Un an après le lancement de son plan stratégique “Entreprendre ensemble, pour construire demain autrement”, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées affiche en 2025 une progression marquée de ses principaux indicateurs financiers et revendique un rôle renforcé dans le financement de l’habitat, des entreprises et des transformations du territoire. Banque coopérative solidement implantée en Midi-Pyrénées, elle a mobilisé cette année 2,8 milliards d’euros de financements et poursuit, en parallèle, une réorganisation interne, immobilière et technologique de grande ampleur.
De gauche à droite : Alain Di Crescenzo, président du Conseil d’orientation et de surveillance Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées et Christophe Le Pape, président du directoire Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées. (Photo Dorian Alinaghi)
La Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées signe un exercice 2025 en nette progression. Son Produit net bancaire atteint 436 millions d’euros, soit une hausse de 16 % sur un an. Son résultat net s’établit à 101 millions d’euros, en progression de 28 %, tandis que son coefficient d’exploitation recule à 59,9 %, en amélioration de 7 points. Des performances qui viennent conforter la trajectoire engagée par l’établissement dans le cadre de son plan stratégique déployé depuis un an, mais aussi la vision posée dès 2021 autour d’une banque régionale à la fois plus performante, plus utile et plus engagée dans les grandes transitions économiques, sociales et environnementales.
Cette dynamique s’appuie sur un socle territorial particulièrement dense. La banque revendique aujourd’hui près de 900 000 clients, soit un habitant sur trois en Midi-Pyrénées, 160 000 sociétaires, 1 900 collaborateurs et un réseau de 170 agences de proximité. À cela s’ajoutent quatre centres d’affaires entreprises et une présence territoriale structurée dans chacun des départements couverts. La Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées met aussi en avant une amélioration sensible de la satisfaction de ses clients, avec +26 points en quatre ans, ainsi qu’un Net Promoteur Score de 30 points chez les particuliers et de 35 points chez les entreprises.
2,8 milliards d’euros injectés dans l’économie régionale
Au cœur de l’année 2025, la banque met en avant 2,8 milliards d’euros de financements mobilisés dans les huit départements de son territoire. Dans ce total, 1,2 milliard d’euros a été consacré à l’accession à la propriété, un niveau présenté comme particulièrement significatif dans un contexte où le marché immobilier demeure encore sous tension. La même enveloppe de 1,2 milliard d’euros a été orientée vers les entreprises et les professionnels, tandis que 460 millions d’euros ont permis de financer les projets du quotidien. Les encours atteignent désormais 19 milliards d’euros de crédits et 26 milliards d’euros de collecte, dont 9 milliards d’euros d’épargne financière.
Cette montée en puissance du financement traduit la volonté de la banque de consolider son positionnement de banque du développement territorial. Dans la présentation de son plan stratégique, l’établissement articule cette ambition autour de plusieurs piliers : être banquier des transitions, bâtisseur financeur, employeur de référence et coopératif engagé. Une grille de lecture qui éclaire la manière dont la Caisse d’Epargne entend désormais lier ses performances financières à des enjeux plus larges de souveraineté, d’aménagement, de modernisation et d’utilité régionale.
Entreprises : des financements en hausse et des outils pour faire face aux périodes de tension
Sur le front économique, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées indique avoir financé 550 millions d’euros de projets d’entreprises en 2025 et conquis 200 nouveaux clients dans des secteurs aussi variés que l’industrie, l’aérospatial, l’agroalimentaire, les services ou encore le tourisme. L’établissement souligne aussi que 35 % des projets financés relèvent de la rénovation énergétique ou de la transition environnementale, signe d’un recentrage croissant des demandes d’investissement vers les enjeux de transformation.
Au-delà du crédit classique, la banque a renforcé en 2025 plusieurs leviers d’intervention. Elle a notamment structuré Capital Transmission, une société régionale d’investissement destinée à accompagner les opérations de croissance, de transmission et de renforcement des fonds propres des entreprises locales. Elle a aussi mis en avant la Banque de l’Orme, créée pour soutenir les entreprises confrontées à des difficultés conjoncturelles ou structurelles. En 2025, 170 entreprises ont ainsi été accompagnées dans des phases de tension, de stabilisation ou de restructuration. Ce positionnement marque une volonté claire : ne pas se limiter au rôle de prêteur, mais occuper une place plus large d’acteur économique régional, capable d’intervenir également dans les moments les plus fragiles de la vie des entreprises.
Dans le même mouvement, la banque a fait évoluer son organisation commerciale et territoriale. Elle s’appuie désormais sur 5 directions de développement du territoire et 36 directions d’agence du territoire, avec un renforcement des expertises, notamment sur les marchés professionnels et premium, où 39 nouveaux postes ont été créés. Cette montée en spécialisation doit permettre, selon la banque, de mieux répondre aux besoins de clients aux attentes de plus en plus fines, tout en conservant un ancrage local fort.
Habitat : un retour en force sur l’accession et une montée en puissance sur la rénovation
Sur le marché résidentiel, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées revendique une année 2025 particulièrement active. Elle a financé 1,2 milliard d’euros d’accession à la propriété, ce qui représente une part de marché de 16 % sur le crédit immobilier. La présentation stratégique de la banque précise même une hausse de 57 % par rapport à 2024, illustration d’un redémarrage puissant de l’activité sur ce segment.
La rénovation énergétique constitue l’autre grand axe de développement. En 2025, la banque a accompagné 4 000 projets de rénovation de l’habitat, représentant près de 190 millions d’euros financés. Elle s’est en outre rapprochée de Cozynergy, acteur régional de la rénovation, afin d’accompagner les clients depuis le diagnostic jusqu’aux travaux, et a lancé une offre spécifiquement dédiée à la rénovation des copropriétés. L’ambition affichée consiste à proposer un accompagnement plus global, en dépassant la seule logique de prêt pour couvrir davantage la chaîne de valeur du projet immobilier.
Cette logique s’incarne également dans la création de la Maison de l’Immobilier à Toulouse, au 42 rue du Languedoc, un site appelé à rassembler les expertises de financement, de prescription immobilière, de banque privée, de promotion et de conseil en investissement immobilier. La banque y regroupera aussi les compétences de ses trois filiales du secteur, Midi2i, PromoMidi et MidiEpargne. L’emménagement dans ce lieu rénové est annoncé pour octobre 2026, avec l’objectif d’en faire une vitrine de son offre immobilière élargie.
Une stratégie coopérative qui revendique son impact local
L’établissement bancaire insiste également sur sa dimension coopérative. En 2025, plus de 7 000 nouveaux sociétaires ont rejoint la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées. La banque affirme avoir consacré près de 2 millions d’euros au soutien du tissu associatif, solidaire et sportif local, en parallèle de deux appels à projets dédiés à la biodiversité et à Terre de Sport, qui ont permis de soutenir plus de 110 initiatives locales pour près de 300 000 euros. Cet ancrage constitue l’un des fils rouges de la stratégie affichée : relier croissance économique, implication territoriale et responsabilité coopérative.
À cette dimension coopérative s’ajoute un engagement environnemental que la banque inscrit à plusieurs niveaux de son fonctionnement. Elle met en avant une baisse de 1,5 % de son empreinte carbone en 2025, la poursuite d’une réduction de ses surfaces immobilières, ainsi qu’un objectif de 100 % de véhicules électriques à horizon 2028 pour sa flotte de 150 véhicules. À l’échelle de ses bâtiments, elle vise aussi 100 % de mètres carrés rénovés à horizon 2030.
Recrutements, formation, intelligence artificielle : la transformation interne s’accélère
En 2025, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées a recruté 160 collaborateurs. Elle indique avoir porté l’effort sur les compétences, avec 7,7 jours de formation en moyenne par collaborateur, soit une progression de 6 % par rapport à 2024. Parmi les axes soulignés figurent le déploiement d’un Modèle de Leadership, la formation de 100 % des managers à la culture du feedback, mais aussi l’appropriation de nouveaux outils liés à l’intelligence artificielle. La banque mentionne notamment 60 % d’utilisateurs réguliers de son outil secureGPT et 80 % d’utilisateurs d’une solution de compte rendu d’entretien client en langage naturel.
Cette transformation des pratiques s’inscrit dans une ambition plus large : devenir une banque employeur de référence. Dans sa présentation, l’établissement insiste sur une expérience collaborateur plus différenciante, davantage tournée vers l’apprentissage, la transversalité et l’épanouissement au travail. Ce discours se double d’un important chantier immobilier, censé redessiner les conditions d’exercice des équipes sur le long terme.
Maxwell, 42L, directions territoriales : un immobilier transformé pour incarner la nouvelle Caisse d’Epargne
À Toulouse, le projet le plus emblématique reste celui du site Maxwell, appelé à devenir le futur siège de la banque. L’emménagement est annoncé pour la rentrée 2027. Le projet prévoit le regroupement de plusieurs bâtiments en un seul, avec 50 % de mètres carrés libérés, 9 000 m² rénovés et 4 hectares libérés sur le site. La banque met en avant un bâtiment pensé pour favoriser la transversalité, l’apprentissage et la performance collective, avec des espaces de travail partagés, des lieux de collaboration, de concentration, de formation, ainsi qu’un auditorium de 250 places.
Le chantier entend aussi incarner les engagements environnementaux de l’établissement. Le futur siège reposera sur des modes de construction bas carbone et biosourcés, avec 85 % des déchets de chantier revalorisés et 720 m² de panneaux photovoltaïques devant assurer près de 80 % d’autoconsommation. La banque souligne en outre que 85 % des dépenses de construction seront confiées à des entreprises locales, renforçant la dimension territoriale du projet. Le 26 mars 2026, date de la conférence de presse, a d’ailleurs coïncidé avec la plantation du premier arbre, symbole du lancement des travaux de ce nouveau siège.
Cette politique immobilière dépasse Toulouse. Après l’ouverture de directions territoriales à Rodez et Tarbes en 2024, puis à Pamiers et Auch en 2025, d’autres rénovations sont en cours, notamment à Albi et au 42 rue du Languedoc. La banque veut faire de ces sites des lieux plus fonctionnels, plus accessibles et davantage centrés sur les expertises, au bénéfice des clients, des sociétaires et des acteurs économiques locaux.
Une année charnière pour affirmer un nouveau modèle bancaire régional
Un an après le lancement de son plan stratégique, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées cherche donc à démontrer qu’elle ne se contente pas d’améliorer ses résultats, mais qu’elle transforme simultanément son organisation, son immobilier, son offre et sa relation au territoire. La conférence de presse du 26 mars 2026 présente cette séquence comme celle de “trois transformations réussies” : une transformation infrastructurelle, une transformation organisationnelle et une transformation systémique. En filigrane, la banque dessine un modèle qui veut conjuguer performance, satisfaction client et engagement territorial.
Au regard des chiffres annoncés en 2025, l’établissement dispose d’arguments solides pour défendre cette trajectoire. Reste désormais à confirmer, dans la durée, que cette croissance financière, cette accélération immobilière et cette montée en expertise peuvent durablement se traduire par un renforcement de son rôle de banque coopérative de référence au service du développement de la région Midi-Pyrénées.