Fondée à Toulouse en 2023, la jeune marque Cycles du Midi dévoile son premier vélo-cargo biporteur, décliné en version musculaire et électrique. Développé pendant près de deux ans, ce modèle léger, personnalisable et majoritairement fabriqué en France ambitionne de proposer une réponse industrielle et locale aux enjeux de mobilité urbaine, avec un positionnement tarifaire compétitif sur un marché encore de niche.
Cycles du Midi annonce le lancement de son premier vélo-cargo biporteur, décliné en version musculaire et électrique. (photo Cycles du Midi)
Nouvelle venue dans le paysage français du vélo urbain, Cycles du Midi franchit une étape stratégique avec la commercialisation de son premier biporteur. Pensé comme un produit industriel à part entière, ce vélo-cargo s’inscrit à contre-courant d’un marché dominé par des modèles toujours plus technologiques et premium. Ici, le parti pris repose sur la simplicité, la durabilité et la réparabilité, dans une logique de fabrication locale assumée.
Deux ans de développement pour un modèle accessible
Le biporteur a été développé entre le printemps 2023 et l’été 2025, au terme de près de deux années de conception et de tests, conduits en grande partie en interne avec l’appui de partenaires locaux. L’objectif affiché consiste à proposer un vélo maniable, fiable et entièrement réparable, sans surenchère technologique ni ajout de fonctionnalités superflues.
Positionné en milieu de gamme, le modèle est commercialisé à partir de 4 990 euros, ce qui en fait l’un des biporteurs les plus compétitifs parmi ceux majoritairement fabriqués en France. La cible est double : des citadins et familles souhaitant remplacer une petite voiture pour les trajets du quotidien — courses, transport d’enfants ou de colis — ainsi que certains professionnels urbains, indépendants ou professions libérales, ayant besoin de transporter du matériel sur de courtes distances.
« Le biporteur est une alternative crédible à la petite citadine. Il apporte énormément de mobilité, avec un impact environnemental sans comparaison », souligne Ange Padovani, fondateur de la marque.
L’un des biporteurs les plus légers du marché
L’un des atouts majeurs du modèle réside dans son poids. Avec environ 30 kg en version musculaire et 40 kg en version électrique, il figure parmi les plus légers du marché. Étroit avec 60 cm de largeur, le vélo se veut maniable et rassurant à la prise en main, tout en pouvant transporter jusqu’à 200 kg de charge utile.
La version électrique intègre un moteur français Virvolt, offrant une autonomie comprise entre 40 et 60 kilomètres selon la batterie choisie. La version musculaire, quant à elle, revendique un retour à « l’esprit vélo », adapté aux trajets urbains plats.
Un cadre en acier fabriqué en France, garanti 10 ans
Au cœur du projet industriel se trouve le cadre en acier, élément structurant du vélo, garanti 10 ans et fabriqué en France, dans les Hautes-Pyrénées. Ce choix repose à la fois sur des critères techniques, environnementaux et philosophiques.
« Le cadre, c’est l’âme du vélo. C’est la pièce qui va durer, se réparer, se transmettre. L’acier est un matériau extrêmement durable, recyclable et réparable. Il ne fatigue pas, ne perd pas ses propriétés et s’inscrit dans une filière de recyclage très performante », explique Ange Padovani.
Selon les données communiquées, le processus de fabrication de l’acier serait quatre fois moins polluant que celui de l’aluminium, tandis que sa recyclabilité permettrait de maintenir en circulation de l’acier produit il y a plus de 250 ans, depuis la révolution industrielle.
La marque propose également un kit cadre destiné aux passionnés souhaitant assembler eux-mêmes leur cargo, une offre encore rare sur ce segment.
Un ancrage territorial fort autour de Toulouse
Au total, le biporteur est fabriqué à environ 70 % en France, avec une chaîne de valeur majoritairement concentrée dans un rayon de 150 kilomètres autour de Toulouse. Le cadre est produit dans les Hautes-Pyrénées, la peinture réalisée dans le Tarn, les roues et garde-boue proviennent de Saint-Étienne, l’assemblage est effectué en Occitanie et le moteur est conçu en Île-de-France.
Les composants non produits en France — selle, poignées, transmission ou batterie — sont sélectionnés pour leur fiabilité et leur compatibilité avec des interfaces standards, afin de garantir une réparabilité maximale et d’éviter la dépendance à des systèmes propriétaires.
Cycles du Midi s’appuie également sur un écosystème local, notamment le RoseLab à Toulouse, où sont installés les bureaux et espaces de prototypage de la marque. Les coussins sont fabriqués par des couturières toulousaines, et le vélo est personnalisable à travers le choix des couleurs du cadre, du caisson ou des coussins, ainsi que la capacité de batterie.
« C’est très satisfaisant de voir qu’on peut finalement assez facilement fabriquer en France. Cela crée du lien, de l’humain et du sens », observe le fondateur.
Une ambition industrielle mesurée
Ingénieur mécanique de formation, passé près de dix ans dans l’aéronautique au sein de grands groupes, Ange Padovani revendique un projet industriel avant d’être un simple projet de mobilité. Issu d’une famille d’entrepreneurs, il avait déjà expérimenté l’entrepreneuriat dans la cyclologistique avant de se consacrer pleinement à Cycles du Midi.
« Ce que je voulais vraiment, ce n’était pas gérer une flotte ou une entreprise de services, mais développer un produit. En tant qu’ingénieur mécanique, c’est là que je me sens le plus utile », confie-t-il.
Commercialisé depuis la fin de l’été 2025, le biporteur est distribué via un réseau de revendeurs spécialisés sélectionnés pour leur capacité à assurer un service après-vente de qualité. Une vente directe est également proposée à Toulouse.
À moyen terme, Cycles du Midi vise une production comprise entre 50 et 100 vélos par an, sur un marché encore de niche mais en structuration. L’entreprise ambitionne d’élargir sa gamme avec le développement d’autres modèles, notamment un longtail et un vélo urbain électrique, dans la continuité de sa philosophie fondée sur la simplicité, la durabilité et la fabrication locale.