Panneaux solaires : le Gard et la Haute-Garonne dans le quatuor de tête, mais le rattrapage gagne le nord-est

Le solaire résidentiel poursuit son développement en France. Le pays compte désormais 1,24 million d’installations de petite puissance, soit 6 % des maisons individuelles équipées. L’Occitanie occupe plusieurs places de premier plan, avec le Gard, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales dans le top 10 national. Une étude de Hello Watt révèle toutefois que les progressions les plus rapides se déplacent vers des territoires jusqu’ici moins équipés.

Avec 11,87 % de maisons équipées, le Gard se classe troisième en France, juste devant la Haute-Garonne (11,61 %). Les Pyrénées-Orientales occupent la septième place avec 10,78 %. (Photo Pixabay)

Avec 11,87 % de maisons équipées, le Gard se classe troisième en France, juste devant la Haute-Garonne (11,61 %). Les Pyrénées-Orientales occupent la septième place avec 10,78 %. (Photo Pixabay)

Le photovoltaïque résidentiel reste fortement implanté dans le sud de la France, mais la géographie des installations ne se limite plus aux seuls territoires bénéficiant du meilleur ensoleillement. Selon une étude publiée par Hello Watt en juillet 2026, les Landes affichent le taux d’équipement le plus élevé du pays, avec 12,75 % des maisons dotées de panneaux solaires. La Drôme arrive en deuxième position avec 12,14 %, devant deux départements d’Occitanie : le Gard, troisième avec 11,87 %, et la Haute-Garonne, quatrième avec 11,61 %.

L’Isère occupe la cinquième place avec 11,44 %, suivie de la Loire avec 10,89 %, des Pyrénées-Orientales avec 10,78 % et du Rhône avec 10,61 %. La présence de l’Isère, de la Loire et du Rhône dans ce groupe de tête montre que le niveau d’équipement ne dépend pas uniquement du nombre d’heures d’ensoleillement. La proportion de maisons individuelles, les niveaux de revenus dans les zones périurbaines et l’importance des consommations électriques en journée, notamment pour la climatisation, participent également au développement du marché.

Une Occitanie bien équipée, mais très contrastée

Derrière le Gard, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales, plusieurs départements de la région se situent au-dessus de la moyenne nationale. L’Hérault se classe neuvième avec 10,35 % de maisons équipées, tandis que le Gers occupe la onzième position avec 10,31 %. Le Tarn-et-Garonne atteint 9,34 %, le Tarn 8,89 %, l’Aude 8,17 % et l’Aveyron 7,49 %.

La couverture devient plus modérée dans le Lot, où 6,94 % des maisons sont équipées, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées avec 5,93 %, l’Ariège avec 5,80 % et la Lozère avec 4,31 %. Les écarts restent donc importants au sein même de l’Occitanie, entre des départements déjà engagés dans une phase de diffusion avancée et d’autres disposant encore d’un potentiel de rattrapage.

Ces résultats reposent sur les données d’Enedis concernant les installations photovoltaïques d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc au 30 juin 2026, rapportées au nombre de maisons individuelles recensées par l’Insee en 2023.

La Creuse, l’Ain et les Vosges enregistrent les plus fortes progressions

Le classement évolue lorsqu’il ne s’agit plus de mesurer le taux d’équipement, mais sa progression sur un an. Entre juillet 2025 et juillet 2026, la hausse la plus importante est observée dans la Creuse, avec un gain de 0,82 point de pourcentage. L’Ain suit avec 0,71 point, devant les Vosges avec 0,68 point, le Vaucluse avec 0,59 point et la Meuse avec 0,58 point.

Cette évolution traduit une diffusion plus large du photovoltaïque dans des départements aux profils économiques, climatiques et résidentiels différents. Selon les auteurs de l’étude, « le solaire se diffuse dans toute la France à un rythme plutôt homogène », avec un gain moyen estimé à 0,28 point en douze mois.

En Occitanie, la Lozère se distingue avec une progression de 0,56 point, la huitième plus élevée de France. Elle devance les Hautes-Pyrénées, en hausse de 0,37 point, la Haute-Garonne avec 0,34 point, le Lot avec 0,31 point et l’Aude avec 0,20 point. La progression atteint 0,11 point dans l’Hérault, 0,08 point dans le Gers et 0,02 point dans le Tarn-et-Garonne. Elle se limite à 0,01 point dans l’Aveyron et le Tarn.

Les Pyrénées-Orientales, le Gard et l’Ariège affichent, dans l’échantillon étudié, une évolution négative de respectivement 0,04, 0,16 et 0,39 point. Cette baisse statistique ne signifie pas nécessairement que le nombre d’installations a reculé. Hello Watt précise que, dans certains territoires, le nombre d’utilisateurs de son application a pu progresser plus rapidement que celui des foyers ayant déclaré posséder des panneaux, faisant mécaniquement diminuer la proportion mesurée.

Plus de 1,24 million d’installations en France

Au 30 juin 2026, Enedis comptabilise précisément 1 242 435 installations d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc. Elles représentent l’équivalent de 6 % du parc français de maisons individuelles, contre 1 119 453 installations et 5,41 % des maisons un an auparavant. Le taux d’équipement a ainsi progressé de 10,9 % en douze mois.

La dynamique apparaît plus nettement encore sur trois ans. À la fin du mois de juin 2023, le pays comptait 674 635 installations, correspondant à 3,26 % des maisons individuelles. Le taux d’équipement a donc presque doublé depuis cette date. Hello Watt indique parallèlement avoir reçu, en juin 2026, deux fois plus de demandes d’installation qu’en juin 2025.

Le mouvement dépasse le seul marché résidentiel. Dans son bilan du premier semestre 2026, Enedis fait état d’une hausse de 26 % de la production photovoltaïque, passée de 13,4 à 16,9 TWh en un an. En Occitanie, le volume annuel d’électricité autoconsommée a progressé d’environ 90 GWh en 2022 à près de 379 GWh en 2025.

La France demeure loin derrière ses voisins européens

Malgré la multiplication des installations, la France reste en retrait dans la comparaison européenne établie par Hello Watt. Aux Pays-Bas, 58 % des maisons seraient équipées de panneaux solaires, contre 39 % en Belgique, 33 % en Allemagne, 24,8 % en Italie, 8,7 % au Royaume-Uni, 6,3 % en Espagne et 6 % en France. Le taux français demeure ainsi près de dix fois moins élevé que celui observé aux Pays-Bas.

L’ensoleillement n’apparaît pas comme la principale explication de ces écarts. D’après l’étude, « le prix de l’électricité est le facteur déterminant » : plus l’énergie achetée sur le réseau est coûteuse, plus la production et la consommation de sa propre électricité deviennent intéressantes. Les aides publiques accordées lors du démarrage des marchés, la stabilité des dispositifs et la maturité des filières locales jouent également un rôle.

Aux Pays-Bas, la facturation nette, qui permet de déduire de la facture l’électricité injectée sur le réseau, a longtemps soutenu le marché résidentiel. En Belgique, les prix de l’électricité, le taux élevé de propriétaires et les certificats verts disponibles jusqu’en 2021 ont favorisé les installations. L’Allemagne a pour sa part garanti pendant vingt ans des tarifs de rachat pour l’électricité produite en surplus.

L’Italie a connu plusieurs vagues d’équipement portées par les aides et l’ensoleillement. Au Royaume-Uni, les prix élevés de l’électricité constituent un facteur favorable, mais la part des locataires et le nombre important de maisons mitoyennes limitent les possibilités d’installation.

L’Espagne dispose d’un marché photovoltaïque actif dans les secteurs commercial et industriel, mais son équipement résidentiel reste moins développé. Les prix de l’électricité y ont longtemps été plus faibles que dans d’autres pays européens. La réglementation a également freiné l’autoconsommation avec la « taxe sur le soleil », appliquée entre 2015 et 2018. À cela s’ajoute la structure du parc immobilier espagnol, puisque 65 % des ménages vivent dans des immeubles collectifs.

Financement et batteries au cœur des propositions

En France, le coût historiquement contenu de l’électricité nucléaire, la complexité de certaines démarches administratives et des aides moins incitatives que dans les pays pionniers ont ralenti le développement du solaire résidentiel. La crise énergétique de 2022 a néanmoins renforcé l’intérêt des ménages pour l’autoconsommation et la maîtrise de leurs dépenses.

Le rapport Lévy-Tuot sur l’optimisation du soutien public aux énergies renouvelables et au stockage, remis au Premier ministre en avril 2026, formule 45 recommandations. Parmi elles figure la création d’un prêt à taux zéro pour l’achat de panneaux solaires jusqu’à 36 kVA, sous des conditions de ressources similaires à celles appliquées pour l’acquisition d’un logement. Le dispositif pourrait également couvrir les installations associant panneaux photovoltaïques et batteries jusqu’à 100 kWh.

Le rapport propose aussi d’appliquer une TVA à 5,5 % aux batteries d’une capacité maximale de 100 kWh. Cette mesure prolongerait le cadre fiscal instauré par l’arrêté du 8 septembre 2025, qui permet à certaines installations photovoltaïques répondant à des critères techniques et environnementaux de bénéficier d’un taux réduit.

Ces propositions s’inscrivent toutefois dans une réforme plus large. Le rapport préconise également de mettre fin, pour les nouvelles petites installations photovoltaïques en toiture, au guichet ouvert et au rachat administré du surplus. Le prêt à taux zéro, le maintien d’une aide à l’investissement et la baisse de la TVA sur les batteries auraient alors vocation à faciliter la transition vers un modèle davantage fondé sur l’autoconsommation et le stockage.

Une étude fondée sur 112 000 utilisateurs équipés

La mesure de la progression départementale repose sur les déclarations de 112 000 utilisateurs équipés de panneaux solaires en juillet 2026, tous installateurs confondus, contre 74 000 utilisateurs en juillet 2025. Ces foyers font partie de plus d’un million de logements utilisant quotidiennement l’application Hello Watt.

Cette méthodologie permet d’observer des tendances territoriales, mais ne constitue pas un recensement administratif exhaustif de l’évolution annuelle dans chaque département. Les taux d’équipement à date reposent, eux, sur les données d’Enedis et de l’Insee.

Hello Watt est par ailleurs directement présent sur le marché étudié. L’entreprise installe des panneaux solaires, des batteries, des pompes à chaleur et des bornes de recharge. Elle revendique plus de trois millions de téléchargements de son application et une équipe de plus de 250 salariés.

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