Défense aérienne : Alta Ares lève 50 millions d’euros et renforce son site de Toulouse

Fondée en 2024 et déjà présente sur plusieurs théâtres d’opérations, la société française Alta Ares boucle une levée de fonds de 50 millions d’euros menée par Air Street Capital. Spécialisée dans la défense aérienne, les systèmes autonomes et l’intelligence artificielle embarquée, l’entreprise entend accélérer l’industrialisation de ses intercepteurs, poursuivre ses recrutements et accroître les capacités de ses installations en France, notamment à Toulouse, ainsi qu’en Ukraine.

De gauche à droite : Victoire Solly, directrice de cabinet du directeur général d’Alta Ares, Hadrien Canter, directeur général et cofondateur d’Alta Ares, et Stanislas Walch, directeur des opérations d’Alta Ares. (Photo Alta Ares)

De gauche à droite : Victoire Solly, directrice de cabinet du directeur général d’Alta Ares, Hadrien Canter, directeur général et cofondateur d’Alta Ares, et Stanislas Walch, directeur des opérations d’Alta Ares. (Photo Alta Ares)

Le changement d’échelle se précise pour Alta Ares. Deux ans après sa création, l’entreprise française spécialisée dans la défense aérienne et l’intelligence artificielle embarquée, ou « edge AI », annonce avoir réuni 50 millions d’euros auprès d’un consortium d’investisseurs internationaux.

L’opération est conduite par Air Street Capital, fonds européen spécialisé dans les entreprises dont le modèle repose sur l’intelligence artificielle. Elle rassemble également Cherry Ventures, OTB Ventures et Harpoon Ventures, tandis que les investisseurs historiques d’Alta Ares ont renouvelé leur soutien.

Cette injection de capitaux doit accompagner une phase d’accélération commerciale et industrielle. La société fait état de plusieurs contrats signés représentant plusieurs millions d’euros et de systèmes engagés sur différents théâtres opérationnels en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. Elle prévoit désormais de renforcer ses capacités de production, d’étoffer ses équipes et d’étendre sa présence internationale.

Pour la France et l’Occitanie, cette opération possède une résonance particulière : Alta Ares compte Toulouse parmi ses principales implantations industrielles. Les moyens levés serviront notamment à augmenter les capacités de ses installations françaises et ukrainiennes.

Une levée de fonds destinée à franchir un cap industriel

Avec cette opération, Alta Ares souhaite passer d’une phase de développement et de validation opérationnelle à une production à plus grande échelle. L’entreprise entend consacrer les nouveaux financements à l’industrialisation de ses systèmes, au développement de ses produits et à son expansion internationale.

« La guerre moderne se définit par la vitesse, la masse et, avant tout, par la capacité à s’adapter en permanence », souligne Hadrien Canter, directeur général et cofondateur d’Alta Ares. Le dirigeant rappelle que l’entreprise s’est construite à partir de situations observées directement sur le terrain, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine.

« Alta Ares est née de cette réalité opérationnelle, directement sur le champ de bataille. L’objectif n’est pas seulement de construire une technologie, mais de fournir une capacité complète de défense aérienne. Cette levée apporte les ressources nécessaires pour accélérer l’industrialisation, le développement des produits et l’expansion internationale », poursuit-il.

Le financement doit ainsi permettre à l’entreprise de consolider l’ensemble de sa chaîne technologique, depuis les logiciels de détection et de suivi jusqu’aux systèmes d’interception. Alta Ares ne souhaite pas se positionner comme un simple fabricant de drones ou comme un éditeur de logiciels, mais comme un fournisseur de capacités de défense aérienne intégrées.

Les attaques massives de drones bouleversent l’équation militaire

L’essor d’Alta Ares intervient alors que les conflits en Europe orientale et au Moyen-Orient ont mis en évidence les limites de certaines architectures traditionnelles de défense aérienne.

Les forces armées doivent désormais faire face à des menaces plus nombreuses, moins coûteuses et susceptibles d’être coordonnées à très grande échelle. Des drones autonomes, des munitions rôdeuses, des missiles de croisière et des bombes planantes peuvent être engagés simultanément afin de saturer les systèmes de surveillance et d’interception.

Selon les éléments communiqués par Alta Ares, certaines attaques coordonnées peuvent réunir plus de 600 drones et plusieurs dizaines de missiles au cours d’une seule nuit. Ce changement d’échelle modifie profondément l’équilibre économique des opérations militaires : le coût d’un moyen d’interception conventionnel peut être très supérieur à celui de la menace qu’il doit neutraliser.

Les systèmes hérités des précédentes générations ont, pour beaucoup, été conçus afin de répondre à un nombre limité de menaces particulièrement sophistiquées. Les conflits actuels imposent au contraire de pouvoir détecter, identifier et traiter rapidement une multitude de cibles présentant des niveaux de danger très différents.

Pour Alta Ares, la protection de l’espace aérien nécessite donc une nouvelle génération de plateformes pensées dès leur conception autour de l’autonomie, de la modularité, de l’interopérabilité et de la maîtrise des coûts.

Une architecture unifiée reposant sur l’intelligence artificielle

Créée en 2024, Alta Ares s’est développée au contact des besoins opérationnels liés au conflit ukrainien. L’entreprise repose sur la conviction que les systèmes de défense doivent pouvoir être adaptés beaucoup plus rapidement que dans les cycles industriels militaires traditionnels.

Sa plateforme associe des briques logicielles et matérielles au sein d’une même architecture. Les logiciels prennent en charge la détection, le suivi des cibles, la fusion des données, l’identification des menaces et le guidage terminal, tandis que les moyens physiques, qualifiés d’« effecteurs » dans le secteur de la défense, assurent l’interception.

L’intelligence artificielle doit notamment permettre d’automatiser une partie de l’analyse des données recueillies par différents capteurs. L’objectif consiste à reconnaître une menace, à suivre sa trajectoire et à sélectionner une réponse adaptée dans un délai extrêmement court.

Cette architecture doit également pouvoir être intégrée à des réseaux de capteurs ou de commandement déjà déployés par les forces armées. L’interopérabilité constitue un enjeu central pour les pays membres de l’OTAN, dont les capacités nationales doivent être en mesure de communiquer et d’agir de manière coordonnée.

Alta Ares affirme avoir développé ses équipements afin qu’ils puissent fonctionner dans des environnements très différents, y compris sous des conditions arctiques ou désertiques. La résistance aux températures extrêmes, aux perturbations électroniques et aux communications dégradées fait partie des principaux défis techniques auxquels doivent répondre les systèmes destinés aux zones de conflit.

X-Lock, un intercepteur à courte portée contre les drones de type Shahed

Alta Ares développe et déploie actuellement deux catégories complémentaires d’intercepteurs. La première repose sur le système X-Lock, conçu pour neutraliser des menaces comparables au Shahed-136, drone d’attaque à longue portée largement utilisé dans le conflit ukrainien.

Le X-Lock dispose, selon l’entreprise, d’un rayon d’action opérationnel de 15 kilomètres. Son positionnement doit lui permettre de répondre aux attaques constituées de drones relativement lents, mais engagés en grand nombre.

L’enjeu consiste à proposer une solution suffisamment autonome, réactive et industrialisable pour traiter des vagues de cibles sans mobiliser systématiquement des missiles sol-air beaucoup plus coûteux. Dans une attaque de saturation, la capacité à associer chaque menace au moyen d’interception le plus pertinent devient déterminante.

Le système doit pouvoir s’inscrire dans une architecture plus vaste, au sein de laquelle plusieurs capteurs détectent et suivent les appareils hostiles avant de transmettre les données nécessaires à l’intercepteur.

Black Bird cible les missiles de croisière et les bombes planantes

La seconde famille développée par Alta Ares est baptisée Black Bird. Elle vise des cibles plus rapides et plus exigeantes sur le plan aérodynamique, parmi lesquelles les missiles de croisière KH-101 et les bombes planantes FAB-500.

Black Bird affiche un rayon d’action opérationnel annoncé de 30 kilomètres. Propulsé par un turboréacteur, l’appareil doit être capable de poursuivre des menaces évoluant à grande vitesse dans des espaces aériens contestés.

La plateforme combine une propulsion rapide, un guidage terminal assisté par intelligence artificielle et des capacités destinées à maintenir son fonctionnement malgré le brouillage. Les données techniques publiées par Alta Ares font notamment état d’une vitesse maximale de 670 km/h, d’une autonomie pouvant atteindre 30 kilomètres ou 20 minutes de vol, ainsi que d’une plage de fonctionnement comprise entre –20 °C et +50 °C.

La complémentarité entre X-Lock et Black Bird doit permettre de construire une défense graduée. Les drones les moins rapides peuvent être attribués au système de courte portée, tandis que les missiles, les bombes planantes ou les appareils plus véloces sont confiés à l’intercepteur à turboréacteur.

Alta Ares cherche ainsi à éviter une réponse uniforme à des menaces très différentes. L’entreprise ambitionne de proposer une architecture capable d’adapter automatiquement le type d’interception à la vitesse, à la trajectoire, au coût et au niveau de danger de chaque cible.

Trois zones de conflit alimentent les retours opérationnels

La société indique que ses technologies sont actuellement déployées simultanément dans trois zones de conflit actives. Cette présence opérationnelle constitue l’un des principaux arguments avancés par Alta Ares face aux industriels plus établis.

Les données recueillies sur le terrain doivent permettre d’améliorer rapidement les algorithmes de reconnaissance, les mécanismes de guidage et les performances des équipements. Dans le domaine de la défense, les écarts entre un essai réalisé dans un environnement contrôlé et une utilisation réelle peuvent être considérables, notamment en raison du brouillage électronique, de la météo, des changements tactiques ou de l’apparition de nouvelles versions d’un même armement.

Alta Ares entend donc organiser son développement autour d’un cycle court : déploiement, collecte des retours opérationnels, adaptation des logiciels et modification des équipements. Cette capacité d’itération doit permettre à ses systèmes d’évoluer au même rythme que les menaces rencontrées sur le terrain.

L’entreprise estime que les affrontements contemporains ne permettent plus d’attendre plusieurs années entre l’identification d’un besoin et la livraison d’une solution. La vitesse de conception et d’industrialisation devient, au même titre que les performances techniques, un facteur de compétitivité pour les acteurs européens de la défense.

Une reconnaissance obtenue auprès de l’OTAN en mars 2025

Les capacités développées par Alta Ares ont été distinguées en mars 2025 à l’occasion du NATO Innovation Challenge organisé par le Commandement allié Transformation de l’OTAN.

La quinzième édition de ce concours portait sur les moyens de répondre à la progression des bombes planantes dans les conflits contemporains. Alta Ares a remporté le challenge avec une solution d’intelligence artificielle embarquée consacrée à la reconnaissance, à la détection et à l’identification des menaces.

Le dispositif présenté devait notamment permettre d’exploiter plusieurs flux de données, qu’ils soient visuels, acoustiques ou issus d’autres catégories de capteurs. Pensée pour fonctionner hors ligne et s’intégrer à des réseaux existants, la solution avait pour objectif d’accélérer les alertes et de faciliter la prise de décision.

Après cette distinction, les travaux ont été poursuivis avec le soutien de structures de l’OTAN, de représentants ukrainiens, de la Direction générale de l’armement et du ministère français des Armées. Des essais en conditions représentatives ont notamment été engagés afin d’évaluer les technologies sélectionnées.

Cette reconnaissance a contribué à la maturation technologique de l’entreprise et à sa visibilité auprès des institutions militaires européennes.

Des contrats de plusieurs millions d’euros en Europe et à l’international

En parallèle de ces validations opérationnelles, Alta Ares fait état d’une accélération de son activité commerciale. L’entreprise indique avoir signé plusieurs contrats représentant plusieurs millions d’euros, en Europe comme sur d’autres marchés internationaux.

Les montants détaillés, l’identité des clients et la répartition géographique précise de ces commandes ne sont pas communiqués, un niveau de confidentialité courant dans le secteur de la défense. La société confirme néanmoins que ses systèmes sont utilisés sur plusieurs théâtres et que son empreinte s’étend désormais à l’Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient.

Alta Ares possède aujourd’hui des implantations annoncées à Paris, Toulouse, Kyiv, Abou Dhabi, Athènes, New York, Munich et Londres. Cette organisation traduit une stratégie associant activités de recherche, capacités industrielles, proximité avec les utilisateurs opérationnels et accès aux principaux marchés de défense.

La prochaine étape prévoit l’ouverture de nouveaux bureaux au Moyen-Orient et en Asie, deux régions où la demande en systèmes de lutte antidrones et de défense aérienne connaît une forte progression.

Toulouse au cœur de la montée en puissance industrielle

En France, Alta Ares entend renforcer les capacités de ses installations situées à Toulouse. La présence dans la métropole occitane permet à l’entreprise de s’inscrire dans un écosystème qui rassemble des compétences reconnues dans l’aéronautique, le spatial, les systèmes embarqués, l’électronique et l’intelligence artificielle.

La région toulousaine concentre également un important vivier d’ingénieurs, de chercheurs, de sous-traitants industriels et d’entreprises travaillant sur les technologies duales, susceptibles d’être utilisées à la fois dans des applications civiles et militaires.

Le communiqué ne précise pas le montant qui sera directement affecté au site toulousain ni les volumes de production visés. Alta Ares confirme toutefois que ses capacités françaises, au même titre que ses installations ukrainiennes, doivent être consolidées afin d’accompagner l’augmentation des commandes et des déploiements.

L’enjeu sera de transformer les prototypes et premières séries opérationnelles en équipements produits à un rythme industriel, tout en maintenant la capacité de modifier rapidement les systèmes selon les enseignements recueillis sur le terrain.

Cette montée en puissance pourrait également entraîner la structuration d’une chaîne d’approvisionnement autour de la propulsion, des capteurs, des composants électroniques, des systèmes de communication, de la mécanique de précision et des logiciels embarqués.

De nouveaux recrutements prévus avant la fin de l’année

Pour soutenir son changement d’échelle, Alta Ares prévoit de renforcer ses équipes d’ingénierie et ses équipes opérationnelles. Des recrutements supplémentaires doivent intervenir d’ici à la fin de l’année 2026.

Le nombre de postes, leur localisation et les profils recherchés ne sont pas encore détaillés. Les besoins devraient néanmoins concerner plusieurs domaines stratégiques : intelligence artificielle, vision par ordinateur, robotique, systèmes embarqués, aéronautique, propulsion, électronique, traitement des données et opérations de terrain.

La croissance des équipes devra accompagner à la fois l’amélioration des produits existants, le développement de nouvelles briques technologiques, l’augmentation des capacités de fabrication et le déploiement des systèmes auprès des clients.

L’entreprise s’appuie également sur un comité consultatif réunissant plusieurs personnalités issues du secteur militaire. Celui-ci comprend notamment Philippe Lavigne, ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace et ancien commandant suprême allié Transformation de l’OTAN, ainsi que le général de corps d’armée Corentin Lancrenon.

Leur expérience doit contribuer à rapprocher les développements technologiques des doctrines d’emploi et des besoins exprimés par les forces armées.

Air Street Capital mise sur une nouvelle génération d’industriels européens

Le tour de table est mené par Air Street Capital, présenté comme le plus important fonds européen fonctionnant avec un seul associé gérant et exclusivement consacré aux entreprises développées autour de l’intelligence artificielle. Le fonds revendique 400 millions de dollars d’actifs sous gestion.

Air Street Capital a notamment investi dans des sociétés comme ElevenLabs, Wayve, Synthesia, Black Forest Labs, Crusoe, Lambda, Niantic, Odyssey ou Profluent.

Pour son fondateur, Nathan Benaich, Alta Ares représente une nouvelle génération d’entreprises européennes capables de raccourcir les cycles d’innovation dans le secteur de la défense.

« Alta Ares incarne une nouvelle génération d’acteurs européens de la défense, capables de développer rapidement des systèmes souverains, éprouvés au combat et intégrant des technologies d’intelligence artificielle de pointe », estime-t-il.

Selon l’investisseur, les démocraties européennes doivent pouvoir s’appuyer sur des entreprises suffisamment agiles pour suivre l’évolution rapide des conflits contemporains. « Nous sommes convaincus qu’Alta Ares possède le potentiel pour devenir un leader mondial de la lutte contre les systèmes aériens sans pilote et, plus largement, de la défense aérienne », ajoute Nathan Benaich.

Cherry Ventures, OTB Ventures et Harpoon Ventures complètent le tour de table

Le consortium réunit plusieurs fonds positionnés sur les technologies de rupture. Cherry Ventures, présent à Berlin, Londres et Stockholm, investit principalement dans les jeunes entreprises européennes. Le fonds a accompagné plus de 130 sociétés depuis les phases de préamorçage ou d’amorçage, parmi lesquelles Flix, Auto1, Amboss, The Exploration Company, Proxima Fusion et Tacto.

OTB Ventures se concentre sur la deeptech, l’intelligence artificielle, les nouvelles architectures informatiques, le spatial, la robotique et les technologies à double usage. Créé en 2017, le fonds gère environ 500 millions d’euros depuis ses bureaux de Varsovie, Luxembourg et Amsterdam.

De son côté, Harpoon Ventures finance des entreprises technologiques susceptibles de renforcer les capacités industrielles et stratégiques des États-Unis et de leurs alliés. Son portefeuille couvre notamment l’énergie nucléaire, le spatial, l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la mobilité autonome et les technologies de défense.

La présence conjointe de ces investisseurs apporte à Alta Ares des ressources financières, mais aussi des réseaux internationaux et une expérience de la croissance rapide d’entreprises technologiques.

Une ambition européenne dans un marché de la défense en recomposition

À travers cette levée de 50 millions d’euros, Alta Ares affirme son ambition de devenir l’un des principaux acteurs européens de la défense aérienne et de la lutte contre les drones.

La société cherche à dépasser une logique uniquement réactive, dans laquelle de nouveaux équipements seraient développés après l’apparition d’une menace. Elle veut se doter des moyens d’anticiper les évolutions du champ de bataille, de modifier rapidement ses logiciels et de proposer des systèmes capables d’intégrer de nouveaux capteurs ou intercepteurs.

Cette stratégie repose sur la combinaison de plusieurs dimensions : une intelligence artificielle embarquée, des intercepteurs autonomes, des capacités industrielles réparties entre la France et l’Ukraine, ainsi que des retours issus de déploiements opérationnels.

La montée en puissance du site de Toulouse, les recrutements annoncés et l’ouverture de nouvelles implantations internationales doivent désormais accompagner cette trajectoire. Deux ans après sa création, Alta Ares entre ainsi dans une nouvelle étape de son développement, avec l’objectif de transformer une technologie conçue au contact du terrain en une plateforme européenne de défense aérienne produite à grande échelle.

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