Ryanair toujours en forte croissance à Toulouse

Philippe Crébassa et Michael O'Leary

 

Entre 2016 et 2019, Ryanair passera de 106 000 passagers transportés à 1 million en 2019 sur l’aéroport de Toulouse. Et en 2020 Michael O ‘Leary, le charismatique patron de la compagnie irlandaise prévoit 33% de croissance soit 1,4 million de passagers. Un succès insolent juste au moment où Aigle Azur, Thomas Cook, sont en faillite ! Personne ne fait mieux en Europe, voire dans le monde. La recette du patron de Ryanair est toujours la même : les prix les plus bas du marché conjugué avec des process opérationnels très performants. Il a salué lors de son passage à Toulouse vendredi 27 septembre, l’efficacité des services de l’aéroport toulousain avec des opérations au sol réalisées pour Ryanair en 25 mn chrono !

T. O’Leary en a profité pour ouvrir sa 3ème base française à Toulouse. Le programme été 2020 sera opéré avec deux avions basés sur le tarmac toulousain et 23 lignes dont 13 nouvelles comme Valence, Oujda, Palerme…Ryanair chiffre à un millier d’emploi directs (30) et indirect son impact dans l’économie locale. Son patron n’a pas caché qu’il était intéressé par la reprise des vols des compagnies en difficultés comme Aigle Azur ou d’autres, voire vers l’Algérie, la Tunisie dont les compagnies nationales ne sont pas en forme.

Des nuages ? Concernant le 737MAX, sur une commande de 200 exemplaires seul une trentaine d’exemplaire seront livrés en 2020 contre 60 initialement prévus qui impacteront la croissance européenne. Avec le rachat de Lauda Air, Airbus fait maintenant partie des avions opérés mais en leasing seulement. Une trentaine devraient s’y ajouter. Mais il est fort peu probable que Ryanair renonce à son tout Boeing. Et même s’il le voulait, M. O ’Leary indiquait qu’il faudrait attendre 2024 pour recevoir un Airbus A320neo commandé aujourd’hui.

Sur la campagne d’opinion qui s’est propagée pour fustiger le transport aérien trop polluant, M. O ‘Leary répond que Ryanair a le taux d’émission par passager par kilomètre parcouru le plus bas des compagnies européennes et notamment d’Air France soit 66 gr de CO2. « Nos avions sont neufs, polluent moins et volent avec 97% de taux de remplissage avec des opérations très rapides » indiquait le patron irlandais en scandant le célèbre « Allez les verts ».

Le Brexit. A priori un no deal sera mauvais pour tout le monde. Concernant Toulouse, Philippe Crébassa le président du directoire de l’Aéroport précisait que le trafic vers la Grande-Bretagne représentait 10% des passagers, soit la première destination internationale. La petite baisse de trafic de l’été 2019 est ainsi imputable en partie aux passagers anglais inquiets par la crise autour du Brexit. Pour l’Occitanie et l’aéroport toulousain, la perspective n’est pas très réjouissante comme le rappelait les dirigeant de l’aéroport, si nos amis anglais continuent à s’entêter à quitter l’Union européenne brutalement sans accord. M. O ‘Leary a déclaré qu’une des leçons à tirer du Brexit « est bien d’aller vers une Europe encore plus intégrée et organisée pour vivre ensemble ».