Dans un contexte énergétique encore marqué par les tensions internationales, la volatilité des prix et la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, EDF décline en Occitanie son plan d’accélération de l’électrification des usages. Pompes à chaleur, poids lourds électriques, infrastructures de recharge, contrats de fourniture à moyen terme, accompagnement des industriels et solidarité énergétique : l’énergéticien veut faire de l’électricité un levier de pouvoir d’achat, de souveraineté énergétique et de développement économique régional.
Depuis le 1er juin 2026, Véronique Debelvalet dirige EDF Commerce Sud-Ouest. (Photo EDF)
EDF entend accélérer le passage à l’électrique en Occitanie. Dans le prolongement de son plan national, le groupe déploie sur le territoire des dispositifs destinés à accompagner les ménages, les entreprises, les transporteurs, les collectivités et les industriels dans la transformation de leurs usages énergétiques. L’objectif est de réduire la place des énergies fossiles, encore très présentes dans la consommation française, tout en apportant des réponses concrètes aux enjeux de facture énergétique et de compétitivité.
Cette stratégie intervient dans un contexte où les incertitudes géopolitiques et économiques continuent de peser sur le secteur de l’énergie. Pour EDF, l’électrification constitue un moyen de limiter la dépendance aux énergies fossiles importées, mais aussi de sécuriser les trajectoires d’investissement des entreprises, notamment dans les filières industrielles, logistiques, aéronautiques et agroalimentaires fortement représentées en Occitanie.
« En Occitanie, les clients veulent des solutions concrètes, efficaces et accessibles pour réduire leur facture tout en décarbonant leurs usages. C’est exactement la mission que nous portons », souligne Véronique Debelvalet, directrice d’EDF Commerce Sud-Ouest.
EDF Commerce Sud-Ouest, un acteur implanté au cœur du territoire
Cette déclinaison régionale s’appuie sur la présence d’EDF Commerce Sud-Ouest, dont le périmètre couvre les 13 départements des ex-régions Aquitaine et Midi-Pyrénées. L’entité est implantée à Toulouse et Muret en Haute-Garonne, ainsi qu’à Bordeaux, Cenon, Pau et Anglet en Nouvelle-Aquitaine. Elle accompagne les particuliers, les entreprises et les collectivités dans leurs enjeux de fourniture d’énergie, d’efficacité énergétique, de transition bas carbone, de relation client de proximité et de lutte contre la précarité énergétique.
EDF Commerce Sud-Ouest compte 662 salariés, dont 216 dans l’ex-Midi-Pyrénées et 446 dans l’ex-Aquitaine. L’organisation reflète la diversité des marchés adressés : 315 collaborateurs travaillent sur le marché des particuliers, tandis que 347 sont dédiés au marché d’affaires, qui regroupe les entreprises et les collectivités. En matière d’emploi, l’entreprise a réalisé 36 recrutements en 2025 et prévoit 23 recrutements en 2026.
L’empreinte économique locale se mesure aussi dans les achats. EDF Commerce Sud-Ouest indique avoir réalisé 1 million d’euros d’achats auprès de fournisseurs du Sud-Ouest, dont 50 % dans les départements de l’ex-Midi-Pyrénées. Cette implantation territoriale prend une dimension particulière en Haute-Garonne, avec notamment le site de Muret, présenté comme le seul plateau multilingue du groupe capable de répondre à des demandes de clients internationaux.
Industrie, aéronautique et agroalimentaire : des cas concrets déjà engagés
L’Occitanie dispose de plusieurs gisements d’électrification identifiés par EDF. Le premier concerne l’industrie, secteur clé dans la réduction des émissions de CO₂ et dans la maîtrise des coûts énergétiques. En ex-Midi-Pyrénées, l’énergéticien accompagne déjà plusieurs entreprises industrielles et agroalimentaires dans leurs stratégies de fourniture, d’optimisation énergétique et de transition bas carbone.
Dans l’aéronautique, EDF cite notamment Freyssinet Aéro Group, Rossi Aéro, Liebherr et Ratier Figeac. Freyssinet Aero, implanté dans le Tarn, et Rossi Aéro, en Haute-Garonne, sont accompagnés sur des enjeux liés à l’électrification des usages et à la maîtrise de la consommation énergétique. Ces démarches prennent une importance particulière dans une région où la filière aéronautique constitue l’un des piliers de l’économie industrielle.
Dans l’agroalimentaire, l’exemple d’Andros, dans le Lot, montre l’impact possible du remplacement d’équipements fonctionnant au gaz par des solutions électriques. L’entreprise a été accompagnée dans le passage de fours à gaz vers l’électricité, une évolution qui a permis une réduction de 90 % des émissions de CO₂ et une division par dix des pertes de production. EDF mentionne également Jeune Montagne en Aveyron, Nutrition Santé, RAGT, ainsi que Aqualand et Labeyrie sur le reste du territoire Sud-Ouest.
L’accompagnement ne se limite pas à la fourniture d’électricité. EDF propose également une offre de conseil stratégique en transition énergétique afin d’aider les entreprises à structurer leur feuille de route de décarbonation. Cette démarche a notamment été déployée auprès de RAGT, Freyssinet et FEDA en Andorre.
La mobilité lourde entre progressivement dans l’ère électrique
Le transport et la logistique constituent un autre axe majeur de la stratégie d’électrification. Avec son offre E-Trucks, EDF accompagne l’électrification des flottes régionales en associant fourniture électrique, infrastructures de recharge et pilotage énergétique. L’enjeu est autant environnemental qu’économique, EDF estimant que le coût kilométrique d’un poids lourd électrique devient désormais comparable, voire inférieur, à celui du diesel selon les usages et les configurations.
En Occitanie, plusieurs acteurs sont déjà concernés. Tisséo engage progressivement la conversion de son parc de bus toulousain vers l’électrique. Le groupe Hamecher, qui porte les marques Mercedes-Benz et Daimler Trucks en Occitanie, bénéficie d’un accompagnement dans l’électrification de sa flotte et d’une convention CEE régionale dédiée aux véhicules utilitaires et poids lourds. Les Transports Gimenez sont également mentionnés parmi les entreprises en négociation pour une offre de recharge dédiée à leurs poids lourds.
Cette dynamique s’inscrit dans un objectif national plus large. Aujourd’hui, un poids lourd sur 19 acheté est électrique. EDF vise une accélération du mouvement afin d’atteindre un camion sur deux d’ici 2030. Pour y contribuer, le groupe prévoit une aide de 15 000 euros destinée à accompagner les TPE et PME dans l’acquisition de poids lourds électriques, avec une cible de 2 000 camions.
Pompes à chaleur et rénovation énergétique : le bâtiment en première ligne
Le bâtiment constitue un troisième levier d’action. EDF mise sur le développement massif des pompes à chaleur, la rénovation énergétique et les Certificats d’Économies d’Énergie, dispositif national qui impose aux fournisseurs d’énergie de financer des actions de réduction de la consommation énergétique. Ces opérations peuvent concerner les particuliers, les collectivités, les bailleurs sociaux et les entreprises, à travers la rénovation thermique, le déploiement d’équipements performants, l’électrification de flottes ou l’installation de pompes à chaleur.
En Occitanie, le bailleur Promologis a déjà déployé 2 200 pompes à chaleur en remplacement du gaz sur un parc de logements sociaux et de maisons individuelles. Pour EDF, ce type d’opération montre la façon dont l’électrification peut contribuer à la fois à la baisse des consommations, à la maîtrise des factures et à la réduction des émissions.
En 2025, EDF Commerce Sud-Ouest a contribué à générer 8 TWhc d’économies d’énergie, dont 6,9 TWhc sur le marché d’affaires et auprès des bailleurs sociaux, et 1,1 TWhc auprès des particuliers.
Un plan national de 240 millions d’euros décliné dans les territoires
Pour amplifier le mouvement, EDF a annoncé en avril un plan national de 240 millions d’euros, structuré autour de trois enveloppes de 80 millions d’euros chacune. Ce plan vise les ménages, les transporteurs et les industriels, avec des effets attendus dès 2026.
Le premier volet cible les ménages aux revenus modestes ou très modestes. EDF prévoit d’aider 80 000 foyers à s’équiper d’une pompe à chaleur grâce à une aide forfaitaire de 1 000 euros, qui vient s’ajouter aux dispositifs existants. Selon les situations, l’installation d’une pompe à chaleur peut permettre de réduire la consommation énergétique de 30 % à 75 %.
Le deuxième volet concerne les transporteurs, avec l’aide de 15 000 euros destinée aux TPE et PME pour l’acquisition de poids lourds électriques. Le troisième porte sur les infrastructures de recharge et de distribution d’électricité. EDF prévoit d’investir 50 millions d’euros pour renforcer le maillage territorial avec 180 bornes supplémentaires, notamment pour développer les zones de recharge dédiées aux poids lourds en itinérance. Plusieurs milliers de demandes ont déjà été déposées au niveau national sur la plateforme dédiée aux aides à l’installation de pompes à chaleur et à l’acquisition de camions électriques.
Des infrastructures de recharge en développement dans le Sud-Ouest
L’accélération de l’électrification suppose aussi un déploiement renforcé des infrastructures. En 2025, 563 bornes de recharge ont été installées dans les territoires de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine par EDF Business Services, ex-Izivia. Ces équipements s’adressent aux entreprises, aux collectivités, aux transporteurs et aux particuliers.
Le développement des bornes devient stratégique pour accompagner la conversion des flottes professionnelles, en particulier dans la mobilité lourde. L’enjeu consiste à assurer un maillage suffisant pour sécuriser les trajets, organiser la recharge en itinérance et répondre aux besoins de puissance des transporteurs. EDF indique également accompagner plusieurs projets industriels et data centers dans le Sud-Ouest, en lien avec les collectivités locales, les agences de développement et les acteurs fonciers, avec des projets en cours représentant des puissances de 1 à 80 MW.
L’électricité française comme atout de compétitivité
Au-delà de la transition climatique, EDF met en avant l’électricité comme levier de compétitivité pour l’industrie régionale. Le groupe souligne que, depuis le début de l’année, l’électricité livrée en 2026 sur les marchés de gros est, selon les jours, 40 % à 50 % plus chère en Allemagne, avec une moyenne de 86 €/MWh, qu’en France, où elle s’établit en moyenne à 52 €/MWh. L’écart peut atteindre 100 % avec l’Italie, où le prix moyen est indiqué à 97 €/MWh.
Dans ce contexte, EDF propose des contrats de fourniture à moyen et long terme afin d’offrir davantage de visibilité aux entreprises et de sécuriser leurs investissements industriels. Plusieurs industriels d’Occitanie renforcent déjà leur recours aux Offres de fourniture à moyen terme, avec 2 TWh conclus pour 2029 et plus de 500 GWh pour 2030. Parmi les exemples cités figurent Freyssinet Aéro Group, Liebherr et Ratier Figeac.
Cette approche s’inscrit dans un contexte national marqué par la fin de l’ARENH en janvier 2026 et la mise en place d’un nouvel accord de régulation nucléaire entre l’État et EDF, intégrant le Versement Nucléaire Universel. Ce mécanisme vise à mieux redistribuer les revenus du nucléaire historique aux consommateurs, tout en sécurisant les investissements industriels nécessaires au système électrique français. Les objectifs affichés sont la protection des consommateurs, la compétitivité, la capacité d’investissement et la stabilisation des prix à long terme.
Une trajectoire nationale structurée par Ambitions 2035
La stratégie régionale d’EDF s’inscrit dans le projet d’entreprise Ambitions 2035, qui vise à accélérer l’électrification des usages pour substituer progressivement les énergies fossiles. Selon EDF, ces dernières représentent encore 60 % de la consommation énergétique. La France dispose déjà d’un système électrique à 92 % décarboné, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.
L’objectif national est d’augmenter de plus de 150 TWh la consommation d’électricité d’ici 2035, dans la perspective de la neutralité carbone à horizon 2050. Cette hausse doit se concentrer d’abord sur les secteurs les plus émetteurs de CO₂. Les transports représenteraient 50 % de cette augmentation, l’industrie 38 %, et les grands projets numériques et industriels 12 %. Pour le bâtiment, l’objectif est de maintenir un niveau de consommation électrique stable, malgré le développement de nouveaux usages, grâce aux gains d’efficacité énergétique.
EDF rappelle également qu’en 2025, la France a exporté davantage d’électricité que l’équivalent de la consommation annuelle de la Belgique, un élément que le groupe présente comme un indicateur de la capacité du système électrique français à accompagner l’électrification des usages.
La solidarité énergétique, autre pilier de l’action régionale
L’électrification portée par EDF Commerce Sud-Ouest ne se limite pas aux enjeux industriels et climatiques. L’entreprise revendique également un rôle de proximité auprès des publics fragiles et des clients en difficulté. Depuis avril 2022, EDF a supprimé les coupures d’électricité pour les particuliers toute l’année, en les remplaçant par une limitation de puissance.
En parallèle, l’énergéticien poursuit un accompagnement personnalisé des entreprises en difficulté, notamment industrielles et commerciales. Cette démarche a permis une baisse de 31 % des impayés sur le marché d’affaires en 2025 dans le Sud-Ouest. Le niveau global reste toutefois important, avec 43,4 millions d’euros d’impayés, soit environ 20 millions d’euros de plus que la situation observée avant la crise des prix de l’énergie.
Le pôle solidarité d’EDF Commerce Sud-Ouest rassemble 25 experts répartis entre Muret et Cenon. En 2025, il a traité 27 000 sollicitations de travailleurs sociaux. EDF a également mobilisé 2,55 millions d’euros pour le Fonds Solidarité Logement dans la région Sud-Ouest, dont 188 000 euros pour la Haute-Garonne et 240 000 euros pour Toulouse Métropole.
Pour mener cette mission, EDF s’appuie sur plus de 280 partenaires, parmi lesquels des collectivités, des CCAS, des associations, des bailleurs sociaux, la CAF, l’UDAF, des caisses de retraite, des entreprises et des structures de médiation sociale. En Occitanie, 441 466 bénéficiaires du chèque énergie ont été recensés, pour un montant moyen de 150 euros, dont 90 567 en Haute-Garonne.
Véronique Debelvalet prend la direction d’EDF Commerce Sud-Ouest
Cette nouvelle étape régionale est portée par Véronique Debelvalet, nommée directrice d’EDF Commerce Sud-Ouest depuis le 1er juin 2026. Elle succède à Olivier Roland, nommé à la direction d’EDF Commerce Auvergne-Rhône-Alpes.
Diplômée de l’École Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand en 1996, puis titulaire d’un Master of Sciences de l’université de Swansea, au Pays de Galles, Véronique Debelvalet a intégré EDF en 2000 après quatre années passées au sein du groupe agroalimentaire américain Mars. Elle a occupé plusieurs fonctions au sein du groupe, notamment comme directrice du département Service Grands Clients en Île-de-France, puis comme cheffe de projet.
En 2012, elle obtient le TRIUM Executive MBA, délivré conjointement par HEC Paris, New York University Stern School of Business et la London School of Economics and Political Science. Son parcours au sein d’EDF s’est principalement construit autour du management d’équipes opérationnelles, de la relation client, de la gestion de projets et de l’accompagnement des transformations internes.
En 2014, elle est nommée chargée de mission auprès du directeur exécutif groupe responsable du pôle Clients, Services et Territoires, intégrant également le dispositif de gestion de crise d’EDF. Elle connaît déjà le Sud-Ouest, où elle a exercé en 2019 comme directrice déléguée d’EDF Commerce Sud-Ouest, avant de prendre en 2021 la direction commerciale d’EDF pour les régions Centre-Val de Loire, Poitou-Charentes et Limousin. Son retour à Toulouse intervient au moment où EDF souhaite renforcer son ancrage régional et sa proximité avec les acteurs économiques.
« Dans un contexte de plus en plus incertain, investir dans l’électrification des usages est un excellent moyen pour les acteurs économiques de préparer l’avenir en alliant performance économique, souveraineté énergétique et objectifs climatiques. Notre présence au sein des territoires nous permet d’accompagner tous nos clients dans cette transition », affirme Véronique Debelvalet.
Faire de l’électrification un moteur économique régional
Avec plus de 9 500 salariés en Occitanie, EDF revendique un rôle d’acteur historique de proximité auprès des collectivités, des entreprises et des particuliers. Le groupe, énergéticien intégré présent dans la production, la distribution, le négoce, la vente d’énergie et les services énergétiques, indique avoir produit 434 TWh d’électricité décarbonée et fourni de l’énergie et des services à environ 40,9 millions de clients. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 139,7 milliards d’euros en 2023.
En Occitanie, la stratégie désormais portée par EDF Commerce Sud-Ouest repose sur une articulation entre compétitivité, décarbonation, solidarité et ancrage territorial. L’électrification des usages devient un sujet industriel, mais aussi social et économique. Elle touche les usines, les flottes de véhicules, les logements, les infrastructures de recharge, les collectivités et les ménages modestes.
« Notre objectif est clair : faire de l’électrification un moteur de développement régional, à la fois économique et décarbonée », conclut Véronique Debelvalet.
Pour EDF, l’enjeu est désormais d’amplifier des transformations déjà engagées. En associant aides financières, contrats de fourniture, conseil énergétique, infrastructures de recharge, accompagnement social et solutions d’efficacité énergétique, l’énergéticien entend positionner l’Occitanie comme l’un des territoires d’accélération de la transition électrique. Dans une région marquée par la force de ses filières industrielles, la croissance de ses besoins de mobilité et les attentes des ménages en matière de pouvoir d’achat, cette stratégie place l’énergie au cœur des choix économiques des prochaines années.