Kepplair Evolution sécurise 5 millions d’euros pour accélérer le déploiement de son bombardier d’eau multi-rôle KEPPLAIR 72

Implantée récemment à Toulouse, Kepplair Evolution franchit une nouvelle étape stratégique en bouclant une levée de fonds globale de 5 millions d’euros. Ce financement vise à accompagner le développement et la certification du KEPPLAIR 72 “Forest Keeper”, un bombardier d’eau multi-rôle issu de la conversion d’un ATR 72, conçu pour répondre à l’urgence croissante des feux de forêt en Europe et au renouvellement des flottes aériennes de sécurité civile.

Kepplair Evolution vise une entrée en service dès l’été 2027, au moment où les besoins de la sécurité civile n’ont jamais été aussi urgents. (Photo Kepplair Evolution)

Kepplair Evolution vise une entrée en service dès l’été 2027, au moment où les besoins de la sécurité civile n’ont jamais été aussi urgents. (Photo Kepplair Evolution)

La multiplication et l’intensification des incendies de forêt placent aujourd’hui la lutte aérienne anti-incendie au cœur des enjeux de sécurité publique et de souveraineté industrielle. Depuis le 1er janvier, plus d’un million d’hectares ont brûlé en Europe, soit près de trois fois plus qu’en 2024 à la même période, générant 42 millions de tonnes de CO₂ émises, plus du double par rapport à l’an passé. Dans ce contexte de réchauffement climatique accéléré, l’offre de nouveaux appareils demeure extrêmement limitée.

C’est précisément à cette tension entre besoins opérationnels et capacités industrielles que Kepplair Evolution entend répondre. Le choix d’une plateforme existante, l’ATR 72, permet de réduire à trois ans les délais de mise sur le marché, là où un programme aéronautique développé ex nihilo nécessiterait huit à dix ans, tout en maîtrisant les investissements initiaux. Le KEPPLAIR 72 se distingue par sa polyvalence, capable d’assurer des missions de lutte anti-incendie, de transport de fret et d’évacuation sanitaire, offrant ainsi une flexibilité opérationnelle inédite.

Un projet soutenu par un écosystème aéronautique et opérationnel de premier plan

La crédibilité du projet repose sur une équipe reconnue dans l’écosystème aéronautique et de la sécurité civile. Robert Lafontan, ancien ingénieur en chef d’Airbus, Éric Delesalle, ancien chef pilote d’essai d’ATR, ainsi que des acteurs spécialisés de la modification d’aéronefs, notamment Aerotec & Concept, contribuent à la solidité technique du programme. Des professionnels de la lutte contre les incendies sont également associés afin d’aligner la conception de l’appareil avec les besoins opérationnels des combattants du feu, au sol comme en vol.

Cette approche pragmatique a permis au projet de bénéficier d’une lettre d’intérêt de la Direction générale de la Sécurité civile et de la Gestion des crises, rattachée au ministère de l’Intérieur, dans le cadre du renouvellement des capacités aériennes françaises. Le KEPPLAIR 72 s’inscrit ainsi dans une logique de souveraineté économique française et européenne, en consolidant une filière industrielle stratégique sur le territoire.

Une levée de fonds structurante pour atteindre l’objectif 2027

Après une première levée de fonds de 1,5 million d’euros en seed money fin 2024, Kepplair Evolution a engagé en juillet 2025 une levée de fonds en Obligations Remboursables en Actions (ORA). Celle-ci a été clôturée avec succès le 30 novembre 2025 pour un montant de 3 millions d’euros, venant renforcer les moyens financiers nécessaires à la phase finale de développement.

À ce financement s’ajoute une levée pré-Série A de 2 millions d’euros, marquée par l’entrée du Groupe AVICO, premier courtier aérien français et leader mondial de l’affrètement entre compagnies aériennes. L’ensemble porte ainsi à 5 millions d’euros les ressources récemment sécurisées par l’entreprise.

« C’est le franchissement d’une nouvelle étape importante dans le financement global de notre projet », souligne David Joubert, président et fondateur de Kepplair Evolution. « Alors que le KEPPLAIR 72 est entré dans sa phase finale de conception et de certification des modifications de l’appareil, en étroite collaboration avec l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), cette avancée est déterminante pour tenir l’objectif de livraison des deux premiers appareils avant la saison des feux de l’été 2027. »

Un soutien affirmé de la filière incendie française

La dynamique du projet s’est également matérialisée par le soutien officiel de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers et de la Fédération française des métiers de l’incendie, exprimé lors du 131ᵉ Congrès national des sapeurs-pompiers, organisé du 8 au 10 octobre 2025 au Mans. Ces marques d’appui témoignent d’une volonté partagée de moderniser la flotte française et européenne de bombardiers d’eau, en l’adaptant aux réalités opérationnelles actuelles.

Pour Jean-Noël Garnier, associé du Groupe AVICO, la proposition de Kepplair Evolution s’inscrit dans une logique de simplicité et d’efficacité : « alors que la préservation des ressources naturelles est une urgence et que la lutte anti-incendie repose encore sur des appareils de très anciennes générations, Kepplair Evolution propose une solution pragmatique, économiquement raisonnable et rapidement déployable avec la conversion de l’ATR 72. »

Une ambition industrielle et environnementale de long terme

Fondée en 2012, Kepplair Evolution développe le KEPPLAIR 72 “Forest Keeper” avec une ambition claire : protéger les vies humaines et les écosystèmes, tout en aidant les États à réduire les surfaces brûlées et les coûts de la lutte aérienne. Le projet s’appuie sur une démarche de performance énergétique et de réduction de l’impact environnemental, intégrant une innovation majeure dans les systèmes de largage.

En partenariat avec l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse (IMFT), la société a développé un savoir-faire scientifique unique, notamment dans l’analyse des performances de largage et la prédiction des empreintes au sol, sous le conseil du professeur Dominique Legendre. Cette expertise confère au KEPPLAIR 72 un avantage concurrentiel durable, renforcé par des coûts de développement, d’exploitation et de maintenance réduits de 30 %, ainsi qu’une rapidité de mise sur le marché sans équivalent.

Au-delà de la réponse immédiate à l’urgence climatique, le programme participe à une réindustrialisation nationale et européenne, en maintenant des compétences aéronautiques stratégiques et en contribuant à la création et au maintien d’emplois qualifiés sur le territoire.

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