ESPACE : Observation de la terre : les programmes d'actualité au CNES

« Comprendre comment fonctionne notre planète, analyser le changement climatique, mieux prévoir les phénomènes à venir et aider à instaurer des politiques d’adaptation ad hoc…tels sont les principaux enjeux des missions d’observation de la terre » résume Olivier Marsal, chef du service environnement au Cnes, en listant les projets d’actualité. Non sans avoir évoqué au préalable la ligne de conduite du Centre national d’études spatiales. Ce dernier a vocation à innover, à ouvrir la voie, avant de passer le témoin à d’autres organismes pour assurer une pérennité des données avec des générations de missions (Spot, Jason…). Autre tendance forte, la coopération internationale omniprésente dans la majorité des programmes comme l’illustre l’essentiel des projets en cours.

Conduit en partenariat avec l’Inde, le satellite MEGHA-TROPIQUES vise à mieux comprendre le cycle de l’eau dans les régions tropicales (moussons…). Plusieurs paramètres seront mesurés comme les précipitations, la vapeur d’eau dans l’atmosphère…Le Cnes fournit la majorité des instruments embarqués (1), la plateforme et le lanceur (PSLV) sont du ressort des Indiens. Le projet SARAL/Altika liant la France et l’Inde contribuera, avec l’instrument Argos 3, à la continuité du système Argos de collecte de données environnementales, et complètera le système altimétrique mondial avec l’instrument AltiKa, qui donnera une mesure précise de la topographie de surface des océans.

Réalisée en partenariat avec l’ESA, la mission SWARM est dédiée à l’étude du champ magnétique. 3 satellites volant très près les uns des autres permettront de mieux étudier les différentes sources du champ magnétique terrestre (le noyau de la terre, l’aimantation de la croûte terrestre, les courants océaniques, …). Le Cnes travaille sur un des instruments,  le magnétomètre absolu (en relation avec le LETI à Grenoble). Le lancement est prévu mi-2012.

La mission VENUS permettra de mieux connaître le fonctionnement du cycle de la végétation sous l’influence de facteurs environnementaux ainsi que de l’activité humaine. L’objectif est d’observer certains sites de manière récurrente avec des passages quasi quotidiens. Sur cette mission impliquant Israël (chargé en particulier de la plateforme), le Cnes mettra au point la caméra embarquée. Le lancement est attendu pour le 1er semestre 2013.

En matière d’océanographie, un accord a été noué avec la Chine sur le satellite CFOSAT qui observera le spectre des vagues et la vitesse du vent au dessus de l’océan. Des données précieuses pour établir des prévisions météo.

La 3ème génération de Jason fait partie également de l’actualité. EUMETSAT (2), qui finance la plus grande partie de la contribution européenne de cette future version (développée comme les précédentes avec les Etats-Unis), a demandé au CNES de piloter le développement du projet. Toujours sur l’altimétrie, la France et les USA étudient l’avant-projet SWOT, qui permet d’améliorer l’observation des océans, hauturiers et côtiers, et d’accéder à la mesure globale des hauteurs d'eau des fleuves, lacs et zones inondées. Ce satellite, dédié donc aussi bien à l’océanographie qu’à l’hydrologie, devrait être opérationnel en 2019.

L’instrument IASI NG (Nouvelle Génération) entre en phase d’étude. Développé dans le cadre de EPS METOP (2), la première génération de cet instrument a obtenu des résultats exceptionnels comme outil d’aide à la prévision météorologique (avec des mesures très précises de la température et de l’humidité), ainsi qu’en terme de mesures des concentrations des gaz de l’atmosphère (par exemple, IASI a obtenu une « première mondiale » avec une cartographie globale de l’ammoniac). Son successeur gagnera encore en performance, recueillant des informations près du sol. Un éventail plus large de gaz sera également traité.

Sur l’étude des gaz à effet de serre, on signalera les études relatives à la mission MICROCARB (mesure du CO2), et à celle conduite en partenariat avec l’Allemagne (qui fournira l’instrument LIDAR) pour étudier le Méthane (programme MERLIN). Elles utiliseront la micro-plateforme Myriade.

Pour les études de la végétation, si VENUS intervient dans le domaine de l’observation visible, la mission MISTIGRI (en phase d’étude) observera des sites dans l’infra-rouge thermique avec une grande répétitivité (passages  quasi quotidiens).
Recevant un soutien actif de l’Etat pour réussir de front tout cet ensemble de missions, le CNES vient de déposer dans le cadre du plan Investissements d’avenir, deux dossiers relatifs à SWOT et MERLIN.

 

Emma Bao

Diffusé le 22 décembre 2010

(1)          :European organisation for the exploitation of meteorological satellites.

(2)          : EUMETSAT Polar System (EPS)

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