Récompensée pour son engagement social et sociétal, l’entreprise toulousaine Aréa poursuit une transformation profonde de son modèle industriel. Spécialisée dans la conception de mobilier urbain, la société fondée en 1987 a engagé un travail structuré pour réduire son empreinte environnementale, depuis la réalisation d’un bilan carbone en 2023 jusqu’à la mise en œuvre d’un plan de décarbonation. Une évolution qui s’inscrit dans l’ADN historique de la marque : produire mieux avec moins.
Laure et Gilles Boudou, respectivement présidente et directeur général. (Photo E.Belondrade Photothèque Aréa)
À Toulouse, l’entreprise Aréa, spécialisée dans la conception et la fabrication de mobilier urbain, poursuit une transformation progressive de son modèle productif autour des enjeux environnementaux. Cette orientation s’inscrit dans la continuité d’une réflexion ancienne sur la sobriété industrielle et l’optimisation des ressources.
La société a été récompensée en juin 2025 lors des Trophées RSE de l’Ameublement français, notamment pour son engagement en faveur de l’insertion et de l’inclusion. Mais au-delà de ce volet sociétal, Aréa s’attaque également à un autre pilier de la responsabilité des entreprises : la réduction de son impact environnemental.
Dans cette logique, la PME a décidé en 2023 de réaliser son bilan carbone, alors même que sa taille ne l’y obligeait pas. Cette démarche volontaire constitue aujourd’hui un levier stratégique pour transformer ses pratiques industrielles et mobiliser l’ensemble de son écosystème.
La réflexion a impliqué l’ensemble des équipes de l’entreprise dans une dynamique d’amélioration continue, centrée sur la réduction des consommations de matières, d’énergie et de transport. L’objectif consiste à identifier les marges de progression possibles et à inscrire durablement la production dans une trajectoire plus sobre.
Une stratégie concrète pour réduire l’empreinte carbone
La transformation engagée par Aréa se traduit par une série d’actions concrètes visant à réduire les émissions liées à son activité.
L’entreprise utilise aujourd’hui près de 90 % d’acier recyclé dans la fabrication de ses mobiliers urbains. Elle a également investi 750 000 euros dans l’installation de 2 300 m² de panneaux photovoltaïques, destinés à renforcer l’autonomie énergétique de son site de production.
D’autres évolutions concernent la logistique et les infrastructures. Les véhicules thermiques sont progressivement remplacés par des modèles électriques. Les bâtiments sont chauffés grâce aux chutes de bois issues de l’atelier de menuiserie, valorisées comme ressource énergétique.
La conception même des produits a également été repensée. Les mobiliers sont dimensionnés afin de limiter les pertes de matière lors de la fabrication, tandis que les chutes d’acier sont collectées puis refondues localement afin de réintégrer le cycle de production.
L’entreprise travaille actuellement à la finalisation de son plan de décarbonation, qui constituera la seconde étape de sa stratégie environnementale après la réalisation du bilan carbone. Ce travail s’inscrit dans un processus d’amélioration continue visant à identifier de nouveaux leviers pour réduire les émissions.
« De l’éconception à l’écoconception »
Pour Laure Boudou, directrice générale d’Aréa, cette évolution s’inscrit dans la continuité de la philosophie qui a guidé la création de l’entreprise.
« La passion de l’espace public et la volonté d’en faire un vrai lieu de vie grâce au mobilier urbain sont à l’origine d’Aréa. Pour être installé en nombre, ce mobilier doit être aussi économique que possible. Pour y parvenir, sans renoncer à la rentabilité, nous avons adopté dès notre création des pratiques que l’on qualifie aujourd’hui de sobres et responsables. Elles consistent à traquer le superflu et le gaspillage et à bannir tout ce qui peut réduire la durée de vie de nos produits. Cette culture participe aujourd’hui d’un impact environnemental contenu. En quelque sorte, nous sommes arrivés à l’écoconception par l’éconception. »
La dirigeante souligne également que cette philosophie s’inspire du principe de design « Less is more », appliqué désormais à l’ensemble du cycle de vie des produits, depuis la conception jusqu’à la production et à la distribution.
« Passionnés par ce principe dans le design, nous nous passionnons aujourd’hui pour son application à tout ce qui suit : la production, la distribution et l’ensemble de la chaîne industrielle. »
Une PME toulousaine présente dans plusieurs capitales du monde
Fondée en 1987 par Michel Boudou, Aréa conçoit et fabrique ses mobiliers urbains à Toulouse. L’entreprise s’est distinguée par une approche globale de l’aménagement de l’espace public, intégrant différents équipements urbains tels que corbeilles, bancs, barrières ou dispositifs de protection des végétaux.
Cette vision cohérente de l’espace urbain se traduit par une recherche d’harmonie et de fluidité dans le design. L’offre de la marque s’articule autour de quatre grandes familles : l’arbre, la rue, la pause et l’évasion, avec l’ambition de favoriser le bien-être individuel et le lien social dans l’espace public.
Depuis 2009, la société est dirigée par Laure et Gilles Boudou, respectivement présidente et directeur général, enfants du fondateur. Sous leur impulsion, l’entreprise a modernisé son outil industriel, développé plus de 40 nouvelles références et élargi sa palette de matériaux, notamment avec l’introduction de l’aluminium.
Aujourd’hui, Aréa emploie 53 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros, tout en poursuivant sa transformation vers un modèle industriel plus sobre et plus durable.