L’A350-1000ULR, développé par Airbus pour Qantas Airways dans le cadre du projet Sunrise, a réalisé son premier vol depuis Toulouse. Capable de relier Sydney à Londres sans escale, l’appareil ouvre une nouvelle étape dans l’histoire du très long-courrier, avec des vols pouvant atteindre 22 heures.
Premier vol de l’A350-1000ULR de Qantas (MSN 707). (Photo Airbus SAS 2026)
Airbus a franchi une étape importante dans le développement de son programme très long-courrier. Le 2 juin 2026, l’A350-1000ULR, présenté comme l’avion de ligne doté de la plus longue portée au monde, a réalisé son premier vol depuis Toulouse. L’appareil, immatriculé MSN 707, est le premier des 12 A350-1000ULR commandés par Qantas Airways dans le cadre de son programme Project Sunrise.
Équipé d’une instrumentation spécifique destinée aux essais en vol, l’avion a évolué pendant 3 heures et 43 minutes, atteignant une altitude légèrement supérieure à 41 000 pieds. Ce premier vol a été assuré par un équipage dédié aux essais Airbus. Selon le communiqué de l’avionneur, cette étape marque le lancement d’une campagne d’essais en vol de deux mois, destinée à certifier les modifications apportées à cette version de l’A350.
Ce premier décollage depuis Toulouse confirme le rôle central du site haut-garonnais dans le développement des programmes long-courriers d’Airbus. L’A350-1000ULR doit permettre à Qantas de repousser les limites actuelles du transport aérien commercial, en ouvrant la voie à des liaisons sans escale parmi les plus longues jamais opérées.
Sydney-Londres sans escale : un vol pouvant durer jusqu’à 22 heures
L’A350-1000ULR a été spécifiquement développé pour répondre à l’ambition de Qantas Airways : relier directement l’Australie à l’Europe et aux États-Unis sur des distances extrêmes. L’un des objectifs emblématiques de ce programme consiste à permettre, pour la première fois, des vols sans escale entre Sydney et Londres.
Cette liaison représente près de 10 000 milles nautiques, soit une distance considérable pour un avion commercial. Les temps de vol pourraient atteindre jusqu’à 22 heures, selon Airbus. Cette perspective place l’appareil au cœur d’un enjeu majeur pour le transport aérien : réduire les ruptures de charge sur les trajets intercontinentaux tout en maintenant les exigences de performance, de confort et d’efficacité énergétique.
Pour atteindre cette autonomie supplémentaire, Airbus a intégré dans la structure de l’avion un réservoir central arrière additionnel, désigné sous le terme de Rear Centre Tank. Cette évolution permet d’augmenter la portée de l’appareil de 1 000 milles nautiques. Elle constitue l’une des principales adaptations techniques de cette version ultra-long-courrier de l’A350-1000.
Une campagne d’essais centrée sur les performances et le nouveau système carburant
Lors de ce premier vol, l’équipage Airbus a procédé à des vérifications générales des performances de l’appareil. Les équipes ont également testé la nouvelle architecture du système carburant, élément clé de cette version ULR. Ces essais doivent permettre de valider les modifications apportées à l’avion avant son entrée en service commercial.
La campagne d’essais en vol, prévue sur une durée de deux mois, aura pour objectif de certifier les évolutions techniques spécifiques à cette version. Airbus précise également qu’un nouveau système de refroidissement de l’air destiné aux galleys sera certifié. Celui-ci repose sur des unités de réfrigération plus légères et plus efficaces, conçues pour les très longs vols.
Au-delà des performances pures de l’appareil, Airbus devra également éprouver les systèmes liés au confort à bord. La ventilation et le contrôle de la température en cabine feront ainsi l’objet de tests approfondis. Ces éléments sont particulièrement stratégiques pour des vols pouvant dépasser les 20 heures, où l’expérience passager devient un facteur déterminant.
À l’issue de cette campagne d’essais, le MSN 707 sera réaménagé selon les spécifications commerciales de Qantas Airways. Cette étape permettra de transformer l’appareil d’essai en avion conforme aux attentes opérationnelles de la compagnie australienne.
Un deuxième appareil déjà en phase avancée d’assemblage final
Le programme industriel avance également sur le deuxième A350-1000ULR destiné à Qantas. Cet appareil sera le premier à être livré à la compagnie australienne, avec une livraison prévue en avril 2027. Airbus indique qu’il se trouve déjà à un stade avancé de l’assemblage final.
L’avion doit sortir de l’atelier peinture dans les prochains jours, avant la poursuite des opérations d’aménagement. Cette phase comprendra notamment l’installation de la cabine commerciale premium à quatre classes ainsi que la pose des moteurs. Ces étapes marqueront la transition entre la production industrielle et la préparation de l’appareil pour son exploitation par Qantas.
Dans le cadre du Project Sunrise, Qantas a commandé 12 A350-1000ULR. Le transporteur australien dispose également de 12 A350-1000 standards en commande, destinés à renforcer son réseau long-courrier. Ce double engagement confirme la place stratégique de la famille A350 dans la modernisation de la flotte internationale de la compagnie.
Le Project Sunrise, une nouvelle frontière pour le voyage sans escale
Avec le Project Sunrise, Qantas entend franchir l’une des dernières limites du voyage aérien sans escale depuis l’Australie. Le programme vise à connecter directement le pays à plusieurs grandes métropoles mondiales, en supprimant certaines escales aujourd’hui nécessaires sur les trajets les plus longs.
Le choix de l’A350-1000ULR s’inscrit dans cette stratégie. Sa portée accrue, obtenue grâce à l’intégration du réservoir additionnel et aux performances de la plateforme A350, doit permettre à Qantas de proposer des liaisons inédites. La compagnie mise également sur une cabine premium à quatre classes pour répondre aux contraintes particulières des vols de très longue durée.
Ce projet pose aussi de nouveaux défis en matière d’expérience passager. Sur des vols pouvant durer jusqu’à 22 heures, la gestion de l’espace, de la température, de la ventilation, du repos et des services à bord devient centrale. Les essais menés par Airbus sur les systèmes de cabine traduisent cette exigence particulière.
L’A350 confirme son rôle dans le long-courrier mondial
L’A350-1000ULR devient la quatrième version passagers de la famille A350, aux côtés de l’A350-900, de l’A350-900ULR et de l’A350-1000. Airbus positionne cette famille d’appareils comme une référence du long-courrier, en mettant en avant une réduction de la consommation de carburant et des émissions de carbone, ainsi qu’un niveau de confort renouvelé pour les passagers.
À la fin du mois d’avril 2026, la famille A350 totalisait 1 579 commandes auprès de 68 clients. Plus de 700 appareils étaient déjà en service auprès de 41 opérateurs, principalement sur des lignes long-courriers à travers le monde. Ces chiffres illustrent le poids de ce programme dans la stratégie commerciale d’Airbus et dans l’évolution des flottes des grandes compagnies internationales.
La gamme doit prochainement s’élargir avec l’arrivée de l’A350F, version cargo actuellement en développement. Son premier vol est prévu plus tard dans l’année, selon Airbus. Cette déclinaison fret viendra compléter une famille déjà structurante pour l’avionneur européen.
Un équipage Airbus dédié aux essais en vol
Le premier vol du MSN 707 a été réalisé par les pilotes d’essai expérimentaux Thomas Wilhelm et Anthony Flynn, accompagnés de l’ingénieur d’essais en vol Laurent Rossignol. Les ingénieurs d’essais en vol principaux Tuan Do et Alexia Plumet étaient également à bord, ainsi que l’ingénieur d’essais sol Vincent Frayssinet.
Leur mission consistait à vérifier les premières données de comportement de l’appareil en vol, à contrôler les performances générales et à tester la nouvelle architecture carburant. Ces essais constituent une phase indispensable avant la certification des modifications propres à l’A350-1000ULR.
Avec ce premier vol réussi depuis Toulouse, Airbus engage désormais la dernière ligne droite technique avant l’arrivée de l’appareil dans la flotte de Qantas. Pour l’avionneur européen, cette étape confirme la capacité de la famille A350 à répondre aux exigences des liaisons les plus longues du monde. Pour Qantas, elle rapproche un peu plus la perspective de relier directement l’Australie à Londres, sans escale, dans le cadre d’un programme qui entend redessiner les codes du très long-courrier.