Nîmes–Vauvert : le premier train à batteries d’Occitanie entre en service

Mis en circulation ce lundi 31 août 2026, le premier train liO à batteries d’Occitanie sera expérimenté pendant au moins deux ans entre Nîmes et Vauvert. Cette rame transformée doit permettre de se passer du diesel sur les portions non électrifiées, tout en ajoutant deux allers-retours en semaine. Le projet s’inscrit dans un programme national de plus de 41 millions d’euros.

Le premier train liO à batteries d’Occitanie est entré en service ce 31 août. Sa particularité ? Une rame existante dont les moteurs diesel ont été remplacés par des batteries lithium-ion. (Photo Région Occitanie)

Le premier train liO à batteries d’Occitanie est entré en service ce 31 août. Sa particularité ? Une rame existante dont les moteurs diesel ont été remplacés par des batteries lithium-ion. (Photo Région Occitanie)

Une rame existante, une motorisation modifiée et davantage de circulations pour les voyageurs : sur la ligne Nîmes–Vauvert, la Région Occitanie, SNCF Voyageurs et Alstom engagent une nouvelle expérimentation ferroviaire. L’enjeu est de mesurer, en exploitation quotidienne, la capacité des batteries à remplacer les moteurs diesel sur les lignes régionales dépourvues de caténaires.

La mise en service s’est déroulée en présence de Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région chargé des Mobilités pour tous et des Infrastructures de transports, représentant la présidente Carole Delga, de Gaël Barbier, directeur régional SNCF Voyageurs Occitanie, et d’Olivier Delecroix, vice-président chargé du Marketing et des Ventes d’Alstom France.

Deux allers-retours supplémentaires en semaine

L’expérimentation est prévue pour une durée d’au moins deux ans. La rame assurera trois allers-retours quotidiens en semaine, dont deux supplémentaires par rapport à septembre 2025. Selon le communiqué, l’offre atteindra ainsi 11 trains liO par jour sur la ligne. Le lancement associe donc l’essai d’une nouvelle motorisation à un renforcement de la desserte.

Gaël Barbier relie cette évolution à la progression de la fréquentation du réseau régional : « SNCF Voyageurs est fière d’accompagner la Région Occitanie dans la concrétisation de ses ambitions en faveur de mobilités régionales plus nombreuses et plus durables. Avec la Région et Alstom, nous mettons aujourd’hui en circulation le premier train à batteries français en Occitanie. Sur la portion non électrifiée de la ligne Nîmes-Vauvert, cette innovation permettra de circuler sans recourir au diesel et donc sans émettre de CO₂. La création de deux allers-retours supplémentaires par la Région Occitanie à l’occasion de cette expérimentation accompagne la formidable croissance du trafic des trains liO issue de notre partenariat au bénéfice des voyageurs et des territoires d’Occitanie ».

Un AGC transformé, une autonomie annoncée de plus de 80 kilomètres

Le prototype provient de la transformation d’un autorail à grande capacité (AGC). Ses moteurs diesel ont été remplacés par des batteries lithium-ion, pour une autonomie annoncée de plus de 80 kilomètres. L’énergie récupérée au freinage est stockée dans ces batteries, avec un gain pouvant atteindre 20 % sur la consommation d’énergie.

Le fonctionnement conserve aussi la possibilité d’utiliser les infrastructures électriques existantes : les batteries se rechargent sous caténaire, pendant la circulation ou dans les gares électrifiées.

Pour les voyageurs, les partenaires annoncent un train plus silencieux, améliorant le confort à bord. Sur les sections parcourues grâce aux batteries, la suppression du recours au diesel permet une circulation sans émission directe de CO₂. Cette précision concerne le fonctionnement du train et ne constitue pas une affirmation d’absence d’empreinte carbone sur l’ensemble de son cycle de vie. Le projet vise ainsi à réduire encore les émissions du ferroviaire, déjà présenté dans le communiqué comme l’un des modes de transport les moins émetteurs.

La réutilisation du matériel roulant constitue un autre volet du projet. Frédéric Wiscart, président de la région France BeLux d’Alstom, souligne : « avec la Région Occitanie et SNCF Voyageurs, nous franchissons une étape importante dans le développement de solutions ferroviaires plus durables. Ce TER à batteries démontre qu'il est possible de transformer et de moderniser le matériel roulant existant pour réduire son empreinte environnementale, tout en répondant aux besoins de mobilité des voyageurs. Cette innovation illustre concrètement la manière dont le ferroviaire peut poursuivre sa transition vers des transports toujours plus performants et plus sobres en énergie ».

Plus de 41 millions d’euros engagés à l’échelle nationale

L’essai conduit dans le Gard appartient à un programme destiné à expérimenter une première génération de trains à batteries en France. Il associe SNCF Voyageurs, Alstom et cinq Régions : Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Sud.

Le financement annoncé dépasse 41 millions d’euros. Les cinq collectivités partenaires mobilisent ensemble 30 millions d’euros, SNCF Voyageurs apporte 6 millions d’euros et Alstom 5,5 millions d’euros. Ces montants concernent l’ensemble du programme, et non la seule expérimentation entre Nîmes et Vauvert.

Les circulations commerciales doivent permettre d’évaluer les performances de la technologie dans les conditions réelles du service ferroviaire. Elles serviront également à déterminer les conditions nécessaires à son déploiement sur d’autres lignes régionales non électrifiées.

L’hybride déjà expérimenté, l’hydrogène à venir

Les batteries complètent les solutions engagées par l’Occitanie pour réduire la place du diesel dans ses trains régionaux. Un Régiolis hybride trimode, combinant alimentation électrique, diesel et batteries, fait déjà l’objet d’une expérimentation sur l’étoile ferroviaire toulousaine. Des Régiolis à hydrogène sont également attendus sur la ligne Montréjeau–Luchon. La Région revendique ainsi une première française avec cette démarche portant sur trois technologies, dont le volet hydrogène reste à venir.

Dans sa déclaration, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, associe cette politique d’investissement à l’augmentation de l’offre : « à la Région, nous faisons le choix du train et nous assumons celui de l’innovation. Ce train liO à batteries en est une nouvelle preuve : aux côtés de nos partenaires, nous expérimentons, nous investissons et nous préparons dès aujourd’hui le ferroviaire de demain. Avec l’hybride, la batterie et bientôt l’hydrogène, l’Occitanie est la seule Région française à expérimenter trois technologies pour réduire la place du diesel dans nos trains régionaux. Et cette innovation va de pair avec une ambition très concrète : développer le service public ferroviaire. Sur la ligne Nîmes-Vauvert, ce nouveau train permet ainsi d’augmenter l’offre avec deux allers-retours de plus en semaine. Une mobilité plus propre, plus confortable et plus présente au quotidien : c’est cela, le train de demain ! »

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