Portée par la montée en cadence de l’aéronautique mondiale, l’entreprise gersoise Air Support, spécialisée dans la réparation d’équipements de moteurs d’avion, change d’échelle. Après une extension récente de son site de Pujaudran, le groupe prévoit déjà un nouvel agrandissement et ambitionne de porter son chiffre d’affaires à 200 millions d’euros à l’horizon 2030, tout en poursuivant ses recrutements dans un secteur sous tension.
Karine Meininger, directrice régionale de France Travail Occitanie et Sabine Tertre, présidente du groupe Air Support. (Photo Dorian Alinaghi)
Discrète mais stratégique, Air Support occupe une place particulière dans l’écosystème aéronautique. L’entreprise intervient sur des équipements moteurs qui nécessitent des opérations de maintenance ou de réparation avant leur remise en service.
Installée à Pujaudran dans le Gers, à proximité de l’écosystème aéronautique toulousain, la société accompagne les besoins croissants des motoristes et des acteurs de la maintenance aéronautique. Elle travaille notamment avec de grands groupes industriels du secteur et des spécialistes de la maintenance d’avions commerciaux.
Cette activité s’inscrit dans un contexte mondial marqué par la reprise du trafic aérien et par la montée en cadence de la production d’avions et de moteurs. La multiplication des livraisons d’appareils entraîne mécaniquement une augmentation des besoins de maintenance, un segment devenu central pour l’ensemble de la filière.
Une croissance rapide portée par l’aéronautique mondiale
Depuis son installation dans le Gers en 2013, Air Support a connu une évolution rapide. Le groupe, qui réalisait alors environ 8 millions d’euros de chiffre d’affaires, affiche aujourd’hui une activité estimée à 95 millions d’euros.
La progression s’accompagne d’un développement significatif des effectifs. En une dizaine d’années, l’entreprise est passée d’environ 50 collaborateurs à 250 salariés, traduisant la montée en puissance de ses activités.
Cette croissance s’appuie également sur une présence internationale marquée. Aujourd’hui, 80 % de l’activité de l’entreprise est réalisée à l’export, auprès de clients répartis sur plusieurs continents.
Pour Sabine Tertre, présidente d’Air Support, la trajectoire engagée s’inscrit dans la durée : « l’objectif est de poursuivre cette dynamique et de porter le chiffre d’affaires à 200 millions d’euros d’ici 2030 », explique la dirigeante, ors d’une conférence de presse organisée à Pujaudran.
Une montée en complexité des réparations
Au-delà de l’augmentation des volumes, l’évolution de l’activité repose également sur une transformation technique des opérations réalisées. Les équipements pris en charge dans les ateliers sont aujourd’hui plus complexes qu’auparavant, ce qui modifie la valeur des interventions. Certaines réparations qui représentaient autrefois quelques milliers d’euros peuvent désormais atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire dépasser 100 000 euros pour certaines pièces.
Cette montée en gamme s’explique notamment par l’évolution technologique des moteurs d’avion et par l’exigence accrue des compagnies aériennes en matière de fiabilité et de disponibilité des appareils. L’entreprise intervient ainsi sur différents types d’équipements utilisés dans les moteurs modernes, dont certains nécessitent des opérations de réparation particulièrement spécialisées.
Un site industriel en expansion à Pujaudran
Pour accompagner la croissance de l’activité, Air Support a récemment renforcé ses capacités industrielles. Une extension de 1 800 m² a été inaugurée à l’automne, représentant un investissement de 5 millions d’euros.
Ce nouvel espace complète le bâtiment existant de 2 700 m², portant la surface totale du site à environ 5 000 m². Mais la dynamique actuelle pourrait conduire l’entreprise à franchir une nouvelle étape. Un projet d’extension supplémentaire est déjà à l’étude afin d’anticiper la progression de la demande.
« Nous avons déjà largement occupé les nouveaux espaces et nous réfléchissons à une nouvelle phase d’agrandissement », indique Sabine Tertre.
Des moteurs récents et des flottes historiques encore en activité
L’évolution du marché de la maintenance s’explique aussi par la coexistence de plusieurs générations de moteurs actuellement en service. Les moteurs LEAP, qui équipent notamment les Airbus A320neo et les Boeing 737 MAX, sont entrés en service il y a environ huit ans. À mesure que ces moteurs accumulent des heures de vol, leurs besoins en maintenance augmentent.
Dans le même temps, des moteurs plus anciens comme le CFM56 restent massivement utilisés dans les flottes mondiales et devraient continuer à voler jusqu’à la fin de la décennie. Cette situation crée un environnement favorable pour les entreprises spécialisées dans la réparation d’équipements moteurs, qui doivent répondre à la fois aux besoins des nouvelles générations d’appareils et à ceux des flottes historiques.
Recrutements et nouvelles méthodes pour attirer les talents
Pour soutenir son développement, Air Support prévoit également de renforcer ses équipes. L’entreprise vise un effectif d’environ 350 salariés d’ici 2030. Après 50 recrutements réalisés l’an dernier, 30 embauches sont envisagées pour l’année 2026.
Face aux tensions sur certains métiers techniques, l’entreprise explore de nouvelles approches de recrutement en partenariat avec France Travail, notamment via des immersions professionnelles ou des méthodes de sélection fondées sur la simulation de situations de travail. « Cela permet d’identifier des profils qui n’auraient pas forcément été détectés par un recrutement classique », souligne Sabine Tertre.
Certains salariés ont ainsi rejoint l’entreprise après une reconversion professionnelle, venant d’autres secteurs comme l’automobile ou le bâtiment.
Une trajectoire industrielle tournée vers la prochaine décennie
Portée par la reprise du secteur aéronautique et par la transformation des besoins de maintenance, Air Support se prépare désormais à franchir une nouvelle étape de son développement.
Entre montée en gamme des réparations, investissements industriels et recrutements, l’entreprise gersoise entend consolider sa position dans un marché où la maintenance des moteurs d’avion représente un enjeu stratégique pour l’ensemble de la filière.
L’objectif affiché est clair : doubler l’activité au cours des prochaines années et atteindre 200 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2030, tout en renforçant l’ancrage industriel du site de Pujaudran au cœur de l’écosystème aéronautique d’Occitanie.