Nommé préfet de la région Occitanie et préfet de la Haute-Garonne par décret du 27 mai 2026, Fabrice Rigoulet-Roze a officiellement pris ses fonctions lundi 29 juin à Toulouse. À l’issue de la cérémonie organisée au monument à la gloire de la Résistance, le nouveau représentant de l’État a esquissé ses premières priorités : présence sur le terrain, sécurité, dialogue avec les élus, attention au monde agricole et accompagnement du développement économique.
Nommé préfet de la région Occitanie et préfet de la Haute-Garonne, Fabrice Rigoulet-Roze a officiellement pris ses fonctions ce lundi 29 juin à Toulouse. (Photo Dorian Alinaghi)
La prise de fonction s’est voulue sobre et institutionnelle. Lundi 29 juin, à 10h30, Fabrice Rigoulet-Roze a déposé une gerbe au monument à la gloire de la Résistance, à Toulouse, avant une minute de silence, le refrain de La Marseillaise et le salut aux porte-drapeaux. Quelques minutes plus tard, dans la cour d’honneur de la préfecture, le nouveau préfet de la région Occitanie et préfet de la Haute-Garonne a rencontré la presse pour un premier échange.
Arrivé du Pays de la Loire, où il était préfet de région et préfet de la Loire-Atlantique depuis janvier 2023, Fabrice Rigoulet-Roze a d’emblée insisté sur une posture d’écoute. « Je découvre ce territoire », a-t-il reconnu, précisant n’avoir jamais exercé auparavant en Occitanie. Une façon de poser les bases d’une méthode : observer, rencontrer, comprendre, puis agir.
Le nouveau préfet a annoncé vouloir consacrer ses premiers jours à des visites de terrain et à des échanges avec les grands élus, les parlementaires, les collectivités, les services de l’État et les acteurs du territoire. « Le lien avec les territoires, c’est l’ADN du corps préfectoral et c’est vraiment mon ADN », a-t-il affirmé, rappelant que la fonction préfectorale repose autant sur l’autorité de l’État que sur la capacité à travailler au contact des réalités locales.
Un parcours entre territoires, ministères et souveraineté alimentaire
Fabrice Rigoulet-Roze arrive en Occitanie avec un parcours marqué par une alternance entre responsabilités territoriales et fonctions ministérielles. Il a été préfet de Martinique, puis préfet de Charente-Maritime, avant de rejoindre la région Pays de la Loire. Il a également occupé plusieurs fonctions en cabinet, notamment auprès des ministres des Outre-mer, de la Ville et du Logement, puis de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
Cette trajectoire donne déjà quelques indications sur les sujets qui pourraient retenir son attention en Occitanie. La région concentre des enjeux importants autour du logement, de l’agriculture, de l’industrie, de l’aménagement du territoire et des mobilités. Sans entrer encore dans le détail des dossiers régionaux, le préfet a souligné son attachement à une action publique tournée vers les solutions concrètes.
« On est évidemment de passage, mais c’est un passage qui doit permettre de s’impliquer dans le développement des territoires », a-t-il résumé. Un message qui s’adresse autant aux collectivités qu’aux entreprises et aux filières économiques régionales.
La sécurité comme première responsabilité de l’État
Interrogé sur les thématiques qu’il souhaite porter en priorité, Fabrice Rigoulet-Roze a d’abord cité la sécurité. « La première responsabilité de l’État, c’est la sécurité », a-t-il déclaré, en évoquant la sécurité du quotidien, les forces de sécurité intérieure, les sapeurs-pompiers, les associations de sécurité civile et l’ensemble des acteurs mobilisés auprès des habitants.
Cette priorité s’inscrit dans un contexte immédiat marqué par les fortes chaleurs. À peine installé, le préfet a indiqué vouloir se rendre auprès des services opérationnels mobilisés pendant l’épisode de canicule, notamment les sapeurs-pompiers et les personnels du SAMU. Il a également demandé un premier retour d’expérience rapide sur la gestion de cette séquence, en particulier sur ses impacts pour certaines activités, dont l’activité agricole.
Cette volonté de dresser un bilan rapide illustre la méthode qu’il entend appliquer : partir du terrain, mesurer les conséquences concrètes, puis ajuster l’action publique. Le préfet n’a pas souhaité avancer de chiffres détaillés dès sa prise de fonction, rappelant qu’il venait tout juste d’arriver en Occitanie, mais il a insisté sur la nécessité de saluer l’engagement des services mobilisés.
Agriculture, industrie et développement économique au cœur des premiers signaux
Si Fabrice Rigoulet-Roze s’est gardé de dresser trop tôt une feuille de route exhaustive, plusieurs sujets économiques ont déjà émergé dans son premier échange avec la presse. Le monde agricole occupe une place particulière dans son parcours, notamment en raison de ses responsabilités passées auprès du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
Le préfet a dit porter une attention particulière au monde agricole, qu’il considère comme un secteur structurant pour les territoires et pour la souveraineté alimentaire. En Occitanie, cette sensibilité pourrait trouver un écho direct, dans une région où l’agriculture représente un pilier économique, territorial et identitaire.
L’industrie fera également partie des dossiers à suivre. Fabrice Rigoulet-Roze a rappelé avoir quitté une région où l’industrie aéronautique était déjà présente, mais « beaucoup moins qu’en Occitanie ». À Toulouse et dans sa métropole, l’aéronautique, le spatial et l’ensemble de la chaîne industrielle constituent des marqueurs majeurs de l’économie régionale. Le préfet a évoqué des acteurs déjà en relation avec Toulouse, laissant entrevoir une continuité de regard sur les filières stratégiques.
Au-delà des secteurs, c’est surtout la méthode qui se dessine. « Il ne s’agit pas simplement de constater qu’il y a des difficultés », a-t-il expliqué, avant de défendre une approche pragmatique : identifier un sujet, le traiter avec méthode et rechercher des solutions avec les acteurs concernés.
Un dialogue annoncé avec les acteurs économiques
Questionné sur de futures rencontres avec le monde économique, Fabrice Rigoulet-Roze a confirmé que ces échanges feront partie de ses premiers contacts. Après les élus, les parlementaires et les responsables institutionnels, le préfet entend poursuivre les rendez-vous avec les représentants économiques et les organisations du territoire.
Il a également indiqué vouloir s’inscrire dans la continuité de certains engagements pris avant son arrivée, notamment autour des comités économiques. Cette séquence sera particulièrement observée par les dirigeants régionaux, dans un contexte où les entreprises attendent de l’État de la visibilité, de la simplification, un accompagnement sur les projets structurants et une capacité à faciliter les décisions.
Le message du nouveau préfet est clair : l’administration préfectorale doit être un point d’appui. « Notre première responsabilité, comme administration préfectorale, c’est d’essayer de trouver des solutions », a-t-il affirmé, en associant à cette mission l’ensemble des équipes de l’État.
Une feuille de route encore à préciser, mais une méthode déjà posée
Sur les grands dossiers régionaux, Fabrice Rigoulet-Roze a assumé une certaine prudence. Il a reconnu avoir reçu de nombreuses notes et dossiers avant son arrivée, tout en refusant de se prononcer trop vite sur des sujets qu’il souhaite d’abord s’approprier. « J’arrive avec beaucoup d’humilité et de modestie », a-t-il insisté.
Cette réserve n’empêche pas de percevoir les premiers axes de son mandat : sécurité, proximité, dialogue territorial, agriculture, industrie, développement économique et accompagnement des projets. Dans une région marquée par une forte croissance démographique, des tensions sur le logement et les mobilités, mais aussi par des filières d’excellence, le nouveau préfet devra rapidement trouver sa place entre impulsion nationale et réalités locales.
Fabrice Rigoulet-Roze résume lui-même sa conception de la mission préfectorale en quelques mots : « Accompagner les porteurs de projet, le développement économique, le développement porté par les collectivités locales. On est là pour ça. » Une déclaration de méthode qui fixe le ton de son arrivée en Occitanie.