Aura Aero décroche sa première commande ferme d’ERA : Pan Européenne mise sur l’avion hybride-électrique de 19 places

À Toulouse-Francazal, Aura Aero annonce avoir signé avec Pan Européenne Air Service (PEAS) la première commande ferme de son futur avion régional hybride-électrique de 19 places, ERA. Une étape de concrétisation pour le programme, portée par un partenaire engagé de longue date aux côtés du constructeur occitan.

Le carnet de commandes pour ERA compte près de 700 intentions de commandes émanant de 16 compagnies et opérateurs internationaux, valorisées à 12 milliards d'euros. (Photo Aura Aero)

Le carnet de commandes pour ERA compte près de 700 intentions de commandes émanant de 16 compagnies et opérateurs internationaux, valorisées à 12 milliards d'euros. (Photo Aura Aero)

Datée du 2 mars 2026 à l’Aéroport Toulouse-Francazal, l’annonce marque un jalon pour Aura Aero : Pan Européenne devient la première compagnie aérienne à s’engager fermement sur ERA, présenté comme un appareil conçu pour relancer l’aviation régionale tout en accélérant sa décarbonation. Selon le constructeur, ce passage à la commande ferme symbolise l’évolution du programme « d’une dynamique de développement à une phase de concrétisation », nourrie par une collaboration étroite entre industriel et opérateur.

Pan Européenne n’arrive pas au dernier moment. La compagnie accompagne Aura Aero « depuis le début » du programme ERA et vient, récemment, de participer à des essais de vol électrique avec INTEGRAL E, autre programme de l’avionneur toulousain. Dans le communiqué, Aura Aero souligne le rôle « de pionnière » que revendique Pan Européenne dans l’aviation décarbonée, en assumant un positionnement de précurseur sur l’exploitation commerciale d’un avion hybride-électrique.

Pan Européenne, 50 ans de vols d’affaires et une ambition d’exploitation commerciale hybride-électrique

Basée à Chambéry et à Lyon, Pan Européenne est une compagnie aérienne privée française spécialisée depuis près de 50 ans dans les vols d’affaires sur mesure. Elle exploite aujourd’hui cinq avions Embraer de 5 à 49 places et revendique une capacité à desservir jusqu’à 500 destinations en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

La trajectoire affichée est claire : devenir « une des premières compagnies au monde » à faire voler un avion hybride-électrique avec des passagers payants. Une ambition que ses dirigeants relient directement aux choix technologiques d’Aura Aero. « L’ambition et les valeurs d’Aura Aero sont parfaitement alignées avec notre vision de l’aviation de demain. Les choix technologiques et industriels retenus dans la conception et la réalisation d’ERA depuis la création de l’entreprise se sont toujours révélés extrêmement pertinents, et c’est naturellement que nous avons porté notre choix sur cet avion afin de pouvoir proposer la première offre de transport aérien décarboné de l’histoire », déclarent Antoine Foessel et Clément Jacquot, co-dirigeants et propriétaires de Pan Européenne.

ERA : 8 moteurs électriques, 2 turbogénérateurs compatibles SAF et jusqu’à 900 NM d’autonomie annoncés

Au cœur du projet, ERA se positionne comme un avion régional hybride-électrique de 19 places. Aura Aero indique que l’appareil sera propulsé par 8 moteurs électriques de type ENGINeUS – un moteur développé par Safran et présenté comme le premier moteur d’avion électrique certifié au monde – complétés par 2 turbogénérateurs compatibles SAF (Sustainable Aviation Fuel).

La philosophie opérationnelle revendiquée repose sur une gestion automatique des modes de propulsion : ERA doit « alterner automatiquement les phases hybrides et électriques en fonction des phases de vol », avec une autonomie pouvant atteindre 900 NM, soit 1 500 km. Sur le volet environnemental, le constructeur met en avant une réduction des émissions de CO₂ « jusqu’à 80 % » par rapport aux avions thermiques de sa catégorie.

Aura Aero insiste également sur la polyvalence du modèle, pensé pour répondre à plusieurs usages. ERA est annoncé comme configurable pour le transport de passagers, l’aviation d’affaires, le fret ou des missions spéciales, avec une promesse de redynamisation de l’aviation régionale, qu’il s’agisse de relier des îles et des archipels ou de proposer des vols directs entre destinations régionales.

Un partenaire de lancement revendiqué et un carnet d’intentions valorisé à 12 milliards de dollars
Du côté d’Aura Aero, la commande ferme est présentée comme bien plus qu’un signal commercial. « Pan Européenne est bien plus qu’un client de lancement, c’est un partenaire de confiance qui nous accompagne depuis le début du programme d’ERA. Nous sommes très fiers de compter sur l’engagement d’une entreprise qui choisit de soutenir un constructeur français, car nous partageons les mêmes valeurs et la même vision », souligne Jérémy Caussade, président et co-fondateur d’Aura Aero. Le constructeur replace cette première commande ferme dans une dynamique plus large : à ce stade, le carnet associé à ERA totalise près de 700 intentions de commandes émanant de 16 compagnies et opérateurs internationaux, pour une valorisation annoncée à 12 milliards de dollars.

Aura Aéro, constructeur basé à Toulouse-Francazal et soutenu par des dispositifs régionaux, nationaux et européens

Créée en 2018 et basée à l’aéroport de Toulouse-Francazal, Aura Aero se présente comme un pionnier de l’aviation décarbonée, combinant savoir-faire aéronautique et technologies numériques. L’entreprise indique employer près de 250 personnes et disposer des agréments de conception et de production, confirmant son statut de constructeur aéronautique « à part entière ».

Le communiqué rappelle les soutiens mobilisés autour du développement : région Occitanie, BPI et fonds d’investissement Innovacom, ainsi que plusieurs programmes et dispositifs, dont EIC Accelerator, Innovation Fund, France Relance et France 2030. Aura Aero mentionne également sa présence au comité exécutif de l’AZEA (Alliance for Zero Emission Aviation) et son rôle parmi les entreprises fondatrices du groupe de travail européen Future Mobility Taskforce. Autre élément mis en avant : l’obtention du Sceau STEP de l’Union Européenne, ainsi que la sélection du projet HERMES par le Fonds Européen Innovation Fund, avec une subvention issue de crédits carbone tels que définis par le dispositif EU Emissions Trading System (EU ETS).

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