EasyMile. 100 navettes autonomes en circulation dans le monde

source : Easymile.

EasyMile fait partie de la dizaine d’acteurs mondiaux  qui se consacrent aux solutions pour véhicules autonomes. La PME toulousaine progresse à grand pas et se diversifie vers le transport industriel.  

EasyMile finit l’année avec des chiffres ronds et plutôt parlants : 100 navettes autonomes vendues, dont 90 % à l’étranger, en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Asie du Sud Est et au Moyen-Orient. Son chiffre d’affaires a plus que doublé cette année pour atteindre les 16 M€ (contre 7M€ en 2017). L’entreprise née à Toulouse en 2014 emploie aujourd’hui 150 personnes, dont 120 à Toulouse. En résumé, une montée en puissance à un rythme accéléré, et ce n’est pas fini…

Une solution pour la desserte dans les quartiers
Depuis 2014 EasyMile conçoit, produit et commercialise des navettes électriques 100 % autonomes, c’est-à-dire sans conducteur, accueillant jusqu’à 15 personnes. Deux versions de cette navette sont proposées : la EZ10 pour une circulation sur zone publique et la EZ10c pour une circulation dans des sites privés. Des nouveaux modes de mobilité déjà expérimentés 250 fois partout dans le monde. En France, ces navettes ont circulé  sur le site de Rungis, de TLD, de Pierre Fabre… pour la circulation en ville, les Toulousains ont vu la navette faire des allers-retours sur les allées Jules Guesde et du côté de Colomiers.  En Ile-de-France, une expérimentation a eu lieu en 2016 dans Paris pour relier les gares de Lyon et d’Austerlitz. Du côté du château de Vincennes, le service EasyMile fonctionne avec la RATP, pour relier le château au parc floral. Quelles réponses apportent ces petites navettes ? Elles sont écologiques, car électriques, et économiques, car, potentiellement, elles rayent le coût de personnel de conduite. « Notre vision à long terme est de servir le voyageur à la demande, rappelle Benoit Perrin. L’idée est que la navette vienne vous chercher en bas de chez vous ou de votre bureau pour vous amener à un point de transport public (métro, tramway, bus…). » Selon lui, l’optimisation de la gestion du dernier kilomètre grâce à la desserte dans les quartiers par navette autonome pourrait être effective dès 2022.

Un business model basé sur des partenariats
Quels sont les métiers d’EasyMile ?  « Nous ne sommes pas des fabricants de véhicules. La production est confiée à notre partenaire historique Ligier qui s’en charge à Vichy. Nous ne sommes pas non plus des opérateurs mais nous travaillons avec des acteurs comme Transdev, RATP ou Tisséo, pour ne citer que les français. EasyMile se concentre sur le logiciel et tout ce qui tourne autour », explique Benoit Perrin. Le savoir-faire technologique de la start-up est en perpétuelle évolution et intègre de plus en plus de paramètres. La R&D représente 50 % des effectifs. Ce qui différencie l’entreprise des autres acteurs, notamment de son voisin lyonnais Navya, c’est son business model : la PME vend ses technologies sous licence, à travers de nouveaux partenariats. Ce qui l’amène à s’orienter vers de nouvelles applications. 

Vers le transport industriel
De nouveaux modèles ont ainsi vu le jour, cette fois ci destinés au transport des bagages dans les aéroports. Appelées TractEasy, des voiturettes ont été développées en partenariat avec TLD, acteur mondial du transport au sol dans les aéroports.  «Il s’agit d’un partenariat stratégique pour TLD, qui nous permet de répondre à la demande croissante des clients grâce à une technologie éprouvée. Les aéroports représentent une réelle opportunité à court terme pour les véhicules sans conducteur, avec un environnement bien défini et un potentiel de retour sur investissement très important» déclarait  Antoine Maguin, pdg de TLD, lors de la signature de cet accord en octobre 2017. Depuis, cinq prototypes de voiturettes sont en phase de test. De nouveaux débouchés sont aussi en bonne voie dans l’équipement de l’industrie : PSA teste actuellement le TractEasy à Sochaux pour automatiser les flux logistiques et deux véhicules devraient être mis en circulation 24h/24 pour assurer la livraison de pièces pour  la ligne de montage de Peugeot 3008.
Et demain ? D’autres nouvelles applications sont dans les tuyaux  comme le développement d’un bus autonome en partenariat avec Iveco, ou encore le  tramway sans conducteur aux côtés d’Alstom, l’autre grand actionnaire d’EasyMile (aux côtés de Continental).

40 recrutements en cours
Face à ces multiples enjeux, l’entreprise gonfle ses effectifs et est en perpétuel recrutement. Son développement a été accompagné par une dernière levée de fonds de 6,5 M€ auprès de Bpifrance en septembre dernier (au total, l’entreprise aura levé 34 M€). Ce dernier tour de table lui permet de poursuivre son développement technique et commercial avec le recrutement annoncé d’une quarantaine de personnes. Même si les profils recherchés (ingénieurs robotiques et IA, etc.), sont rares et convoités par beaucoup d’autres entreprises locales, Benoit Perrin reste très confiant : « Nous n’avons pas de difficultés à faire venir à Toulouse des ingénieurs étrangers. C’est une ville attrayante ». D’ailleurs, selon un récent classement des start-up réalisé par le réseau LinkedIn, EasyMile fait partie des 25 start-up les plus attractives de France.

Singapour, ville pionnière du  véhicule autonome
La filiale de Singapour d’EasyMile va monter en puissance à Singapour et passer de cinq à une vingtaine de personnes. Un coup d’accélérateur provoqué par la récente signature d’un partenariat avec  Continental (actionnaire de l’entreprise). L’objectif de ce rapprochement : développer un centre de R&D  dédié plus précisément au deep learning et à la perception visuelle dans le domaine du véhicule intelligent. Dès sa création en 2014, EasyMile s’est  doté d’une double implantation en France et à Singapour afin de bénéficier pleinement du dynamisme de la région Asie Pacifique : « Singapour fait partie des pays les plus avancés dans le domaine du véhicule autonome. C’est intégré dans le plan de smart city  de la ville et nous faisons partie des acteurs de cette avancée » explique  Benoit Perrin, directeur de l’exploitation, qui rappelle que la toute première exploitation commerciale de la navette autonome EZ10 s’est déroulée au cœur de Singapour à Gardens by the Bay. Les autres bureaux étrangers de la start-up sont aux Etats-Unis, en Allemagne et en Australie.