Le groupe Airbus a publié, le 19 février 2026 à Amsterdam, ses résultats consolidés pour l’exercice 2025, marqués par une hausse des revenus à 73,4 milliards d’euros, un EBIT ajusté de 7,1 milliards d’euros et un flux de trésorerie disponible avant financement clients de 4,6 milliards d’euros. Porté par une demande toujours élevée, l’avionneur a livré 793 appareils commerciaux et affiche un carnet de commandes culminant à 8 754 avions. Dans le même temps, Airbus acte les contraintes industrielles liées aux moteurs Pratt & Whitney, précise ses cadences de montée en puissance et dévoile ses objectifs pour 2026.
Chaîne d’assemblage Airbus : en 2025, le groupe vise l’accélération progressive de ses cadences, avec un objectif de 870 livraisons en 2026. (Photo Airbus)
Airbus SE revendique un exercice 2025 « landmark », porté par une traction commerciale forte et une performance financière en nette progression. « 2025 was a landmark year (…) nous avons réussi à tenir notre guidance actualisée », a déclaré Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, en soulignant une demande mondiale robuste pour l’aviation commerciale, tout en reconnaissant un contexte opérationnel « complexe et dynamique ». Le dirigeant met notamment en avant la gestion d’une montée en cadence industrielle menée malgré des pénuries significatives de moteurs Pratt & Whitney, ainsi que l’élan constaté sur les activités Défense, Espace et Hélicoptères.
Sur le plan commercial, Airbus annonce 1 000 commandes brutes d’avions commerciaux en 2025, contre 878 un an plus tôt, pour 889 commandes nettes après annulations. Surtout, le carnet atteint un niveau inédit, à 8 754 avions commerciaux à fin 2025. Cette dynamique s’observe également sur les autres métiers : Airbus Helicopters enregistre 536 commandes nettes (contre 450 en 2024), tandis que l’activité Defence and Space atteint une prise de commandes en valeur qualifiée de record à 17,7 milliards d’euros, correspondant à un ratio book-to-bill d’environ 1,3.
Des livraisons en hausse et un chiffre d’affaires à 73,4 milliards d’euros
L’exercice 2025 se traduit par une progression des revenus consolidés de 6 %, à 73,4 milliards d’euros. Airbus a livré 793 avions commerciaux sur l’année, contre 766 en 2024. Dans le détail, ces livraisons se répartissent entre 93 A220, 607 appareils de la famille A320, 36 A330 et 57 A350. Les revenus de l’activité avions commerciaux progressent à 52,6 milliards d’euros, une évolution attribuée au volume plus élevé de livraisons et à la croissance des services, malgré un effet défavorable lié à l’affaiblissement du dollar.
La performance est également visible sur les autres segments. Airbus Helicopters affiche des revenus en hausse à 9,0 milliards d’euros, avec un niveau de livraisons porté à 392 hélicoptères (contre 361 en 2024), soutenu par la bonne tenue des programmes et l’expansion des services. De son côté, Airbus Defence and Space augmente ses revenus à 13,4 milliards d’euros, en progression de 11 %, grâce à des volumes plus importants sur l’ensemble des unités.
Rentabilité : 7,1 milliards d’euros d’EBIT ajusté et amélioration du résultat net
L’EBIT ajusté du groupe atteint 7,128 milliards d’euros en 2025, en hausse par rapport à 2024 (5,354 milliards d’euros). Airbus précise que le chiffre de 2024 intégrait des charges de 1,3 milliard d’euros liées à un examen technique approfondi de programmes Espace. Pour l’aviation commerciale, l’EBIT ajusté progresse à 5,470 milliards d’euros, principalement grâce à un nombre de livraisons plus élevé, un taux de couverture plus favorable et une baisse des dépenses de R&D, partiellement compensés par l’impact des tarifs.
Airbus Helicopters améliore également sa rentabilité, avec un EBIT ajusté à 925 millions d’euros (contre 818 millions en 2024), tandis qu’Airbus Defence and Space repasse en positif à 798 millions d’euros (contre -566 millions en 2024), résultat présenté comme l’un des effets de son plan de transformation.
L’EBIT (reporté) s’établit à 6,082 milliards d’euros, intégrant des ajustements nets négatifs de -1,046 milliard d’euros, liés notamment au décalage de besoin en fonds de roulement en dollars et à des réévaluations de bilan (-624 millions d’euros), à l’acquisition et l’intégration de certains lots de Spirit AeroSystems (-188 millions d’euros), ainsi qu’à un plan d’adaptation des effectifs dans Defence and Space (-105 millions d’euros) et à l’A400M (-73 millions d’euros). Le résultat net consolidé atteint 5,221 milliards d’euros, pour un bénéfice par action (EPS reporté) de 6,61 €.
Trésorerie : un flux de trésorerie solide
Airbus met en avant une génération de cash « forte » sur l’ensemble des métiers. Le free cash-flow avant financement clients ressort à 4,574 milliards d’euros, tandis que le free cash-flow total atteint 4,753 milliards d’euros. La trésorerie brute s’élève à 27,2 milliards d’euros à fin 2025, et la position de trésorerie nette à 12,171 milliards d’euros, en progression par rapport à fin 2024.
Dans ce contexte, le conseil d’administration proposera à l’assemblée générale du 14 avril 2026 le versement d’un dividende au titre de 2025 de 3,20 € par action, avec une date de paiement proposée au 23 avril 2026.
Montée en cadence : Airbus ajuste ses trajectoires
Au-delà des chiffres, Airbus insiste sur la dimension industrielle de l’exercice. Sur l’A220, la montée en puissance se poursuit mais demeure rythmée par l’intégration de lots de travail en provenance de Spirit AeroSystems et par l’équilibre entre offre et demande. L’avionneur dit désormais viser un rythme de 13 appareils par mois en 2028.
Sur la famille A320, Airbus pointe directement les difficultés de son motoriste. Le groupe explique que l’incapacité de Pratt & Whitney à s’engager sur le nombre de moteurs commandés pèse sur la guidance 2025 et la trajectoire de montée en cadence. Conséquence : Airbus s’attend désormais à atteindre un rythme compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici fin 2027, avant une stabilisation à 75.
Le groupe maintient en parallèle ses jalons de moyen terme sur les long-courriers, avec un objectif de cadence à 5 A330 par mois en 2029 et à 12 A350 par mois en 2028.
Concernant l’A400M, Airbus indique qu’un amendement contractuel a été signé avec l’OCCAR au quatrième trimestre 2025 afin d’avancer sept livraisons pour la France et l’Espagne et d’améliorer la visibilité sur la production. Le groupe précise toutefois continuer d’évaluer les impacts potentiels sur ses activités industrielles, dans un contexte d’incertitudes sur le niveau de commandes à venir, tout en considérant que les risques liés à la qualification de certaines capacités techniques et aux coûts associés restent stables.
Perspectives 2026 : environ 870 livraisons et un EBIT ajusté visé à 7,5 milliards d’euros
Pour 2026, Airbus fonde sa guidance sur l’hypothèse d’absence de nouvelles perturbations majeures liées au commerce mondial, à l’économie, au trafic aérien, à la supply chain ou aux opérations internes, et précise que ses objectifs s’entendent avant opérations de M&A, en intégrant l’impact des tarifs applicables. Le groupe vise environ 870 livraisons d’avions commerciaux, un EBIT ajusté autour de 7,5 milliards d’euros et un free cash-flow avant financement clients d’environ 4,5 milliards d’euros.
En toile de fond, Airbus termine l’année avec 165 294 employés, en hausse par rapport à 2024, un indicateur qui reflète, selon le groupe, l’ampleur des défis industriels à adresser autant que l’ampleur des volumes à produire.