui s’étend sur près de 200 km, depuis le poste de Lannemezan jusqu’aux parties les plus hautes des vallées pyrénéennes.

Un chantier local inscrit dans une stratégie nationale

La modernisation engagée dans les Hautes-Pyrénées s’inscrit dans le Schéma décennal de développement du réseau, le SDDR, qui fixe la trajectoire d’investissement de RTE à l’horizon 2040. À l’échelle nationale, ce programme prévoit le renouvellement de 23 500 km de lignes, de 85 000 pylônes, ainsi que la modernisation des systèmes de télécommunication et de contrôle-commande. L’investissement global annoncé atteint 24 milliards d’euros.

Pour RTE, cet effort industriel répond à deux impératifs : remplacer des infrastructures vieillissantes et adapter le réseau aux effets du changement climatique. Les ouvrages doivent notamment être plus résilients face aux épisodes de fortes chaleurs, aux risques d’inondation et aux aléas propres aux territoires de montagne.

« Ce site est emblématique pour la modernisation du réseau, tant par la haute technicité des équipements déployés que par la prise en compte des spécificités de ce territoire de montagne. RTE construit ici des ouvrages pérennes, conçus pour durer et résister aux effets du changement climatique, notamment aux risques accrus de fortes chaleurs et d’inondation. C’est une réponse concrète et robuste pour garantir la sécurité énergétique de demain », souligne Jérôme Rieu, délégué RTE Sud-Ouest.

La vallée de la Neste, première étape d’un programme jusqu’en 2030

Dans la vallée de la Neste, les travaux ont porté sur plusieurs opérations majeures. Outre la création du poste de transformation d’Arreau, RTE a construit 29 km de liaisons souterraines à 225 000 volts. Ce nouveau tracé traverse 11 communes : Arreau, Cadéac, Beyrède-Jumet-Camous, Sarrancolin, Ilhet, Hèches, Lortet, Izaux, La Barthe-de-Neste, Avezac-Prat-Lahitte et Lannemezan.

Le chantier a également permis la suppression de 21 km de lignes aériennes à 63 000 volts entre le poste de Bordères, à Arreau, et le site industriel d’Arkema à Lannemezan. Au total, 222 pylônes ont été retirés dans la vallée, avec un effet direct sur le paysage. Les ouvrages aériens existants ont été raccordés grâce à la création de quatre tronçons de liaisons souterraines, tandis que des travaux ont été menés dans les postes électriques de Lannemezan afin de renforcer la qualité et la sécurité de l’alimentation.

La modernisation complète du réseau des trois vallées doit se poursuivre jusqu’à l’horizon 2030. Le projet global représente 200 millions d’euros d’investissement, dont 110 millions d’euros pour la vallée de la Neste et 90 millions d’euros pour les vallées du Louron et d’Aure. À terme, RTE prévoit la suppression de 1 250 pylônes, de 110 km de lignes aériennes et la modernisation de 25 km de lignes aériennes et souterraines.

Un chantier de montagne aux contraintes multiples

La réalisation de ces ouvrages a dû composer avec un environnement particulièrement exigeant. La vallée de la Neste présente une géologie complexe, avec des sols rocheux, des karsts, des moraines, des nappes phréatiques et plusieurs cours d’eau. À ces contraintes s’ajoute le classement du secteur en zone sismique de catégorie 4, qui impose des normes de construction renforcées afin de garantir la continuité d’alimentation en cas de séisme.

RTE indique avoir travaillé en lien étroit avec les collectivités pour limiter les effets du chantier sur le tourisme et l’activité économique locale. Les interventions sur la route départementale principale ont notamment été suspendues lors des périodes de forte fréquentation. Le patrimoine et l’archéologie ont également pesé sur l’organisation du chantier, avec 6 km de fouilles intégrés au projet.

La présence d’acteurs hydroélectriques, dont SHEM et EDF, a constitué un autre enjeu important. Les travaux ont été conçus pour réduire les impacts sur leurs installations, stratégiques dans ces vallées où la production hydraulique occupe une place centrale.

Des choix techniques pour limiter l’empreinte environnementale

Le nouveau poste d’Aure repose sur une solution compacte, avec un poste sous emprise métallique permettant de réduire l’occupation au sol et d’améliorer l’intégration paysagère. RTE précise que ce type d’équipement utilise, pour la première fois en France à une échelle industrielle, un gaz isolant alternatif au SF6, afin de réduire son empreinte environnementale.

L’intégration architecturale a été travaillée avec les Architectes des Bâtiments de France. Le bâtiment associe aménagement végétal, modulations de terrain et parement en pierre sèche côté route, réalisé par des maçons spécialisés dans les techniques traditionnelles.

Sur le terrain, plusieurs solutions ont été retenues pour limiter les interventions les plus lourdes. Un microtunnelier a été utilisé pour franchir la Neste à Sarrancolin et Ilhet, tandis que des passerelles techniques ont été installées à Cadéac et Sarrancolin pour éviter les zones environnementales sensibles.

Le chantier a aussi intégré une démarche d’économie circulaire. RTE annonce la valorisation de 22 000 m³ de terres excavées au profit d’un projet d’aménagement de terrains sportifs situé à 1,5 km du site, ainsi que la réutilisation de 12 000 m³ de roches en remblai technique et en voiries. Ces choix auraient permis un gain d’environ 100 tonnes de CO₂. L’acheminement de certains matériaux par voie ferroviaire a, de son côté, contribué à réduire l’empreinte carbone du projet d’environ 17,2 tonnes de CO₂.

Sécuriser l’alimentation et accompagner les renouvelables

Au-delà du renouvellement des ouvrages, le projet répond à un enjeu énergétique plus large. RTE souligne que le réseau actuel ne permettait pas d’acheminer l’ensemble du potentiel de production hydroélectrique des vallées des Nestes. L’augmentation des capacités du réseau doit permettre de transporter 170 MW supplémentaires d’électricité hydraulique vers les grands centres de consommation, notamment Toulouse. Cette puissance correspond à l’équivalent de la consommation de 170 000 foyers.

Le programme s’inscrit également dans le Schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables, le S3REnR. Il doit permettre le raccordement de 20 MW supplémentaires de production renouvelable, soit l’équivalent de la consommation de 20 000 foyers, en cohérence avec les objectifs de transition énergétique de la Région Occitanie.

« Ce projet illustre la manière dont RTE travaille pour renouveler le réseau, l’adapter au changement climatique, et pour permettre la transition énergétique et l’électrification des usages. Nous travaillons en équipe, en coopération avec les entreprises, les élus, les collectivités et les services de l’État. Ensemble, on s’appuie sur les atouts du territoire et on prend en compte ses enjeux spécifiques. Je suis particulièrement sensible aux retombées économiques locales. C’est une condition de réussite de nos projets, et de notre programme industriel pour les 15 années à venir », déclare Émilie Piette, présidente du directoire de RTE.

Des retombées économiques pour les entreprises locales

Le chantier de la vallée de la Neste a aussi généré des retombées pour le tissu économique local. RTE les estime à environ 25 millions d’euros pour les entreprises du territoire. Le projet a également permis la création de 15 emplois équivalent temps plein pour des personnes éloignées de l’emploi ou demandeuses d’emploi pendant toute la durée du chantier.

Avec ce nouveau poste électrique d’Aure, RTE engage donc une nouvelle séquence dans la modernisation du réseau pyrénéen. Après la vallée de la Neste, les prochaines phases concerneront les vallées d’Aure et du Louron, avec un objectif affiché : disposer, d’ici 2030, d’un réseau plus robuste, plus discret dans le paysage et capable d’accompagner le développement des énergies renouvelables dans les Hautes-Pyrénées.

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