L’entreprise tarnaise VENTO-SOL dévoile une version autonome de son dispositif de traitement des effluents phytosanitaires. Alimenté par un panneau photovoltaïque préassemblé, ECOBANG peut désormais être installé loin d’un bâtiment ou d’un raccordement au réseau électrique. Une évolution destinée aux exploitations agricoles, aux coopératives et aux CUMA confrontées aux contraintes d’aménagement de leurs zones de lavage et de stockage.
Nicola Vento, gérant de la société Écobang. (Photo Écobang)
Une aire de lavage éloignée des bâtiments, une cuve déjà installée ou l’absence de prise électrique à proximité peuvent compliquer le traitement des eaux provenant du rinçage, du lavage ou de la vidange des pulvérisateurs agricoles. Contaminés par des produits phytosanitaires, ces effluents doivent faire l’objet d’un traitement adapté avant l’élimination de leurs résidus.
Pour répondre à cette difficulté, VENTO-SOL, implantée à Castres dans le Tarn, équipe désormais son dispositif ECOBANG d’une alimentation photovoltaïque autonome. L’installation peut ainsi fonctionner sans raccordement au réseau et être positionnée au plus près de la zone où sont collectés les effluents.
Cette évolution évite notamment de devoir prolonger une ligne électrique depuis un bâtiment agricole ou de réaliser une liaison enterrée. Elle intéresse aussi bien les exploitations individuelles que les coopératives agricoles et les coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA).
Un traitement fondé sur l’évaporation de l’eau
Commercialisé dans sa première version en 2010, ECOBANG repose sur un système de ventilation forcée installé à l’intérieur d’une cuve. La circulation de l’air provoque progressivement l’évaporation de l’eau contenue dans les effluents et concentre les substances restantes sous la forme d’un résidu sec.
Ce déchet final est ensuite pris en charge par l’éco-organisme ADIVALOR, partenaire de VENTO-SOL pour la collecte des résidus issus du traitement. Le procédé ne change pas avec l’arrivée du panneau photovoltaïque : seule l’alimentation énergétique du dispositif évolue.
ECOBANG peut être adapté à la plupart des cuves existantes et se décline dans des configurations standards ou conçues sur mesure. Cette souplesse permet à VENTO-SOL de cibler différents profils d’utilisateurs, de la viticulture aux grandes cultures, en passant par le maraîchage, l’arboriculture et les structures agricoles collectives.
Un équipement photovoltaïque livré préassemblé
Pour simplifier son installation, VENTO-SOL a choisi de ne pas commercialiser son équipement photovoltaïque sous la forme d’un kit à monter. Le panneau solaire est livré entièrement préassemblé sur un support incliné, lequel fait également office de caisson pour le régulateur de charge, le convertisseur, la batterie et les autres composants nécessaires à son fonctionnement.
L’ensemble est renforcé puis fixé sur une palette spécialement fabriquée. Celle-ci protège le matériel durant son acheminement, facilite son déplacement avec un transpalette ou un chariot élévateur et devient, une fois l’installation terminée, le support définitif du panneau. Le caisson contribue également à préserver la batterie et les équipements électriques des intempéries.
La mise en service se limite à connecter la batterie, à brancher ECOBANG puis à démarrer l’équipement. Cette conception vise à rendre le dispositif directement utilisable, sans imposer à l’exploitant un montage électrique supplémentaire.
Trois jours d’autonomie du printemps à l’automne
Selon les données communiquées par VENTO-SOL, le dimensionnement retenu permet d’atteindre trois jours d’autonomie entre le printemps et l’automne. En hiver, le fonctionnement dépend davantage des périodes d’ensoleillement.
Le système doit également permettre de suivre la consommation électrique depuis une application accessible en Wi-Fi. Cette fonctionnalité donnera à l’utilisateur une visibilité plus précise sur l’énergie mobilisée par l’équipement.
L’autonomie recherchée répond avant tout à une problématique d’implantation. L’exploitant peut choisir l’emplacement du dispositif en fonction de son organisation, de la position de sa cuve ou de son aire de lavage, plutôt que de la seule présence d’un raccordement électrique.
Près de 500 clients équipés depuis 2010
VENTO-SOL indique avoir déjà accompagné environ 500 clients avec les différentes versions d’ECOBANG. La gamme peut être installée sur des cuves de formats variés et adaptée aux besoins particuliers de chaque exploitation.
L’entreprise précise également que ses équipements peuvent être associés à des installations existantes afin d’améliorer les performances de dispositifs tels qu’Héliosec, Phytobac ou Osmofilm. Avec l’ajout de l’alimentation photovoltaïque, cette logique d’adaptation ne concerne donc plus uniquement les capacités de stockage ou les volumes à traiter, mais aussi les contraintes énergétiques du site.
La nouvelle version cible en particulier les agriculteurs qui avaient jusqu’à présent renoncé à s’équiper en raison de l’absence de réseau, du coût d’un raccordement ou de la nécessité de créer une ligne enterrée. Elle peut également répondre aux besoins d’utilisateurs souhaitant conserver leur cuve actuelle ou limiter les dépenses de fonctionnement.
Une idée étudiée depuis une dizaine d’années
L’utilisation de panneaux photovoltaïques pour alimenter ECOBANG était envisagée par VENTO-SOL depuis environ dix ans. Son déploiement avait toutefois été repoussé en raison du prix encore élevé des équipements solaires et d’une électricité issue du réseau alors moins coûteuse.
La baisse du coût d’investissement dans le photovoltaïque et l’augmentation des prix de l’énergie ont depuis modifié l’équation. VENTO-SOL estime la consommation électrique annuelle d’un ECOBANG raccordé au réseau à environ 90 euros. Au-delà de cette dépense, l’autonomie solaire permet surtout d’éviter les travaux et le coût liés à la création d’une alimentation électrique sur une zone isolée.
Le parcours technique de Nicola Vento
Le développement d’ECOBANG est étroitement lié au parcours de Nicola Vento. Diplômé d’une école de commerce en 2000, il commence sa carrière dans une entreprise spécialisée dans les technologies de séchage. Après la fermeture de cette société en 2006 et plusieurs expériences professionnelles, il entreprend de développer ses propres solutions.
Afin de gagner en autonomie dans leur fabrication, il obtient en 2010 un CAP de serrurier-métallier. La première version d’ECOBANG est commercialisée la même année. Seize ans plus tard, l’intégration d’une alimentation photovoltaïque prolonge cette démarche en partant d’une contrainte rencontrée sur les exploitations : pouvoir traiter les effluents à l’endroit le plus adapté, même en l’absence de réseau électrique.