Toulouse. Talent Talk 2026 : quand les étudiants prennent le pouvoir face aux entreprises

Au Palais des Sports André Brouat, plus d’une centaine d’étudiants ont inversé les codes du recrutement lors de la deuxième édition du Talent Talk, organisée par le groupe de travail emploi & formation du Comex40 du Medef Haute-Garonne. Un format inédit où les entreprises ne séduisent plus seulement… elles sont jugées.

Au Palais des Sports André Brouat à Toulouse, plus d’une centaine d’étudiants ont participé à la deuxième édition du Talent Talk. (Photo Dorian Alinaghi)

Au Palais des Sports André Brouat à Toulouse, plus d’une centaine d’étudiants ont participé à la deuxième édition du Talent Talk. (Photo Dorian Alinaghi)

Attirer les talents, fidéliser les jeunes générations, comprendre leurs attentes : le sujet n’est plus périphérique, il est devenu central dans la stratégie des entreprises. Le diagnostic est largement partagé, comme le rappelle la présentation de l’événement, qui souligne des attentes profondément transformées, une défiance croissante vis-à-vis des discours d’entreprises et une concurrence accrue entre employeurs.

Dans ce contexte tendu, le Talent Talk, organisé le 24 mars 2026 à Toulouse, s’est imposé comme un laboratoire à ciel ouvert. Loin des forums classiques, l’événement propose une expérience directe, sans filtre, où la parole circule autrement.

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Pierrick Chelle, responsable commercial Fenix Toulouse Handbal. (Photo Dorian Alinaghi)

Renverser les rôles pour recréer du dialogue

Ici, le rapport de force change. Ce ne sont plus les étudiants qui se présentent aux entreprises, mais les entreprises qui viennent convaincre.

« On a voulu un format différentiel, innovant, en inversant le rapport de force entre employeur et employé », explique Sébastien Herrera, président du groupe de travail Emploi & Formation du Comex40 du Medef Haute-Garonne. « Donner le pouvoir aux étudiants, qui vont juger les entreprises et leurs managers, c’est aussi obliger ces dernières à expliquer concrètement pourquoi il faut travailler chez elles. »

Sur scène, les codes sont clairs : quelques minutes pour pitcher, puis répondre aux questions d’un jury d’étudiants issus notamment de TBS, INSA, TSM ou encore de la CFA Toulouse Blagnac, avant un temps d’échanges plus informels. Un format court, rythmé, qui tranche avec les discours formatés et oblige à aller à l’essentiel.

Des entreprises mises à l’épreuve du réel

Trois vagues de pitchs se succèdent, réunissant des acteurs aux profils variés. Des enseignes comme Intermarché Cugnaux, des groupes internationaux tels que Capgemini Invent, des structures d’ingénierie comme Eiffage, des cabinets de conseil à l’image de Mews Partners, ou encore des entreprises innovantes comme NoCode IA mais aussi des acteurs du territoire à l’image de Madaré. À leurs côtés, des entreprises locales et des acteurs du recrutement comme Eurofirms, ou encore des structures du secteur de la restauration comme Maison Pergo.

Toutes ont un point commun : elles ne viennent pas seulement pour recruter, mais se rendre lisibles et crédibles. Le principe est simple, mais exigeant : en cinq minutes de pitch, suivies de cinq minutes de questions, les entreprises doivent convaincre un public averti, puis poursuivre les échanges lors d’un temps de networking d’environ une heure.

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Guillaume Foch, directeur Aerospace & Defense et Vincent Merrien, vice-president Intelligent Industry ont participé à cet exercice de transparence face à la nouvelle génération de talents. (Photo Dorian Alinaghi)

Une génération en quête de cohérence

Derrière ce format, une réalité plus profonde s’impose : le rapport au travail évolue, et aucune réponse simple ne permet d’y répondre. « Les attentes des entreprises et des jeunes évoluent, et notre rôle, c’est d’essayer de les rapprocher, de les faire se comprendre », souligne Sébastien Herrera.

« Il n’y a pas de réponse parfaite, mais des actions concrètes pour créer ce lien. »

Sens, impact, équilibre de vie, authenticité : autant de critères désormais structurants, bien au-delà de la seule rémunération. Une transformation que les entreprises doivent intégrer, sous peine de voir les talents leur échapper.

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Pendant le Talent Talk, les rôles s’inversent : ce sont les étudiants qui interrogent, challengent et évaluent les entreprises sur leurs engagements et leur attractivité. (Phot Dorian Alinaghi)

Un levier d’attractivité pour le territoire occitan

Au-delà du seul enjeu de recrutement, le Talent Talk s’inscrit dans une dynamique plus large : celle de l’attractivité territoriale.

Dans un marché de l’emploi qualifié sous tension, où les talents sont fortement sollicités, la différence se joue parfois à des détails. « La décision entre deux entreprises peut se faire à peu de choses. Il faut donc créer des moments qui marquent, qui permettent de faire la différence », analyse Sébastien Herrera.

En réunissant plus d’une centaine d’étudiants et un panel d’entreprises sélectionnées, l’événement participe à structurer un écosystème où entreprises et jeunes talents se rencontrent autrement, avec plus de transparence et de réciprocité.

Vers une troisième édition ?

Après une première édition réussie et une deuxième qui confirme l’intérêt du format, la question d’une suite se pose déjà. Sans annoncer officiellement une troisième édition, les organisateurs laissent entrevoir une continuité. Le Talent Talk semble en tout cas avoir trouvé sa place dans le paysage des initiatives locales, à la croisée du recrutement, de la marque employeur et du dialogue intergénérationnel.

Dans un contexte où les entreprises doivent sans cesse se réinventer pour attirer, comprendre et retenir, ce type de format pourrait bien devenir, à terme, une norme plutôt qu’une exception.

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Réunis à Toulouse pour le Talent Talk 2026, les représentants de Maison Pergo, Intermarché Cugnaux, Eurofirms, Madaré, Capgemini Invent, Eiffage, Mews Partners, NoCode IA et Itrust ont pris part à cet exercice inédit de pitch face aux étudiants, dans le cadre d’un événement porté par le groupe de travail Emploi & Formation du Comex40 du Medef Haute-Garonne. (Photo Dorian Alinaghi)

 

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