Toulouse-Francazal : Aura Aero obtient le permis de construire de son usine et accélère son ambition industrielle

Aura Aero vient de franchir une étape décisive à Toulouse-Francazal avec l’obtention du permis de construire de sa future usine, baptisée Aura Factory. Pensé comme un outil industriel majeur pour la production d’aéronefs civils et militaires, ce site de 50 000 m² doit accompagner la montée en cadence du constructeur toulousain, soutenir l’essor d’une aviation plus décarbonée et contribuer à la réindustrialisation française. À terme, le projet promet 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 1 600 emplois directs sur le site.

Signature du permis de construire Aura Factory le19 mars 2026. (Photo Aura Aero)

Signature du permis de construire Aura Factory le19 mars 2026. (Photo Aura Aero)

Installée à l’aéroport de Toulouse-Francazal, Aura Aero officialise avec ce permis de construire une séquence structurante de son développement. L’entreprise, créée en 2018 et forte d’environ 250 salariés, prépare avec Aura Factory un changement d’échelle qui dépasse la seule croissance interne : il s’agit désormais d’adosser ses ambitions technologiques à un véritable appareil de production intégré, capable d’assurer la fabrication en série de plusieurs programmes aéronautiques.

Le projet se distingue par son ampleur. Avec 50 000 m² d’infrastructures industrielles, l’usine annoncée par Aura Aero figure parmi les projets aéronautiques les plus ambitieux actuellement portés en France. L’entreprise met en avant une conception répondant aux standards environnementaux et réglementaires les plus exigeants, avec l’ambition de faire d’Aura Factory un site de nouvelle génération, tourné à la fois vers l’innovation, la performance industrielle et la responsabilité environnementale. Lauréate du programme France 2030 “Première Usine”, l’initiative s’inscrit aussi dans une logique de transformation industrielle soutenue à l’échelle nationale.

Un projet stratégique pour la souveraineté industrielle

Au-delà de la seule trajectoire de l’entreprise, Aura Factory s’insère dans un contexte plus large de réindustrialisation et d’autonomie stratégique. Aura Aero présente cette future implantation comme une pierre supplémentaire dans la structuration d’une filière aéronautique française innovante, capable de produire localement des appareils répondant à des besoins civils comme militaires. Cette orientation duale prend une résonance particulière dans un environnement international marqué par la recherche de souveraineté industrielle et par les besoins de résilience des chaînes de valeur.

Le projet bénéficie par ailleurs d’un soutien européen majeur. Le communiqué précise que cette avancée intervient dans le cadre d’un programme soutenu par l’Innovation Fund de la Commission européenne, à hauteur de 95 millions d’euros. Pour Aura Aero, cet appui doit jouer un rôle déterminant dans la montée en puissance industrielle du groupe et dans le passage à la production en série d’un avion bas-carbone.

Les retombées annoncées sont considérables. À terme, 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires devraient être générés et plus de 1 600 emplois directs créés sur le site. À cette promesse s’ajoute l’effet d’entraînement attendu sur l’écosystème régional, avec des milliers d’emplois indirects au sein de la chaîne d’approvisionnement. Pour l’Occitanie, où l’aéronautique constitue déjà un socle économique majeur, l’arrivée d’un tel outil industriel pourrait conforter encore davantage les compétences de pointe du territoire.

Une usine pensée pour plusieurs programmes aéronautiques

AURA Factory n’a pas vocation à produire un seul appareil. Le site est conçu comme un outil industriel intégré, capable de concevoir, assembler et produire l’ensemble des programmes développés par Aura Aero. Le communiqué cite en particulier Integral, la gamme d’avions de formation et d’entraînement à capacité voltige destinée aux écoles de pilotage civiles et militaires ; Enbata, drone MALE de nouvelle génération appelé à remplir des missions de surveillance, de renseignement et d’appui opérationnel ; et ERA, avion régional hybride-électrique dont l’objectif est de transformer la mobilité aérienne régionale.

Pour ERA, l’entreprise rappelle plusieurs déclinaisons envisagées : une version standard de 19 places, mais aussi des configurations plus exclusives de 8 ou 9 places, ainsi que des variantes cargo ou évacuation sanitaire. Derrière cette diversité de programmes, Aura Aero cherche à bâtir une organisation industrielle lui permettant de maîtriser sa chaîne de production en France tout en préparant la montée en cadence de ses développements actuels et futurs.

Des soutiens politiques et institutionnels revendiqués

Dans sa communication, l’entreprise souligne le rôle joué par les acteurs publics et territoriaux dans la concrétisation du projet. Jérémy Caussade, cofondateur et président d’Aura Aero, remercie explicitement Carole Delga, Jean-Luc Moudenc et Albert Sanchez, tout comme France 2030, Bpifrance et la commissaire européenne Ekaterina Zakharieva. Il salue également le travail de Brunerie et EGIS pour la conception du projet.

« L’obtention de ce permis de construire est une étape déterminante pour Aura Aero. Je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des acteurs publics et territoriaux — en particulier Carole Delga, Jean-Luc Moudenc et Albert Sanchez — dont le soutien et l’engagement ont rendu possible la concrétisation de ce projet industriel majeur au service de l’emploi, du territoire et de la souveraineté industrielle française », déclare ainsi Jérémy Caussade.

Plus loin, le constructeur élargit ces remerciements à l’ensemble des partenaires institutionnels mobilisés depuis l’origine du dossier : la Région Occitanie, Toulouse Métropole, les collectivités territoriales, les services de l’État, la SEFTA, ainsi que plusieurs partenaires économiques parmi lesquels la CCI et l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Aura Aero insiste sur l’accompagnement apporté à chaque étape d’un projet présenté comme structurant pour le territoire.

Un calendrier désormais enclenché jusqu’en 2028

Avec l’obtention du permis, le projet entre dans sa phase opérationnelle. Les premières opérations concernent déjà la dépollution du site de Toulouse-Francazal, préalable indispensable au démarrage du chantier. Une fois cette étape achevée, la pose de la première pierre est annoncée pour la seconde moitié de 2026, tandis que l’entrée en service de l’usine est envisagée à l’horizon 2028. Ce calendrier donne une première visibilité concrète sur la trajectoire d’un projet qui se veut à la fois industriel, territorial et stratégique.

Cette séquence marque un tournant pour Aura Aero, qui ne se présente plus seulement comme un acteur de la conception aéronautique, mais comme un constructeur souhaitant consolider sur le sol français un appareil productif complet. L’entreprise rappelle d’ailleurs qu’elle dispose déjà des agréments de conception et de production, venant conforter son statut de constructeur aéronautique à part entière.

L’ambition d’une aviation bas-carbone fabriquée en France

À travers Aura Factory, l’entreprise réaffirme sa volonté de concevoir et de produire en France une nouvelle génération d’aéronefs innovants et durables. Aura Aero se présente comme un pionnier de l’aviation décarbonée, misant sur la combinaison entre excellence aéronautique et technologies numériques de pointe pour développer des appareils plus efficients. Le communiqué cite notamment Integral, décliné en plusieurs versions, et ERA, l’avion régional hybride-électrique de 19 places, comme les symboles de cette stratégie.

L’entreprise rappelle aussi qu’elle bénéficie du soutien de la Région Occitanie, de Bpifrance et du fonds d’investissement Innovacom, et qu’elle a été lauréate de plusieurs dispositifs européens et nationaux, parmi lesquels EIC Accelerator, Innovation Fund, France Relance et France 2030. Le texte souligne enfin qu’Aura Aero figure parmi les rares entreprises à avoir obtenu le Sceau STEP de l’Union européenne et qu’elle a été sélectionnée, via son projet HERMES, pour recevoir une subvention du Fonds Européen Innovation Fund alimenté par les crédits carbone du système EU ETS.

En obtenant le permis de construire de son usine toulousaine, Aura Aero valide donc bien plus qu’une simple étape administrative. Le constructeur engage un projet qui touche à la fois à l’industrialisation de ses programmes, à l’ancrage d’une production aéronautique en Occitanie, à la création d’emplois qualifiés et à la promesse d’une aviation plus sobre. À Toulouse-Francazal, Aura Factory entend désormais faire passer cette ambition du plan au concret.

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