Déjà à la tête de 150 supérettes en libre-service dans les zones rurales, l’entreprise à mission Api poursuit son maillage du territoire français. L’enseigne, certifiée B Corp, annonce son arrivée dans trois nouvelles régions, dont l’Occitanie, avec l’ambition de répondre au manque de commerces de proximité dans les villages. Après 50 ouvertures en 2025, la PME prévoit 45 nouvelles implantations en 2026.
Après avoir ouvert 50 supérettes en 2025, l’enseigne prévoit 45 ouvertures en 2026. (Crédit photo Api)
Créée en 2022, Api poursuit son déploiement dans les territoires ruraux. L’entreprise, qui revendique aujourd’hui 150 supérettes ouvertes dans 21 départements, franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement en annonçant son expansion dans trois nouvelles régions : l’Occitanie, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté. Déjà présente dans six régions, l’enseigne entend accélérer son implantation dans des communes souvent confrontées à la disparition progressive des commerces alimentaires de proximité.
Le modèle repose sur des supérettes de 40 m², accessibles en libre-service, pensées pour offrir une solution locale aux habitants de villages dépourvus de commerce. Ces points de vente, éco-conçus en France, proposent environ 700 références, avec une volonté affichée de rapprocher l’offre alimentaire du quotidien des habitants des zones rurales.
Cette arrivée en Occitanie s’inscrit dans un mouvement plus large de reconquête commerciale des territoires. Dans une région marquée par de nombreux villages éloignés des grands pôles urbains, la question de l’accès aux produits du quotidien demeure un enjeu concret, à la fois économique, social et environnemental.
L’Occitanie, nouveau territoire de développement
L’annonce de l’implantation d’Api en Occitanie traduit la volonté de l’entreprise de renforcer sa présence dans le Sud de la France. Si le communiqué ne précise pas encore les premières communes occitanes concernées, l’intégration de la région dans cette nouvelle phase de développement confirme l’intérêt de l’enseigne pour les territoires ruraux du bassin méditerranéen et du Sud-Ouest.
Pour les communes concernées, l’arrivée d’une supérette en libre-service peut représenter un levier de redynamisation locale. Au-delà de la seule dimension commerciale, ce type d’implantation permet de recréer un point d’accès aux biens essentiels, de limiter certains déplacements vers les supermarchés éloignés et de soutenir une forme de proximité dans des villages parfois fragilisés par la disparition des services.
Api met en avant une distance moyenne de 3 kilomètres entre ses clients et leur supérette, contre 13 kilomètres pour leur supermarché habituel. Selon l’entreprise, 75 % des clients économisent deux allers-retours au supermarché par mois, tandis qu’un client sur quatre se rend exclusivement à la supérette en mobilité douce, à pied ou à vélo. Ces données donnent à son modèle une dimension territoriale forte, en associant proximité, réduction des déplacements et maintien d’un service de première nécessité.
Une PME de 120 salariés qui structure son expansion
Pour accompagner cette nouvelle phase, Api s’appuie désormais sur 120 salariés. Après avoir ouvert 50 supérettes en 2025, la PME prévoit 45 nouvelles ouvertures en 2026. Cette croissance s’accompagne du recrutement de responsables de développement territoriaux, chargés d’identifier les communes, de travailler avec les élus locaux et de piloter les démarches d’implantation.
À Lyon, Api vient notamment de recruter Déborah Cane comme responsable du développement pour l’Auvergne-Rhône-Alpes. Spécialiste de la conduite de projet dans l’économie sociale et solidaire, passée par l’urbanisme, elle vient renforcer une équipe déjà organisée autour de deux responsables territoriaux positionnés dans les quarts Nord-Ouest et Sud-Ouest de la France.
Cette structuration interne illustre l’évolution d’Api, passée en quelques années d’un concept expérimental à une entreprise en phase d’industrialisation raisonnée de son modèle. L’objectif n’est plus seulement de tester la pertinence de la supérette rurale en libre-service, mais d’en faire un outil reproductible dans plusieurs bassins de vie.
Des permis de construire déjà en cours dans plusieurs territoires
Le développement d’Api s’appuie déjà sur plusieurs projets avancés. En Auvergne-Rhône-Alpes, cinq permis de construire sont en cours d’instruction : deux dans le Puy-de-Dôme, à Paslières et Limons, deux en Isère, à Meyssiez et Culin, et un dans la Drôme, à Chantemerle-lès-Blés.
Dans les Hauts-de-France, dont le développement avait été annoncé en septembre 2025, deux permis de construire sont également en cours d’instruction dans le Nord, à Rosult et Villiers. Du côté de la Bourgogne-Franche-Comté, un permis de construire est déjà en cours en Saône-et-Loire, tandis que les villages de Rancy et Beaurepaire-en-Bresse étudient également deux projets.
Ces démarches confirment une montée en puissance progressive, région par région, avec une méthode qui repose sur le dialogue avec les collectivités et l’identification de villages où l’offre commerciale de proximité est insuffisante.
Un modèle salué par les clients et les maires
Api met en avant des indicateurs de satisfaction particulièrement élevés. Alors que la grande distribution alimentaire affiche en moyenne un NPS situé entre +10 et +15, l’enseigne indique atteindre un NPS d’environ +75, un niveau considéré comme très élevé dans le secteur du retail. Cet indicateur, qui mesure la propension des clients à recommander une marque ou un service, témoigne selon l’entreprise d’une forte adhésion à son modèle.
Les élus locaux semblent également accueillir favorablement ces implantations. Interrogés sur leur niveau de satisfaction à l’égard de la supérette Api installée dans leur village, les maires attribuent en moyenne la note de 9/10 à l’enseigne. Pour les communes rurales, l’enjeu dépasse souvent la seule présence d’un commerce : il touche à l’attractivité du village, au maintien du lien social et à la qualité de vie des habitants.
Cette satisfaction institutionnelle est un point stratégique pour Api. Dans les zones rurales, l’implantation d’un commerce ne peut pas se réduire à une logique de flux ou de rentabilité immédiate. Elle suppose une relation étroite avec les mairies, une compréhension fine des besoins locaux et une capacité à s’inscrire dans la vie quotidienne du territoire.
Une offre qui combine prix, produits locaux et proximité
L’enseigne revendique un positionnement hybride entre commerce de proximité et prix accessibles. Selon Api, 70 % de l’offre est proposée à prix supermarché. Les magasins intègrent également des produits locaux, avec 380 producteurs locaux référencés à l’échelle du réseau.
La dimension alimentaire est aussi mise en avant à travers la qualité nutritionnelle de l’offre. Api indique que 40 % des produits proposés disposent d’un Nutri-Score A ou B, tandis que 5,4 % des produits sont certifiés biologiques. L’entreprise cherche ainsi à construire une offre adaptée aux usages quotidiens, tout en intégrant des produits de proximité et une sélection accessible.
Ce positionnement peut trouver un écho particulier en Occitanie, région marquée par la richesse de ses filières agricoles, agroalimentaires et artisanales. Pour les producteurs locaux, le développement de ce type de supérettes peut ouvrir de nouveaux débouchés dans des villages où les circuits de distribution sont parfois limités.
Une entreprise à mission tournée vers les territoires ruraux
Api a été cofondée par Julien Nau, Alex Grammatico et Jean-Luc Treillou. L’entreprise est aujourd’hui dirigée par la CEO Marie-Laure Basset et compte 120 collaborateurs, dont plus de la moitié sont recrutés localement. Son modèle repose sur une ambition clairement territoriale : apporter une réponse concrète au manque de commerces de proximité dans la France rurale.
L’entreprise se présente comme une solution de distribution capable de réduire les inégalités territoriales tout en limitant l’impact environnemental de la consommation. En rapprochant les habitants d’une offre alimentaire du quotidien, Api cherche à répondre à un double enjeu : maintenir l’accès aux services essentiels et réduire les déplacements contraints vers des pôles commerciaux plus éloignés.
Avec son arrivée annoncée en Occitanie, l’enseigne ouvre une nouvelle séquence de croissance dans une région où les enjeux de ruralité, d’accès aux services et de revitalisation des centres-bourgs sont particulièrement présents. Reste désormais à connaître les premières communes occitanes qui accueilleront ces supérettes en libre-service, appelées à devenir de nouveaux points d’ancrage dans les villages.