Le Toulousain PrintOclock, spécialiste de l’impression BtoB en ligne, franchit une nouvelle étape de son développement avec l’acquisition de Maingauche, PME basée à Saint-Jean-de-Védas et reconnue dans le marquage textile personnalisable. Cette première opération de croissance externe fait émerger un nouveau groupe régional aux activités élargies, fort de près de 35 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2026 et de 160 salariés en Occitanie.
Basée à Toulouse, l’entreprise spécialisée dans l’impression BtoB en ligne franchit un cap stratégique avec l’acquisition de Maingauche, PME implantée à Saint-Jean-de-Védas et experte du textile personnalisable. (Photo PrintOClock)
Installée à Toulouse depuis 2008, l’entreprise PrintOclock aborde un tournant majeur de son développement. Après avoir dépassé pour la première fois le cap des 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, la société présidée par Antoine Roux engage sa première opération de croissance externe avec le rachat de Maingauche, entreprise occitane implantée à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier.
Cette acquisition ne constitue pas un simple ajout d’activité. Elle redessine le périmètre de l’entreprise toulousaine, qui passe du statut de spécialiste de l’impression BtoB à celui de groupe structuré autour de plusieurs savoir-faire complémentaires. Jusqu’ici reconnue comme un acteur indépendant de premier plan sur le marché français du Web to Print, PrintOclock élargit désormais son terrain de jeu au textile personnalisable premium et aux objets publicitaires, avec une volonté claire de proposer une offre globale aux entreprises.
Dans un contexte où les marques recherchent à la fois de la cohérence, de la réactivité et des engagements responsables, le rapprochement entre les deux sociétés se veut stratégique. Il repose aussi sur une proximité de culture entrepreneuriale. « Les deux entreprises partagent un ADN commun, bien au-delà de la nature BtoB de leurs marchés. Créées toutes deux la même année, elles se rejoignent dans une forte culture de l’innovation technologique, de la qualité et de la satisfaction client », souligne Antoine Roux, qui insiste également sur « un esprit start-up qui a su bousculer les codes de secteurs assez traditionnels ».
Une opération qui unit Toulouse et Montpellier autour d’un projet industriel régional
L’intérêt de cette acquisition tient aussi à l’ancrage territorial des deux entreprises. D’un côté, PrintOclock, née à Toulouse, s’est imposée au fil des années comme un acteur industriel régional capable d’internaliser sa production et de faire évoluer ses outils pour gagner en compétitivité. De l’autre, Maingauche, connue comme « la boîte qui habille les boîtes », a construit en une quinzaine d’années une expertise reconnue dans le textile personnalisable BtoB, en travaillant notamment pour des références comme Ikea, Mama Shelter, le Montpellier Hérault Rugby, Laurent-Perrier ou encore Porsche.
Avec cette opération, le groupe renforce ainsi sa présence dans les deux métropoles occitanes et consolide un projet industriel présenté comme durablement enraciné dans la région. Pour Antoine Roux, cette stratégie de croissance externe doit permettre de « pérenniser la structure » tout en donnant naissance à un groupe diversifié, appuyé sur plusieurs filiales de production. L’ambition dépasse donc le seul enjeu commercial : elle vise à construire un ensemble capable de peser sur son marché tout en développant localement ses capacités industrielles.
Du print au textile : une offre élargie pour les marques et les entreprises
L’une des conséquences directes du rapprochement réside dans la complémentarité des offres. Avec Maingauche, PrintOclock ajoute à son expertise historique dans les supports imprimés une compétence pointue dans le marquage textile et les tenues personnalisées, avec un positionnement qui va progressivement monter en gamme. Le projet prévoit de transformer Maingauche en véritable agence de merchandising, capable d’accompagner les entreprises dans la création de collections et dans la valorisation de leur image à travers des vêtements professionnels ou événementiels.
Cette évolution doit s’appuyer sur l’intégration de nouvelles marques textiles premium, à commencer par Stanley/Stella, déjà présentée comme un acteur de référence du vêtement personnalisable haut de gamme et durable en Europe. D’autres partenariats doivent être annoncés d’ici fin 2026, avec l’idée de répondre à une demande croissante émanant aussi bien des grandes directions marketing que des PME et ETI attentives à leurs engagements RSE.
Le nouveau Groupe PrintOclock entend ainsi devenir un acteur singulier sur le marché français de la communication des marques, en combinant supports imprimés, textiles personnalisables et objets publicitaires. Les deux sites marchands, celui de PrintOclock et celui de Maingauche, conserveront leur identité propre, mais des passerelles commerciales seront créées afin de favoriser les ventes croisées. Le site main-gauche.com intégrera ainsi, en complément de son offre textile orientée vers la marque employeur, une gamme d’objets publicitaires et de supports de communication issus du savoir-faire de PrintOclock.
Maingauche repositionnée sur le haut de gamme et la technicité
Dans le nouveau dispositif, le site de Saint-Jean-de-Védas occupera une place précise. L’atelier sera dédié aux marquages complexes à forte valeur ajoutée, en particulier la broderie, la sérigraphie et le DTF – pour « direct to film ». Ce recentrage doit permettre à Maingauche d’incarner le pôle premium du groupe sur le textile personnalisé.
Antoine Roux ne cache pas l’ambition portée sur cette filiale : « Maingauche est aujourd'hui reconnu en tant que meilleur atelier de broderie et de sérigraphie en France. Notre ambition est d’en faire le leader français du textile et de l'objet personnalisable premium, grâce à la force technologique, industrielle et marketing de PrintOclock ». Derrière cette déclaration, le projet consiste à faire monter la société montpelliéraine en puissance, en s’appuyant sur les ressources industrielles, commerciales et numériques déjà déployées par la maison mère toulousaine.
L’expertise des équipes IT de PrintOclock doit notamment permettre de faire évoluer l’interface web de Maingauche pour fluidifier l’expérience client et améliorer les performances de l’activité e-commerce. Le groupe prévoit également de mettre au service de sa nouvelle filiale les investissements réalisés dans l’intelligence artificielle, déjà utilisée dans différents processus internes, qu’il s’agisse du marketing, de la gestion des catalogues, de la création graphique ou encore des outils de personnalisation proposés aux clients.
Des gains de délais annoncés et une rentabilité visée à plus de 10 %
Au-delà du périmètre commercial, le rapprochement vise aussi des gains opérationnels. Les nouveaux processus de production doivent permettre un gain d’environ 60 % sur le temps de traitement des commandes. Concrètement, les délais de livraison seraient réduits de plus de moitié. Des commandes aujourd’hui expédiées à J+14 pourraient ainsi être livrées en moins d’une semaine. Pour un marché BtoB où la rapidité d’exécution demeure décisive, cet argument constitue un levier important de différenciation.
Cette amélioration attendue des performances doit aller de pair avec une montée en rentabilité. Le plan stratégique présenté par PrintOclock prévoit pour Maingauche une marge EBITDA supérieure à 10 % d’ici fin 2028. Là encore, l’objectif est de faire jouer les synergies entre les deux entités : optimisation des process, élargissement de l’offre, hausse du panier moyen sur le textile, augmentation de la fréquence d’achat et renforcement de la fidélisation client.
Antoine Roux résume cette logique en des termes très directs : « Avec la réunion de nos deux entreprises, “1+1” fera bien plus que 2. La culture de la performance de PrintOclock ainsi que sa maîtrise de l’optimisation des process en e-commerce vont générer de nouveaux leviers de création de valeur à l’échelle du groupe ». Le dirigeant ajoute que la montée en gamme de Maingauche et l’élargissement de l’offre doivent permettre d’« accroître le nombre et la fréquence des achats ainsi que la fidélisation de nos clients ».
Un changement d’échelle pour un groupe de 35 millions d’euros et 160 salariés
Avec cette acquisition, PrintOclock change clairement de dimension. Dans son nouveau périmètre, le groupe vise près de 35 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel dès 2026. Il comptera désormais 160 salariés en Occitanie, contre 90 à Toulouse pour la seule activité historique de PrintOclock.
Cette trajectoire s’inscrit dans une croissance déjà soutenue. Le communiqué rappelle que l’entreprise toulousaine a connu une progression organique continue, avec +70 % depuis 2021. Pionnière de l’impression en ligne en France, PrintOclock s’est aussi distinguée en bousculant les usages du secteur avec la livraison à J+1, puis en renforçant son outil industriel au fil des années. Après l’internalisation de la production en 2012, le groupe avait déjà engagé un plan d’investissement de 5 millions d’euros en 2019. En 2020, il annonçait également que 100 % des commandes étaient livrées sans recours à l’aérien, un marqueur fort de sa stratégie environnementale.
L’entreprise met par ailleurs en avant plusieurs indicateurs de structure : un effectif composé à 55 % de femmes, une équipe de direction féminisée à 75 %, un âge moyen de 34 ans, 280 000 commandes par an et une note de 4,4 sur Trustpilot. Autant de données qui viennent appuyer le discours d’un groupe en croissance, organisé, et attentif à la fois à sa performance et à son image employeur.
Made in France, réindustrialisation et écoresponsabilité comme colonne vertébrale
Au-delà des chiffres, cette opération sert enfin un récit plus large que l’entreprise met au cœur de sa communication : celui d’un développement industriel compatible avec les attentes contemporaines en matière de souveraineté productive, de réindustrialisation et de RSE. PrintOclock revendique clairement cette orientation en se présentant, avec cette acquisition, comme un champion du « Made in France ».
C’est aussi sur ce terrain que la convergence avec Maingauche est mise en avant. « PrintOclock et Maingauche convergent aussi sur le plan des valeurs et de leurs engagements RSE, en plaçant l’écoresponsabilité au cœur de leur activité », rappelle Antoine Roux. Pour les deux sociétés, la maîtrise locale de la production n’est donc pas seulement un choix d’organisation : elle devient un élément central de leur positionnement de marché, à l’heure où les clients attendent davantage de transparence, de traçabilité et de cohérence dans leurs achats professionnels.
En associant impression, textile premium et objets personnalisables au sein d’un même ensemble, PrintOclock entend désormais peser davantage dans l’univers de la communication BtoB. Et ce changement de braquet se fait depuis l’Occitanie, avec une ambition industrielle désormais assumée à l’échelle nationale.