Lot-et-Garonne. À Penne-d’Agenais, Escoute relance une filière française de l’amande avec sa nouvelle casserie

En ouvrant à Penne-d’Agenais sa casserie d’amandes, Escoute franchit une étape industrielle stratégique pour recréer une filière locale de l’amande. L’entreprise familiale lot-et-garonnaise, connue pour ses pruneaux d’Agen et ses fruits secs, devient la seule en France à intégrer sur un même site le cassage et la transformation. Un projet né en 2020, soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et l’Union européenne, qui anticipe les effets du changement climatique et vise la naissance de la première amande du Sud-Ouest.

Penne-d’Agenais (Lot-et-Garonne), Escoute a inauguré sa casserie d’amandes, la seule en France intégrant à la fois le cassage et la transformation. Un outil industriel qui permet de structurer une filière locale de l’amande, portée par 30 producteurs et un investissement de 1,1 million d’euros, avec l’ambition de produire jusqu’à 300 tonnes d’amandons par an à l’horizon 2030. (Photo Escoute)

Penne-d’Agenais (Lot-et-Garonne), Escoute a inauguré sa casserie d’amandes, la seule en France intégrant à la fois le cassage et la transformation. Un outil industriel qui permet de structurer une filière locale de l’amande, portée par 30 producteurs et un investissement de 1,1 million d’euros, avec l’ambition de produire jusqu’à 300 tonnes d’amandons par an à l’horizon 2030. (Photo Escoute)

La France consomme chaque année près de 45 000 tonnes d’amandes, mais n’en produit qu’environ 1 000 tonnes. Face à ce déséquilibre structurel, Escoute a engagé dès 2020 un programme de réintroduction de l’amandier en Lot-et-Garonne. L’objectif est clair : recréer une filière locale capable d’assurer la production, la transformation et la commercialisation sur un même territoire.

Pour Gilles Vergnes, dirigeant d’Escoute, cette démarche s’inscrit dans une logique à la fois économique et territoriale : « nous avons voulu recréer une filière vertueuse, à taille humaine, fidèle à nos valeurs d’ancrage local et de respect de la terre. La casserie est le maillon essentiel qui nous manquait pour garantir une qualité française maîtrisée du verger à l’assiette. »

Anticiper les effets du climat sur l’agriculture locale

Si le pruneau reste le socle historique de l’entreprise, Escoute a choisi de diversifier ses cultures pour sécuriser son avenir. La montée des températures pourrait en effet peser, à terme, sur la production de prunes dans le Sud-Ouest. L’introduction de l’amandier répond à cette perspective.

« Les évolutions climatiques risquent probablement d’amoindrir la production de pruneaux dans les années à venir, notamment du fait de l’élévation des températures. Investir dès aujourd’hui dans une filière implantée localement, c’est assurer notre avenir économique face aux contraintes météorologiques et garantir une source de revenus supplémentaire aux producteurs », explique Gilles Vergnes.

Une casserie unique en France avec atelier de transformation
Jusqu’à présent, aucune installation française ne permettait de maîtriser l’ensemble du processus, de la récolte jusqu’au produit fini. La nouvelle casserie de Penne-d’Agenais constitue ainsi un outil structurant pour la filière. Elle assure à la fois le cassage et le tri des amandons, la torréfaction, la traçabilité intégrale et le maintien de la valeur ajoutée sur le territoire. Avec un circuit court impliquant directement les producteurs, Escoute et les points de vente, le modèle réduit le nombre d’intermédiaires et consolide une filière cohérente du verger à l’assiette.

Trente producteurs engagés dans le projet

Autour de la casserie s’est constituée une dynamique agricole regroupant 30 producteurs du Lot-et-Garonne. Les vergers ont été implantés à des altitudes limitant les risques de gel et bénéficiant d’un climat influencé par l’océan Atlantique. Cette configuration permet d’obtenir des amandons de gros calibre, gage de qualité.
Les agriculteurs bénéficient d’un partenariat durable, d’une rémunération stabilisée, d’une mutualisation du matériel agricole et d’un accompagnement technique. À terme, 15 % des surfaces devraient être certifiées en agriculture biologique.

Thierry Albertini, producteur au sein du groupement Synppa, souligne l’enjeu collectif : « pour nous, producteurs, l’ouverture de la casserie change tout : elle sécurise la filière et garantit un débouché stable, local et équitable. C’est un vrai projet de territoire, construit ensemble, qui redonne un avenir à l’amandier en Lot-et-Garonne. »

Deux variétés françaises pour une gamme complète
La filière repose sur deux variétés françaises sélectionnées avec les producteurs : la Ferragnes, reconnue pour sa douceur après torréfaction, et la Lauranne, variété autofertile. Dans son atelier de Penne-d’Agenais, Escoute valorise ces amandes en les proposant crues ou transformées artisanalement, qu’il s’agisse de versions torréfiées nature, aux cristaux de sel de Guérande, aromatisées, enrobées de chocolat ou caramélisées au chaudron.

Un modèle agricole et industriel durable

Le projet s’inscrit dans une stratégie globale de durabilité. Il repose sur la relocalisation d’une culture adaptée au climat futur, sur la réduction des importations et donc de l’empreinte carbone, sur la valorisation de terres agricoles locales et sur l’optimisation des ressources grâce à des pratiques raisonnées.
Cette approche permet à Escoute de proposer une amande 100 % du Sud-Ouest, tracée et de haute qualité, en phase avec les attentes des consommateurs et les contraintes environnementales à venir.

Opérationnelle depuis août 2025, la casserie représente un investissement de 1,1 million d’euros, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l’Union européenne. Escoute vise un chiffre d’affaires annuel de 4,5 millions d’euros, avec un amortissement prévu sur 10 ans.


La capacité visée à l’horizon 2030 est de 300 tonnes d’amandons par an. Le projet génère déjà des retombées locales en matière d’emplois indirects, de diversification agricole et d’attractivité économique.

Une opportunité pour les circuits de distribution

La structuration de cette filière ouvre également des perspectives pour les distributeurs à la recherche de produits réellement français. Didier Onraita, fondateur du réseau Day by Day, salue cette initiative : « Escoute fait partie de ces entreprises qui relocalisent réellement, avec cohérence et exigence. Pour nous distributeurs, proposer une amande française, tracée et durable, est une opportunité exceptionnelle. Cette casserie va profondément transformer le marché. »

Les premières amandes issues de la casserie sont déjà disponibles dans la boutique Escoute de Penne-d’Agenais. Leur diffusion s’élargira progressivement en 2026 dans les circuits habituels de la marque, notamment en grande distribution et dans les réseaux spécialisés en vrac et épiceries fines. Les prix publics recommandés s’échelonnent de 3,50 € pour les amandes caramélisées en sachet de 200 g à 11,85 € pour les formats grillés sans sel en 400 g, selon les références et les recettes proposées.

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