À Toulouse, Gaëlle Legube récompensée pour ses recherches sur la réparation de l’ADN et le cancer

La Fondation ARC pour la recherche sur le cancer a attribué le 4e Grand Prix Oberling-Haguenau Fondation ARC à Gaëlle Legube, directrice de recherche au Centre de biologie intégrative de Toulouse. Dotée de 150 000 euros, cette distinction salue des travaux majeurs sur les cassures double brin de l’ADN, des lésions parmi les plus graves du génome, dont la mauvaise réparation peut favoriser l’apparition de certains cancers. Pour la troisième année consécutive, une équipe toulousaine figure parmi les lauréats de ce prix.

Pour la troisième année consécutive, une équipe toulousaine figure parmi les lauréats de cette distinction. (Photo Pixabay)

Pour la troisième année consécutive, une équipe toulousaine figure parmi les lauréats de cette distinction. (Photo Pixabay)

La recherche toulousaine en cancérologie confirme son rayonnement. La Fondation ARC pour la recherche sur le cancer a décerné le 4e Grand Prix Oberling-Haguenau Fondation ARC à Gaëlle Legube, directrice de recherche au Centre de biologie intégrative de Toulouse. Cette distinction récompense ses travaux consacrés à la réparation des cassures double brin de l’ADN dans les régions actives du génome, un sujet central pour mieux comprendre certains mécanismes impliqués dans la formation des cancers.

Le prix, doté de 150 000 euros, distingue les résultats issus de travaux menés dans le cadre d’un Programme labellisé Fondation ARC et ayant donné lieu à une production scientifique remarquée. Au-delà de la reconnaissance individuelle, il vient saluer le travail d’une équipe engagée sur des questions fondamentales pour la compréhension du fonctionnement cellulaire.

Créé en mémoire du Professeur Charles Oberling et de la Docteure Françoise Haguenau, le Grand Prix Oberling-Haguenau Fondation ARC récompense chaque année une chercheuse ou un chercheur, ainsi que son équipe, pour des avancées importantes dans la compréhension ou la prise en charge des cancers. La Fondation Oberling-Haguenau, placée sous l’égide de la Fondation ARC, a été créée fin 2019 avec l’objectif de promouvoir activement la recherche contre le cancer.

Comprendre les cassures de l’ADN pour mieux éclairer les mécanismes du cancer

Les travaux de Gaëlle Legube portent sur les cassures double brin de l’ADN, considérées comme l’une des lésions les plus sévères du génome. Ces atteintes peuvent être comparées à la rupture complète d’un fil d’information indispensable au bon fonctionnement des cellules. Lorsqu’elles ne sont pas réparées correctement, ces cassures peuvent provoquer des mutations sur certains gènes et contribuer ainsi à l’apparition de cancers.

L’enjeu scientifique est d’autant plus important que l’équipe toulousaine étudie ces cassures dans des régions particulières du génome : celles qui sont activement transcrites. Dans ces zones, l’information génétique est mobilisée par la cellule, ce qui rend le contexte d’étude plus complexe. Comprendre comment la cellule détecte, organise et répare ces lésions permet d’ouvrir de nouvelles pistes dans la connaissance des processus biologiques associés aux cancers.

Les recherches menées par Gaëlle Legube ont notamment mis en évidence des mécanismes originaux. Elles ont révélé que certaines cassures pouvaient se regrouper dans un compartiment spécifique du noyau, suggérant une organisation spatiale de la réparation de l’ADN. Elles ont également fait apparaître un lien possible entre cette organisation et le rythme circadien, ainsi que le rôle de molécules hybrides ADN-ARN dans la réparation de ces lésions.

Ces résultats apportent un éclairage sur la manière dont les cellules protègent l’intégrité de leur génome. Ils contribuent aussi à mieux identifier les failles potentielles qui peuvent, lorsqu’elles s’accumulent ou se dérèglent, participer à la transformation cancéreuse.

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Gaëlle Legube, directrice de recherche au Centre de biologie intégrative de Toulouse. (Photo Fondation ARC) 

Des perspectives thérapeutiques liées au séquençage à haut débit

Pour Gaëlle Legube, les progrès technologiques offrent aujourd’hui des perspectives importantes. L’essor du séquençage à haut débit permet de disposer de volumes de données considérables et d’analyser plus finement les mécanismes impliqués dans la réparation de l’ADN.

« Les perspectives sont très prometteuses : l’essor du séquençage à haut débit nous permet aujourd’hui de disposer de volumes de données considérables. Ces avancées facilitent l’identification de cibles impliquées dans la réparation des cassures double brin de l’ADN, sur lesquelles il devient possible d’intervenir de manière précise grâce à de nouveaux traitements », explique Gaëlle Legube.

Cette approche ouvre la voie à une meilleure compréhension des vulnérabilités des cellules cancéreuses. En identifiant plus précisément les acteurs impliqués dans la réparation des cassures de l’ADN, les chercheurs peuvent contribuer à la mise au point de stratégies thérapeutiques plus ciblées. La recherche fondamentale apparaît ainsi comme un socle indispensable pour préparer les innovations médicales de demain.

Un prix qui souligne le rôle des donateurs et des mécènes

À travers cette distinction, la Fondation ARC rappelle également l’importance du financement de la recherche. Les découvertes scientifiques nécessitent du temps, des moyens et une capacité à explorer des pistes parfois incertaines, mais essentielles pour faire progresser la connaissance.

« La recherche contre le cancer demande du temps, de l’audace et des moyens. Derrière chaque avancée scientifique, il y a un engagement collectif rendu possible par la générosité de nos donateurs et de grands mécènes, comme la Docteure Haguenau. Leur soutien permet aux chercheurs d’aller plus loin, d’explorer des voies nouvelles et de faire émerger les découvertes qui changeront demain la vie des patients », déclare Dominique Bazy, président de la Fondation ARC.

Ce message souligne la place centrale des donateurs, testateurs et mécènes dans l’écosystème de la recherche contre le cancer. Reconnue d’utilité publique, la Fondation ARC est 100 % dédiée à la recherche sur le cancer et financée grâce à la générosité privée. En 2025, elle a alloué plus de 33 millions d’euros à 403 projets de recherche.

Toulouse confirme sa place dans la recherche en cancérologie

La distinction attribuée à Gaëlle Legube s’inscrit dans une dynamique plus large. Pour la troisième année consécutive, une équipe toulousaine figure parmi les lauréats du Grand Prix Oberling-Haguenau Fondation ARC. Cette continuité montre la place prise par Toulouse dans la recherche en cancérologie, à la croisée de la recherche fondamentale, des infrastructures hospitalières et des organismes nationaux de recherche.

Cette reconnaissance met aussi en lumière un écosystème local associant des équipes de recherche de haut niveau, des infrastructures médicales spécialisées et une culture scientifique fortement ancrée. La reconnaissance de Gaëlle Legube vient ainsi renforcer l’image d’un territoire capable de produire des avancées scientifiques sur des sujets complexes et déterminants pour la santé.

La Fondation ARC accompagne depuis plusieurs années cette dynamique toulousaine. Entre 2021 et 2025, elle a soutenu 94 projets de recherche portés par des chercheurs toulousains, pour un montant global de 11,2 millions d’euros. En 2026, elle s’est déjà engagée dans le financement de six nouveaux projets de recherche à Toulouse, pour un total de 420 000 euros.

La recherche fondamentale comme levier contre les cancers

En récompensant les travaux de Gaëlle Legube, la Fondation ARC met en lumière un champ de recherche qui peut sembler éloigné du soin immédiat, mais qui joue un rôle déterminant dans la compréhension des cancers. La réparation de l’ADN constitue l’un des grands mécanismes de protection des cellules. Lorsque ce système est perturbé, les conséquences peuvent être majeures.

Les travaux menés au Centre de biologie intégrative de Toulouse permettent de mieux comprendre comment les cellules réagissent face à des lésions graves du génome. Ils éclairent aussi la manière dont certaines erreurs de réparation peuvent participer à l’émergence ou à la progression de maladies cancéreuses. Cette connaissance fine des mécanismes cellulaires est indispensable pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et imaginer des traitements plus précis.

La Fondation ARC résume cette ambition autour d’une conviction forte : la recherche permettra de vaincre le cancer. Les découvertes portées par les chercheuses et chercheurs constituent, dans cette perspective, le moteur des progrès à venir. La distinction de Gaëlle Legube rappelle que ces avancées se construisent dans la durée, grâce à des équipes scientifiques engagées, des financements structurants et un écosystème capable de transformer la connaissance en perspectives médicales.

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