À l’heure où les filières agricoles locales font face à de fortes tensions économiques et structurelles, Minjat! confirme la solidité de son modèle. Installé à Colomiers, le commerce alimentaire en circuit court, qui affiche sept années de croissance continue, franchit un cap stratégique. Fort d’indicateurs économiques robustes et d’un ancrage territorial affirmé, le projet entre dans une phase de maturation, marquée par une spécialisation accrue et une nouvelle structuration de son développement.
David Pagès, Anton Dmitriev et Cyril Picot, les trois associés de Minjat! (Photo Minjat!)
Créé en 2019, Minjat! s’est progressivement imposé comme un maillon structurant de l’économie alimentaire locale. Le magasin réalise aujourd’hui 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 25 000 euros par mètre carré, avec une croissance annuelle moyenne de 8 %. Une performance qui s’appuie sur une fréquentation soutenue, avec près de 3 000 clients accueillis chaque semaine, et sur une organisation désormais bien établie. Le site emploie 40 salariés et référence près de 3 000 produits, issus du travail de 400 producteurs locaux, confirmant la capacité du modèle à conjuguer viabilité économique et utilité territoriale.
Un concept alimentaire unique pensé pour les usages du quotidien
Dans le paysage français de la distribution alimentaire, Minjat! occupe une place singulière. Le site est aujourd’hui le seul en France à réunir, sous un même toit, un éventail aussi complet de métiers de bouche en circuit court. Fruits et légumes, épicerie, boucherie, fromagerie, cave, restauration sur place, traiteur et offre de snacking à emporter cohabitent dans un même lieu. Cette organisation permet de répondre à l’ensemble des usages alimentaires, des courses hebdomadaires au repas rapide, et participe à installer le local comme un réflexe du quotidien, accessible et pratique.
Un modèle économique vertueux pour l’ensemble de la chaîne alimentaire
Au-delà de la diversité de l’offre, Minjat! revendique un modèle fondé sur l’équilibre entre consommateurs et producteurs. Les clients bénéficient de prix accessibles, tandis que les producteurs locaux sont rémunérés à un prix juste et stable, garantissant des débouchés pérennes pour les filières régionales. Chaque année, le magasin valorise plus de 400 tonnes de produits locaux, contribue au maintien de près de 1 000 emplois régionaux et permet de faire vivre l’équivalent de 13 exploitations agricoles. Un impact économique et social qui renforce la place du projet dans la dynamique de souveraineté alimentaire territoriale.
Une nouvelle structuration pour changer d’échelle
Cette solidité permet aujourd’hui à Minjat! d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Sous l’impulsion de David Pagès, cofondateur et désormais dirigeant unique, le magasin renforce son rôle de site pilote. Les priorités affichées portent sur la professionnalisation des outils, la fiabilisation des flux, notamment grâce à la mise en place d’un ERP spécifiquement adapté au circuit court, ainsi que sur l’évolution de l’offre de restauration et la transmission des savoir-faire développés depuis l’origine du projet.
« Après plusieurs années de croissance continue, l’enjeu est désormais de consolider le modèle, de le rendre encore plus robuste et transmissible, afin de multiplier les points d’accès aux produits locaux », souligne David Pagès.
Des projets complémentaires pour élargir l’accès au local
En parallèle, les deux autres cofondateurs, Anton Dmitriev et Cyril Picot, poursuivent le développement de projets distincts mais alignés sur la même ambition : rendre le local accessible au plus grand nombre. Anton Dmitriev travaille actuellement à la conception d’un projet de production centralisée associée à une offre de restauration rapide, tandis que Cyril Picot développe un format de magasin de proximité, centré sur les fruits, légumes et produits frais en libre-service. Encore en phase de conception, ces initiatives recherchent activement des emplacements à Toulouse ou dans sa périphérie, avec l’objectif d’élargir l’impact du circuit court et de renforcer durablement la souveraineté alimentaire du territoire.