Occitanie : une convention 2026-2032 vient redéfinir l’ambition des CREPS et renforcer leur gouvernance partagée

L’État, la Région Occitanie et les directions des CREPS de Toulouse et de Montpellier / Font-Romeu ont signé, le mardi 14 avril, une nouvelle convention stratégique couvrant la période 2026-2032. Présentée comme unique en France par son format quadripartite, elle fixe les grandes priorités de ces établissements au service du sport de haut niveau, de la formation, de la jeunesse et des politiques publiques territoriales.

L’État, la Région Occitanie et les CREPS de Toulouse et Montpellier / Font-Romeu viennent de signer une nouvelle convention pour la période 2026-2032. (Préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne)

L’État, la Région Occitanie et les CREPS de Toulouse et Montpellier / Font-Romeu viennent de signer une nouvelle convention pour la période 2026-2032. (Préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne)

Une nouvelle séquence s’ouvre pour les CREPS d’Occitanie. Le mardi 14 avril, à l’occasion d’une signature officielle réunissant Pierre-André Durand, préfet de la région Occitanie, Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie en charge de l’éducation, de l’orientation, de la jeunesse et des sports, représentant Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Aurélie Martinière, directrice du CREPS de Montpellier / Font-Romeu, et Arnaud Boschung, directeur par intérim du CREPS de Toulouse, une nouvelle convention a été entérinée pour définir la stratégie des établissements pour la période 2026-2032. Jérôme Fournier, directeur des sports du ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, assistait également à cette signature.

Par son architecture, ce texte marque une singularité institutionnelle. La convention est en effet présentée comme unique en France, en raison de son caractère quadripartite, associant l’État, la Région et les deux CREPS d’Occitanie. À travers ce document, les partenaires affichent la volonté de prolonger et de structurer une gouvernance partagée déjà engagée depuis plusieurs années.

Cette signature traduit surtout une ambition commune : consolider un service public du sport jugé à la fois ambitieux, innovant et adapté aux réalités des territoires. Dans un contexte où les attentes se renforcent autour de la performance sportive, de l’accompagnement des jeunes, de l’inclusion et de la modernisation des équipements, les signataires entendent donner un cadre plus lisible aux actions menées dans les établissements.

Une feuille de route commune pour la période 2026-2032

La convention fixe un cap pour les années à venir en s’appuyant sur plusieurs priorités structurantes. Elle vise d’abord à adapter l’offre de formation professionnelle aux besoins des territoires, afin de mieux répondre aux attentes des filières liées au sport et à son encadrement. Elle confirme aussi le rôle central des CREPS dans l’accueil, l’accompagnement et la réussite des sportifs de haut niveau, avec en ligne de mire la préparation vers l’excellence sportive.

Le texte affirme également la vocation plus large de ces établissements, qui ne se limitent pas à la seule haute performance. Les CREPS devront continuer à accueillir des stages et des activités favorisant l’engagement des jeunes, la vitalité du tissu associatif et le développement du sport pour tous. À cela s’ajoute une contribution explicite à la mise en œuvre des politiques publiques nationales et régionales, qu’il s’agisse du sport-santé, de l’inclusion, de la responsabilité sociale et environnementale, de la lutte contre les violences et les discriminations, ou encore du développement durable.

Autre enjeu central, celui du patrimoine immobilier. Les signataires entendent poursuivre les efforts de maintien, de modernisation et de valorisation des équipements. Enfin, la convention place au cœur de sa stratégie le renforcement de l’attractivité des établissements à travers le projet de « Fédération des CREPS d’Occitanie », pensé comme un levier de coopération et de mutualisation.

Les partenaires insistent sur la nécessité d’inscrire cette feuille de route dans la durée. Les orientations retenues feront ainsi l’objet d’un suivi et d’une évaluation annuelle, dans une logique revendiquée d’amélioration continue.

Un pilotage resserré entre l’État, la Région et les établissements

Au-delà des objectifs, le document précise les modalités concrètes de gouvernance. La convention repose notamment sur un rendez-vous quadripartite annuel, sur l’action des conseils d’administration des établissements, ainsi que sur des dispositifs de dialogue de gestion réunissant l’État, la Région et les CREPS.

Ce cadre doit permettre de mieux répartir les missions et les compétences exercées respectivement au nom de l’État et de la Région. La convention encadre également les principes de compensation financière associés à cette répartition, dans un souci de lisibilité institutionnelle.

Cette organisation s’inscrit dans le prolongement de la loi NOTRe du 7 août 2015, qui a instauré une double tutelle État-Région sur les CREPS. Le nouveau texte entend donc consolider un mode de fonctionnement fondé sur la confiance, la transparence et la responsabilité partagée. Il sert aussi de référence au projet de Fédération des CREPS d’Occitanie, bâti sur la coopération entre les établissements, la mutualisation des compétences et la préservation de l’identité propre de chaque site.

Trois sites, un même rôle stratégique pour le sport de haut niveau

En Occitanie, les CREPS s’appuient sur trois sites implantés à Font-Romeu (66), Montpellier (34) et Toulouse (31). Ces centres concentrent une part importante des moyens régionaux consacrés à la préparation sportive et à la formation aux métiers du sport.

Les chiffres avancés montrent le poids de ces établissements. Les CREPS d’Occitanie accueillent 42 structures permanentes d’entraînement, soit 900 athlètes. Ils totalisent également plus de 38 000 journées stagiaires sportifs par an et dispensent 143 formations aux métiers du sport à 1 600 stagiaires. À travers ces volumes, les établissements apparaissent à la fois comme des outils de préparation à la performance et comme des acteurs structurants de la filière sportive régionale.

Leur rôle dépasse donc l’accueil des seuls sportifs de haut niveau. Ils participent aussi à la formation des professionnels, à l’animation des territoires et à la montée en compétence d’un écosystème qui associe institutions, encadrants, associations, clubs et jeunes en formation.

Des investissements massifs pour moderniser les équipements

La nouvelle convention s’inscrit dans une dynamique d’investissement déjà engagée. Propriétaire des lieux, la Région Occitanie indique avoir investi 78 millions d’euros depuis 2016 pour rénover les sites et enrichir leur offre de services, au bénéfice des sportifs comme de leur encadrement.

Plusieurs opérations majeures sont d’ores et déjà annoncées pour les prochaines années. L’année 2026 doit notamment être marquée par l’inauguration de la nouvelle patinoire du Centre National d’Entraînement en Altitude (CNEA) de Font-Romeu. Cet équipement sera doté d’une balustrade innovante, pensée pour permettre un usage à la fois dédié au haut niveau et à la pratique amateur.

Autre projet structurant, les travaux du futur Centre de Préparation à la Haute-Performance (CPHP) de Font-Romeu doivent débuter en 2027. Présenté comme un équipement de pointe unique en Europe, ce futur centre représente un investissement de 35,5 millions d’euros. Sur le site de Montpellier, la construction d’une nouvelle halle des sports connectée a également été lancée, avec une inauguration annoncée en 2027.

Ces projets traduisent une même orientation : faire des CREPS d’Occitanie des lieux capables de conjuguer excellence sportive, innovation technique, qualité d’accueil et rayonnement territorial.

Une ambition régionale qui dépasse le seul cadre sportif

À travers cette convention, l’Occitanie confirme sa volonté de faire des CREPS bien davantage que de simples infrastructures d’entraînement. Les établissements sont appelés à devenir des outils de mise en cohérence entre performance, formation, jeunesse, santé, inclusion et aménagement du territoire.

Le texte vient ainsi formaliser une vision partagée du sport comme politique publique à part entière. En associant plus étroitement l’État, la Région et les établissements autour d’objectifs communs, il donne un cadre durable à une stratégie qui mise sur la coopération plutôt que sur la juxtaposition des compétences.

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