Airbus porte son chiffre d’affaires à 33,2 milliards d’euros et maintient ses objectifs pour 2026

Porté par l’accélération des livraisons d’avions commerciaux et la progression d’Airbus Defence and Space, le groupe aéronautique a enregistré un chiffre d’affaires de 33,2 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 12 %. Son bénéfice net a progressé de 47 %, à 2,24 milliards d’euros. Malgré une consommation de trésorerie toujours liée à la montée en cadence industrielle, Airbus confirme viser environ 870 livraisons sur l’ensemble de l’année.

Commandes en forte hausse, carnet de 9 222 appareils, montée en cadence industrielle et objectifs annuels confirmés… Le groupe dirigé par Guillaume Faury vise toujours environ 870 livraisons en 2026. (Photo Airbus)

Commandes en forte hausse, carnet de 9 222 appareils, montée en cadence industrielle et objectifs annuels confirmés… Le groupe dirigé par Guillaume Faury vise toujours environ 870 livraisons en 2026. (Photo Airbus)

Airbus a changé de rythme au cours du deuxième trimestre 2026. Après six mois d’activité, le groupe affiche 351 avions commerciaux livrés, contre 306 au premier semestre 2025, ainsi qu’une croissance à deux chiffres de son chiffre d’affaires. Les résultats publiés le 29 juillet traduisent également la contribution accrue des activités de défense et d’espace, dans un environnement industriel toujours marqué par les tensions pesant sur les chaînes d’approvisionnement et par les effets de change.

« Nos bons résultats du premier semestre reflètent principalement la hausse des livraisons d’avions commerciaux et la solide performance de Defence and Space, dans un environnement complexe et en évolution rapide », déclare Guillaume Faury, directeur général d’Airbus.

Les livraisons d’avions commerciaux progressent de 15 %

Entre janvier et juin, Airbus a livré 44 A220, 271 appareils de la famille A320, 10 A330 et 26 A350. Ce total de 351 avions représente une augmentation de près de 15 % sur un an. Le chiffre d’affaires généré par l’activité d’aviation commerciale atteint ainsi 23,88 milliards d’euros, contre 20,83 milliards un an auparavant, soit une progression de 15 %.

Cette croissance repose principalement sur l’augmentation des livraisons et sur le développement des services. Elle a toutefois été partiellement atténuée par la dépréciation du dollar américain par rapport au premier semestre 2025. L’EBIT ajusté de l’aviation commerciale s’établit à 1,99 milliard d’euros, en hausse de 16 % par rapport aux 1,71 milliard enregistrés un an plus tôt. L’amélioration des volumes a compensé en partie un taux de couverture de change moins favorable.

La dynamique commerciale s’est également renforcée. Airbus a enregistré 886 commandes brutes d’avions, contre 494 au premier semestre 2025. Après prise en compte des annulations, les commandes nettes atteignent 821 appareils, soit plus du double des 402 commandes nettes obtenues un an auparavant. Le carnet de commandes s’élève désormais à 9 222 avions commerciaux, contre 8 754 à la fin du mois de juin 2025. Ce total comprend deux A330 précédemment livrés dans le cadre de contrats de location opérationnelle.

Un deuxième trimestre qui concentre l’accélération

La progression semestrielle doit beaucoup aux performances enregistrées entre avril et juin. Sur le seul deuxième trimestre, Airbus a réalisé un chiffre d’affaires de 20,53 milliards d’euros, en hausse de 28 % sur un an. L’EBIT ajusté a progressé de 54 %, pour atteindre 2,43 milliards d’euros, tandis que l’EBIT publié a plus que doublé, passant de 1,14 à 2,52 milliards d’euros.

Le bénéfice net trimestriel s’établit à 1,66 milliard d’euros, contre 732 millions d’euros au deuxième trimestre 2025, soit une augmentation de 126 %. Le bénéfice par action suit la même évolution, à 2,10 euros, contre 0,93 euro un an auparavant.

L’activité d’aviation commerciale a généré à elle seule 15,44 milliards d’euros de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, en croissance de 37 %. Son EBIT ajusté a atteint 1,91 milliard d’euros, en hausse de 56 %, tandis que son EBIT publié a progressé de 150 %, à 1,95 milliard d’euros.

« L’attention portée à une exécution régulière porte ses fruits, comme le montrent les livraisons élevées du deuxième trimestre. Cette évolution renforce la confiance dans les performances futures du groupe, conformément aux perspectives à moyen terme récemment communiquées », souligne Guillaume Faury.

Defence and Space double presque son résultat opérationnel ajusté

La branche Airbus Defence and Space affiche l’une des progressions les plus marquées du semestre. Son chiffre d’affaires augmente de 9 %, à 6,32 milliards d’euros, grâce à la hausse des volumes dans l’ensemble de ses activités. Son EBIT ajusté atteint 487 millions d’euros, contre 265 millions un an plus tôt, soit une croissance de 84 %. L’EBIT publié ressort à 542 millions d’euros, en progression de 237 %.

Airbus attribue cette évolution à un calendrier de coûts plus favorable, à l’amélioration de la rentabilité et à l’augmentation de l’activité. La valeur des commandes enregistrées par la division atteint 9,29 milliards d’euros, contre 5,08 milliards au premier semestre 2025, soit une hausse de 83 %.

Au deuxième trimestre, Defence and Space a réalisé 3,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 10 %. Son EBIT ajusté a atteint 357 millions d’euros, contre 188 millions un an auparavant, tandis que son EBIT publié a plus que doublé, à 408 millions d’euros.

Airbus Helicopters pénalisé par le calendrier des livraisons et la R&D

Airbus Helicopters a livré 144 appareils au premier semestre, contre 138 sur la même période de 2025. Son chiffre d’affaires reste pratiquement stable à 3,68 milliards d’euros, en raison d’un mix de livraisons moins favorable.

L’EBIT ajusté de la division recule de 4 %, à 240 millions d’euros, contre 249 millions un an plus tôt. La performance des programmes a été compensée par l’augmentation des dépenses de recherche et développement. À l’échelle du groupe, les dépenses de R&D autofinancées progressent de 4 %, passant de 1,41 à 1,46 milliard d’euros.

Les prises de commandes d’Airbus Helicopters atteignent néanmoins 215 appareils, contre 171 au premier semestre 2025, soit une hausse de 26 %. Le carnet de commandes totalise désormais 1 108 hélicoptères, en progression de 20 % sur un an.

Au deuxième trimestre, la division a dégagé un chiffre d’affaires de 2,08 milliards d’euros, en léger recul de 1 %. Son EBIT ajusté et son EBIT publié se sont tous deux établis à 175 millions d’euros, contre 171 millions un an auparavant.

Un bénéfice net en hausse de 47 %

Toutes activités confondues, le chiffre d’affaires consolidé d’Airbus atteint précisément 33,18 milliards d’euros au premier semestre, contre 29,61 milliards un an plus tôt. L’EBIT ajusté, indicateur utilisé pour mesurer la performance opérationnelle en excluant notamment certains effets liés aux programmes, aux restructurations, aux changes ou aux opérations de croissance externe, progresse de 24 %, à 2,73 milliards d’euros.

L’EBIT publié s’établit à 2,75 milliards d’euros, contre 1,62 milliard au premier semestre 2025, soit une augmentation de 70 %. Il intègre un solde positif de 18 millions d’euros d’ajustements. Celui-ci comprend un effet favorable de 124 millions d’euros lié au décalage du besoin en fonds de roulement en dollars et à la réévaluation du bilan, ainsi qu’un effet positif de 60 millions associé au plan d’adaptation des effectifs d’Airbus Defence and Space. Ces éléments sont compensés par une charge de 123 millions d’euros liée à l’intégration des anciens lots de travaux de Spirit AeroSystems et par 43 millions d’euros d’autres coûts, notamment liés aux opérations de fusion-acquisition.

Le résultat financier recule de 490 à 186 millions d’euros. Il reflète principalement la réévaluation de certaines participations et des investissements détenus dans les fonds de capital-risque gérés par Airbus Ventures, partiellement compensée par l’évolution des instruments financiers et du dollar.

Le bénéfice net consolidé atteint 2,24 milliards d’euros, contre 1,53 milliard un an auparavant, soit une progression de 47 %. Le bénéfice par action s’élève à 2,84 euros, contre 1,93 euro au premier semestre 2025.

Les stocks mobilisent encore la trésorerie

La montée en cadence industrielle continue de peser sur les flux de trésorerie. Le free cash-flow avant financement clients ressort à –1,17 milliard d’euros, contre –1,61 milliard au premier semestre 2025. Le free cash-flow consolidé s’établit pour sa part à –1,04 milliard d’euros, contre –1,58 milliard un an auparavant.

Cette consommation de trésorerie provient principalement de l’évolution du besoin en fonds de roulement et de la constitution planifiée de stocks destinés à accompagner l’augmentation des cadences dans les différentes activités.

À la fin du mois de juin, la trésorerie brute du groupe s’élève à 23,4 milliards d’euros, contre 27,2 milliards à la clôture de 2025. La trésorerie nette recule de 31 %, passant de 12,17 à 8,36 milliards d’euros. Airbus comptait parallèlement 168 754 salariés, soit 2 % de plus que les 165 294 collaborateurs recensés à la fin de l’année 2025.

Des objectifs de production maintenus sur les principaux programmes

Airbus poursuit l’augmentation progressive de ses capacités industrielles. Le groupe vise toujours une cadence de 13 A220 par mois en 2028. Pour la famille A320, l’objectif reste compris entre 70 et 75 appareils mensuels à la fin de 2027, avant une stabilisation à 75 avions par mois.

La cadence de production de l’A330 doit atteindre cinq appareils par mois en 2029, tandis que celle de l’A350 est appelée à monter à 12 avions par mois en 2028.

« Les cadences augmentent dans toutes les activités afin de répondre à la demande croissante pour les solutions civiles et militaires », affirme Guillaume Faury.

Airbus vise toujours environ 870 livraisons en 2026

Malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et industrielles, Airbus ne modifie pas ses prévisions annuelles. Le groupe prévoit toujours de livrer environ 870 avions commerciaux en 2026, de dégager un EBIT ajusté proche de 7,5 milliards d’euros et de générer un free cash-flow avant financement clients d’environ 4,5 milliards d’euros.

Ces objectifs sont formulés avant toute nouvelle opération de fusion-acquisition et intègrent l’incidence des droits de douane actuellement applicables. Ils reposent également sur l’hypothèse d’une absence de perturbation supplémentaire touchant le commerce mondial, l’économie, le trafic aérien, la chaîne d’approvisionnement, les opérations internes du groupe ou sa capacité à livrer ses produits et services.

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